UUAMJE ET PETITE OASIS
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quoique souvent tapissé de verdure sous le ciel humide de la mer , ce sol ne produit pourtant que quelques plantes , et n'est habité que par un petit nombre d'animaux, comme des serpens, des lézards, des tortues, des antilopes et des autruches.
2. Route de la Haute-Égypte ou du Said a la grande oasis. — D’Assiout (1) (Ber-es- Soudan ou la porte du Soudan , 27° 24’ lat. nord) h la grande oasis, on est forcé de franchir le rempart occidental du Nil ( watt of Egypt) qui se présente ici sous la forme d'un plateau plane II surface horizontale. En partant de la vallée du Nil , on monte la première heure , puis l’on erre en petites journées sur sa surface sablonneuse (2) et continuellement agitée par les vents, jusqu’au quatrièmejouroùl’on en descend, à l’ouest, prés du Jibel Ruinli, qui est une paroi de rochers trèsrapide et escarpée, composée de tuf calcaire t tu/'a). Ce chemin est très-pénible pour les caravanes, quoiqu’il ait l’air d'avoir été préparé par la main des hommes. La caravane de Poncet ne mit qu'une heure pour descendre cedéAlé, preuve que sa hauteur absolue n’est pas très-cousidérable. Il forme l'entrée du désert lihyque qui s'étend dans les basses terres (the taxe desert), au pied de cette paroi de rochers nue et déserte. Aussi loin que pénètre la vue , on n'aperçoit ici que des rochers , des écueils et du sable , çà et là apparaissent dans le lointain , mais à d'énormes distances les uns des autres, quelques groupes de dattiers isolés dans celte mer déserte. Le premier endroit de cette nature est situé à 4 lieues et 1/2 du pieddu Ruinli, ets'appelle Aine Dizé.
2" Eclaiacissemekt.
Direction longitudinale du nord au sud, de
ta chaîne d’oasis égyptienne au bord oriental du désert.
A une journée de marche à l’ouest du Jibel Rumli est située la première source d'eau ; l'on voit en outre s’étendre sur le même méridien , de station en station, mais plus vers le nord que vers le sud , une série d'endroits arrosés , que uousappelons avec Ideler, pour la distinguer des
(I) Bnmnc, Trav. lo Africa, p. 1S4.
I2t Poncct, Rdallun , daat le» lettre» 0 J Liante,, IV, p- 4.
autres, la chaîne d’oasis égyptienne. Des deux côtés s’élèvent , comme pour les protéger, des chaînes de rochers parallèles.
Ces endroits cultivés et peuplés forment sur la côte est du désert , cette série remarquable d’oasis corallines (1) , analogues aux lacs corallins ; on les a divisés en oasis septentrionale et méridionale ou en grande et petite oasis, malgré qu'elles ne forment, par leur nature, qu'une seule chaîne, se dirigeant vers la Méditerranée parallèlement au Nil.
t. L'oasis septentrionale et méridionale, F.l- • Wab et El-Kjbu.
L’oasis méridionale ou la grande oasis. Et-Kibli ou Queblyeh, est éloignée de 19 à 20 milles géographiques du Sald; l'oasis septentrionale ou la petite oasis, connue sous le nom A'El-H-ah {Et- Hahat au pluriel), est située à une distance de dix-neuf journées de marche à l’ouest d'üxyrynebos ou Rehnesé , ou à trois ( suivant d'autres cinq) journées de marche de Fayoumé (2).
La largeur de ces oasis est si peu considérable qu'aucun des voyageurs, ni anciens ni modernes, n’a cru nécessaire de l'indiquer. I-eur longueur, au contraire, est très-remarquable; elles s'étendent, suivant les anciens, du 28° au 2G° lat. nord, ou du parallèle de Rehnesé, près du Nil, jusqu'à celui de Thèbes (5) ; suivant les auteurs modernes, elles se prolongent même jusqu'au 29° au nord, et, au sud, jusque près du 2J° lat. nord , comprenant ainsi une étendue de près de 415 milles géographiques du nord au sud.
L'oasis septentrionale n'étant traversée par aucune caravane régulière, n'était que peu connue autrefois. Au nord elle se dirige vers le lac Mucris et la vallée de Rabr-bela-ma. Sa partie la plus méridionale est, dit-on , éloignée de 8 milles géog. (40 mites) de l’extrémité septentrionale de iagraude oasis (ou oasis méridionale) (4). L'espace qui les séparé est un désert inhabitable. Il parait que l'oasis septentrionale , maigre qu'elle soit appelée la petite oasis ( oasis parvu) , est cependant plus étendue, dans la direction du
(1) Browne, Trav. éd. Bennell. — Herod. g., dans Brcdow, P. 031.
(2) Rennclt, dan* liornemann, 6d. Langll**, I» P. 213.
(3) Lang!**, Ut-in. gur les Oasi», p. 355. — Mclcr, leb-r die Oascn «Ut l.lbyscbcn NV mie, in deu fundgrubeu des unents, lli. IV, p. 303 422.
(4) Brovvne, Trav., p. 132.
