Les catab actes de Sykke; les Shell al des Arabes
Immédiatement au-dessous de Phiiæ, commence le domaine rocheux et pittoresque (3) des écumantea cataractes du Nil, spectacle ravissant,
(l)Unrret, Descr.,p. 18.
(8) Belionl, Voj., p. 810.
(8) La$b, mrrat. , p. 68.
moins par la hauteur des cataractes (car ce ne ne sont quedes rapides dont on a exagéré autre fois la grandeur, et sur lesquels on a débité une quantité de fables, depuis Hérodote jusqu'à nous) que par l’aspect sauvage du pays qui les environne. Cest dans cette vallée profonde et solitaire du Nil, les i&wmi, entre Phiiæ et Syène, que la légende égyptienne (f) place le tombeau d'Osiris, où il était tenu captif aussi longtemps que durait la saison de la sécheresse. Pendant tout ce temps on adressait des complaintes au dieu captif , jusqu'à ce que , délivré par les gonflemens du Nil , il ressuscitait de son tombeau et reparaissait sur la terre , apportant de nouveaux bienfaits au pays; c’est alors que commençaient sur le Nil les fêtes en l'honneur d'Osiris. Cette contrée était ainsi sacrée aux Égyptiens , d’après la doctrine des prêtres qui rattachait étroitement la religion et le culte à la nature du pays. La chaîne de montagnes de granit s’élève, en formes très-pittoresques , des deux côtés de la vallée; elle a parsemé le fleuve d'écueils et d'iles, qui forment une quantité de tournans à mesure que le fleuve se grossit; néanmoins, dans les plus graudes eaux, il reste toujours une vingtaine de grandes Iles (3) à sec , entre lesquelles on remarque de nombreux sauts et rapides plus ou moins considérables. Déjà près de Phiiæ , on entend le bruissement des eaux du Nil entre les écueils qui s'élèvent principalement sur la rive droite, tandis qu'ils laissent encore dans les grandes eaux un passage sur la rive gauche. Le premier rapide au-dessous de Phiiæ, est appelé Shellal, du nom de l’ile voisine, habitée par des Barabras ; il est situé au tiers de la distance de Phiiæ à Syène. Le Nil, en cet endroit, a au juste la largeur de la cascade de Niagara, c’est-à-dire un quart de lieue , mais la hauteur de sa chute n’est nullement comparable à la fameuse cataracte du Nouveau-Monde. Belzoni , qui remonta le fleuve au mois de mai, par conséquent à l'époque des eaux basses, trouva que l'une des principales cataractes n'avait que 30 pieds de longueur; les eaux se précipitaient sous un angle de 13 degrés, de manière que de petites barques pouvaient aussi passer en cet endroit dans la saison de la sécheresse. Le même voyageur, en redescendant le fleuve, à l'époque des plus grandes eaux , franchit tout l'espace des cataractes , de-
(t) creulaer, Symbol. , î, p. 266.
Ç3) I. Jomard, ocicr. do syène «des cataractes, dans Ica ne» cr. de ItgypMaoi., 1, p. 6.