NIL, COL' RS MOYEN. B1SSE-XLBIE
construits dan* celle wady; de U viendraient ce* grands monceaux de débris. Tb. Lrgh (1) le* observa aussi, et il aperçut au milieu les ruines d’une église dans l'intérieur des murs d'un temple égyptien , couvert d’hiéroglyphe* et d'nn mauvais style. On avait sculpté les chapiteaux longtemps après que les grossiers piliers quadranguiaires eussent été placés; et, ce qui le prouve, c’est qu’un grand nombre de ces chapiteaux ne sont pas encore achevés. Lrgh donne à ces ruines le nom d 'Allaghi.
Tout près de là , seulement un peu plu* au sud , sont situées (2) les ruines du temple de Moharmka que Burckliardt décrit sous ce nom, et dont il nousa donné lepIan.Light les appelle Ouffeddouni ( Ooffeddoonee ) (3). C’est un portique encore debout, composé de quatorze colonnes couronnées de chapiteaux de grandeur et île forme différentes, dans l'ancien style égyptien. Elles sont entourées d'un mur qui, comblant l'intervalle des colonnes, n'est nulle par^in terrompu. Le temple a une grande entrée et deux petites ; dans un coin se trouve une cage d’escalier qui conduit au haut de l'édifice. On ne voit nulle part d’hiéroglyphes qu'on trouve cependant sur tous les temples égyptiens, mais de* images de saint* avec des inscriptions grecques où se trouve le nom de Johannes. I.ight en a vu encore d'autres qu'il n’a pas pu déchiffrer. Burckhardt aussi trouva dans ce temple des inscriptions qu’il compare aux anciens caractères égyptiens que l'on voit sur les rouleaux de papyrus. Ce portique s’élève sur une terrasse de pierres massives ; cette terrasse a huit pieds de hauteur, et elle regarde le fleuve. C’est là qu'est la grande entrée; mais aucuns degrés n'y conduisent. Elle servait probablement delieu d'abordage aux embarcations pendant les grandes eaux : cependant l'eau du Nil n'atteint plus aujourd’hui la hauteur du portique. Il a 1S pas de longueur et 9 de largeur ; rien ne témoigne de son origine égyptienne que les feuilles de palmier de chapiteaux. Cependant il est grandiose, et il appartient probablement , selon les conjectures de Burckhardt, à la dernière époque de l’architecture égyptienne. Tout près de là, on voit encore un troisième temple qui diffère encore du précédent : il est plus gracieux , et fut autrefois consacré à lais. Celte divinité y est représentée
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(2t soraen*. K. rie mm Silstrotn , Tib , f. LUI. (S) U(b',VrM.,i>. 80.
en relief, comme à Amadou : le genre de sculpture diffère donc de celui de l’Egypte , où les images sont gravées en creux. Selon l'opinion de Burckhardt, ce temple est peut-être un ouvrage des Ptolémées qui favorisaient la navigation et le commerce jusqu'en Nubie , au delà des frontières de leur empire. Nous supposons, avec Leake, que là est l'emplacement de l’antique Micron Sycaminon de l'Itinéraire d'Antonin.
Immédiatement au-dessous de Wady-Moharraka est située la petite Ile lierar; au nord-est de cette Ile, Burckhardt remarqua, sur la rive gauche , près de korti (1) (Corle dans l'itinéraire d'Antonin), les ruines du plus petit de tous les temples qu'on aurait vus en Nubie. Vis-à-vis de ce lieu s'élèvent, sur la rive orientale du Nil, les chaînons du Gibet-OUaki qui s'étendent du Nil, à l'est , jusqu'aux bords de la mer Rouge : ce* montagnes sont célèbres, chez les auteurs Arabes, par les mines d'or qu’elles contiennent. Burckhardt remarqua en effet que le Nil roulait ici dans son limon beaucoupde paillettes demies jaune. Lesmameloucks ont cherché un asile dans ces montagnes habitées par les Ababdés. Au pied du mont Ollaki s'étend dans la vallée du Nil, une plaine propre à la culture, mais aujourd'hui abandonnée ; elle est traversée par un canal en ruines qui servait autrefois à l’arroser. Tout près de là , se trouvent , sur la rive orientale, près de Kobban , les ruines d'une ancienne ville entourée d'une muraille bâtie en briques cuites au soleil ; ces ruines ressemblent à celles d’Edfou en Égypte, et sont probablement la Conlra-Pselcis. Un peu plus bas sont situées, sur la rive gauche , les ruines de Dakke.
