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ML, COURS MOYEU. BASSE-NUBIE

El-Kaszer (l), située à deux lieues d’Assouatt. A une demi-lieue de là( se trouve la dernière forteresse des musulmans. D'Assouan à Belak, on rencontre un grand nombre de cataractes ( les cataractes égyptiennes) qu’un ne peut franchir sans le secours d’habiles pilotes. Les croyans ont une garnison à la porte du pays des Noubas, ou au défilé qui conduit en Nubie. De là à la première cataracte des Noubas, on compte dix jours de marche. » (Telle est précisément la distance entre Assouan et la cataracte de Wady-Halfa, que les Arabes appelaient aussi la première cataracte de Nubie. EU Kaszer est l lle de Philæ, qui tient ce nom de ses ruines merveilleuses. F.l-Kaszer (Al-Kasr) signifie une forteresse, et plutôt un beau château; c’est de là que les Arabes donnèrent aussi à Thèbes le nom de Luxord’EU.jàrsarou d'El-Kaszr (2). Belak était une ville située près de l’ile de Philæ, dans un endroit où l’on ne voit plus aujourd’hui que des ruines.) » Les musulmans , continue Ibn Salira, vont souvent dans ce pays des Noubas pour y faire (ecommerce, et ils poussent leurs voyages jusqu’aux pays situés plus haut sur le Nil (Sennaar), où quel* ques uns des leurs se sont même établis. Celle contrée est très-étroite et montueuse ; le Nil est resserré dans son lit par les rochers du désert, et les villages sont situés à une grande distance les uns des autres, sur les deux rives. Là croissent le dattier et le mokel (palmier-doum?) ; on cultive la vigne dans les pays élevés. Le Nil ne peut inonder les bords, parce qu'ils sont trop élevés, et l’on fait remonter l’eau à l'aide de tympans tournés par des vaches ; le froment est très-rare ; l’orge et le teif(T) y viennent plus volontiers. Celui qui ne possède qu’une petite étendue de terre la cultive deux fols par an.

«Ce pays, situé au sud de l'Égypte , s'appelle ici Merys (Maris, dans Quatremère). Merys signifie le sud; c’est pourquoi le vent du sud est aussi appelé en Égypte, selon Masoudy , merysan; la langue du pays porte aussi le noin de langue merys (3); elle s’étend, au sud, jusqu'à Mograt (Mokarrah), et, au nord, jusqu'à l’Égypte.

Dans ce pays, est situé Bedjrash (lieu inconnu), résidence du chef de Merys. Plus loin, est le fort d'Ibrira, une autre petite forteresse et le port Addoa (Adwa , Daw, dans Quatremère), où naquirent Lokraan et Jouas ( Dhoul-nun , dans Quatremère). On y voit un merveilleux Birbè ( Berba , dans Quatremère). Burckhardl prend cet Addoa pour la forteresse d'Addè( Kalat-Addé ), au-dessus du temple colossal d’Ebsambol , qui est probablement désigné sous ce nom de Birbè.

(1) Iba-SéUm}(laiu Burckturdt, p. 493; dans Quatremère,

Il , i». 7.

(8) Burckhardl, Trar. , noie, p. 519.

* Burckbardt, Trav. , App., p. 495.

» Dans ce district, réside le gouverneur, établi par le grand roi des Noubas, et nommé le seigneur des montagnes. C’est un des chefs les plus importans , car il est chargé de garder l’entrée du pajs contre les musulmans. Ce gouverneur prend à chaque voyageur ses marchandises , et lui en paie la valeur eu esclaves ; mais il ne laisse personne s'avancer plus loin , car aucun être vivant , musulman ou non, ne peut voir le roi des Noubas. Les barques des musulmans vont ordinairement d’Et- Kaszr jusqu’à la ville Takoa , située à la première cataracte de Nubie ( c’est-à-dire Wady-Ualfa ); mais aucun musulman n’oserait remonter plus haut sans la permission du seigneur des montagnes. De là jusqu’à Maks (î), il y a six jours démarché. (Il y en a quatre jusqu’à Sukkot , et ce Maks est probablement Mahass. ) Tout le long de la route, le fleuve est coupé par des cataractes, et c'est ici le plus mauvais chemin qu’lbn-Sélim ait rencontré dans toute la Nubie. On y trouve des chutes d'eaox mugissantes, des rochers saillans, de sorte que le fleuve est obligé de les franchir à grand fracas. En beaucoup d’endroits, il n'y a pas plus de cinquante aunes de largeur d’une rive à l’autre. Il est impossible de voy ager à cheval dans cette contrée hérissée de mon tagues élevées et coupée par des gorges étroites. (Qui ne reconnaîtrait, dans cette description, le Baln-el-Hadjar! ) Ces montagnes servent aux Noubas de forteresses inexpugnables; c'est là qu’ils trouvent un asile contre lesattaques des mameloucks. Aucun argent, aucun denier n’a cours daus ce pays; on ne connaît l'usage de la monnaie qu’au-dessous des cataractes. ( Belzoni vit, de nos jours, la mémechose àEbsambol.) Au-dessus des cataractes, les ventes, les échanges à prix d’argent sont choses totalement inconnues ; le commerce ne se fait que paréchahge; les principaux objets sontdu bétail, des chameaux, des esclaves, du fer et du froment. Personne ne peut voyager sans la permission du roi , et l’infraction de celte défense entraînerait la mort ; aussi les musulmans ne savent rien , en Égypte, de ce qui se passe en Nubie, et les Nubiens font toujours des invasions subites et imprévues , contre lesquelles les Bédouins eux-mémes doivent toujours se tenir sur leurs gardes.

« I es cataractes s’étendent jusqu’à 8ay ; ce lieu est la résidence d’un evéque, et on y voit une ruine antique. ( C’est assurément l’ile de Say , devant laquelle passa Burckhardl. ) Vient ensuite le district Saklouda ( c’est-à-dire le district des sept chefs), qui correspond au Mahass actuel. Là croissent le dattier, le mekel (douai? ), le cotonnier, l'olivier. ( Burckhardl n’a plus trouvé de trace de ce dernier arbre.) Le gouverncuractuel commande à un grand nombre de princes ou meks ; mais il est lui-même sous l'autorité du roi de Dongola.Prèsde la troisième cataracte, est située la forteresse Astanoun ( Astenour, dans Quatremère). Celle troisième cataracte est la plus dangereuse et la plus longue de toutes,

SU

parce que 1er montagnes de l'est t'avancent au loin dans le fleuve. I.’eau se précipite , par trois portes on passages, avec un horrible fracas; quand le fleuve est bas, ellenetombeque pardeus portes. Vient ensuite la ville Votlo (elle nous est inconnue, comme la précédente; Burckhardt la prend pour Mosho ) ; c'ksl la dernière ville du Meryi cl la limite oà commence le pajs de Mokra. » (Nous avons rapporté plus haut ce que Ibn-Seliui a dit d important sor Oougola.)

S* ECLAlBCISSESETr.

Nubiens actuel», Ababdès; Blemyesdcs Grecs et des Romains, Bedja des Arabes.

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