ROTE
ont été confirmée* par lea recherche* ultérieures , rapport» que Ira ancien# trouvaient des diamant entremêlas à l'or dans certaines localités d’Afrique (entre Tbangeb et Mèroé); mais depuis nne longue série de siècles, nul diamant n’était tenu d’Afrique, nulle mine d’or n’arait été reconnue dans la région indiquée par l’encyclopédiste latin , et ses commentateurs annotaient dédaigneusement ce passage du simple mot fabuleux; Heercn seul , de nos jours, atail eu loi dans les paroles de Pline : une découverte récente tient de les confirmer pleinement, et trois grandes collections minéralogiques possédant maintenant à Paris, des diamans recueillis dans l’État d'Alger, à Conslantine, parmi les sables aurifères que charrie le Ouêd-el-Raml on la rivière du Sable. Il y a lien de eroire que le Onéd-el-Dteheb ou la litière de l'Or, qui se joiol au Ouéd d-Raml , entre ConiUntine et la mer, doit son nom aux paillettes d’or que sans doute il roule en abondance. Doit-on penser que le nom de Ouéd-el-Fadbdbah* ou rivière de l’ Argent, donné à un cours d'eau qui descend du OuAnaschnrsch , révèle pareillement 1a présence de ce dernier métal? Nul indice ne nous permet de prononcer. La dénomination d’an lieu voisin du Ouidy-Motâb ferait présumer de même un gisement d'antimoine*
De riches mines de plomb existent danaleOiiànaacbrysch, dans les montagnes su sud de Séthyf, et dans celles de Tescba qui avoisinent Ma'skarab; mais on n'en tire qu’un médiocre parti. On a reconnu la présence du cuivre en divers points, notamment dans les montagnes de MaSkarab, dans celles de Qol, et tout près de Mebdyab* où plusieurs dons sont à découvert, sans que les indigènes aient tenté d'en profiter, bien que de tels indices puissent faire présumer une raine importante. Mais, de toutes les espèces minérales répandues dsus les montagnes d'Alger, la plu* fréquente eat le fer, sous toutes ses formes, depuis les cristaux spéculaires jusqu’à l’ocre pulvérulent; on en cite des mines puissantes dans la montagne de Ssakhar, près de Mcljinsh, et dans le Gebel-Danuy* l’une des ramifications du Ouàiiatcbryscb ; il est exploité prés de Bougie.
Entre les lignes montagneuses qui sillonnent le sn) algérien , s’étendent des vallées plus on moins évasées, plu» ou moins profondes, s’élargissant quelquefois en vastes plaines où les reliefs se perdent en ondulations insensibles; elle ou cite, su premier rang, la plaine de Métydjab , voisine d’Alger* et qui doit son nom à une ancienne ville aujourd'hui détruite et oubliée; telles les plaiues de Hhamtab et de McdjAnah, séparées l'une de l’autre par IrtGebcL Ouinougah; celles de Hslsnah, de Bsryksb, et Médar- Bény-Youtef, su versant méridional du grand Allas; vers l'ouest, celle d’Atydour, entre Orsn et Tdcmsèn; et celle de Habrsb, qui porte aussi le nom d'El-Ramliek ou la Sableuse,entre Artéoitcl Motlagblnem .
Les eaux qui parcourent ces vallées ne peuvent être considérables . tant le sommet des versans de l’Atlas est voisin de la mer. LeSchélif est le seul fleure important de ]s régence : naissant à la fois, d'une part, au Gebd-rl- A’muur, sous le nom d'EI Kbayr, d’autre part, su Onànascbrysch * sous la dénomination de Seba’yn-A’youn ou les Soixante-Dix Sources, bientôt changée en celle de Nahr- Ouastel, il se forme par !a réunion de ces deux ruisseaux, et descend, au nord-est, vers Mchdyab , en traversant le lac
de Tylbevjr; pub il tourne brusqnrment à l’ouest, reçût quelques alflurns, dont un seul fia rivière Mjnab) a quelque importance, et se jette à la mer, entre Mo»Ughinem et le Gebel-eKDys* après un cours d’environ quatre-vingts lieues géographiques. A l’onest comme à l’est. les fleuves , à partir du Sebèlif, ec succèdent dans un ordre décroissant de grandeur relative : le Séq, qui débouche prés d’Arxê. u * après a’élre réuni avec la rivière Habrah, n’s pas vingtcinq lieues de cours; le Thafniy, grossi delà rivière Eserrcb* et de tous 1rs ruisselets voisins de Telemsén, atteint la mer vis-à-vis d’Arescbkoul, à douve lieues seulement de ses •oiuces De l’autre côté, le fleuve de Bougie* que les géographes arabes s’accordent à appeler El-Ouéd-el-Kébyr nu le Grand -Fleuve (dénomination qui a été transposée sur les cartes modernes)* n’s guère plus de trente liens depuis la source la plus éloignée; celui de Conslantine, nommé Souf-el-Gemar par les Arabes, Ouêd-Kèbjr sur les cartes * et qui est formé parla réunion du Onéd-el Dteheb, ou rivière d'Or, su Ouéd-el-Raml, ou rivière de Sable, dépasse à peine vingt lieues de cours quand il tombe à la mer * entre Gygel et Qol ; celui de Bone, désigné par les géographes arabes sous le nom de Yadough, et parles modernes sous eelui de Seybous , prend aussi son origine à une vingtaine de lieues de son embouchure.
