ML, COURS MOYEU. BASSE-XUBIE
pyramidales s’élèvent aux deux côtés , et su milieu de la façade, se trouve la grande entrée, de 100 pieds; de toute la colonnade il ne reste plus qu'une seule colonne de 3 pieds 3 pouces de diamètre ; les autres gisent çb et là éparses et brisées.
La façade du Pronaos a quatre colonnes trèsbelles et deux pilastres qui tiennent à moitié dans le mur, comme nous le voyons dans les monumens de Mvharraka , Dakke , llendour, Mardaky et Debot : ce genre de construction est commun aussi aux temples de Philæ et Tentyra.Lemur seul delà façade contient des sculptures; on y voit le Briarée à deux tètes { Typhon) sous la puissance du vainqueur, protégé par Osiris. On remarque , dans l'intérieur du temple (voy. le plan de Burckhardt ) îles cellules trèspelites y faites d’une seule pierre et capables de contenir un homme; on dirait qu’elles étaient destinées b servir de prison ou de loge pour garder des animaux sacrés.
La grande Cella et VAdyUm sont peints à l’intérieur ; les peintures ont encore toute leur fraîcheur et se sont mieux conservées qu'b Philæ, parce que la couche de gypse dont on les avait postcrieuremeul couvertes , les protégea contre le temps et n'est tombée que très-tard. Belzoni trouva le coloris plus vif et plus frais que celui de toutes les autres peintures de l'Égypte ; le rouge , le bleu, le vert et le noir sont les principales couleurs. L'Osiris, b la tète d'epervier, est peint en vert-clair , et scs vêtemens offrent le mélange d'un grand nombre de couleurs. Quelques femmes tenant la Heur de lotus, sont peintes tout en noir ; leurs cheveux sont noirs ou azurés; l'espace qui sépare les doigts est peint eu rouge.
Sur l'une des colonnes de ce temple , se voit l'inscription de Silcon, le Basiliskos, dont nous avons parlé plus haut : une seconde inscription dit qu'en ce lieu on adorait il andulis, le dieu du soleil. Les Grecs avaient converti ce temple en église, comme l'attestent les images chrétiennes peintes sur la couche de gypse dont on avait couvert les peintures païennes. Le temple est bâti d’un grès très-fin que le temps n’a ni effleuri, ni endommagé; mais la main de l'homme a laissé partout des traces de sa violence et de ses ravages. A quelle époque? quel fut le destructeur? Nous ne le savons pas. Ce ne peuvent pas être les Verses de l'expédition de Cambysc , si les suppositions de Belzoni sont vraies : ce voyageur prétend que ce monument a été bâti par les Égyptiens , sons la direelion des Grecs ,
dans le même temps que ceux de Phihe, Edfou, Tentyra. Il n'appartiendrait pas ainsi b l'architecture gigantesque des premiers temps , mais au style égyptien d'une époque plus récente, lorsque l'art était plus perfectionné, plus noble , plus gracieux et plus simple.
A un quart de lieue de ce grand temple, gisent , au nord-ouest , les ruines dtin temple beaucoup plus petit, celui de Dar-el-Wady (1). On traverse , pour y arriver, les ruines de l'ancienne ville qui s'étend une demi-lieue , sur un espace couvert de pierres taillées , de membres de colosses et de décombres. Les habitanstrouvèrenl , parmi ces décombres , une lampe d’or massif avec sa chaîne; elle était de travail grec et avait servi au culte grec établi dans ces contrées; mais les Turcs l'ont fait fondre aussitôt.
