HABITAIS DE L'ATLAS
qu'à Souse et jusqu'au cap Noun, sur l'Océan occidental; au nord, il confine àl'Atlas ; au sud, au désert. On donne surtout ce nom aux vastes plaines horizontales , situées au sud de la Petite- Syrie et près de Sejin-Messa et de Tafilelt; elles sont arrosées par quelques rivières salantes qui se dirigent vers le désert.
On remarque çà et là , près des sources , des plantations de palmiers; quelquefois même elles étonnent par leur beauté et leur étendue : cependant la plus grande partie de cette bordure méridionale du plateau des Berbers est d'une nature tout à fait aride et inhabitable, semblable à peu près aux sables moitvans du désert. On (fourrait par conséquent admettre l'opinion de Shaw qui préfère dériver ce nom de Blaidel-Jeridd, pays sec et aride (1), nous assurant que les Arabes d'aujourd'hui appellent Sahara toute cette contrée , excepté Jeridd , sur le golfe de Cabès. D'autres auteurs ont cru à tort que Biledulgerid signifie pays des sauterelles ( de jerûad); Jackson (8) l’écrit Bled-el-jerréde , mais sans expliquer s'il signifie payssecoupays de dattiers; le mot arabe ne répond guère à cette dernière signification. Cependant , du côté de l'ouest, à Segin-Mcssa , Tafilelt et Souse , le Biledulgerid est encore de nos jours renommé pour sa richesse en dattes.
Les rivières de Ghir , Zi z , Tafilelt (3) et Drah traversent le Biledulgerid; et leur cours, quia une étendue de dix à quinze journées à cheval ( erhellat ), ou 80 milles allemands, indique icf la pente douce de cette bordure de steppes vers le Sahara , au sud.
Près du Tafilelt, qui est aussi large que la Tamise près de Putney, le sol se compose d’une argile blanche mêlée de sel , et qui devient glaiseuse lorsqu'on ('humecte. Toute cette steppe , depuis la ville de Tafilelt jusque vers l'Atlas, sur une étendue de cinq journées de marche , est absolument dénuée de végétation. La steppe plus occidentale est arrosée par le fleuve Drah qui, dans les hautes eaux, te change en un torrent rapide , appelé Laili ; ses eaux ont un goût salé , comme celles de presque toutes les rivières qui descendent de l’Atlas et se dirigent à l’est. Ce fleuve qui ne se perdait pas encore dans le sable du temps de Polybe, disparaît maintenant comme les autres , au bord du grand désert.
Jadis, à l’époque glorieuse du califat, le Biledulgerid était célèbre (1) par ses nombreux forts et ses châteaux, ses grandes villes, leur richesse, leur commerce , leurs villas, leurs agréables jardins et leurs bosquets de palmiers : toute cette magnificence a maintenant disparu. On y voit une quantité de ruines, mais on ne rencontre un peu d’aisance qu’à Tafilelt, lieu de réunion des shérifs et centre du commerce descaravanes. L'empereur de Maroc a cherché, dans ces derniers temps, à rétablir l’ancienne splendeur de cette ville en y élevant un somptueux palais.
Dans les vastes plaines de Biledulgerid qui , comme la mer , s'étendent sans limite jusqu'à l’horizon, on ne voit errer de nos jours que quelques hordes d'Arabes nomades, qui établissent leurs tentes tantôt dans un endroit , tantôt dans un autre.
2* Éclaircissement.
Les Berbers, Barbares.
Les peuples d’origine arabe ne s’établirent dans l'Atlas que depuis le septième siècle et par conséquent ils ne doivent pas être considérés comme les vrais habitans de ce plateau. S'étant rendus maîtres des champs et des vallées fertiles qui le bornent du côté de la mer , ils y bâtirent des villes, et y organisèrent des états après en avoir chassé les anciens possesseurs du sol , les Berbers : depuis 688 , leur souveraineté s'est continuellement maintenue dans le pays.
