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GORGE TRANSVERSALE, OU V ALLÉE DE KOS

SEYR.

A la frontière septentrionale des ruines de Thèbes, s’élève, pendant plusieurs lieues, le long de la rive orientale du Nil, jusqu’au grand détour que le fleuve fait à l'ouest , la plaine sablonneuse où l’on rencontre successivement et h peu de distance l’un de l'autre Keft , Kous , Kenné, vis-à-vis les ruines de Dcnderah.

Keft , la fameuse Coptos (3) des Égyptiens, a conservé son ancien nom chez les Arabes d'aujourd'hui. Elle est située entre le Nil et le pied de la chaîne arabique, d’où un chemin formé par une vallée conduit les caravanes à Kosseyr. Ce lieu était très-fameux sous les l’tulémées , parce qu’alors il était le grand emporium pour les marchandises de l’Inde et de l'Arabie. Il (tarissait du temps de Strabon (4); mais ses ruines nous attestent que , déjà, sous les Pharaons, il

(1) lllai. IX. V. 381.

(2) Slrsbon, Dlodore, Juvênal, F. N (Ha. Jollois, p. 430. (3; Champodion, rXgvpte sous les Pharaons, 1, p. 233. (4) St rabon, XVII, p. 500, SU. Tlsch

était d'une grande importance . quoique son histoire nous soit complètement inconnue. Les annales des peuples sont muettes sur cette ville ; mais ses deux temples et leur enceinte proclament sa haute antiquité (1).

Une seconde enceinte de briques qui se voit en ce lieu contient tes ruines d’une ville plusrécenle. bâtie par les Grecs, les Romains et les Sarrasins, au milieu des décombres de l’ancienne ville égyptienne et vide et désolée comme celle-ci. Keft contient ainsi les monumens de quatre grandes époques différentes, et ces ruines portent aujourd'hui un misérable village arabe. Il ne reste des monumens postérieursqu’uneéglise chrétienne, bâtie avec les pierres d’un ancien temple égyptien , et détruite pendant la persécution de l'empereur Dioclétien. Les alentours de la ville portent encore des traces de son antique splendeur : le village Kymân, par exemple , renferme les ruines d’un temple antique.

Au sud-sud-esl de la butte de Keft , on voit encore une belle route factice (2) qui coupe la plaine profonde de la ville , et touche au pied de la chaîne arabique. Elle, avait été cievée pour que les caravanes , venant de Bérénice et des ports de la mer ltouge , pussent arriver , à pied sec , pendant les débordciucns , à la ville de Coptos ; elle servait aussi de digue pour maintenir l'eau des inondations. On voit encore sur cette route deux ponts, l’un de sept arches, et bâti avec d'anciennes pierres couvertes de fragmens d’hieroglyphrs , probablement par les Romains ou les Sarrasius. A 1,1S00 pieds des ruines de la ville, près d’un grand bassin où la route se sépare en deux branches, on voit les débris de grands édifices qui , à en juger par l'apparence , servaient de magasins à l 'emporium. Strabon (3) nous rapporte que, de son temps, la ville de Coplos était habitée indistinctement par des Égyptiens et des Arabes. Les Arabes s’elaient donc déjà établis en Égypte avant les conquêtes des Mahoniélans.

flous, Quôs-Birbir (4), Apollinopo/is-Panu. — Situé au nord de Keft, à 1,000 pieds des bords du Nil . cc lieu, habité par des chrétiens, atteste encore, quoiqu'on ruines, son ancienne grau-

(1) Jollois et Deviillcrs , Notice sur les ruines de Keft et de Qous, Description de l'Egypte, AOlU)., II, ch. x J Suite, !» P. 03.

(2) Jollois, Notice, p. 65.

(3) Strabon. ITD, p. 605.

(4) Chain 1*0 lli on, 1, p. 210.

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