Ce petit temple , taillé dans le roc , est moins remarquable par son architecture que par les sculptures qu’il renferme. Burckhardt est le seul qui l'ait décrit. On entre , par un passage ouvert, dans la Cella, longue de treize pas, et dont le toit est soutenu par des colonnes polygones; vient ensuite l’adytum. Les sculptures hiéroglyphiques de l'intérieur sont aussi grossières que celles de Dcrr. Le groupe du Briarée est répété sur les deux côtés du pylône. Ce géant ennemi, monstre b plusieurs tètes , a partout , dans les sculptures nubiennes, les cheveux taillés comme les Nubas d'aujourd'hui auxquels il ressemble encore par ses pendans d'oreilles et toute sa parure. Peut-être , dit Burckhardt , ce Briarée représenterait-il un des chefs du desert vaincu par le dominateur du Nil ; les prêtres le représentèrent sous la forme d'iui monstre à plusieurs têtes, parce qu'une victoire remportée contre lui n'était jamais le terme des combats , comme aujourd'hui les hordes des Bédouins , auxquels on applique encore ce proverbe en Orient : ■■ Coupez b un la tète cl cent autres repousseront aussitôt. »
Les mursdece temple et de son avant-sallesout couverts d’images historiques très-intéressantes. Sur une des parois, est représentée une bataille. Le héros, monté sur un char tiré par quatre chevaux, comme b Carnac, chasse devant lui les ennemis vaincus : les fuyards courent vers une terre couverte de vergers épais , d'arbres aux larges feuilles, b la forme variée, dont les branches sont chargées de grappes de fruits et de singes. Peut-être cette contrée, dans laquelle ils
(1) ttllrt'Llisnlt, Tr*v., p. 115.— Itelionl, Vt’JT , 1 , P. 1 ' C.
cherchent un asile , est-elle la Kolla qui horde l'Abyssinie. Deux autres chars , tirés par deux chevaux, suivent celui du héros; chacun contient une femme et le conducteur.
Dans une autre chambre, on voit Osirit, assis sur son trône (1) : les sculptures sont ici en creux. Devant lui passent les vainqueurs chargés du butin conquis. Des hommes nus portent de gros morceaux de bois; c’est probablement l’ébène précieuse de l’Éthiopie qui , h cause de sa couleur noire, servait de cadre aux peintures des sépulcres des rois, dans la Thëbalde; un autre homme porte une chèvre sauvage, un second une autruche, un troisième un grand bouclier de peau de rhinocéros et une gazelle , un quatrième apporte des singes , un cinquième un morceau de bois précieux ( peut-être du bois d'aloès, bvkam ou tenu) ; il chasse devant lui deux gros buffles; le sixième porte encore un morceau de bois sur lequel est assis un singe; puis vient une girafe avec son conducteur , et enfin deux hommes qui chassent devant eux des prisonniers vêtus de peaux. Au-dessus se voit la continuation de cette procession triomphale, un gros lion, une antilope aux cornes droites et des buffles; devant le trône du roi sont entassés une foule de carquois , d’arcs , de dents d’éléphans, de peaux d’animaux et toute une file de calebasses pleines.
Sur la paroi qui fait face à la précédente , est représenté le roi assis et sculpté en relief. On fait passer devant lui des prisonniers h la longue barbe, les mains liées derrière le dos, puis Tient une troupe de femmes prisonnières, d’esclaves vêtues de longs habits blancs avec une haute coiffure sur la tête. Un autre tableau représente le sacrifice d’un prisonnier et le siège d'une tour dont un homme abat les murs il coups de hache.
Toutes ces sculptures sont, partie en relief, partie en creux et très-bien exécutées ; elles appartiennent aux meilleures sculptures historiques de la vallée du Ml ; le dessin en est trèscorrect et l’expression plus vive que celle des figures semblables que l’on voit h Tbèbes. Elles représentent un fait important : le héros de l'Egypte s’est avancéjusque dans le pays deslions et des girafes, c’est-à-dire au delà de Dougola, de Seunaar ou de Méroé , dans les bois maréca-
(I) vo y. lagriil, djns CurcMuritt , p. 408 , App., et lei tuiles et 93.
geux et chauds de l’Abyssinie , dans le pays de l’ébène et des belles esclaves. Ces sculptures représentent donc une expédition victorieuse dans les pays au sud de Méroé , dans le genre de celle de Rhamsès , représentée à Tbèbes ; Tacite (I) a décrit celte dernière avec étonnement, et elle lui sembla le monument d’une grande domination qu’il compare à celle des Romains et des Partbes.
Les ennemis vaincus sont des sauvages vêtus de peaux. Leurs cheveux sont coupés très-courts comme les Nubas du sud les portent encore aujourd’hui. La tour, entourée d’eati, est peut-être le château de file du Itatn-el-Itadjar d'où les Nubiens faisaient de fréquentes irruptions en Égypte.
