Dar-et-Mahass ou Wady-Mahass
Ce nom , que porte probablement aussi l’Ile Moscbo (Machou), désigne la vallée du Nil qui s'étend, des deux côtés du fleuve, trois ou quatre journées plus bas. Ce pays comprend tout l'espace où le Nil coule encore à l’ouest, dans le voisinage «l'Irau ,qui peut être considéré comme la limite méridionale du district de Say (1). Le Nil entre dans cette contrée de Dar-el-Muhass , près de la cataracte de Koké , un peu au-dessous du 20“ lat. nord ; deux jours de marche à l’ouest , est situé, sur la rive gauche, le chef-lieu Tinarch ; ce n’est qu'un amas de pauvres huttes entassées autour d’une petite forteresse bâtie en briques. Au moment où Burckhardt y arriva, ce château venait d’être enlevé à quelques rebelles par la horde indisciplinée de Mohammed- Cashef l’un des gouverneurs héréditaires de la Nubie. Le voyageur courut, dans cette circonstance , le danger de perdre la vie , car on le prit pour un espion de Mohammed-Ali-Pacha; et la haine qu’inspire ici le gouvernement du pacha d’Égypte faillilcoûter la vie à notre voyageur. 11 fut forcé de retourner précipitamment sur ses pas , et nous avons été privés ainsi de documens exacts sur Dar-el-Mabass et Dongola. Un petit mek ou prince de Nubie gouverne cette contrée; il perçoit les impôts et paie un tribut aux gouverneurs héréditaires de la Nubie, ou cashefs. Le Melek de Dahass, dans le domaine duipiel sont situés six lieux importans, avait la peau de couleur foncée; il était entouré de gardes armés de lances dout la physionomie ne semblait pasaussi bienveillante que celle des Nubiens du nord. Les habitans sont tous noirs; ils ont les lèvres renversées et pendantes comme les nègres , mais ils n'ont pas les joues saillantes et le nez aplati. Ils vont presque tous nus, les femmes elles-mêmes se montrent dans une complète nudité. Outre cette population qui ne comprend pas l'arabe . il s’y est encore établi des Arabes qui se disentdescendansdes Koreyshites de la race de Mahomet : ce sont en partie des Bédouins nomades, en partie des agriculteurs ; les plus distingués des habitans de Mahass sont les marchands. Les Nubiens, qui habitent depuis
(l) Burckhardt, Tra»., p. 75, 370.
(I) Burckhardt, Trar«, p. 67, 66.
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AFRIQUE j SYSTÈMES D’EAU : III» DIVISION, J 23.
Mongols jusqu'à Merr, ne font aucun commerce avec le I)ar-Four et le Bornou : ces Koreyshiles seuls se livrent au commerce et même li celui des esclaves. Un esclave mâle vaut h Mahass de SIS à 30 dollars , une femme de 30 à 40 ; ils les mènent au Caire où ils les vendent à 130 pour cent de bénéfice; le chargement en retour leur rapportait en outre de 200 h 300 pour cent , parce qu’ils trouvaient, chez les mameloucks, un rapide débit de leurs marchandises (1813), Ils tirent les esclaves du Bornou qui, suivant le rapport d’un Arabe, est situé h vingt-cinq à trente jours de marche. Burckhardt rencontra une fois , près d’Kschké , une caravane d’esclaves (1) venant de Mar-el-Mahass et conduite par des Koreyshites; quand la paix règne dans le pays, cette caravane va régulièrement deux fois par an en Égypte , en suivant tes bords du Nil ; mais en temps de guerre elle prend sa route bien loin de la rive gauche, h travers le désert de Mahass et gagne ainsi la grande oasis qui a vingt-trois journées de marche d'étendue, puis de 13 elle se rend par Siout au Caire, Poucet prit autrefois cette route pour aller 3 Mongols. C’est dans le Dar-el-Mahass que sont situées , sur la rive gauche du Nil, les ruines gigantesques du temple de Soleb.