AFRIQUE , SY5TÉMEÇ -A»’ EAU
puis l’hilx jusqu'à Syène , en une heure; il observe que , vue «le l’ouest , la pente entière du fleuve peut bien être de 300 toises (t ,800 pieds), et que le niveau des eaux offre dans ce lit roelieux une inclinaison de 30 il 33 degrés, ce qui toutefois serait considérable et nous fait désirer avec plus d impatience des mesures barométriques exactes, attendu que, jusqu'à présent, nous ne connaissons la hauteur des cataractes que très-approximativemrnt. Biownc(l)dilque, dans les eaux basses, le Nil se précipite avec bruit de 7 à 8 pieds de hauteur, en trois chutes de 30 pieds de longueur et en plusieurs bras séparés par des rochers; dans les grandes eaux, au contraire, ces chutes disparaissent entièrement, et le fleuve gagne tant d’exlt nsion, que les barques et les marins nubiens, avec leurs radeaux, y passent, mais non pas sans danger.
Les cataractes rendent ainsi, sur cet espace, la navigation très-pénible sinon impossible. Un rempart infranchissable s’élève des deux côtés du fleuve; l’agriculture a disparu et les lies même ne sont habitées çà et là que par quelques pauvres familles de pécheurs, appartenant à la tribu des Barabras. Mais un grand nombre d'inscriptions et d’hiéroglyphes (2), taillés dans les blocs de granit, rappellent ici les temps de la première antiquité , où ces solitudes étaient sans doute visitées par de pieux pèlerins, comme encore de nos jours les cataractes et les sources du Gange dans l’Inde.