Les combats et les pompes triomphales représentés sur les temples de Luxor et de Canuse font allusion à des expéditions moins rapprochées tics tropiques.
Wady-Tafa (2)(Norden Taffis, Light Taeeffa, Olympiodore 0ir<v, Ptolémée Taâi,). — Burckhardt aperçut, au nord de Kalabsché, les carrières dont on avait tiré les pierres pour bâtir le temple et la ville; Belzoni le visita aussi et y trouva un grand nombre d’inscriptions grecques, probablement sculptées parles tailleurs de pierre qui y travaillèrent sous les Ptolémées.
Près de la petite Ile Darmout, les roches de granit se montrent, pour uninstanl,sur le bord du NU, mais elles disparaissent dans le voisinage de Tafa cl font place aux roches de grès qui ont domine jusqu’alors ; au sud de Tafa, ces roches s'avancent jusqu'au fieu ve en masses escarpées,de sorte qu'on ne peut l'atteindre par aucun seutier et qu’on est obligé de gravir pendant une heure les roches , pour arriver de nouveau au rivage de la Wady-Tafa.
Le village de Tafa a présentement de 200 à 300 habitons, et parmi eux un scheik qui habite dans un bosquet de palmiers. Des ruines sont éparses çà et lit dans la plaine cultivée qui entoure le village et qui a une demi-lieue de longueur sur moitié de largeur. Ce sont pour la plupart les murs extérieurs d’habitations particulières; l’enceinte en est couverte de pierres, de portes , de piliers , de ceintres , et , au milieu de ces débris, s'élèvent les huttes des habitons actuels. C'est assurémenti'ancienne Taphis,
(1 ) Tacite, Annales, II, 60.
(2) Eurikb*rJl,Trar, p.$, 121 . — Sorti en, Voy., p. 61, 92. — light, p. 60, planche. — Beliont, I, p. 360.
ML , COt.RS M0YE3. BASSE-S CaiE.
et le* mines que l’on voit sur I* rire orientale occupent l’emplacement de la ville appelée Contra-Taphis. Les habitans rapportèrent h Burckbardt qu'ils étaient d’abord chrétiens , mais qu’ils avaient embrassé l'islamisme après la con ■ quête de l'Égypte par les musulmans; b cette cpoque , le plus grand nombre de leurs Frères avaient été massacrés ou forcés de prendre la fuite; ils s'appelaient Outad-et-Xasara (Nazareth), c’est-à-dire descendans des chrétiens. Un manuscrit arabe de la bibliothèque de Paris (n*138, fol. 100} raconte qu’il y a en ce lieu un très-beau cloître, appelé Ansoun, d’une trèshaute antiquité et d'une construction extraordinairement solide; près de ce cloître , vis-à-vis de la montagne, étaient situés quinze villages dont on ne voit plus de traces aujourd'hui. Light remarqua , au milieu du village, les ruines d’un propyldnequi avait été anciennement converti en église, et Burckhardt visita , dans les roches voisines, deux petits temples qui étaient encore couverts d'images de saints grecs.
■Wadt-Kaiwasst (1) (Norden Hindou, Legh Sardab-ei- ümbarakat, liarlaat dans Light qui a donné les dessins du temple d'isis et des carrières). — Au nord de Tafa , la vallée du Nil s'appelle, jusqu'à Dchmyt, W ady-el-Mebarakat (Legh El-Vmbarakal) : elle est habitée par une tribu des Kenous. Le pays est peu peuplé et les hommes habitent la plupart dans des cavernes. Le tennamekke croit partout sur les hauteurs. L’étroite vallée de Kardassy, située quatre lieues au nord de Tafa , est couverte au loin, dans une étendue de plus d'une lieue, de débris et de décombres qui nous indiquent assurément l'emplacement d'une cité antique dont le nom nous est inconnu.
