CÔTE SEPTENTRIONALE DE L’OCÉAN DE SABLE
Toutes nos connaissances de l'intérieur de l'Afrique partent ici de la route des caravanes qui, des frontières de l'Égypte, se dirige sur le Fezzan. L’espace ne nous permettant pas d’entrer dans une foule de détails, nous ne rapporterons que les faits qui nous ont paru les plus importons.
(I) aranne, Tnv.,p. 493.
1" Éclaircissement.
Entrée orientale, ou route des lacs de Patron
jusqu'à Siwa/i, suivant Uomemann.
Une chaîne de montagnes peu élevée , large d’un mille et très-escarpée du côté du désert du sud , s'étend en ligne droite de l'est à l'ouest, depuis la vallée étroite des lacs de Natron et le Bahr-Bela-ma jusqu'à tmmesoghir (1), et comprend un espace de sept journées de marche. C'est le long de cette chaîne de montagnes ou le long de sa lisière méridionale que les caravanes s’acheminent vers l'ouest.
Horncmann, qui doit être ici notre principal guide, trouva toute la surface plane de cette chaîne (2) couverte de sel ; sa base est de calcaire. Elle se prolonge, au nord , sous la forme d’un terrain rocheux et plat , jusqu'à la Méditerranée, et çà et là on voit en surgir quelques rochers de talc (3). La lisière méridionale comprend aussi le Mogarrah (4), espèce de vallée remplie d'endroits marécageux et humides, près desquels on trouve encore de l'eau à la profondeur «le cinq jusqu'à six pieds. Un phénomène trèsremarquable de cette vallée, et qui caractérise également le Bar-Bela-ma, avec lequel elle correspond, c’est la grande quantité de bois pétrifiés que l'on y rencontre depuis les plus petites branches jusqu'aux plus énormes troncs d'arbres, tantôt dispersés en fragmens isolés, tantôt formant des couches entières qui occupent de très-grands espaces (8). Souvent l’on trouve des arbres de 30 à 40 pieds de longueur, dont l’écorce et les fibres ne sont pas difficiles à reconnaître.
Toute cette contrée se présente au premier coup d’oeil comme un terrain abandonné par les eaux de la mer, qui cependant n’ont laissé de traces que sur la côte hérissée de rochers, tandisque l'imagination mobilede l’Arabe trouve partout des débris de mâts brisés et de vaisseaux naufragés.
Il ne manque à cette série d'endroits arrosés que des bosquets de palmiers et des habitans
(1) Borncmann, Vojr., T, p. 10. — Rennell, Append., i, p. 201.
(2) Hadl-àbdallab-Beu, Mlclt», in Proceedinp, I, p.90. —-Horncmann, I, p. 14, 22.
(3) Brovroe, Trav.,p. 10.— Atpaud, léra., dans H orne m*nn. 11, p. 380.
(4) n>W., i, p. 7 et 22.
(5) Horncnunn, Vof.j I, p. 17.
GltXKD UfcSKBT , ENTRÉES L1BTQUES.
pour en faire une chaîne d'oasis tout h fait analogue h celle située vis-à-vis. Ils se rattachent, h l'ouest, h ces chaînes de rochers nus et déchirés , au milieu desquels est située la célèbre oasis de Jupiter-Ammon. Mais la route des caravanes , avant d’y arriver, conduit du village d'Ummesoghir ( Siropum dans Ptolémée), à l’est, à travers un vaste désert rempli d’écueils et de galets (1). 11 est probable que les chameaux nécessitent ce détour, car Ummesoghir n’est qu’à une journée de marche de Siwah.