NIL. EL-FAYOL'M. LAC HOK&1S
raucien système de canalisation de cette contrée, on voit une seconde pyramide (1) au nord du village Haouarah-el-Soghayr, et, tout autour, gisent d'immenses débris qu'on a reconnus pour les ruines de l’ancien Labyrinthe. Cette pyramide est beaucoup mieux conservée que la première; l'aiguille seule en est un peu endommagée. Les français l'ont appelée, pour la distinguer des autres, la pyramide du Labyrinthe, et nous lui conserverons ce nom. Elle s'élève à 8,116 mètres de la première (Si); elle est quadraugulaire; chaque côté porte 110 mètres de longueur h la base, et la pyramide a 60 mètres de hauteur perpendiculaire. Les arêtes sont en pierre, le reste eu briques cuites au soleil, et dont la forme indique le talus de la pyramide. Ces briques sont formées d’argile mêlée de paille hachée et saturée d’un mortier de chaux. Malus pénétra, par uue galerie souterraine, dans l'intérieur de la pyramide, où il trouva une source salée et un sarcophage. Elle s'élève, hl'extrémité occidentale de la gorge, sur la saillie du plateau de roches calcaires de la chaîne lihyque, et cependant, selon Itelzoni, elle n’est qu’a 50 pieds au-dessus du niveau du canal (3). La route de Beny-Souef à Médina, capitale du Eayoum, passe au pied de celte pyramide, au sud. De cette position s’ouvre une vue magnifique sur tout le bassin du Eayoum, coupé par une foule de canaux, parsemé de bourgs et de villages , situés çà et là, entre des champs de verdure, des bosquets d’arbres fruitiers et de palmiers. Cette campagne délicieuse forme un contraste frappant avec l'aride Libye qui l'entoure, et le spectateur est saisi d'nne émotion solennelle quand il songe que la main de l’homme, «n creusant des canaux, fit sortir ce jardin enchanté du sein du désert. Au nord et h l’ouest de cette pyramide, Bertre et Jomard découvrirent, en 1799, les grandes masses de débris qu’on a reconnus (4 ) depuis pour les ruines du Labyrinthe des anciens, situé à 1 fille stades d’Arsinoé, selon Strabon (8). Elles occupent un espace de 500 mètres de longueur sur moitié de largeur ;c’est un grand parallélogramme entouré d’une enceinte au nord et tout ouvert au sud. La plus grande partie est en-
( 1 ) Jomard, p. 1 1 .
(2) Martin, Peser, tiy lri'iirapln, p. 24.
(3) Belxunl, Voy., Il, p. 144.
(4) Jomard, Description de» ruine», avec la dcacripllon du labyrinthe- — Martin, Peter, bydrofraph,
(6) Slrabo, XVII, p. 6S0 , cd. Tiach.
fouie sous le sable et les décombres; mais partout s’élèvent desdébris de fûts de colonnes , des fragmens de granit, de syénit et d'autres matériaux précieux qui nous indiquent aujourd'hui l'emplacement de ce merveilleux édifice. Il a été impossible, jusqu'à présent, de donner le plan de ce monument , d’après les débris informes qui en restent. Nous renvoyons ici aux preuves apportées par Jomard , pour démontrer l'identité de la situation deces ruines avec celle de l’ancien Labyrinthe, telle qu’elle nous est donnée par Hérodote, Diodore, Strabon et les auteurs postérieurs ; on peut aussi consulter le premier essai de Letronne , où cet auteur a cherché de retrouver le plan o. la disposition générale du Labyrinthe, d’après les passages classiques des témoins oculaires (1).
La position de l’aucien Labyrinthe et de la pyramide n'est pas seulement importante sous le rapporlarehcologique, elle l’est encore sous le rapport physique, géographique et historique. Eu effet , e’est dans leur voisinage que se trouvent les restes du canal le plus merveilleux de l’antiquité. La surabondance des eaux du Nil se déverse par le pont à dix arches , comme nous l’avons observé plus haut, du canal actuel de Joseph , dans un canal ordinairement desséché aujourd’hui , creusé de main d’homme dans le rocher , et le plus colossal de tous les travaux de Fancienne Égypte. On l’appelle aujourd’hui le Ba/ir-Be/ama, c’est-à-dire le fleure sans eau. Quelque large ljue son lit apparaisse encore aujourd’hui , on voit qu’il est remplidelimon à une hauteur de 7 mètres. II était donc autrefois trèsprofond , et il a encore en ligne droite 55 , 000 mètres de longueur. Pendant l’inondation, la surabondance des eaux coule dans son lit, au nord, jusqu’au village Tamyeh ; et, de là , rlles vont se verser, deux lieues plus loin , dans le lac. Ce Babr-Belama forme donc encore aujourd'hui la comunication septentrionale entre le canal de Joseph et le grand lac Birket-el-Keroun (S). Tamykb, situé à deux lieues de l’extrémité orientale de ce lac , est le point le plus septentrional du Eayoum ; il est à quinze lieues et demie dû Caire , et c’est le premier village que l’on rencontre en allant de cette capitale à travers le de-
(1 ) Utronnc, Ea*al Mir le plan cl la dlapoalllon p«'n<*ralc il u Labyrlnlbc dÊR/plc, d’aprfca Mdrodolo, Diodnre «II* Selle et Strabon, dan* Malte- Brun, nouvelle* Anoalea de» Voyagea, vi, p. 133 154.
(2j Jomard, Deacr., p. 10.— larlin, p. 206.