Ces ruines sont très-curieuses : ce sont d’immenses espaces entourés de murs dans l’enceinte desquels se trouvent desdécombres. Legh compta douze espaces différons ainsi enfermés dans des murailles. Burckhardt nous a donné la description d'un de ces singuliers monumens. Tout près du rivage, se trouve un de ces espaces murés, de 130 pas de longueur et 100 de largeur; au milieu glt un tas de maisons de pierre. L’entrée qui y conduit est une grande porte semblable à celle de la façade du temple de Mero-
(I) BnrvLbarJl, Trav., |>.8, 132 — vwrden.voy , p, 313. — U'cb, narrai. , p. 61, 02. — Light , p. 66, et les Seul planète*.
wan. Les murs ont 10 pieds d’épaisseur; le* deux faces sont formées par de grandes pierres taillées, et Tintcritur est rempli de moellons, comme dans les constructions romaines. On n'y trouve pasd'hieroglyphes. Ces monumens ne seraient-ils pas de* fortifications élevées , sous les Ptolémées, par les Romains ou les Égyptiens , pour s'opposer aux invasions des Elemytst Light mesura un de ces retranchcmrns, il lui trouva 133 pas sur toutes les faces, il avait encore 16 pieds de hauteur et deux entrées; l’une au nord , l’autre au sud. Les murs avaient aussi 10 pieds , et devant sc trouvait une espèce de corps-de-garde.
Sur une éminence gisent les ruines d'un petit temple semblable à celui du temple d’Osiris, à Philæ; on voit encore debout un fragment du portique avec six colonnes qui portent des chapiteaux d une exécution parfaite. Deux de ces chapiteaux ont des têtes d'isis; leur coiffure est la même qu'àTenlyra ; mais les pendans d'oreilles en diffèrent. L’entablement qu'ils supportent est formé de pierres de 16 pieds de longueur, et au-dessus de chaque tète on voit sculpté un temple monolithe. Les quatre autres colounes ont deschapilcauxdifférrnsdontrornement se compose de feuilles de lotus ; ils tiennent à moitié au mur. Les ornemens des chapiteaux varient aux angles opposés ; les colonnes sont ornées , à l’angle du sud, de grappes de raisin et de feuilles de vigne sculptées en relief sous la volute. Les colonnes reposent sur des bases rondes, à 10 pieds de distance l’une de l’autre : leur diamètre est de 3 pieds. Le front septentrional du portique a 30 pieds de longueur et celui de l'est 36 pieds. Legh n’aperçut des hiéroglyphes que sur une seule colonne.
Près de ces ruines, sont des carrières de trèsbeau grès d'où on a tiré, dit Burckhardt, les pierres qui servirent à construire les monumens de Parembo/c et de Philæ, On y voit encore un grand nombre de sculptures et d’ouvrages commencés. Light remarqua un temple monolithe de 10 pieds de hauteur; au-dessus se trouvait une quantité d'inscriptions grecques, comme dans les carrières de Tafa ; mais il y a beaucoup moins d'inscriptions égyptiennes que d’inscriptions grecques, et Light (l) en copia plusieurs qui toutes contenaient des noms de prêtres. On rapporta à Burckhardt , qu'une journée à l'est
(I) Light , Tabula of (.rctk Kiuripllooi in IM qnarrltl at Carton.
AFRIQUE, SYSTEMES D’EAU t Itl* DIVISION, $ 88.
de Kardassy, doivent se trouver les ruines d'une ville appelée Kamlé et située dans les montagnes; jusqu'à présent cette citée est demeurée inconnue.
