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Achmocreyi» IChmoun, Chemmù, Hermo

polis-Magna) , ville consacrée a Thoth;

Astisoé, ville rom use impériale.

La situation du village actuel Acbmouneyn s’accorde parfaitement, d’après les calculs des anciens, avec la position A’Hermopolis-Magna (g) ; un aperçoit en ce lieu la butte factice «Tune an-

(1) Jollois Dc*cr,, p. 6.

(2) Ibid. , p. 6.

(3) Diodore de tlclic, I. p. 90.

(4) Lcftb, Narrai., p. 1 10.

(5) strabo, XVII, p. 586, cd. Txsrb , Piolet».

cienne ville , couverte de constructions égyptiennes, grecques et romaines, au milieu desquelles s'élève, d'un enfoucemenl, un portique égyptien d'une grandeur colossale. Achmouneyn fut donc réellement construite sur les ruines d'Hermopolis: cette ville, autrefoisd'une grande importance, n'est plus aujourd'hui qu'un village, et des cités plus jeunes l'ont remplacée comme capitale de la province.

Ih rmopoks- Vagna (1) était en effet une de» villes le» plus anciennes de l'Égypte; elle conserva son importance jusqu'il l’empereur Trajan ; et, pendant les premiers siècles de l'Église, elle fut la résidence d’un évêque, et un grand nombre de cloîtres s'élevèrent autour de son enceinte. Sa position favorable, au milieu de la féconde vallée, entre le Nil et le Bahr-Yousef, dans une des plus grandes plaines de l’Heplanomide et de la Thébalde, y attira une population nombreuse et en 6t la résidence principale du préfet d'Égypte. Mais l’eau, diminuant successivement dans le Bahr-Youscf, produisit nécessairement l’abaissement de la population d ’ llertnopolis- Magna ; elle tomba ainsi successivement jusqu'à ce qu'elle ■e fut plus que le village Achmouneyn, auparavant appelé Medinat-Achmoun (8) de Chmoun, Chemmins ÇUpyu* chez le» Grecs), la ville de Pan. La population se concentra alors, deux lieues plus au sud , dans la ville Meylaouy qui était, au moyen âge, la résidence du préfet, et dont les murs étaient encore baignés par le Nil en 1780. Le fleuve s’est éloigné de cette ville depuis un siècle, et la résidence l'abandonna en même temps pour se transporter à Minieh ; mais quoique ce lieueât disparu, l'ancien nom égyptien Achmouneyn resta toujours dans la province, nouvelle preuve de la puissance et de la viedes anciens noms, au milieu des révolutions de tant de siècles.

La plaine qui entoure Achmouneyn est trèscultivée, traversée par des canaux qui, h l'aide des digues, conservent, toute l’année , l'eau des inondatious. La population du village est nombreuse et riche : une grande digue longe le canal de Joseph.

La butte factice de l’ancienne ville (5) est trèsgrande , de couleur très-foncée, et même noire ; tous les blocs sont couverts de sculptures grec-

(1) Jomarrl, Description des mines d'Actoaioimcyn ou Rermopolia-Magna, besc., U, ch. ht, p. 3.

(Z) Ibid., VI, p. 18.

(3) Jomani, Dcscr., p. 5.

AFRIQUE , SISTEMES D’EAU : IIIe MYISIO.'I, J 27.

qucs et romaines. On y trouve souvent îles fragmens de tuiles , des amphores , des urnes , un grand nombre de monnaies romaines, des antiquités de toute sorte, des colonnes de granit, des murs, etc., et, outre les débris d’autres ■nonumens, les ruines d’un petit et d’un grand temple.

