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L’Ile d’Élépiiautiive ; Djeziret-el-Chac

I.a dernière grande Ile, à l'extrémité de ces cataractes, est Éléphantine, qu’on peut nommer avec raison la clé de l’Égypte (3), et que les Arabes appellent à juste titre El-Chag (El-Sag), c’est-à-dire le jardin ou f ile des fleurs (4). Entourée d’affreux rochers ou de déserts et couverte de bosquets , de groupes de palmiers, de jardins, de mûriers, de cassis, de doumiers, de dattiers et de sycomores, elle offre en effet , de l'aveu de tous les voyageurs (3), un aspect enchanteur; toute sa surface est cultivée, et, de quelque côté qu'on jette ses regards, on aperçoit partout des habitations, des moulins.

Cl) ftrowae, Trav.,p. 141.

(2) Jomard, otscr., P. 10.

(3) Jomaril , Dctcripliuii de l'tle d'kldplianlinc , dent les Peser, de i‘to[deiul., I, *b. lu, p. 2.

(4) ctuoipollfon, I, p. 169.

Ç5) i.r|h, Sam!., p. 60. — ScIzmiI, yof , I, p. 93.

: tu* Division, § 26.

des canaux, des rochers et des mines de temples. La base de l'ile est un rocher de granit autour duquel s’est étendue une plaine fertile, formée pas le limon du Nil ; c’est sur le noyau même de granit que sont parsemés, comme sur un plateau , les débris de l'ancienne ville, qu'lié— rodote nous dit avoir visitée dans son voyage en Egypte. Éléphantine est ainsi en effet le premier jardin au-dessous des cataractes du Nil et du domaine des écueils.

Sous le règne de Psainmétique (1), il y avait ici une garnison égyptienne contre les Ethiopiens, de même qu’à Marea , sur la frontière occidentale de la Basse-Égypte, contre les Libiens, et à Daphné , contre les Arabes et les Syriens, car c’étaient là les trois principales entrées de l’Égypte, licrodote trouva une garnison persane à Éléphantine; du temps de Strabon, les Homaius y avaient trois cohortes destinées à garder les limites de la préfecture de la Haute- Égyple (2). Enfin Tacite appelle cette Ile une des barrières de l’empire romain.

I.es débris d’une ville couvrent la partie la plus élevée de l’ile, qui est parsemee d’une quantité de pierres b bâtir, de débris d’architecture , d'agates , de monnaies , de lampes , d’amulettes et d’autres antiquailles que les Berbères ramassent et qu’ils viennent offrir aux étrangers. On y trouve aussi une quantité de sarcophages (3) taillés dans le roc , les seules tombes de ce genre que l’on connaisse en Égypte. Au sud cl au nord de l’ile se trouvent les ruines de deux temples(4), qui sont parfaitement ressemblons et sembleut avoir été construits dans les derniers temps de l’histoire égyptienne ; celui du sud est surtout très-parfait, mais il parait qu’on y fit beaucoup d’additions dans les temps postérieurs. M. Jomard , qui en a donné une description détaillée, observe entre autres que dans sa forme (c’est, suivant Vitruve, un pvriptère entouré d’une simple colonnade) , comme dans son architecture (5) , on ne peut méconnaître le type primitif des premiers temples grecs, et que l'intérieur, comme l’extérieur, est couvert d'hiéroglyphes. On remarque sur les parois extérieures un Jupiter-Ammon et une Isis, posant leurs mains sur un jeune homme qui représente

(lj llÉrodulc, il, p. 30.

(2) Mrabun, lit». XVU, é«l. Tiscb. , p. 603.

(3) Joruanl, Dcscr., p. 3.

(S; lb d.,p. 4-14.

(5) JonurJ, p. S, .t planche 26, af. I, tôt., vol. I.

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