BORD MÉRIDIONAL, TERRASSE DES KARROUS
probité. Les femmes y sont plus belles que chez les autres peuplades.
Ils nourrissent de nombreux troupeaux, s'occupent d’agriculture , et savent travailler trèshabilement le fer, le cuivre et l'ivoire, line constitution populaire et libre garantit à ce peuple remarquable l'indépendance et la paix, et lui fournit, lorsque le besoin l'exige, les moyens de défendre sa liberté.
Les Beetjuanes ne forment qu'une seule des neuf races parentes qui habitent ces contrées de la Haute-Afrique, et sont les plus rapprochés des pays fréquentés par les Européens. La tradition place à dix journées plus loin dans l’intérieur, sur les bords du fleuve Kourouhman , les Barolous, peuple qui n’a jamais existé, mais qu'on a peut-être confondu avec les Mouroublongs. D'après le rapport de Lichtcustein , il existe, en effet, d’autres races dans cette direction. Les Macquini (1) (nom qui vient peut-être •le l’arabe Ka'na qui signifie forgeron ), la distance de trente à quarante journées de marche plus loin, au nord-est, près d’une chaîne de montagnes, d’où ils tirent du fer et du cuivre, qu'ils préparent avec beaucoup d’art.
REHABOtre.
Ces Macquini confinent très-probablement , à l’est , aux possessions portugaises de la côte de Sofalaet de Monomolapa. Les Beetjuanes , leors paréos de race , avaient déjà entendu parler d’hommes blancs avant l'arrivée des colons hollandais ; ■nais ils doutaient encore de la réalité de leur existence.
La manière dont ce peuple actif , agriculteur et industrieux s’est répandu vers le N.-E. , nous fait supposer que la haute terrasse, qui, selon toute probabilité , n’est coupée transversalement par aucune chaîne de montagnes , se prolonge au loin dans la même direction. Elle n'est hablléo, à ce qu’il parait, que par des peuples actifs, libres et heureux (2) , chez lesquels l'esclavage , qni afflige presque partout ce grand continent, n'est pas encore établi.
Cependant , Lichtenstein suppose que la servitude n'est pas absolument inconnue et inusitée parmi eux (3).
Déjà les Européens se sont avancés jusqu'au bord méridional de cette terrasse, sous le beau nom de
(IJ l Ic&lcottelo, a. Il, p. 411,
(2) Barreur, Tr. II, pas. 404.
(3) licfaicnstelo, n. If, pas- 510.
colons ( dans le Roggereld ), de missionnaires ( au delà du fleuve d'Oranje), d'amis et d'alliés; puissent-ils ne pas s’attirer la malédiction des générations suivantes , comme leurs prédécesseurs , qui , sous le même préleile, cherchèrent à pénétrer dans l'intérieur des côtes de Congo , de la Mosambique, sur le Tacaue, le Sénégal et la Gambie.