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AfMQlE, SYSTEMES D’EAU : 1)1° DIVISION, J 20.
confirmer cette hypothèse ; car le porphyre , étant une roche de formation plus récente, aurait pu s'élever ainsi postérieurement par l’effet d’une force souterraine et refouler le bras du Nil, à l’ouest, dans le lit qu’il occupe aujourd'hui, Deux journées plus loin, Belzoni aperçut de Guerf et d ’Oioell la mer Rouge dans le lointain (1); il prit alors au sud-ouest, et , revenant un peu sur ses pas , il atteignit les ruines d'émeraude de Zabourah.
l’est de cette chaîne de montagnes , Belzoni suivit une wadi appelée El-Gimel , qui conduit au sud-est, par un ravin de 6 lieues de longueur encaissé entre des rochers de marbre et de granit, dans une gorge étroite , appelée L'harm-el- Gimel, c'est-à-dire la crevasse des chameaux; et c’est assurément la main de l'homme qui a taillé ce passage dans les rochers (2). La vallee s’élargit tout à coup au delà de cette gorge, et les dunes de sables amoncelées annoncent ici le voisinage de la mer. Après avoir marché encore une matinée, on atteignit enfin la plage de la mer dont l’aspect sublime étonnait et réjouissait le voyageur qui venait d’errer si longtemps dans le labyrinthe du désert et dans les gorges des rochers. Toute la côte située vis-à-vis la petite Ile Jambo se composait d'une masse formée de pétrifications et de substances animales , qui, solide comme des roches et recouverte d’algues, de ruines, de madrépores, de coraux, de coquilles, et çà et là de dunes de sable , s’avançait au loin dans la mer comme des rochers et empêchait l’abordage. Quelques misérables pécheurs, montés sur des barques formées de troncs de palmiers-doum , côtoyaient seuls le rivage, harponnant des poissons avec leurs lances : on remarque (3) parmi ceux qu’ils prenaient ainsi un poisson d’un pied et demi de longueur, d'une belle couleur bleue, aux nageoires argentees, la tête et la queue rouges, entièrement semblables à la benne du Nil déjà connue des anciens et qu'on voit si souvent représentée , avec ses couleurs naturelles, sur les tombeaux des rois, Belzoni s'avança au sud de cette contrée, et après avoir passé devant El-Kabrite la montagne de soufre et devant l’ile Souarif, il arriva, au bout de trois jours, aux ruines (4) d'une ville antique dont les maisons étaient en grande
(1) BettoDl, vof. u, p, 48.
(3) Ibid., Vov., Il, ||. 93. Camp. AnUq , I, |il. 87. (4; Ibid., !>. 76.
partie enfouies sous les sables. Ces ruines sont très-probablement celles de l’ancienne Bérénice. II est à remarquer que le temple seul est bâti en pierres de grès très-endommagées aujourd’hui par le temps, tandis que tous les autres édifices sont construits avec ces pétrifications du rivage qui ressemblent beaucoup au tracertino des anciennes ruines de l'Italie, par exemple.de celles de Pæstum. Cette ancienne ville était autrefois entièrement libre et ouverte du côté de la mer: à l'ouest, au contraire, les montagnes s’élèvent en amphithéâtre , et au nord-ouest s'étend une vaste plaine. Devant la ville se prolongeait le cap El-Galalien qui la protégeait ainsi contre les vents du nord-ouest. A l’abri de ce cap s’étendait un très-bon port fermé aujourd’hui par un banc de corail. L’entrée du port était sûre et commode pour les bateaux plats des anciens, quoique embarrassée par une barre de sable. Belzoni mesura la ville entièrement détruite aujourd’hui et lui trouva 1,600 pieds de longueur du nord au sud sur 2,000 pieds de largeur de l'ouest à l’est.
Le temple construit dans le style égyptien , a 102 pieds de longueur, 48 de largeur et renferme quatre salles. Quelques fouilles firent découvrir des sculptures égyptiennes et des hiéroglyphes ; si l’on continuait d’explorer ces ruines on y ferait assurément d'importantes découvertes ; car jusqu'à présent on ne connaissait pas de temple bâti en style égyptien sur la mer Rouge; la plaine qui entoure la ville semble pouvoir être cultivée, mais l'air de la mer ne doit pas être favorable à la végétation , et il n'y a pas d'eau douce dans le voisinage. Les maisons sont très-petites et isolées, les plus grandes n'ont pas plus de 40 pieds de longueur sur 20 de largeur, leur nombre peut se monter à 2,000; ainsi la population s'élevait probablement à 10,000 âmes avec les maisons de campagne qui entouraient la ville. On trouve aussi quelques excavations dans le voisinage. Rien ne nous prouve d'une manière incontestable que ces ruines occupent l'emplacement de l'ancienne Bérénice, nous n'avons que des probabilités, et Belzoni (1) a exposé les raisons sur lesquelles elles s’appuient. Leur situation s'accorde avec la position que d’Anville donne à Bérénice sur sa carte de l’ancienne Égypte, un peu au dessous du tropique, indication que Richard a suivie dans son excellente description de l’Égypte et de l’Arabie-Pétrée .
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(1) Belzoni, Voy., Il, p. 78, 'Me.
ML. SAlD. TUÉBAIÜE.
publiée en 1818. L’avenir fera assurément un grand nombre de découvertes sur cette ancienne route commerciale abandonnée et perdue pendant tant de siècles.
3* KcLAlBCISSEMEîrr.
Sait!, continuation de la Haute-Égypte s la Thébaide.