TROISIEME TERRASSE. — LA CÔTE
Cette région, qu'habitent les Européens, située entre l'Océan et le Plateau , est la partie la plus cultivée de l'Afrique méridionale. Les Hottentots en étaientjadisen possession ; ilsyavaient
( 1 ) Harrow, Tr. Il, pag. 320.
(2) LicSteustein, ». H, pas 20.
HAUTE- AFRIQUE
été refoulés selon toute apparence par des peuples nomades du Plateau (1). Depuis l'établissement des Européens (1500 ans après J.-C. ). ils perdirent peu à peu toute indépendance, à l’exception de quelques races, telles que les .\amanquns , les Üammaras, les Coranas (v. ci-haut, pag. 57), cl d’autres qui se retirèrent de nouveau dans les terres élevées, d’où leurs ancêtres étaient descendus. Us abandonnèrent pour la plupart leurs moeurs et leurs usages. Plusieurs races des Hottentots de la côte, comine les Kochoquas, les Sunquas, les llessoquas, les Attaquas, les Houteniquas, que les Portugais et d’autres voyageurs postérieurs avaient connus , ont déjà entièrement disparu.
Cette côte, arrosée par les fleuves de l’intérieur, donne elle-même naissance à une quantité de rivières qui la parcourent en toussons, et souvent même la rendent impraticable (3).
Au lieu des campagnes fertiles qui, à la pente méridionale de la Haute-Asie, se prolongent au loin dans les plaines de la Chine, de l'Inde et de la Mésopotamie, l’Océan étend ici son empire jusqu'au bord du Plateau, ne laissant à sec qu’une étendue de terrain très-bornée, qui devient toujours plus étroite à mesure qu’on avance vers l’est. Encore n’èst-ce pas même une plaine horizontale avec une côte toujours égale, mais plutôt une continuation du Plateau.
1" Éclaircissement.
Baies et promontoires. ,
La côte méridionale est échancréc par une rangée île baies qui se prolongent du sud-est au nord-ouest : la baie Struys , baie Sébastien , baie Masse! , baie Pleltenberg , baie Kramme- Rivier, baie Algoa et antres; leur ressemblance entr’elles est frappante ; toutes sont formées à l’ouest par un promontoire qui s'étend dans la mer, et se continue encore sous sa surface en bancs étroits et saillans , rempart solide et inébranlable contre la puissance des vagues (3). Tous ces promontoires, depuis le plus occidental jusqu’au plus oriental, le Cap des Récifs ( Rockspoint ), forment les dernières extrémités des montagnes parallèles qui coupent la côte
(1) Lichtenstein, lm EUinograpb. itng. Arcbiv I, pag. 202. — • Vater, lm MIthrUUtcs, III, vol. 1" partie, pag 290.
(2) Barow, Tr. II, pag. 320.
(,3) Ucüteiulelu, 1, pag. 320.
r* Division, $ 6.
méridionales angles aigus; c'est ainsi que le Cap des Récifs est l'extrémité orientale de la chaîne la plus méridionale des Zwarteberge.
A l’ouest, au contraire, le plateau s’abaisse rapidement et se continue en une plaine littorale, uniforme, également large et sablonneuse, qui, comme nous l'avons vu plus haut, se prolonge sur toute la côte, depuis l'embouchure du fleuve d'Oranje jusqu'aux contrées les plus cultivées du cap de Bonne-Espérance.
Ce haut promontoire est situé ’a l’extrémité sud-ouest de la seconde terrasse, dont la bordure escarpée se prolonge en hautes et puissantes chaînes de montagnes; elle forment à leurs extrémités les deux promontoires qui bordent la Ealsc-Bay ’a l’est et à l'ouest , et séparent ainsi la terrasse littorale de l'ouest de celle de l’est.
Un seul défilé conduit h travers ces chaînes de montagnes qui s'étendent du nord au sud ; c'est le Hotlentottsch-Holland-Kloof ( le ravin holtentot-hollandais), la plus ancienne roule praticable pour les voitures; on a encore, en dernier lieu , t,1rhé de la rendre plus commode et moins dangereuse au moyen d'un nouveau chemin latéral, le Nieuwe-Kloof (nouveau ravin). Le Hottentottsch-IIolland-Kloof est, pour ainsi dire , la feule voie de communication entre les différens points de la colonie (1) ; il conduit delà terrasse ouest à la terrasse est , de la ville du Cap à Zwellendam. Les colons du Cap sont d’excellens conducteurs de chars (3) : les difficultés cl les dangers qu’ils ont à surmonter à chaque instant , leur donnent une habileté prodigieuse.
La chaîne de montagnes à l'ouest de la False- Bay forme la soi-disant péninsule du Cap ; un grand désert la sépare de la terrasse, à l’est; elle s'étend du nord au sud , et se termine au sud par le cap de Bonne-Espérance; au nord, parla montagne de la Table , la montagne du Lion et la montagne du Diable ; c’est à la base septentrionale de ces montagnes , au centre du grand demi-cercle qu'elles forment au sud, qu’est située la ville du Cap.
La montagne du Lion, dont le sommet ( la tdte du lion) s’élève , suivant Barrow , b 3,160 pieds au-dessus du niveau de la mer, se termine, au nord, par une saillie de 1,143 pieds de hauteur (/a ervupe du lion) ; elle forme ici une terrasse de 1 ,000 pieds b peu près , et est séparée de la montagne de la Table, située b l’est, par une fou-
it) B.rrow, Account 11, psg. 39.
(2) LJcXICDiIcIn, I, p* 5 48.