L’intérieur de l’Atlas n’est maintenant habité que par des Berbers (Barbara , de là , le nom de Barbarie ; voy. plus haut, p. 308) qui cependant, à en juger d'après leur langue , ne sont pas restreints à l’intérieur de ce pays de montagnes; ils s'étendent encore d'une manière remarquable dans les plaines, et sinon vers les côtes , au nord , du moins au sud , dans le Sahara , et à travers toute l'Afrique orientale jusqu'au pays des peuples Nouba. Iis forment plusieurs tribus dont nous avons déjà parlé plus haut et dont il sera encore fait mention par la suite. Sans nous arrêter aux habitans nomades des plaines , nous ne parlerons ici que de ceux dont le séjour est fixe, des habitans des montagnes et des vallées qui, comme les plantes , semblent enracines au sol qui leur a donné naissance.
(U siuw, Tnc,p. 4.
(3j Jsckwn's, Account, p. 3 JUrnm', Africa, I, p. 28. (1) Mrisî, Alrlo , Vil. Bartfainn , m, Terra Ru l.»r» ,
(3) IMS., p. 9, 33. I». 14S. — l'Ck-nn'i ftccoimi, !'. 3 el 32.
Dans l'antiquité, les Gétuliens et les Garamantes (1) {tassaient pour les plus remarquables des Libyens, anciens habitans de ce pays; les Garamantes furent vaincus par les Romains sous Vespasien. D'anciennes traditions rapportent que ces peuples libyens , s'étant mélangés avec les Perses et les Médes, donnèrent naissance aux Numides et aux Mauritaniens; cette fusion de peuples n'a pu s'opérer que par la mer.
Plus tard, des Phéniciens, des Grecs, des Romains, des Vandaleset des Arabes s’établirent tout autour de ce haut pays de montagnes, et pénétrèrent plus ou moinsdansses vallées. C'est ce qui fait que de tout temps on a voulu retrouver ici les débris de cesdifférens peuples; mais, au lieu de la grande variété qu’on suppose, on rencontre généralement , du moins dans la langue la plus frappante uniformité. D'après les recherches les plus exactes, il n'existe dans ce plateau qu'une seule , ou (selon Jackson) tout au plus deux langues différentes, celle des Berbersque nous connaissons depuis longtemps et qui est la plus répandue, et celle des Schelloubs, dont les Européens n’ont eu connaissance que plus tard.
Cette uniformité est d’autant plus remarquable que, suivant les relations des voyageurs, il existe au sud du plateau et du Sahara , entre Jinnie «Tombouctou, et jusqu’au Nil d’Égypte, 33 langues nègres différentes (S). L'arabe qui est aussi très-répandu depuis la cèle occidentale de l’Atlas jusqu'au Nil, ne peut être compté au nombre des langues indigènes du plateau des Berbers; elle est la langue religieuse et la langue écrite; et toutes les lettres du roi de Maroc sont écrites, comme l’assure l’évêque Giarvé de Jérusalem , dans le même arabe (3) que parlent aussi les Bédouins, près du Jourdain; cependant on trouve quelque différence dans la manière d’écrirel’arabe de l’est et celui de l’ouest. L’arabe des habitans des villes le long des cèles, ou des soi-disant Maures (Moors), conuneà Maroc, Fez, Taroudant, Alger, etc., est plus ou moins corrompu (4); il s’est mieux conservé a Tripoli.
La langue berbèrc(S)estmaintenantcommune à la plus grande partie des débris des anciens peuples; il se peut même qu’elle ne soit formée que par le mélange de ces différentes nations ;
(l)C. SallustiE, Bellum J'itn M himim, c. 18.
(2} Jackson'» Account ot ILirocco, 2' CS., p. 371.
(4) ISM., p. 327.
<S) vater, mUtflJalrs, Ul" thell, !• Abtbcll., p. 37.
cependant nous croyons qu’il vaut mieux la regarder comme indépendante et antérieure à toutes les langues étrangères venues par la mer (1); elle n’en aurait pris alors que certains mots et certaines locutions qu’il faudrait considérer comme partie accessoire.
Les Berbers nous sont partout représentés comme des montagnards robustes et vigoureux; ce qui est surtout remarquable, c'est que déjà Slrabon (2) nous assure ( bien avant l'émigration des Arabes) qu'ils ressemblent beaucoup aux Arabes. De même que tout le plateau des Berbers , comme nous l’avons déjà dit plus haut, s'éloigne du vérilablecaractèrede l’Afrique, de même aussi ses habitans n'apparliennetU pas au pur caractère africain; comme le pays, ils ont plus de rapport avec l’Orient et avec l’Occident.