Sur le versant austral , les fleuves sont beaucoup plus considérables, mais beaucoup plus rares; le Megerdah n'appartient su territoire d’Alger que par ses deux affluent principaux, le Kbamyt ou Sagerss, et le Meskjranah, Nehr- MclAq ou Ouêd-el-$seràth. Dans la grande vallée du Ouédel-Gédy, uo premier bassin , dont le fond est occupé par un long marécage, appelé Schâtb* sert de réservoir passager aux eaux de plusieurs petites rivières, qu’il parait reverser ensuite dans le Onéd-cl-Gédy , ou rivière du ihevreau * venant des Gebél-el-A’mour ; cette rivière reçoit ultérieurement , sur sa rive gauche, plusieurs affluent qui descendent directement de l’Atlas, et dont le plus considérable est le Ouèd-Abyadh, qui prend naissance dans les tiebél-Aouràs ; le Ouéd el-Gédy se perd ensuite dans un grand marécage . appelé Metgig, auquel parait également aboutir, par le sud , le Ouéd-el-Rahhaui, qui arrive de Teqort.
Outre le Melgig et le Sclitlh* dont nous venons de parler, de nombreux marécages salés sont répandus sur le territoire algérien. Un autre Scbàtb est indiqué à environ six journées su and d’Oran* un autre encore dans le canton de Ourrqelsb , à une centaine de lieues vers le sud d’Alger. Mais le mot Sebkbsb est plus fréquemment et pin* exactement employé pour désigner ces lagunes, qu’en général l'été deaaèche , et qui se remplissent de nouveau su temps des pluies : il en existe une bien connue auprèe d'Oran, ime autre auprès d’Arxéou, plusienrsdans ls plaine de Métydjab, eus enviions d'Alger, puis à Bone, au Baslion de France , et ailleurs.
La qualité saline de ces lacs se reproduit dans un nombre très-considérable de sources* au point que , suivant 1s remarque de Drafontainca, les etux douces sont beaucoup plus rares que lea eaux salées; aussi le nom de Ouéd-el- Malrhh, c’est-à-dire rivière ouruissesn du Sel, eat-il fort commun dane toute l'étendue de la régence. Au surplus, le* gens du pays ne font pas difficulté de boire de ces eaux *
NOTE
dont quelqu^unei se dépouillent de leur goût saumAtre, eu moyen d'un simple filtrage ; lia hoir en l de mime , après le* avoir laissées refroidir, les eaux thermales , qui sont également fort multipliées, comme le révéle le fréquence du mot ühammim ibain) dans la nomenclature géographique de la comlrée; plusieurs, lellesque A’yo-elHhoni , ou le Fontaine au Poiaaon , ne aonl guère que tièdes, mais il en est beaucoup de chaudes, comme à Ûran , à Sydy- A’bdely, à Hfaammet, à Hbammim-Mellouan; et quelquesunes de brûlantes , comme à HhammAm-Néryghah et à Hbammâm-Meakoulyn : eee dernières atteignent une température de 76<> du thermomètre octogèsimal , et cuisent aisément lee viande# ; elles sont fort célèbres daosln pays à cause des figures fantastiques qu'offrent les rochers voisins, sur lesquels elles exercent une érosion fort active; les naturels croient y voir des tentes, des chevaux, des bommes, miraculeusement pétrifiée. Ces taux, imprégnées de soufre et de bitume , surgissent par de nombreuses ouvertnres sur une étendue de 1,200 pieds. Une autre source a reçu , é cause de aa qualité spécialement bitumineuse, le nom de A’yo-ei-Qetkrin , on Fontaine au Goudron. Tant de aourcea thermale* et minérales trahissent une fermentation volcanique intérieure, qui ae révéle en outre quelquefois per de violent tremblement «le terre; le dernier qui a eu lien, en 1825, avait détruit en grande partie de la ville de Hélpdah.
