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IHL , COURS MOYEN. NUBIE

La protection que Mohamed-Ali-Pacha et son fils Ibrahim-Pacha accordent à tous les voyageurs européens sur les bords du Ml , a déjà fait faire les plus beaux progrès aux sciences, et nous promet d'heureux succès pour l'aveuir. Hamillon avait exploré les ruines de la llaute-Égypie. Arrivé aux cataractes du Nil , il fut arrêté dans ses voyages par Elfi-Bey (l), qui l’empécha de pénétrer plus avant dans la Nubie; cependant, Il arriva avec Leake jusqu'à Debod, où il copia une inscription. Th. Legh, que la peste avait chassé des eûtes du Levant dans l'intérieur du pays . pénétra en Nubie au commencement de 1813. Il s’avança jusqu'à Ibrim, situé au 23° 30* lat. nord (qu’il reconnut pour le Promis des anciens dans le pays des Bleratnyes). par conséquent, pins loin que Fr. Norden. Legh était accompagné de Ch. Smelt et d’un Américain, Bartbod. Le dernier avant-poste des Turcs se trouvait placé près d'Esné. Syène était le siège d’un gouvernement arabe , parce que les Turcs n'attachaient aucun prix à la possession du désert. Les Nubiens, ennemis acharnés des mameloucks , s'entendaient, à cette époque, avec les troupes turques; Legh et ses compagnons tirèrent parti de leur bonne intelligence pour entreprendre leur •expédition en Nubie, qui, quoique de peu de durée (du 13 février jusqu'au commencement d'avril 1 8 1 3) , fut cependant couronnée du plus heureux succis; s'embarquant sur le Nil, il franchit, en cinq jour*, dans une barque à un seul mât , un espace d'on degré et demi, jusqu’à Sibhoi (Seboua). lie là, il alla parterre, en deux jours, au pays d'ibrim , où des circonstances imprévues le forcèrent à rebrousser chemin. La description de son voyage est rapportée au chapitre second de son ouvrage (page 1 7-99^. Ce récit simple et fidèle de tous les faits qu’il a observés est surtout important, comme le premier document aathentique qui ait para sur ces contrées africain s.

O. John Lewis Burckhardt Travels , fn Nubia pu hUthed by the Association for promoting the Discovery ofthe Interior of Africa. Lond.t i«-4n,

A la même époque que les voyageurs précédents, Burckhardt entreprit la tâche pénible d’ouvrir de nouveau l’entréede la Nubie aux Européens. Il rencontra Legh et ses compagnon? près de Sibhoi (Wady-Seboua) , le 2 8 février 1813, au moment où Ils s'en retournaient de leur expédition (2). Burckhardt poursuivit, avec une persévérance digne de fixer l’admiration de tous les

(1) Tb. Lesta, narrai., p. 47.

(2) Burckhardt , Trav. , p. 14; Ufe , p. xlix ; et legli, Narrai., p. 11.

contemporains , le plan qu’il s'était proposé ; bravant tous les dangers et toutes les privatlous , il parcourut trois fois , toujours dans des directions opposées , les plaines de la Nubie , et pénétra plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs dans ces contrées inconnues. Doué d’une haute intelligence . fl nous a encore communiqué , avant sa mort , avec une clarté, une précision et nne brièveté admirables, cette quantité de faits et de phénomènes qu'il vit et observa pendant tonte la durée de son voyage. Ce n'est pas sans raison qn’on lui attribue la gloire d'avoir découvert une seconde fols la Nubie; car il nous a transmis des relations également précieuses sur le pays, la nature et l'homme, comme sur les monumens et les langues, dont il possédait une parfaite connaissance. II mourut, victime de ses recherches pour le bieu de l'humanité, au mois d'octobre 1817.