Léo Afric. (5) distingue cinq différentes races de Berbers (voy. les Touariks); il en place deux sur les montagnes de la Mauritanie : les Vosmudœ (Mousmoudé) et les Gumeri (Goumera); les autres dans les basses terres. Nous ne parlerons ici que des premières.
Suivant Léo Africauus, la tribu des Gumeri habite le Petit-Atlas, celle des Mastnudæ le Haut-Atlas ; dans les trois derniers siècles , les noms des tribus ont de nouveau changé.
1. Berbers. — Les habitans du Haut-Atlas , près de Fez et de Maroc, portent le nom de Berbers(4)(BârbAr, Barbar, Breber.) Le plus petit nombre d’entre eux recounalt la suprématie du Maroc; l’empereur, pour les tenir en bride, force leurs chefs à vivre en étages à sa cour ; ces Berbers font le principal commerce sur les marchés du Maroc (3).
Les hordes des Att-lmoure et les Zemoure- Shelleh, qui habitent les monlagues voisines de Fez, ont la physionomie européenne (romaiue); ils s’occupent d'agriculture, élèvent de nombreux troupeaux, et ont beaucoup d'abeilles. Ils sont tiers de leur indépendance et de leur liberté. Du mois de novembre au mois de février, ils habitent les lieux les plus élevés de leurs montagnes, et ils préfèrent passer avec leurs
(1) tco Africanm, dan* lor-vbacb, p. 13.
(2) Str«b4.n, LX VU , p 835.
(3) Léo Africanu*. dans l.orsbacb, p. 14’
(4) Brest, Jaclir. von Marocco, p. 1 34. — Jackson'* Account, p. 141.
(5) Aii-Bcy, Travcis iu Barocco. Tripoli, etc., t ond., 1816, ln-4“, I, p- 157.
I1ABITAKS DE L'ATLAS.
troupeaux la mauvaise saison dans des cavernes et dans îles contrées inhabitables , que de descendre dans les vallées , où iis perdraient leur indépendance.
Ceux d'entre eux qui s'occupent d'agriculture, s'appellent, suivant Jackson, Cabyles ; suivant Vcnture (1), Cabatlis, Gebalis (sans doute de yabaïly , qui signifie horde ou tribu) cl Djebaiy (c'est-à-dire montagnards ). Les habitans •les plaines portent , dit-on , en particulier le nom de Berber(Kr-cax, dans une langue berbère signifie /lomroe). Le docteur Sbaw connut aussi sous le nom de Cabylei (8) , dans le territoire d'Alger et de Tuuis, un peuple montagnard du Petit-Atlas, au teint rouge, aux cheveux blonds, et parlant un langage particulier ; il les prit pour des tribus vandales. Ces mêmes montagnards s'appellent Shotciah dans les montagnes du territoire d'Alger (5).
Jackson nous apprend que l’Atlas est habité par plus de 20 différentes tribus de Rerbers qu'il appelle toutes Cabyles (1); il en cite quelquesunes, les Alt-Gim an , Att-Amor, Zayan , dont les dialectes sont les plus purs. Ces cabyles ou tribus forment une grande partie des armées des sultans de Maroc; très-pauvres dans leurs pays, ils volent et pillent où ils peuvent, et s’en retournent ensuite avec leur butin dans leurs montagnes. Les plus méprisés et les plus dépravés soûl les Alt-Amor que la tradition fait descendre des Amoriles; ils habitent au nord-est de Fez. Une autre tribu ou cabyle , les Zemoure Shelleh , habite les plaines entre Fez et Mequinez; ils sont de belle stature et leur physionomie (5), suivant Jackson, se rapproche beaucoup de la physionomie romaine. Non loin de leurs habitations, sont situés, au pied de l'Atlas, les ruines du Kassr-Farmvan ( chiiteau de Pharaon (6) ) , qui ont servi en grande partie à bâtir les villes de Mequinez et de Tafilolt. Les restes de ces ruines , dans lesquelles on trouve beaucoup d'antiquités , rappellent, suivant l'opinion de Jackson , le style égyptien. Les cabyles des hauteurs neigeuses de
(1) Venture, Vocabulaire Berlier , ilani Hornemann, eu.
