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OASIS , FEZZAN

Tous ces fossiles font partie du calcaire friable; mais ils sont cassans comme du verre. Ils remplissent également les collines et l’enfoncement qui confine, h l’ouest, à la' dernière rangée de montagnes (le Xantiibba de Bcaufoy?),d’où l’on descend à Temissa (Tawie*/, selon Edrisi) dans la plaine de Fezzan.

Remarque.

Topographie de Fezzan.

Temissa , situé à U frontière de la Grande-Oasis de Fezzan , est à seize journées de marche à l'ouest d'Augila. liornemann mit 195 heures pour franchir une distance de 79 milles géog. (395 miles). L'espace entier, depuis le Caire jusqu’ici , espace qui se réduit à 405 heures sur 106 milles géogr., fut franchi en 30 jours (l)t et en trois stations differentes qui sont Siwah , Augila et Temissa. Hadi-Abdallah admet une distance de 43 journées de marche jusqu'à Temissa , ou de 33 jusqu’à Fezzan (c’est-à-dire jusqu'à Mourzouk qui en est la capitale). Hérodote calcule de station en station, et dix journées de marche équivalent , selon lui, à une station. Il faut Ici faire la part de l’influence que les saisons , la situation politique des états, la manière de vojager, la connaissance des routes, etc., exercent sur les voyages des caravanes dans le désert.

Le Fezzan (sous ce nom l'on entend aussi quelquefois le chef-lieu de l’oasis) s’étend, suivant les données des anciens (3), depuis la côte, près de Mesurât*, jusqu’à 17 journées de marche dans l’intérieur, vers le sud-ouest, ou à peu près 38 milles géogr. ( 389 miles en comptant 16 miles et 1/3 sur uue journée do marche). l)e Tripoli au Fezzan, par les montagnes de Ghouriano et Sockua, on compte 3 3 journées de marche.

4° Éclaircissement.

I. Fezzan, F oasis des Gommantes; Pliazania dans Pline , Fæsan, Fizen chez les Arabes .

A. D’après les anciens documens .

De Temissa (Tamest, scion Edrisi), un chemin d’une journée de marche conduit, à travers des

(I) Proceediugs , I, p. 104 — B.'rodote, iv, c. 183 — Rcnnell. dans Hornemann , 1, p. 186.

(2; Procccdlngs, I, |*. 86.

plaines fertiles, à Zuita/i (Sylah ou Sila, t'itlala dans Pline) qui, du temps d'Ebn-Haukal (1) et d'Edrisi , était la capitale du pays de Feizan. A sept heures de distance de là, à l’ouest, on arme à Hernara, situé dans une belle et vaste vallée; et enfin, à sept petites journées de marche (2) de Temissa, sur la frontière orientale, est situé Mourzouk, aujourd'hui capitale du Fezzan. C’est de cette ville que nous sont venues toutes les données que nous possédons sur ce pays remarquable.

Le domaine du Fezzan (5) présente une forme arrondie d’après le shérif Imhamraed, une forme ovale d'après Hornemann. Il s'étend depuis sa limite septentrionale, le Soudah, c'est-à-dire la chaîne de basalte ( Mons-Ater ), à peu près sur une étendue decinq journées de marche, jusqu'à Mourzouk, au sud. A quatorze journées de là, vers le sud , en traversant le pays de Hiatts , on arrive, dit-on, dans les environs de Cashna , à la chaîne limitrophe de fiyre (4), qu'il faut bien se garder de confondre avec Eurès ou Auras , VAudon de Ptolémée , qui est situé au nordouest de Tripoli, et fait partie du Petit-Atlas.

On compte, comme appartenant au territoire de Fezzan , les contrées de Haroush , Wadan (8), Hiatts, Houn ( Honein ou Ras-Honein dans Sbaw , le lafxtriftnAt Ptolémée). Ij plupart des géographes donnent à cette oasis une étendue de 60 milles géogr. (300 miles) du nord au sud , et de 40 milles géogr. ( 200 miles ) de l'est à l'ouest. Elle est comme une lie , en forme de cercle , entourée de chatues de montagnes sauvages et impénétrables (6) qui la garantissent contre toute espèce d'invasion. Ces montagnes ne sont interrompues qu'à l'ouest, où il paraît que l'oasis confine immédiatement au désert.

Le Fezzan est une vaste plaine basse, couverte partout d'un sable léger qui, autrefois , dit-on, encombra un torrent profond et rapide, près de Tessowa, à l'est. A l’ouest de la capitale (Mourzouk). du cité de Sahara, le sol est aride et s

(I) Kbn H.uiui, <Uq* w. ouieier, p. 91 .

(,2 ) Hadl- Abdallah , dans Braufoy , dans les Proceedings,

(3) Hornemann, Vojr. , éd. LangIPs , c. III, p. 110. — - ■ennetl, App., p. 227.

(4) Proccedlngs, I, p. 103.

(6) A.-V. Einsiedcl, *aehrkblen rom innem von Afrika, In Cutan's Sanimlung, Ut. III, p. 434.

(0) Schcrir imhaoiuied, tTaprfts Lucas , dans les Procvcdlogs, I, p. 98.

SM AFRIQUE, BASSES TERRES I 1" DIVISION, j 3S.

désert. Au sud, du côté de Mendrah (à 12 milles géogr. de là) , il est généralement sec et courert d'un sel (fossit alkali) auquel on donne le nom de trôna. On y trouve des puits en quantité et quelques sources vives qui ne tarissent jamais.

U ne pleut jamais ou très-rarement dans le Fezzan (1); et l'ou ne rencontre, dans tout le pays, aucun fleuve ou rivière qu’un Européen pourrait appeler considérable. Le shérif Imhatnmed (2) vante cependant le petit fleuve qui coule à Mourzouk, ainsi que les contrées bien arrosées des environs, où l'on trouve toujours des puits à une profondeur de huit à dix pieds. U y en a , dit-il , plusieurs dans chaque jardin , qui serrent h l'irrigation , et produisent une végétation, comme on n'en voit que peu dans tout l'El-Magreb. Le nombre des lieux habités est , selon lui, de cent; selon Hornemann,on y compte cent et une villes et villages.

Zuila ( Sila ), Germait ( Garama , capitale des Garamantes), Kattron, Temissa sont des villes du Fezzan. Germa et Zuila étant tombées l'une après l'autre en décadence , Mourzouk est devenu le chef-lieu de l'oasis ; les babitans de cette ville ne vivent que de leur commerce : c’est le premier et le plus important emporium de toute l'Afrique septentrionale ; c’est le point de réunion entre l'ouest et l'est , entre Maroc et le Caire, entre le Soudan et les eûtes de la Méditerranée. L'eau, le blé, le mais, les dattes et les troupeaux qui sont les principaux produits du pays , suffisent pour satisfaire aux besoins de toutes les caravanes qui arrivent dans l'oasis.

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