BOIS MÉRIDIONAL, LA CÔTE
est île 1» à SO milles géographiques du sud au nord, son étendue en longueur de 60 milles géographiques de l'ouest h l'est, ce qui fait une surface d’à peu prés 1 ,000 milles carrés. Entourée de toutes parts des pentes de montagnes parallèles que nous Tenons de caractériser, elle est encore bordée à l’est parles montagnes de Neige et par des plaines et des hauteurs couvertes d’herbes et de verdure, appelées Camdebou (1), nom hottentot correspondant aux prairies d’Alpes européennes ou aux Paropamises asiatiques.
Les Camdebous sont une prolongation (8) de la Karrou , qui est fermée à l’ouest par les montagnes du Bokkeveld.
La hauteur moyenne absolue de la plaine de Karrou est de 3,000 pieds; elle s'incline tant soit peu vers le sud ainsi que vers le nord-ouest, du côté de la côte Ethiopique, comme le prouve le cours des fleuves qui pénètrent à travers les chaînes de la bordure. Au milieu de la plaine s’élèvent des rangées de collines nues, d’argile schisteuse et de fer argileux.
Nous voyons en outre, aux deux côtés de la grande Karrou, plusieurs petites étendues de terrain de 30 à 40 milles carrés. Elles sont horizontales et très-analogues aux Karrous.
B. Surface.
Le sol de ces plaines est composé de sable et d’argile , plus ou moins mêlés de fer ; de là vient que dans la colonie, on appelle partout terre de Karrou , le mélange couleur d'ocrc, de l'argile, avec du sable ferrugineux. L’été, la chaleur rend cette argile presqu’aussi dure que de la tuile (Karrou, dans la langue des Hottentots, signifie dur) ; en creusant quelques pieds plus bas, on trouve partout des masses de pierres solides (3). Peut-être ce sol n’est-il qu’un précipité de formation récente, provenant d'un temps où la plaine, couverte d'eau douce, formait de grands lacs (4), alors que les vallées de la bordure, maintenant desséchées, étaient encore des lacs d’Alpes. Celte opinion s'appuie d'une quantité de faits plus ou moins concluans.
1* petit nombre de Heuves qu’on trouve dans les plaines des Karrous sont à sec pendant neuf mois de l’année; la végétation y est, par conse-
il) Ewtow, Tr. I, pag. 116.
(2) Harrow, Tr. II, pag. 374.
(3) Ucmenfcteln, S. Il, Pig. 33.
(4) UcMcnalcIn , ». I, P. 161. — *arrow, Ir. I, p. 78.
quent, très-pauvre, et, dans quelques parties, entièrement nulle. Le voyageur placé sur les hauteurs reconnaît à peine, dans les déserts noirâtres, les ramifications et les lits des fleuves, à quelques sombres buissons de mimose qui les entourent.
Au contraire, là où le sol est arrosé, il étonne par sa fertilité (1) : on n'a qu’à jeter un coup d’œil sur les différentes colonies situées au bord des sources (8) et qui, comme d’heureuses oasis, s'élèvent au milieu du désert , couvertes de blé, de vin et d’orangers, ou bien sur les grands districts abondamment arrosés du petit Bokkeveld et d’autres tous également riches en productions.
En été, toute végétation est morte dans les plaines des Karrous : la saison des pluies ramène seule un peu de verdure dans ces déserts auparavant arides, et y réunit ainsi pour quelque temps les hommes et les animaux, les colons comme les sauvages , les troupeaux de bestiaux et le gibier. Mais bientôt, souvent même avant un mois , le soleil brûlant a déjà dévoré toute végétation , et les hommes et les animaux quittent ce sol qui ne peut plus les nourrir. On ne rencontre plus alors , dans ces plaines , que des antilopes, des autruches et quelques Bosjesmans ; parfois aussi des voyageurs qui, ne pouvant les éviter, ont toujours soin de choisir les chemins qui ne les y retiennent que le moins longtemps possible.
Des colons européens se sont établis sur leurs bords, et partout où le terrain est quelque peu arrosé , ils sont largement récompensés de leurs peines, par un climat semblable en tout à celui de l'Italie méridionale. De petites hordes de Hottentots parcourent les plaines de verdure ; et , sur la limite orientale, errent çà et là quelques races caffres.