1 ait. .fa, it, p. 4|3.
(2) Sbaw. Tra»., |, p. fi9,
l3,i 8. Paniintl, Narrative ol a Rraitlence in Abtier, etc,, fai. bjr Satw. Blaquiere. lu»)., 1818, ln-f , p. 188.
(4) Jackson'» Account ol Xacucco, 2*1 Cal., p. 124.
1SI Ibid., p. 284.
(6) Ibid. , p. 120.
l'Atlas habitent depuis le mois de novembre jusqu'au mois de février dans des cavernes; leur genre de vie a donné lieu , dans les bassesterres, à une foulede traditions et de légendes (1). Les habitant des hauteurs de l’Atlas sont entre eux en dissension continuelle; on les voit se livrer des combats à mort, cabyle contre cabyle, tribu contre tribu, village contre village, et même maison contre maison. Les vengeances héréditaires détruisent toutes les familles et étouffent chez ces peuples tout sentiment d'humanité. Souvent aussi ils s'insurgent contre leurs préposés , de sorte que presque chaque année , l’empereur de Maroc se voit forcé d’entreprendre une campagne dans les hauteurs de l’Atlas.
Jackson prend ces peuples pour les anciens Mauritaniens, tels que les a décrits Salluste. Ils sont actifs, robustes, et n’ont jamais été vaincus; quoique ayant adopté le mahométisme (2) , ils ne se fient cependant jamais ni aux troupes nègres ni aux troupes arabes des empereurs, lors même qu'elles ont juré avec eux les traités sur le Coran. Ce furent des fierbers qui aidèrent les Arabes à faire la conquête de la Pentapole (S).
2. A.wazirgs, Schellovbs.— Les montagnards du sud de Maroc s'appellent Scboullous ( Chou toukhs , pluriel de Schilha) ou Schellouhs (A). Ils vivent à peu près de la même manière que les précédens, seulement leurs habitations sont plus fortifiées et presque toutes entourées de forêts. On nous les dépeint comme robustes et forts, tout le contraire de leurs voisins les Maures, peuple énervé et abruti ; ils passent pour excellens chasseurs et vivent en Troglodytes , sur les plus hautes cimes des montagnes.
Leur nourriture est très-simple ; elle se compose presque uniquement de miel et d’orge ( as. mua ) , qu’ils apprêtent de différentes manières, tantôt souslaformede gruau, tantôtgrillé (zimeta) ; mais il ne mangent jamais de viande, ce qui est la cause de leur extrême maigreur.
Leur langue diffère absolument de celle des Berliers, selon Jackson (8); suivant Léo Afric. , Venture et Vater (6), elle n’en est qu’un dia-
(1) Jackson-» Account « p. 100, 270.
(2) Ibid., p. 317.
(3) schioMcr, Weitgetlchlcbte, II»' Thell, p. 256.
(4) Jaek»on‘s Account, p. 12, 142. — Venture, Vocabulaire Ccrber, ibid. — Lempriére, Tour, etc., p. 181 .
(6) Jackson-* Account, 2° 0«J.
(«J Xilbridate», IIIe»- Tbeil, 1e AbUielf., p. 42.
IMS
lecte. Léo dit qu’elle s'appelle aquel amarig (c'est-à-dire lingua nobi/is ; c’est sans doute un titre honorifique de la tribu); suivant Jackson, on la nomme amazirk, suivant Marsden, amazygh. Jackson assure qu’ayant visité lui-même le pays des Berbers, on nord, et des Scbellouhs, au sud de Maroc, il s’était persuadé, après avoir conversé avec plusieurs centaines de Scbellouhs, que les langues de ces deux tribus sont lrèsdilférentes entre elles (1) ; les Schellouhs , dit-il ensuite, sont un peuple tout different des Berbers, moins fort et surtout moins athlétique; leur langue s'appelle amazirk. Ce - voyageur trouve dans la langue de l'oasis orientale de Sitoah (i) , qui est la langue berbère , une quantité de mots scbellouhs , de même que dans la partie sud-ouest de l’Atlas. En comparant les mœurs (3) des anciens (iuanebes, habitans des Iles Canaries, avec celle des Schellouhs de nos jours, il cherche à prouver que ces derniers, et non les Berbers, sont la souche des Guancbes. Il faudrait ainsi appliquer aux Schellouhs, c’est-àdire aux habitans de l'Atlas du sud-ouest tout ce que les auteurs nous disent de la parenté des Berbers avec les Guanches. Mais, comme ce que Jackson uous a appris des Schellouhs et de leur langue ne suffit pas pour écarter tous les doutes sur ce sujet, nous désirons que des recherches plus exactes viennent bientôt compléter les travaux du voyageur anglais.
