LA FORTERESSE
V Assyouth des Arabes ou le Syoul des Cophtes (1) est la capitale du gouvernement actuel de la Haute-Égypte. La Haute-Égypte compte
40.000 familles , ce qui fait , en comptant cinq individus par famille , une population de
300.000 âmes ; le nombre des hommes est plus grand que celui des femmes. Du temps de l’expédition française, les impôts se montaient annuellement à 370,000 fr. en argent et à environ un million de francs en blé. Les expériences et les calculs faits près de cette capitale nous ont appris, plus haut, à connaître la nature de la vallée en ce lieu. La ville de Syout est située, d’après Nouel, sous le 37° 10’ 14” lat. nord et le 38° 33’ 30" long. or. du méridien de Paris (3). C’est une des plus grandes villes de la Haute- Égypte, et elle est très-pittoresquement située entre le fleuve et les montagnes; l’eau n’arrive jusqu’à la ville que dans le temps de l’inondation ; dans les autres saisons, le village El-Uamrah doit être considéré comme le véritable port. La ville est bien bâtie, et elle possède un bazar construit avec les matériaux d’anciennes constructions. Elle est le marché principal (3) pour les caravanes de Dar-Four et de Sennaar, et elle fait un commerce important avec le Caire. Syout est en même temps la résidence du gouverneur de la Haute-Égypte, qui a le privilège d’acheter le premier, à l’arrivée des caravanes, et de fixer les prix suivant son bon plaisir. Les Cophtet servent dans les bureaux de teneur de livres, mais ces pauvres commis tremblent continuellement devant le redoutable pouvoir d’un tefterdar.
Les principaux objets de commerce sont, outre les marchandises importées de Sennaar et de Dar-FoHr, le lin, le natron, l’opium, la poterie et l’huile. Les terres voisines produisent, en abondance, de l’orge, du froment , du dourrah, du lin, des haricots, de l’opium, des palmes, des citrons, des oranges, des figues et des grenades. La contrée est très-bien arrosée. Hors de la ville, près des monts libyques, s'élève la butte de l'ancienne ville, probablement Lyco-
(1) Oumpoillon , I , p. 280.
<2) Jotloia, Dckcrl pilon de Syoul, etc., Detcr., Il, Antlq. ch. xiii, p. 2.
(3) Light, Trav.f p. 43. — lejh, üxrr., p. 63.— Beiioo», Voyage» 1» P. 48.