Wady-IUk£É(2) ( Decke, Dukkey dans Light, et El-Guaren dam Norden, peut-être l’ancienne Pselcis de Ptoléinée, IV, c. 3, et de l'Itinéraire d’Antonin). — La plaine de cette wady fut aussi autrefois cultivée et fertile comme le prouve encore l'humus qui la couvre, mais il est maintenant enfoui à 3 pieds sous les sables : les gazelles y habitent par troupes. Le désert s’est avancé ici jusqu’à la rive du Nil : elle est couverte de petites élévations isolées qui apparaissaient à Legh, dans le lointain, comme des pyramides; on dirait que les pyramides de la Basse-Égypte sont de petites montagnes taillées
(1) Burckhardt , p. 103, 14.
(8) ibM.) p. 103. — L*gh , p. 04 , 84. — Light
Trar. , p. 09. — Horden , Voj , p. 19 , et Tah. r4.IV. — B;txoiit.
AFRIQUE, SYSTEMES d’BAE : III* DIVISION, 5 48.
fl détachées dans ces liens , puis transportées en Égypte. Burckhardt regarde les ruines du temple qu'on rencontre ici comme les plus (telles de toute la vallée du Nil ; et , selon Legh, elles sont les mieux conservées de toutes celles qu'on voit au sud d 'Assouan. Devant ta façade qui est tournée vers le Nil, s’élève un immense propylon qui se compose de deux masses pyramidales entre lesquelles est une porte , comme à Edfou. Devant la porte te trouve un fragment de sphinx. Ce propylon a 50 pieds de hauteur ( scion Legb), 78 pieds de long (30 pas selon Burckhardt) et 10 de large (Lighl). Dans scs deux ailes sont pratiqués des escaliers qui conduisent au haut du temple, absolument comme dans le propylon de Philce. Les deux ailes contiennent une infinité de petites chambres en haut et en bas , et la muraille qui fait face h la porte est couverte d'une infinité de sculptures et d'hiéroglyphes.
A seize pas de ce propylon qui , avec la haute porte pyramidale, caractérise presque tous les temples égyptiens et nubiens, sc trouve l’entrée du Pronaos, placée entre deux colonnes à demi adhérentes h la muraille. Les chapiteaux de ces colonnes sont sculptés dans le style simple et presque grec du temple de l'hilæ, style qu'on ne trouve nulle part en Égypte. On voit, entre les deux colonnes, des scarabées ailés, et on remarque parmi les peintures un personnage qui joue de la harpe. Le l’ronaos forme un carré long de 10 pas de longueur et de 7 de largeur. Le toit en est couvert d’énormes pierres de 1 8 pieds de longueur. Entre le Pronaos et l'Adyton , se trouve une petite chambre qui n'a que 4 pas de largeur et dont la forme est tout à fait étrangère aux temples égyptiens , quoique propre h celle d’un grand nombre de monumens nubiens. C'est peut-être une espèce de colla dont le but nous est ineonnu. Une porte richement décorée conduit de celle salle dans l'Adyton. D'un côté est pratiquée une chambre obscure qui contient un caveau sépulcral au-dessus duquel est sculpté un grand lion sur le mur. De l'autre côté est placé un escalier qui conduit au haut de l'edifice. DerrlheV Adyton est située une quatrième chambre plus grande que les autres , communiquant, par une petite porte, à un étroit corridor. Ce corridor fait le tour du temple ; il est formé |>ar un mur épais de pierres de taille, qui enveloppe le temple de trois côtés. On voit, dans cette chambre, un grand bloc de granit, roche trèsrare en Nubie. Le long des parois , sont des lotus en Heur , symbole de la vie : des offrandes sont placées devant ccs fleurs. L’intérieur du
temple ne renferme pas de sculptures historiques, tandis que l'extérieur en est tout couvert; elles représentent surtout des cérémonies religieuses ; l'exécution en est parfaite , et elles peuvent être comparées aux plus beaux ouvrages d'IIermontis et de Philæ. Sur une espèce de terrasse qui conduit du temple au Nil , sc trouvent deux longues inscriptions, l'une en hiéroglyphes, la seconde placée au-dessous et appartenant au même ciseau , en caractères égyptiens (commun rgyptian character, dit Burckhardt), semblables à ceux que l'on voit sur les rouleaux de papyrus : cette seconde inscription est peutêtre une traduction de la première. Light croit que ce temple était dédié à Mercure , et il fonde son opinion sur des inscriptions grecques qu'il copia en ce lieu. Burckhardt et Legh assurent que l'extérieur du temple est tout couvert de semblables inscriptions. Cette courte description fait voir assez la haute importance de ce monument. Burckhardt pense que ce temple fut bâti sur le modèle de celui de Philæ , seulement sur une échelle plus petite ; mais l'imitation , dit-il , est plus parfaite et plus belle que le modèle. Il est parfaitement conservé et il s’élève probablement sur l'emplacement de l’ancienne Pselcis. D'après une supposition de Nirbuhr(l), qui est probablement confirmée par une inscription que nous ne connaissons pas encore , ce temple fut élevé par les navigateurs, en l’honneur de Ptolémée Evergètcs 11 et de Cléopâtre.