Suivant Venture (4), la langue berbère se parle dans l’Atlas, à Souse, près de l’Océan Atlantique, dans les plaines de Cairoan et de Tunis, sur l'Ile de Girbé, près du golfe de Cabès (la Syrie). Elle est aussi répandue dans le Biledulgerid , parmi les Beni-Mozab et au loin dans le Sahara. D’après les indications de Hornemann , elle s'étend , à l'est, jusque dans la Haute-Égypte; Marsden la suppose parlée par beaucoup de nègres; Mungo- Park la trouva àjJinnie.
Vater (K) la croit identique avec le sounzah ou souc/tday, sur les bords du Niger, dans le pays que Léo appelle Gouber , et qui est peutêtre la patrie de cette tribu de Gumer qui du temps de Léo , habitait dans l'Atlas.
La langue berbère caractérise parfaitement un
(1) Jackson'» Account, p. 36g.
(S) IBM., p. 3«0.
(3) Ibid., p. 338.
(4) Venture, notice «ur la Imsuc berbère, dam bstiflèa , Mémoire sur le» Oasis, p. 413.
(B) VMM, Mil bridâtes , Hier Tbelt, t' Ablliell , p. 160.
peuple montagnard et continental; elleemprunte à l’arabe tous les termes de religion, de culte et des arts étrangers à son sol , toutes les formes abstraites du langage ; elle ne connaît pas de conjonctions, et n’a de nom ni pour rille ( medinat est arabe), ni pour rague, ni pour mer ( ehnevdja , lebhar sont des mots arabes) (1), qui lui étaient primitivement des objets inconnus: elle n’a pas non plus de dénominations pour riz ni pour une quantité d’autres produits, apportés dans le pays par les Arabes. Cette languecompte, il est vrai, un grand nombre de dialectes, mais comment pourrait-il en être autrement chez un peuple divisé presque en autant de bordes et de tribus que le plateau qu’il habite a de vallées et de chaînes de montagnes ? Ajoutons encore que ces tribus sont aussi isolées les unes des autres que les rochers, les ravins et les précipices qui les séparent, et que si parfois elles se renconlrent, ce n’est que pour renouveler leurs éternelles hostilités.
L’analogie de leur langue avec celle des anciens habitans des contrées et des lies les plus éloignées, surtout relativement aux objets de la géographie physique, mérite ici une attention toute particulière.
Buiaioce.
Affinités de la langue berbère à l'extrémité est et à l’extrémité ouest de l’Afrique.
Nous renvoyons Ici à ce que nous avons déjà dit plus haut sur les Berbers orientaux , en parlant des babitans de la Nubie , et nous ferons observer que la langue berbère est aussi parlée dans toutes les oasis septentrionales du Sabara. (Voyez les Touaryks, dans le Sahara) (1).
A l est du domaine actuel de cette langue , est situé le plateau de Bar-ca , dont nous ne connaissons pas la langue; mais, au delà, vers l’intérieur , sont situées les contrées dans lesquelles Leu place les Berbers. On retrouve ici , de nouveau , la première syllabe du redoublement , par exemple , dans Bar-ca , Ber-doa, Ber-gou, Ilirgou, Bour-gou , Bor-nou, etc. C’est là qu’babllent les T-ouar-ike. le t est particulièrement propre à la langue berbère (3). On le place tanlôt au com-
f1) Venlure, Vocsb, , p. 438.
(3) Banden, Lelters , dans Uoroeœaiin , YCJ. , su. Lauglès. II, p. 406.
(3) ventura , Ibid. , p. 416. — Valcr, Zllbridates, III, 1’ AbUtclI., p. 61.