Deïot (1) (Norden Déboudé, Legh Débotté, Ligbt Debou, Pcrrembole dans l’itin. d’Ant.). — Ce village est déjà situé dans la région du granit qui ne s'étend que jusqu'à Assouan, et il occupe probablement l'emplacement de l'ancienne Parrmbole ; au centre du village , se trouvent les ruines d’un temple , le dernier qu'on rencontre dans la Nubie , contréesi riche en monumens antiques, et qui, il y a vingt ans, était encore pour nous une terre inconnue. Ces ruines gisent sur la rive gauche du Nil; leurs sculptures et leurs colonnes semblent être une imitation de celles de Philae. mais elles sont d'une exécution moins belle etellesappartiennent probablement a une époque postérieure, lorsque l'arcbitecture et la sculpture étaient déjà en décadence. Le petit temple de Merowan parait être contemporain de ces ruines; mais il a été construit avec plus de soin. Trois propylùnes élevés, placés l'un derrière l'autre à desdistances inégales, conduisent à la façade du temple, large de60 pieds et formée par un portique à quatre colonnes; les deux colonnes du milieu portent des chapiteaux différons, de celles des extrémités. Hue porte conduitdu portique dans le Pronaos orné de sculptures : à partir du Pronaos , le temple s'étend 70 pieds en longueur , à travers un grand nombre de salles dont quelques-unes sont ornées de sculptures. On remarque, dans YAdyton , deux petits temples monolithes taillés arec art dans un seul bloc de granit et parfaitement conservés; le plus grand a 12 pieds de long, 3 de profondeur et 8 de hauteur; le globe ailé surmonte la porte sur laquelle on aperçoit encore les trous des gonds : ils ressemblent absolument à ceux de Philæ , mais ils diffèrent des monolithes de Caou(Antæopolis)qui sont beaucoup plus grands. Les images peintes sur les parois intérieures sont trés-altérées et le temple est généralement dans un état de délabrement complet. Norden découvrit , près du temple, le long du Nil, un superbe quai , bâti en pierres de taille ; les autres voyageurs ne l'ont pas remarqué.
Si nous jetons maintenant un coup d'icil général sur les monumens de la Nubie , nous ver-
tl) BurrkbaïUl, irjv.,p. 128. — ionien, vor.,p. 212.
lf(h, Sarrau, p. 93 — Lighl, p. 87.
rons qu’ils nous offrent des représentans et des exemptes de toutes les périodes , de toutes les ères de l'architecture égyptienne. Ce n'est qu'en Nubie qu'on peut étudier l'histoire de l'art égyptien ; car toutes les ruines des temples de l'Égypte , quelques-unes exceptées , doivent l’existence à une époque où l’architecture s’était élevée à un plus haut développement. Le savant Gau, de Cologne, patrie de l'ancienne architecture germanique , a entrepris d’étudier ces monumens dans l'intérêt de ('histoire, et de faire connaître leur exécution et leurs proportions; cette noble et pénible tentative est une des plus grandes des temps modernes et des (dus importantes pour l'histoire de l’art et des peuples. L’ouvrage de Gau nous montrera la succession et l'âge de ces monumensqueles conjectures de Buvckhardt placent dans l’ordre chronologique suivant : Ebsambal, Gyrs/té, Dcrr, Satané, Ba/lyane, J/assaya, Seboua, Aamara et Kalabsché , Dette et Meharaka , Kardassy, Merotcan, Debot, Korty , Ta fa. Nous avons décrit plus haut les plus importaus de ces monumens, dans l'ordre géographique où ils se sont présentés à nous et aussi complètement que nous l'ont permis les observations faites jusqu'à ce jour. La vallée du NR se rétrécit tellement, au-dessous de Debot , qu'elle ne laisse plus même de passage commode pour les chameaux. Là est un des six endroits où l’on passe le Nil à gué, car il parait qu'il n'y a pas de pont sur son cours en Nubie. Ces gués sont situés , dit llurckhardt, à Seboua, Datti, Gyrs/ié, Kalabsché, Dehmyt, Debot, llirbé, sur la rive gauche, est le dernier endroit où s'étend la puissance des caschcfs , il est la limite de la Nubie. Le pays de l'Égypte commence, depuis Hérodote jusqu'à nos jours, à la première ile des cataractes d'Assouau , c’est-àdire à Phi/œ, appelée Selwajoud par leshabilans.
l,c Remaroce.
Baeee-Xubie au moyen âge, ou Marge, le paye du
sud, décrit par tbn-Sélim, au dixiéme eiécle.
Nous allons rapporter ici le récit curieux d’Ibn- Sélitn , d’après la traductiou la plus récente do llurckhardt, pour compléter ce que nous axons dit de l 'état actuel de la Nubie, et pour jelerplus de jour sur l’histoire de ce pays jusqu’alors oublié dans l’histoire et la géographie modernes. Ce document est tiré de El-Kbetal . de Macrizi ; et, comme tous les récits des historiens arabes, il est encore assez intelligible pour nous.
« La première aille lie Nouba, dit Ihn-Séiim, est