Wady-Gyrshé (Garbe-C.irshe dans Norden , Guerfeh-Hassan dans Legb, Tutzis dans l’Itinéraire d’Antonin). — Au nord de Dakké, le Nil dévie un peu au nord-est, et , près de Kostamne se trouve l’un des gués peu nombreux que connut Burckhardt ; au délit, la vallée s'élargit plus qu'en aucun endroit jusqu'à Assouan ; elle atteint une largeur d'une petite demi-lieue, et c'est dans cette plaine qu'est située la waily Gyrsbé. Elle est très-peu habitée, mais elle offre au voyageur les ruines d'un temple dont la simplicité et la grandeur excitent l'admiration de celui qui les contemple. Elles forment un contraste parfait avec le monument de Dakké, d’une architecture si parfaite et si savante , car elles remontent à l’enfance de l'architecture alors qu’on essayait d’atteindre le grandiose par le colossal. Ce temple, api»elé Djam-lfosseyn par les habitons, est h moitié creusé dans la roche. Pour arriver du Nil h ce monument , on passe ,
(I) Nicbubr, I:ucr nubiens, p. JO.
Rtt, COORS 90TEX. BASSE-ttl'BIE.
dit Burckhardt, sut les monceaux de décombres d'une ville détruite ; ces débris couvrent au loin le penchant de la hauteur sur laquelle s'élève le temple. Belxoni trouva dans ces ruines quatre têtes de lions sculptés en pierre et un grand nombre de curieuses antiquités.
Devant le temple est un portique élevé dont la façade est soutenue par six colonnes rondes, composées d’un grand nombre de pierres, et les cités par cinq piliers quadrangulaires taillés dans la roche. Un colosse de 18 pieds de hauteur, sculpté en grès et parfaitement conservé, se tient debout devant chaque pilier. L’une de ses mains est armée du fouet, l’autre est pendante. Ce sont des statues de prêtres arec la barbe légère au menton et la mitre des sphinx sur la tète. Leurs vêtemens étaient autrefois I teints et dorés, ce qui devait faire un coup d'oeil magnifique. Des deux côtés sont des salles ou corridors taillés dans ta roche. Quatre de ces colosses sont accompagnés de groupes de trois statues qui ressemblent aux images d’isis et d’Osiris.
l’n grand portail conduit de ce portique dans le l'ronaos , qui a 40 pieds de long, 5» de large cl 22 de hauteur (Legh). 11 est soutenu par deux rangs de piliers énormes sans chapiteaux , de $ à 7 pieds carrés : trois l’élèvent de cltaque côté. Devant chaque pilier est debout un colosse de plus de 20 pieds de hauteur ; il représente un jeune homme avec 1 e boisseau pour coiffure, la clef du NU et le fouet à la main. On reconnaît au premier coup d'oeil l’cnfance de la sculpture dansces statues grossières qui n'expriment qu'un idéal éthiopien. Les membres sont moins correctement dessinés que dans la wady Scboua , les cuisses ne sont formées le plus souvent que de blocs arrondis. Cependant tout , dans ces salles caverneuses, dénonce la puissance, tout commande le recueillement et le silence, tout éveille l’étonnement ! On se croirait , disent Burckbardt et Legh, dans les groltgs sacrées de l’Inde à Decan.