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sud au nord, que la méridionale, qu'on nomme communément la grande oasis (oasis magna) , sans doute parce qu'elle est d'une plus grande importance pour ses voisins, à cause de la route des caravanes qui la traverse dans toute sa longueur (1). 1,’oasis septentrionale n'est que peu fréquentée et n'a que peu de sources.
Les géographes arabes, Edrisi et Aboulfeda(2) ne font aucune différence entre celte dernière et l’oasis méridionale , ou entre la soi-disant grande et petite oasis. En effet, cette distinction ne repose que sur l’étendue de l'espace qui les sépare (5). Or, cet espace comprend 14 milles, ou suivant Idcler (4), qui s’en rapporte h l’ocock et Olympiodor, 20 milles allemands, tandis que la plus grande distance entre les sources de l’oasis méridionale n’est que de 7 milles géographiques.
L’oasis méridionale (S) , El-Kibk a 22 milles géogr. de longueur du nord au sud , tandis que la septentrionale ou ta soi-disant petite oasis en a 25, suivant Browne; ce chemin se fait en cinq petites journées, de stations en stations, qui toutes sont séparées pardesdéserts. Browne parcourut ainsi l’oasis méridionale dans toute son étendue , avec la caravane du Soudan ; le premier jour il partit A'Aini Dizé, et arriva , après 8 heures de marche à travers un désert, à El-Charji, endroit arrosé , sous le 26“ 23’ lat. nord; le second jour il marcha pendant 6 heures à travers le désert, jusqu "a Boulai; le troisième et le quatrième jour il marcha pendant 14 heures avant d'arriver â Beiris; enfin, le cinquième jour il atteignit , après deux heures de marche, Moughess , dernier village de l’oasis sous le 23* 18' lat. nord. Poncet nous fait un récit un peu plus favorable de celte oasis , qu’il visita en 1698. Sectzen (6) apprit de la bouche d'un nègre , que près ti'El-C/iarjé se trouvent une quantité de ruines , entre autres les débris d'une ancienne ville, près de laquelle est situé , du côté du nord , un kasr ou palais de 40 aunes de hauteur, bâti avec d'énormes pierres et garni de chambres, de figures et d’inscriptions. On trouve aussi de semblables édifices h EI- Dschcnnab.
(1) RennHl, dam Horneiiunn, ôd. Langlès. I, p. 215.
(2) Kdrlti.éd. Hartmann, p. 18.
(3) Rcmicli, dan» Brcdow, p. 633
(4) Idclrr, p. 416. ^
(6) Browne, Trav., p. 183.
(.6) Rouan. torrc»p., wl. XIX, p. 429, 445.
L'oasis septentrionale El -liait ( Elloah suivant Belioni , Et-Oudh selon Martin ) était restée étrangère au* Européens depuis les géographes du treizième siècle , Ebn llaukal et Edrisi ; Martin (1) et Betxoui sont les premiers des modernes qui ramenèrent île nouveau l’attention sur cette Ile du désert, située, suivant Martin, h trois journées et demie au sud-ouest de Médine sur le lac Mocris ; elle a , dit ce voyageur , plusieurs sources chaudes et froides, et compte quatre villages, chacun de 130 à 200 habilansqui vivent de leurs plantations de dattiers , et cultiventen outre du riz, du dourrah, des figues, des bananes , des oranges. Le climat y est malsain ; le défaut de troupeaux s’y fait sentir très-vivement. Le chemin qui conduit à cette oasis part de Médine dans le Fsyoumé , passe près du lac Garâh , et de là , près des deux puits Rayan-elkabyr et El-Sitgheyr, où est situé un temple semblable à celui de Kasr-Keroun sur le lac Moeris. Arrivé là, on a encore un chemin de deux journées et demie à faire à travers des déserts sans eau et dénués de toute végétation.
Belzoni eut l’avantage de visiter lui-mème l’oasis d’El-Wab (2). 11 partit de Benysouef , et y arriva après six journées et demie par un chemin inconnu jusqu’alors. Coupant au sud de Fayoum , il arriva , dès le premie» jour , à Raiceje-Toton , ancienne ville égyptienne en ruines, où les cubes de calcaire étaient couverts de figures et d’hiéroglyphes égyptiens. A une lieue de là est situé le village Talet-el-Uagar , construit, à ce qu’il parait, avec les débris de celte antique ville. On y distingue surtout des colonnes et des restes de granit. Le soir, il fit halle en un endroit appelé El-Kharrak , où sont plusieurs sources et des champs de blé, de dourrah et de trèfle. Cette entrée du désert, autrefois inconnue, est entièrement séparée du Fayoumé , mais elle est arrosée par un bras du Babr-Yousef.
Le second jour il arriva, dans le désert , à une liante muraille semblable à l’enceinte d’une ville, avec des débris de murs au milieu , le tout enterré dans le sable; autour étaient une quantité de troncs d'arbres et de vignes desséchées qui tombaient en poussière dès qu’on y touchait. Le village bâti entre des rochers s'appelait , comme le précédent, kharrak. Le troisième jour conduisit le voyageur entre d’enormes rochers jus-
(l) S.rtin, Rctcript. de l'EsrPIC. El. m«jU , 111, p. 221. (2; Bt-lisnl, VOf., II, p. 181.