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DEUXIÈME TERRASSE.— LES KARROUS

Il suffit de jeter un coup d'œil sur la carte , que nuits adonnée Lichtenstein, des possessions européennes au cap de Bonne-Espérance , pour s’apercevoir qu’à l'ouest et au sud , la pente de la haute terrasse est immédiatement entourée d’une seconde terrasse plus basse , que les habitans indigènes et étrangers appellent les Karrous. Elle sépare la haute terrasse, de la terrasse iuférieure des côtes et en est e'.le-même séparée par de hautes chaînes de montagnes pa • rallèles. que nous avons déjà en partie décrites au § 4,chap, 1 ,explic. 1. La terrasse des Karrous entoure le plateau , sur une largeur de 20 à 30 milles géographiques; sa plus grande étendue en longueur est de l’est à l’ouest ; il faut seizejournées pour la parcourir du Hexriviers-Kloof (ravin de la rivière des Sorcières) jusqu’à Graaf- Rcynett.

Un phénomène particulier à celte seconde terrasse, c’est que sa pente à l’ouest et au sud n’est pas formée par une , mais par plusieurs chaînes de montagnes parallèles. Les vallées longitudinales entre les montagnes ne sont souvent éloignées l’une de l’autre que d'une lieue , quelquefois même d'une demi-lieue, à peu près conunedans le Valais. La bordure de ces chaînes et vallées parallèles est surtout fertile , parce qu’elle est mieux arrosée ; elle est partout plus élevée que les Karrous mêmes; mais près de la iner, c'est-à-dire vers l’extérieur, là où se trouvent les plus haules crêtes (2,800 pieds au-dessus de la mer), elle se dégrade tout à coup rapidement et se précipite en arides escarpemens dans la profondeur; c'est dans ces ravins que croissent les plus hauts arbres de l'Afrique; les premiers gradins sont fertiles et couverts de verdure.

Le même accident se répèteau bord méridional

IIAIITE-AFRIQIE :

de la Haute-Asie, du côté de la plaine indienne, mais avec cette différence , qu'en Asie , celte pente rapide confine à une grande plaine, tandis qu’ici elle louche immédiatement à la mer, et que l'aride nature africaine y prédomine toujours.

Cette seconde terrasse se divise en trois parties principales :

1“ Les plaines , au sol d’argile durcie , appelées Karrous , dans le sens restreint. Les trois plus étendues sont situées au pied des montagnes de Nieuwcvcld (nouveau champ), au pied des montagnes de Roggeveld (champ de seigle), et enfin dans le Bokkcveld (champ de houe) , et le Roggeveld , qui forme une partie du district de Tulbagh. Là où des sources ou des rivières fertilisent ces plaines, le triste nom de Karrou se change en celui de contrées cultivées, et devient le district de Tulbagh, de Graaf-Reynett, etc.

2° Les chaînes parallèles qui forment la bordure : elles commencent vraisemblablement aux montagnes de Chamies , de Hanlam et à l'Onder-Bokkeveld , et confinent , au sud , à la Bergvalley et au fleuve des Éléphans , qui coule dans cette étroite vallée, du sud au nord. Viennent ensuite les hautes vallées du Rokkeveld froid et chaud , et la haute plaine de Roodezand ou Wavern , avec le Brccderivicr, qui se dirige au sud.

3» Les chaînes parallèles des Zwartcberge (montagnes Noires), qui s'étendent de l'ouest à l'est. La chaîne moyenne et celle du nord encaissent la vallée la plus septentrionale du district de Zwellendam , au nord du chef-lieu ; la chaîne moyenne et méridionale encaissent la vallée longitudinale de Langc-Kloof. Tout ce qui est au nord de ces chaînes et à l’est, jusqu a Graaf-Reynett et Camdebou, est sol de Karrou. Les montagnes Noires forment une partie de la haute muraille qui enclôt les Karrous et leur donne la forme de bassin. Elles comprennent à peu près une étendue de 10 à 12 milles géographiques en largeur.

Les fleuves de la haute terrasse coupent ces chaînes de montagnes dans des ravins étroits et profonds , à travers lesquels ils vont se jeter dans 1a mer; mais ces sortes de coupures ne sont pas très-nombreuses, les terrasses supérieures étant presque entièrement dénuées d’eau (1). Plus des trois quarts de tous les fleu-

(I) Lichtcnitcln, R. T, psg. 165.

ves de l’Afrique méridionale sont à sec , pendant l'été.

On appelle k'/oofks ravins à travers lesquels on parvient , comme par des détroits , de la terrasse littorale à la seconde terrasse et aux Karrous. Leur nombre est très-petit , et de l’a vient que la communication, entre la terrasse littorale et l'intérieur, est toujours difficile et fatigante.

1" Éclaircissement.

l’ente occidentale. — A. Montagnes de Chamies.

Les Chamies ou Camis, situées au 30” de latitude S., n'ont été que très-peu visitées, ainsi que leurs prolongations au nord , les montagnes de Cuivre ( Koperberge ). Cardon et Paterson (1) furent les premiers qui, en 1777 et 1778, les firent connaître aux Européens. Chamies signifie, dans la langue desNamaaquas, groupe de Montagnes. Elles s’élèvent jusqu'à 4,000 pieds au-dessus de la terrasse littorale (2). A leur base , les colonies les plus septentrionales du Cap confinent aux 'habitations des llottentots- Namaaquas. Elles correspondent, au sud, avec le llantam , table isolée , s’élevant à 1,300 pieds au-dessus de la terrasse littorale, avec le Rauhe Bokkcveld (Bokkeveld rude), et la Bergvalleg (vallée de montagne), que les bras du fleuve des Éléphans traversent au 31° de latitude sud.

Les Chamies présentent souvent des masses isolées qui s'élèvent en forme de cônes grotesques, de colonnes, de pyramides, etc., semblables aux fantastiques Stonehenge d’Angleterre, mais beaucoup plus colossales (3). Le sol est parsemé alentour, de débris sur lesquels croissent différentes plantes juteuses et tubéreuses , des buissons de mimosc et le colossal Aloès (Al. dichotoma ) (4).

Du rivage de la mer, on s'élève jusqu’à ces chaînes de montagnes pour ainsi dire de degrés en degrés (3); elles s’étendent jusqu’à 3 milles de la mer, et ne forment ici que des masses isolées. Plus on avance à l’est , plus elles se rapprochent, jusqu’à ce qu’elles se réunissent enfin dans la terrasse des Karrous. Paterson nous

(1) Paterson, !». pag 67.

(2) Harrow, Tr. 1, pag. 386.

(3) Barrow, Tr. I, p»g. 372.

(4) Paterson, Harrat. pag 56.

(6) Paterson, *arrat. pag. 126.

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