On voit, dans les niches du Pronaos, deux statues d’hommes et deux statues de femmes , semblables à eellesde l'Égypte ; les statues et 1rs colosses étaient enduits d'un stuc épais, et on voyait qu'ils avaient été peints; dans la seconde chambre (Sekos ou Cel/a? 54 pieds de largeur et 14 de longueur, selon Legb) s'élèvent deux énormes piliersàcôlé desquels sont creusés deux caveaux probablement destinés h recevoir des morts. l,a troisième chambre (11 pieds de large et 15 de long) formait l’Adylon; deux petites
chambres latérales sont pratiquées sur les côtés : la paroi du fond est garnie d'un banc taillé dans le roc , sur ce banc sont assises quatre figures colossales taillées aussi dans le roc , de manière que leur dos tient encore au rocher. Elles ont entre elles un certain air de ressemblance; ce sont, dit Legh, les images il'Isis , d’Osiris , à' dpi* et de Serapis , divinités auxquelles on apportait les offrandes dans le mystérieux sanctuaire. Tout ce monument extraordinaire est taille dans le roc vif, et les ouvrages sont demeurés h la place même des masses dont ils ont été formés. Mais les ornemens et les hiéroglyphes sont entièrement effacés par la fumée des feux des bergers, car ce monument sert aujourd'hui de retraite et de demeure aux bergers et à leurs troupeaux.
Wady -Ghardi-DardourQ), c'est-à-dire Dardbur occidental (Dandour dans Norden , Gorba- Dandnur dans Legb, Garsery dans Liglil) au nord de Gyrshé, la vallée du Nil se resserre en affreuses gorges de rochers ; pour gagner ici quelques portions de sol cultivable , les anciens habitans de la Nubie avaient construit des éperons qui s'avançaient jusqu'à 40 ou 60 pieds dans le fleuve , en brisaient ta violence et protégeaient la rive voisine contre ses flots. On en voit encore plusieurs restes des deux côtés du fleuve, et quelques-uns de ces ouvrages se sont conservés jusqu'à nos jours. La montagne déserte ne communique au Nil que par des ravins de torrent desséchés; sur la saillie des rochers s'élèvent les rares huttes des Nubiens actuels qui placent ainsi leurs habitations afin de laisser à l’agriculture le peu de terre exploitable que la nature leur a donné.
On trouve dans cette contrée , sur la rive occidentale du Nil, un petit temple bien conservé avec un propy/on dont la corniche saillante repose sur deux colonnes et ressemble beaucoup à celle du temple de Tentyra ; le Pronaos est absolument dans le même style que celui de Dakké; au-dessus de la porte est sculpté le globe ailé ou l'oeuf du monde. Les ornemens des colonnes se composent de serpens, de têtes d’isis et d’Osiris. Les figures des murs extérieurs sont sculptées dans le même style que celles de Tentyra ; elles sont bien exécutées, mais déjà elles altestent une décadence évidente dans l’art , et
(I) B'ircXlurdt, Tr»*., l». 10, 1 1 Bordes, Vor., p. SI #, — tej*, lliml, p. #8. — llstit, p. #8. — Beliont, VOT , |, p. lia.
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Burckhardt 1rs croit postérieures au monument «le l'hila. Legh remarqua que l'intérieur du temple était iuachevé. Devant le temple est un grand espace i nlouré de murs de pierres cimentées. Il a 33 pas de longueur et 15 de largeur (100 pieds de long et 00 de large, selon Light), et forme devant le Nil une grande courbe, circonstance que Burckliardt n'avait remarquée nulle part ailleurs. I.ight prit cet espace pour les ruines du portique. 11 servait iieiit-ètre , dans les fêtes, de lieu de réunion aux marins descendus b terre. Cependant Belzoni ne put découvrir de degrés qui conduisaient du fleuve sur cette terrasse. I.egli trouva des inscriptions et les lettres symlioliqucs A x dans une grotte creusée derrière le temple et qui fut probablement habitée par des chrétiens.