Dans un premier voyage en Nubie ( 1 8 1 3) ( Jour ney along the bankscf the Nile from Assouan to Mahass, on the frontière of Dongola, p. 1-1 8 1), Burckhardt, arrivé à Assouan, traversa par terre, le long du Nil, la Haute et la Basse-Nubie, jusqu'à Tinareb, principal fort du pays de Mahass, siluéau 20°lalitudenord et à deux journées et demie de la frontière septentrionale des mnmeloucksde Dongolah. Il parcourut tout cet espace en dix-huit jours (du 22 février jusqu'au 1 3 mars), ce qui fait, en calculant que les chameaux franchissent un cspacedo six milles géographiques endixheures, une distance de 86*90 milles géographiques (430-450 millesanglais). Il rail dix-sept jours pour s’en retournerde Tinareh à Assouan, ne se reposa qu’un demi-jonr à Derr. Il devait hâter ainsi sa marche, pour éviter tous les dangers auxquels il auraitété exposé, s’il eût séjourné plus longtemps dans ces terres Inconnues ; il était surtout important qn'ii n'excitât pas la cupidité des indigènes, aussi s’étudia-t-il à simplifier Ses besoins avecunraredévoucment. Burckhardt se mit en route (1) avec deux dromadaires et un gulJc, vêtu d’on simple habit bleu sans bagage et sans marchandises, n'ayant en tout que huit dollars dans sa poche, et encore 11 en rapporta trois. Il avait ainsi parcouru, avec cinq dollars, un espace de 45 0 mil les anglais ; ses frais de voyage, y compris , avec l'achat des chameaux, le salaire du guide et les présens qu'il fut oblige de faire çà et là , ne s’élevèrent en tout qu’à la somme de quinze livres sterling. Nous devons observer toutefois que dans ce pays, le prix de l'argent est presque inconnu en certains endroits. Burckhardt suivit d'abord la rive orientale du Nil, et s'en retourna sur la rive occidentale, de sorte que, dans l’espace qu’il parcourut, aucun lieu ne lai resta inconnu sur les bords du Nil.

L'année d’ensuite (1814), Burckhardt entreprit

(1) Burckhardt, Trav. p. 3.

son second voyage en Nubie ( Descriptions çf a Journeyfrom upper Egypt throutjh the Desert s of Nubia to Ber ber and Suakim. and from lhence to Djidda in Arabia, p. 10 3-474). Il *c mit en route à D araou, et, se dirigeant vers le sud, il traversa le désert de la Nubie orientale, jusqu'à l'Albara, sur la grande roule des caravanes, qui conduit à la mer Bouge. Les résultats de ce voyage sont contenus dans le chapitre précédent.

Burckhardl nous a communiqué des renseignemens précieux sur les differentes races de la Nubie et sur leurs langues, sur les rives du Nil et sur les ruines qui les bordent ; plusieurs d’entre elles ont même été dessinées par ce savant voyageur. Sachant qu il possédait au plus haut degré la connaissance de l’arabe, nous le suivrons de préférence dans l'orthographe des noms.

7. //. Light TraveU in Egypt , Nubia , Holy- Land , Moût U Libation and Cyprus in the year 1314. London, in-4°, 1818.

Le capitaine d’artillerie anglaise, Henri Light, visita la Nubie septentrionale en 1 8 1 4 ; son voyage ne fut que de très-courte durée. Il s’embarqua , le 10 mai, à Assouan, pour remonter le Ml ; mais il n'arriva pas plus loin que Th. l.egh, c'est-à-dire jusqu'à Ibrim, où la chaleur presque insupportable du climat le força de rebrousser chemin. Ce voyageur a surtout le mérite d'avoir décrit avec une rare précision et beaucoup de clarté les anciens monumens d'architecture. Ses observations, recueillies dans les Mémoires de Walpole (1), ainsi que dons ses Voyages, p. S 3-1 00, méritent la préférence aur celles de Legb, en ce qu’elles sont accompagnées de dix planches parfaitement gravées, représentant les principaux temples nubiens. Les planches de Norden, auxquelles nous ne contestons nullement leur mérité, sont, en comparaison de celles-ci, moius des dessins de monumens que des esquisses légèrement tracées. Le capitaine Light recueillit aussi plusieurs inscriptions, que le docteur Young a enrichies de lumineuses interprétations.

