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Say

Le pays de Mahass est bordé au nord , de l’est à l’ouest, par une haute chaîne de montagnes qui s’abaisse près d’Irau , h l'endroit même où le Nil abandonne son cours occidental pour reprendre sa direction normale vers le nord, qu'il suit de là, sans presque s’en écarter jamais, jusqu'à la mer. I.e Heure coule dans le pays de Say près de cette courbe subite vers le nord ; à cet endroit, les montagnes qui s'avancent tout près île la rive orientale , sont composées de fer terreux, comme près de la neuvième grande cataracte cl dans les lieux où elles s’éloignent de deux ou trois milles du fleuve. I.a contrée ds Say s’étend au nord , comme une grande plaine jusqu'au pays de Sukkot qui commence avec l’élranglemcnt du fleuve, près d’Amara.

A son entrée dans cette vallée brûlante, dont l'immense bassin est couvert de plaines sablonneuses et de cailloux, le Nil se sépare en deux bras et entoure ainsi une grande Ile appelée Say, dont le nom s’est étendu à toute la contrée. Dans cette lie, se trouve un château dontles murailles

élevées sont composées alternativement de lits de pierres «le taille et de briques ; le petit nombre de canons qui le défendaient furent élevés par les Mameloucks. Vis-à-vis l’extrémité septentrionale de cette Ile, est située la montagne isolée d’OIlaky (Djebel Ollaky); elle s'élève au milieu d’une plaine où se trouve beaucoup de quartz et qui est couverte , jusqu’à Aamara , de petits cailloux , de pierres à feu et de cornalines, comme les plaines qui s’étendent autour de Suez, près de la mer Rouge. Le Nil parcourt lentement cette plaine en formant un grand nombre de serpentines.

La U ady-Hamyde , qui s'étend le long du cùté oriental de Plie Say, est une bande de terre extraordinairement fertile , habitée par des Arabes qui ont leur mek particulier ; le domaine de ce mek est le plus peuplé de tous ceux qu'on rencontre entre Mongola et Ibrim. Au nord de ce pays s'étend jusqu’à Koeyk , un grand bois de palmiers le long duquel on aperçoit les tertres tumulaires d’un grand nombre de saints de la Nubie. Les dattes de cette vallée brûlante et du pays de Sukkot qui l'avoisine au nord , sont préférées à toutes celles de la vallée inférieure, et on les regarde comme les plus belles et les meilleures qui croissent depuis Dongola jusqu’il Alexandrie. Elles ont ordinairement trois pouces de longueur ; mais , comme on ne peut descendre le Nil à travers le llatn-tl-Hadjar , oes fruilsprécieuxn’arriientquerareinenten Égypte. Les habilans en font un très-grand commerce avec leurs voisins de l'est, les Dongolawy et les Arabes Scheygya.

L’ilc Say est très-bien cultivée à son côté orientalà cause du principal bras du fleuve ; une montagne s’élèveà son côté occidental. Say n’est pas soumise à un mek du pays ; elle est gouvernée par un aga turc qui , comme ceux d’Ibrim et d'Assouan, est complètement indépendant des gouverneurs héréditaires de la Nubie : il commande une garnison turque de la Bosnie, établie sous le règne du sultan Sélim et qui jouit toujours ici de ses anciens privilèges. Le caschef Husseyn avait ici , à Ebar, une de ses vingt femmes qu'il avait réparties en autant de séjours différons , afin de trouver partout une patrie dans la vie errante que Iescaschcfs nubiens sont forcés de mener continuellement pour lever les impôts .

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