‹ Geographie Generale CompareeChapitre 183 sur 293 · ML. EL-KAB · texte numérisé non relu

ML. EL-KAB

premier par sa situation et sa disposition, mais presque entièrement semblable aux autres petits temples que l'on voit à Pbilæ , Demlerah, et que par opposition aux grands temples on appelle typhoniens (1). Sur ces édifices se reproduit partout l'image de Typhon , le dieu du mal (2), et cellesde ses 72 compagnons. Typhon, c'est le tyran de l’Égypte, l'ennemi d'Osirisetdu bien, le génie de la destruction et de la stérilité, car en lui sont personnifiés le désert, l'époque de la sécheresse, le vent qui dessèche et qui brûle, la simoun qui règne 72 jours sur l’Égypte désolée. Ces petits Typ/mnium. dont le style, les bas-reliefs, les ornemens ont un caractère tout particulier, s’élèvent comme un contraste vis-àvis les temples des divinités bienfaisantes, Osiris, Isis et Uorus ; à ümbos , à Philæ, à Karnac , à Ilenderah, partout, ils nous apparaissent comme le symbole du mal qui accompagne toujours le bien. A Edfou, l’angle que font les axes dedeux temples est de 77*. Le temple d’Osiris est tourné vers le sud, celui de Typhon à l'est; au-dessus de tous les chapiteaux se trouve la figure grotesque de Typhon , et les événements des divinités bienfaisantes sont mêlés h ses légendes, aussi bien dans la sculpture quedans le mythe (5) ; on voit à sa suite des crocodiles, des buffles, des hippopotames et d’autres animaux qui lui étaient consacrés. Le dernier a disparu entièrement de l'Égypte, depuis quelques siècles. Les sujets sculptés sur les deux temples prouvent qu'ils furent destinés à célébrer la fête d'Isis et d’Osiris, la fête du soleil, au moment où il a atteint sa plus grande force, la fête du solstice d'été et du débordement duNil qui commençait avec lui; on célébrait ainsi en même temps la fécondation de la terre d'Égypte, le retour du lion et sa victoire sur le mal, le renouvellement de la nature et du grand cycle sotbique, la résurrection d'Osiris et l’immortalité ! A quelque distance de ces deux temples, Belzoni (4) en découvrit un troisième, inconnu jusqu'ici, et auquel on arrivait par une allée de sphinx.

Jomard a donné un aperçu (5) des principales dimensions du grand temple d’Edfou , en longueur, en largeur et en hauteur. Il résulte de

fl} Jomard, Desc., p. 33, p). 65.

(2) Creoter Sytnboiik, ch. I, p. 259, 269.

(3) Creozer Symbol ilc, I, p. 259.

(4) Belzoni, fojr., I, p. 90.

(5) Rapport de# principale» dimensions dn granl Temple, dans R. D. , p. 3G.

ces mesures prises sur les lieux mêmes que les Égyptiens bâtissaient leurs temples dans 1rs plus simples proportions; c’est cette simplicité qui donne à ces masses prodigieuses la beauté , la solennité, l'harmonie qui s'accordent si bien avec le but religieux des temples et avec la connaissance parfaite qu'avaient leurs architectes des mathématiques, science éminemment sacerdotale.

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