8. G . Belzoni , Voyages en Égypte et en Nubie, contenant le récit des recherches et découvertes archéologiques, etc. , irad. de l’anglais, par G.- B. JHpping. Paris, 1831,11, p. 8.

Belzoni, natif de Padoue, commença ses voyages en Égypte et en Nubie immédiatement après ses prédécesseurs, Burckhardl, Young, etc. (de 1813 à 1819). Il poursuivit, dans ces pays inhospitaliers , avec un zèle infatigable , les recherches archéologiques commencées par son ami Buick-

(1) Bob. Walpole» Mcmoirj, London, 1818, p. 407-430.

bardt, et il eut la satisfaction de voir ses efforts courouués du plus heureux succès. Les relations de ses voyages et les découvertes importantes qu'il fit, soot recueillies dans son ouvrage, publié en anglais, qu'il enrichit d'un superbe atlas.

Belzoni fit deux voyages sur le Nil. S'embarquant à Assouan, il remonta chaque fois le fleuve jusqu’en Nubie. Son intention était surtout de déterrer le temple d’Ebsainbal (Ybsamboul, selon Belzoni), cariié sous les montagnes de sable mouvant, et de dévoiler ses mystères aux yeux de l'Europe.

Premier Voyage de Belzoni en Nubie, depuis Assouan jusqu’à la seconde cataracte du Nil, près de Wady-fialfa (1816, dans ses V oyages , I , p. 104 173).

Vers la fin du mois d'août, l’intrépide voyagenr s'embarqua avec sa femme, qu’il avait amenée avec lui, et remonta le Nil jusqu'aux fameuses ruines du temple d'Ebsambal (l), que Burckhardl le premier avait découvertes et décrites comme dignes défigurer parmi les plus beaux monuments de sculpture et d'architecture de l'époque glorieuse des Égyptiens. Belzoni, à son grand désappointement, ne put trouver des ouvriers pour les travaux qu'il se proposait d’entreprendre. Il s'empressa donc de donner aux Nubiens une idée de 1a valeur de 1 argent qu'il leur offrait en récompense de leur travail. A peine eut-il réussi à s'entendre avec eux , qu’il leur fut défendu de travailler. II fallait maintenant qu'il cherchàtà attirer dans ses intérêts le souverain du pays, Daoud Caschef (3), et qu'il obtint, en outre, l'approbation du père de ce dernier, llusseim Caschef, qui résidait à Eschké, dans la contrée la plus fertile de 1a Nubie. Il continua donc sa route dans l’intérieur de la Nubie, et se procura enfin 1a permission de déterrer les ruines du temple, à condition qu’il partagerait avec le Caschef les trésors en or qu’il y trouverait, mais non pas les pierres précieuses, qui devaient être sa propriété. Belzoni poursuivit en mémo temps sa route jusqu’aux entonnoirs de la seconde cataracte du Nil, prés de \Vady-Halfa(3), plus loin qu’aucun Européen n'avait pénétré jusqu'alors. Il n'est même pas probable qu'aucun des habitans de U vallée se soit jamais hasardé jusque-là. De retour aux ruines du temple d'Ebsambal, quarante des indigènes commencèrent à exhumer l’immense édifice. Bientôt les collines de sable avaient diminué de vingt pieds, et l'on vit la tête et les épaules du colosse, place à l’entrée méridionale, percer les masses qui l'entouraient. Cependant le temps et

(1) Burckhardl, Trav., i>. 88, 91.

(2) Belsoui, Voy., I, p. 131.

(3) lbkf.fl, p 141.

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