Section transrersa/e du fleure à Esné
On trouve encore ici le même résultat, avec la seule différence que la plaine s’élève plus sensiblement vers les bords qui l'encaissent.
11 résulte de toutes ces expériences que le limon noir qui couvre le sol cultivable de l'Égypte est partout semblable, et qu’il repose sur la même couche formée par le dépôt des matières plus pesantes entraînées par le fleuve : ce dépôt est partout du sable de même nature, depuis la frontière méridionale de l’Égypte jusqu’à son embouchure près de Rosette et de Damiette. La couche du limon devient d'autant plus épaisse qu'elle se rapproche plus des chaînes de montagnes ou des bords de la vallée, de sorte qu’on arrive à la nappe d’eau souterraine, dans les puits les plus voisins du désert, avant d'être parvenu au banc de sable, tandis que, près du Nil, on ne trouve l'eau que lorsqu’on entre dans le sable. Cette nappe d'eau souterraine est entretenue chaque année par les canaux, pendant l’inondation, et par l’infiltration à travers les rives jusqu'à une certaine distance du fleuve. Son niveau oscille suivant les saisons et suivant la hauteur des eaux du fleuve. Au milieu de la val-
( 1 , t.irard, observ., p. ait.
lée, le sol d'alluvion prend partout une hauteur de 30 à 36 pieds (10 à 12 mètres) ; mais l'extrémité du terrain cultivé, les couches calcaires et solides reposent à 12 ou 13 pieds (4, 12”) sous la plaine, et elles sont immédiatement recouvertes de couches de gravier de marne et de cailloux roulés; ces couches appartiennent à un dépôt antérieur, et ne sont point un produit de l'alluvion actuelle du Nil, car elles n'ont aucune analogie avec le sable fin et le limon que le Nil roule aujourd'hui dans ses flots.
Nous verrons quelles conséquences résultent de ces expériences faites dans la Haute-Égypte , pour la formation de la Basse-Egypte et toute l'histoire du fleure, quand nous aurons étudié plus exactement les principaux lieux.
1" Éclaircissement.