Wady-Kalabschè( le temple du soleil). Monduli-Der, selon Nieburh; BU-Halabtschi dans Norden, kalabsché dans Legh , Galabsche dans I.ight qui en a donne un dessin ; on eu trouve aussi une esquisse dans Burckhardt (voy. dans (,au , planche 14 et 13, les hiéroglyphes. Talmis et Contrà-Talmis dans l'itinéraire d'Anlonin.) — La watt y llalabscM est située au-dessus de Dandour. Avant d'entrer dans cette vallée, le Nil baigne encore les deux villages Merauvan et Abughor : on voit une petite ruine à Meroiivan . lieu que Norden appelle Merowan et quj nous rappelle pour la troisième fois , le nom de l'antique Méroé. Le grand fleuve s'épand ici majestueusement dans une vallée pitoresque où, pour la première fois, des masses de granit sur. gissent des roches de grès ; entre les roches saillantes de granit, le Nil forme aussi un grand nombre d'iles qui sont couvertes de débris. Ligbt donne le nom de shellal ou de cataractes de kalabsché , aux rapides peu imporlans qui se trouvent en ce lieu; selon l'observation de Buckingham, ces cataractes son situées précisément sous le tropique du cancer. Light remarque dans ce bassin, sur le versant des rochers de granit, des bancs A'oslracites pétrifiées, et ce phénomène lui fil supposer que cette vallée avait communiqué autrefois avec la mer Bouge et que les eaux de la mer y avaient séjourné.
Le voyageur Burckhardt se trouva ici en présence d'un magnifique spectacle. Les masses noires de granit qui surgissaient dans le large bassin, ces lies grisâtres semées sur les eaux claires du fleuve, les rives parées, du mois de mars au mois de juin , de verdure et de fleurs , tout cela fit sur lui une impression ravissante. Belzoni remarqua, dans les bois d'acacias voi-
sins, les fours îi charbon des Arabes Ababdés qui fournissent l’Égypte de charbon de bois. Sur la rive occidentale est situé Kalabsché, le plus grand village qu'on rencontre entre Derr et Assouan; c'est de ce lieu que la vallée tient son nom. Norden remarqua , qu'un peu au sud de Kalabsché, un grand nombre des huttes des habitans sont bâties en pierres et couvertes d'hiéroglyphes; il vit aussi, sur la rive orientale, près de Sherck-Abobouar (Abughor), un long quai bâti en pierres taillées en prismes, et si habilement liées qu'on n'aperçoit encore aucun intervalle entre les jointures.
La contrée qui entoure Kalabsché est couverte, au loin , de décombres de toute sorte que Burckhardt prit pour les ruines de l’antique Talmis et Contrà-Talmis, ville qui, dans cette situation , n’aurait pas dû sa prospérité h l'agriculture, mais h la navigation et au commerce; ce fleuve a souvent, en cet endroit, 80 à 100 pieds de largeur.
Au milieu de Kalabsché, sur l'espace qui s'étend du Nil au pied de la montagne, sont situées, h 180 pieds au-dessus du niveau du Nil, les ruines d'un grand temple. Burckhardt les regarde, avec celles de Dakké, comme les monument les plus parfaits de l'antiquité nubienne. Ce temple ressemble , par sa position , à ceux de Tcntyra et d'Edfou ; ses colonnes ont les chapiteaux de Philæ; ses murs sont très-habilement construits , et le style de son architecture appartient h l'époque où l'art égyptien avait atteint sa perfection. L'extérieur du temple est entouré de longues murailles sur lesquelles Belzoni crut remarquer les traces des anciennes habitations des prêtres. Une terrasse pavée, ou area, est située sur la rive du Nil et semble avoir étédestinée b l'abordage , pendant les grandes eaux. Un escalier conduit de cette terrasse au temple. Tout autour gisent un grand nombre de sphinx brisés; ce qui fit supposer h Light qu'il existait autrefois u(}£ avenue de sphinx conduisant, comme b Seboua , jusqu'au pylône du temple. On voit aussi un grand nombre de tombeaux , et Burckhardt remarqua sur les murs plusieurs têtes de sphinx. Les murs extérieurs du temple sont chargés (le sculpture et ornés de colosses, comme à Tcntyra et Edfou ; mais l'exécution de ces ouvrages est beaucoup plus grossière que celle des figures de l’intérieur du temple.
Ce temple n’est pas creusé dans la roche; il est bâti en pierres , mais très-délabré. Le propylon. qui est encore debout, est d’une grande beauté et d'une grande simplicité. Deux masses