H1L. HAUTE-ÉGYPTE. CATARACTES DE 8YÈÎCE
el U pierre précieuse qu’on en tirait s'appelait Dhoubaby.
El Bakou! ( 1 ) ( an 1403)oous apprend qne les marchands en faisaient un commerce considérable, et l'exportaient au loin sons le nom arabe 9e Salaki (de Gibbel-Ollaki, nom qu'on donne aussi A file des émeraudes). La même chose est confirmée par AJ-I)jaheth(2), qui ajoute que c'étaient là les seules mines d'émeraude de ce geùre dans le monde. Masoudy, qui cite très-exact ement quatre espèces différcutes d'émeraudes du plus beau vert, pense que i on ne trouve que dans l'Inde une émeraude semblable à celle d'Ollaki. a La première qualité, dit-il, s'appelle Jtf a r (LfiapxyJbi t ktot i rpxnriyo^, dans Théophraste); la seconde ressemble, par sa couleur, à de jeunes feuilles de myrte», et se • transporte, parla mer. dans l'Orient; la troisième •'appelle émeraude occidentale, parce que les rois du couchant l'aiment, etla quatrième est ï'Asamm, qui a moins d'éclat.
Celte relation de l’auteur arabe, qu’il écrivit sans doute après avoir étudié les auteurs classiques, surtout Théophraste et Pline, ne nous apprend toutefois pas à quelle espèce appartenait cetto émeraude égyptienne ; car les anciens , comme nous le savons tous, comptaient douze espèces d'émeraudes qui portaient des noms trèi-différcos, et qui , sous le rapport minéralogique , n'étaient nullement de la même classe; ce n'était, à proprement parler, qne du diallage, du plasme, de U prime d’émeraude, de l'héliotrope, ou quelquefois même du spath fluor (matrix smaragdi); car, suivant ce qui est établi maintenant, la véritable émeraude n'est qu’un produit de l’Amérique, et plus spécialement du Pérou.
L’antiquité ne connaissait par conséquent pas celle pierre précieuse, que nous appelons maintenant émeraude. Le célèbre Vincent se persuada lui-même que ce que Bruce avait rapporté de son fie d'Éraeraude, dans la mer Rouge, n'en était pas ; et ce que Cailleaud appelle, en Afrique, émeraude, n'est pas encore minéralogiquement connu en Europe. Mais , comme la plupart des antiques géra* mes que l'on retrouve en si grande quantité dans tous les musées, et que les anciens disaient être taillées en émeraude, ne le sont qu’en héliotrope (3) d'un vert do lessive ( plasma di Smeraldo gemmario) , et que l'endroit dont on tire celte pierre est encore incoiiuo, il est très-probable que Cailleaud u a retrouvé, dans les montagnes d'Ollaki, que l'émeraude des anciens, qui, quoique n'étant pas la véritable émeraude du Pérou, n'en est pas moins d'un grand prix. Cette supposition est pleinement
(1) B-ikoul lu Slot, et extr.) Il , p. 392.
(2) Burckiurdt, p. 603. — Quatre mère, 11, 133.
(3) Dlumcubacbj EatUfgascMchtfi Art. ücliotrop uiul Vna-
TSgd.
confirmée par un passage remarquable de Pline, que nous ne pouvions expliquer jusqu'ici, et par lequel il désigne , d’une manière tout à fait évidente, les mines d'émeraude deZaboura, qui, dit-il, étaient connues dans la plus haute antiquité, et dans lesquelles on trouve la troisième sorte d’émeraudes (Tertium locum Ægyplii scil. Smaragdi habenl, qui aruuntur cirra Copton oppidum Ttiebaidis in cotlibus, ex cautibus) ( 1 ). L'opinion que nous avons émise ailleurs sur le défaut de pierres précieuses en Afrique, tandis que l’Asie et l’Amérique des tropiques en possèdent une si grande quantité, ne peut nullement être regardée comme détruite par la découverte des mines de Zaboura ; et, jusqu'à ce que l'avenir nous ait prouvé le contraire , nous ne cesserons de considérer ce défaut comme une des qualités caractéristiques du Soudan.