l' étendue actuelle de la terrasse factice porte une superficie de 19,380 pieds (6,500 mètres) (1). La ruine la plus importante est le portique orné d’une double colonnade d’un effet imposant ; elle se compose de douze colonnes massives, semblables à celles de Dcnderah, les plus grandes de l’Égypte, h l’exception des colonnes colossales de Thèbes. Tout l’édifice présente le caractère grandiose des ruines de Dcnderah, et la vue en semble plus imposante et plus majestueuse encore au voyageur qui arrive de la ville romaine Antmoé. Belzoni (2) croit ce temple plus ancien que les édifices de Thèbes. Jomard observe aussi que le portique présente beaucoup de particularités dans sa construction. L’intérieur était peint autrefois , comme les raonumens de la Uaute-Égypte, en rouge, en bleu et en jaune. Le temple fut bâti avec les roches calcaires de la chaîne libyque , et c’est pourquoi aussi il est si délabré aigourd’hui. Il fût consacré autrefois, comme les temples d’un grand nombre de lieux , au Mercure égyptien , Cbemmo ou Tboth, l’inventeur des sciences et des arts. On disait même que les quarante-deux sciences des prêtres étaient l’œuvre d’Hermès. Plutarque nous rapporte, dans son traité d’isis et d’Osiris , que les uns faisaient Isis fille de Mercure , l’inventeur de la grammaire et de la musique, et les autres fille de Prométhée, source de la sagesse et de l’industrie. C’est de là, dit encore Plutarque, qu’on appelle aussi la première des muses Isis et Thémis à Uermopolis . cette musc était la sagesse qui enseignait aux UiérophorcsetauxHiérastoleslessciences sacrées. Isis et Osiris étaient honorés par toute l’Égypte ; mais Chemmo ou Hermès-Tlmth avait son culte particulier à Hcrmopolis (5), et le cynocéphale et l’ibis lui étaient consacres. L ibis était lui-même le symbole d’Hermès, inventeur de l’astronomie, de l’arithmétique, des mathématiques, de la géométrie et du système métrique égyptien ; l’ibis, comme Platon le fait

(t ) Jottura, acier, p. 7.

(*.' L P. lésa, Kami., p. 36.

I a Jeniaiil, acier., p. 18.

dire à Socrate dans le Phædros , était regardé comme un symbole, parce que cet oiseau bienfaisant est lui-même un géomètre naturel : tous les ans , il traversait de ses pas cadencés comme ceux de la cigogne le sol de l’Égypte récemment couvert du limon du Nil , et le mesurait ainsi dans sa marche égale et régulière, franchissant toujours, dit Elien, un espace d'une coudée à chaque mouvement. Clément d'Alexandrie nous rapporte aussi que l'ibis donna aux Égyptiens l’idée de la mesure et du nombre , et que c’est pour cela qu’il était consacré à Thoth, inventeur des sciences. C'est pourquoi aussi Hermès était représenté avec une tèted’ibis i6éucP^1). Cet oiseau, qui a disparu entièrement de ccs contrées, a d A s’y trouver en grand nombre autrefois. On voit souvent dans les hiéroglyphes le pas de l’ibis et l'empreinte de ses pieds; l’espace qu’ils enferment est toujours, suivant le calcul de Jomard, de 0,231" ou moitié de la distance indiquée par Elien. Le temple d'Hermopolis était donc autrefois consacré à Thoth, l’inventeur de l’arithmétique, de la géométrie, du système métrique, de l'astronomie, de la musique, de l’écriture et delà grammaire; et cette ville, cette partie de la vallée du Nil, a eu assurément une grande influence sur la civilisation de l’humanité.

Près d'Achmouneyn , un peu au nord de Minych, est situé Taha-el-Amoudeyn (c’est-à-dire Taha des colonnes) sur remplacement de l'antique Ibeum ou ville d’ibis (1).

Hcrmopolis fut une des villes les plus peuplées de la moyenne Égypte, jusqu'à ce que l’empereur Adrien bâtit, vis-à-vis, sur la rive droite du fleuve, la grande cité romaine Anlinoé (2); alors l’antique Hcrmopolis tomba en décadence, et la neuve Antinoé hérita de sa splendeur. L’œil est tout étonné d'apercevoir ici, au milieu des monuments qui s'harmonisent si bien avec le génie national, des constructions romaines s’élever sous un ciel étranger, semblables à de* plantes exotiques transplantées sur les bords du Nil. Ce ne sont plus des colosses, des portes gigantesques ornées de magnifiques sculptures, mais de longues rues romaines , des colonnades, des arcs de triomphe, des thermes, des amphithéâtres et d’autres monumens étrangers à l’Égypte. Cette Rome égyptienne, sur les bords du Nil, produit le même effet, et exprime le

(1) Jomard, Dcscr., p. 11.

(2) Ibtl,, !K*cr. d'Anliuoé, U, cb. xv, p, 2.

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