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HIL. HAUTE-ÈCYPTI. CATARACTES DE 8YÊ.NE

évidemment letrantportdes marchandises contre le pillage ; elle a 5 h 6 pieds d'épaisseur ; et quoiqu'en grande partie recouverte par le sable du désert , elle révèle encore très-distinctement la construction égyptienne en briques. De nos jours elle s’appelle Hayt-el-Adjour, et s'étend contre la plaine de sable et le rocher de granit situé en face de l'abordage de l'hilæ où était sans doute autrefois legrand marché, jusqu'au port de Syène et aux cimetières parsemés de monumens avec des inscriptions coufiques. Lesrochersde granit portent une quantité d'hiéroglyphes et d'inscriptions inintelligibles. C’est dans le voisinage d’Assouan , près du cimetière qui a trois quarts de lieue d'étendue, qu'est situé le bastion français que le général Desaix construisit contre les mameloucks.

Assouan était autrefois une ville très-importante, principalement au moyen âge(l), pendant la domination des Arabes où elle fut le principal endroit limitrophe de Sais (ou Haute- Égypte), du côté du sud.— Ibn Sélim nous apprend qu’on trouve dans les environs d' Assouan du blé, du froment, des fruits, des moutons, des vaches etdes chameaux en abondance, ainsi qu'une quantité de marchandises que les habitans se procurent par leur commerce avec tes Nouba. C'est à Assouan que se firent à cette époqueles prépara tifs de la guerre contre les Nouba. Le port d’ Assouan rapporta en 1 189 (825 de l’hégire), 25,000deniers d'impôt; maintenant il ne rapporte, suivant Burckhardt, que la cinquantième partie de cette somme. Les bois de dattiers produisaient alors annuellement 50,000 crdcyb de dattes. Le grand tribunal se composait de 60 savans kadis; en 1223 (620 de l'hégire), El-Edfbuy compta à Assouan quarante auteurs indigènes qui habitaient cette ville; il y avait en outre 100 schérifs de la première noblesse, issusdela famille du prophète. Depuis le temps des califes , une forte garnison d'Arabes stationnait à Assouan, jusqu'il ce que ce poste fut enfin abandonne sous les Fatimites. C'étaient tantôt les Nubiens qui l'attaquaient, tantôt les factions intérieures qui, après des querelles sanglantes , s’emparèrent du pouvoir (les Beni-Kens entre autres; voy. plus haut), et hâtèrent par là la ruine de la ville qui, en 1 403 (806 de l’hégire), fut à peu près entièrement décuplée par la peste et une grande famine, comme tant d'autres villes de l’Égypte. Suivant Macriri,

(1 ).VIim, El- AtMuany, «Uns Burckhardt , Tra?., App., III, I». 616. — Quatremèrc, II, p. 4.

il mourut alors h Assouan seul 21 ,000 hommes, preuve que la ville était très-peuplée. Depuis cette époque, Assouan n’eut plusde gouverneur; elle devint un endroit très-insignifiant (1) et fut même un certain temps déserte. Nous la retrouvons dans un étalsemblable de nos jours , malgré quelepacba d'Égypte ait un fonctionnaire, pour prélever l'impôt.

11 faut qu'Assouan ait encore été le théâtre de graves désastres dans les derniers siècles, car l'on n'y remarque actuellement aucune trace de ces temples et pylônes (altissimas turres quas Barba vocitant ) (2) dont Léon l’Africain fait mention et qu’il prétend avoir vus lui-même. Burckhardt (3j, qui y passa au mois d'avril, pendant les basses eaux , trouva le bras du Nil entre Assouan et l'Ile d'Éléphantine presque entièrement desséché, et remarqua au mur du port un nilomètre peu observé jusqu'à présent. Il était placé dans une ouverture carrée en forme de puits à laquelle conduisait un escalier. Jusque-là on avait pris cette construction pour un pont romain; Burckhardt présume au contraire qu'il fut construit par les Sarrasins sous le calife Maouya, pour indiquer la crue et la décroissance des eaux du Nil, et de lit vient sans doute que les habitans lui donnent le nom de Mekyas , c'està-dire nilomètre.

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