De l'abondance des eaux salinra , il ne faut pas -inclure cependant que les eaux douces et fraîches soient rares danB le territoire d‘Alg*r; outre celles des torrent, il suffit , pour en trouver, de creuser à une profondeur très médiocre; souvent même on l'obtient jaillissante, comme dans nos puits artésiens. Les Erouàghah, tribus qui hebiteot A l’extrémité méridionale de la régence , pratiquent , depuis un temps immémorial , le procédé du forage, dans le but de procurer une lasue ascendante é l'eau douce du Bahhr fahhi ei-Erdh, c’est-à-dire de 1a Mer souterraine; ils creusent aimai jusqu’àde * profondeurs de pin* de 80 mètre*.
Situé dans la plua chaude moitié de la tonc tempérée , maie loin encore du Iropiqne, l’étet d'Alger doit à cette heureuse position , ainsi qu’è l'élévation mon tueuse du sol, et nu voisinage de la mer, un climat extrêmement doux et salubre snr les pentes boréales de l’Atlas ; l'hiver offre nde température moyenne de 10* A 15* dn thermomètre oetogésimal ; et si , dans l'été, elle atteint de 26° A 32* , des vents fraie et des brises régal ières viennent en modérer l’ardeur. les saisons se succèdent sans ressauts t d'un bout à l’autre de l’année, Ire indications du baromètre ne varient guère que d'un poure; d’avril en octobre , le ciel est constamment por; puis viennent les pluies, qui durent jusqu’en mars ; elles sont pen fréquentes , et le nombre des jours pluvieux n’est guère qne de quarante dans l’année ; mais la quantité d’eau tombée est aboudante, et se peut évaluer à une moyenne de 76 centimètres. Les vents les plus communs sont cens du nord et du nord-oneet, les plus rare* ceux d'est et d’ouest; le vent du sud ou Sémoum, qui souffle trois on quatre (ois par mois , produit nne ohaleur accablante, mais il est rare qu'il dure pins de ringt-quatre heures.
Daas la région sablonneuse qui s'étend de l’entre côté de l'Aile», U température cat,beaueoup pins élevée; le so-
leil brûlant d’été y desséche les ruisseaux, et l'ombre des palmiers devient le tenl refuge des habitant.
La végétation eet telle qn’on la doit attendre du climat, et le littoral n’a point dégénéré de cette fertilité si fort en renom cbea les anciens : tous les fruits de l’Europe méridionale y croissent en abondance, et le raisin surtout y est d'une admirable beauté ; les nombreuses variétés d’oranges et de citrons, les amaades , les jujubes , les caroubes , les figues, les mûres rouges, les bananes, les noix, et tous nos fruits à pépin ou A noyan, remplissent I et vergers; le dattier, le pistachier, l’olivier, l’arboaaier, la vigne même et l’oranger, sont dea produits spontanés du aol. Lea plaines «l’Alydour , de llabrah, de Métydjah, donnent lea plua riches moissons de céréales; le ris se cultive dan» 1rs vallées les plus humides. Ton» nos légumes et nos herbages potagers viennent parfaitement ; l’Espagne n’a pas de plua beau i garbançoa, ni de plus délicieux melons. A ces utiles cul turcs, nos eolous ajouteront sans doute le mûrier blane, le coton, l'indigo, le café, les épioes , la canne à sucre; la précieuse vanille elle-même trouverait peut-être d'astei chauds et humides ombrages.
No» arbre» d’agrément, nos fleurs les pins belles, parent et embaument li s jardina; les montagnes mêmes sont couvertes de lanriem-roses , de grenadiers, de myrtes, de lentisquee ; en certaines parties , d’un terioir plus maigre et plua sec, ae montrent U raquette, l’agave, le sumac , les cistes, le genêt épioeux. auxquels ae mêlent l’absinthe , la sauge . la menthe, et nos autres plantes aromatiques. Les forêts sont peuplées de liège*, d'yeuses, de thuyas, de cyprès, de théribinthea ; quelques pins y sont clair -semés; des orchidées, et nombre de plantes bulbeuses, se développent loua leur abri ; la garance te rencontre fréquemment ; le bhenné, ai renommé pour la parure des femmes, est apporté en quantité au marché d’Alger. Lea endroits marécageux nourrissent beaucoup de joncs, de roseaux, et surtout une plante marine appelée hhalfA, qui parait appartenir A la famille dea algues.
L’analogie qui ae fait remarquer, dans le climat et la végétation, entre l’Europe méridionale et la régi on algérienne Gia-alUnlique, se révèle pareillement daas la régne animal ; lea différences ne deviennent tranchées que sar le rereTt ultérieur. C’est dans la grande division dea animaux invertébrés que la resscmblauoe que noua venons de signaler est surtout frappante; et la plua grande fréquence de certaines eepéers est le seul caractère distinctif A relever : ainsi , parmi Us aoophy tes, le corail des parages de Bone et l’éponge des environs d’Alger, méritent une mention particulière; parmi les insectes , U sauterelle, U punaise, la moustique, et notamment la pues, ae trouvent en quantités innombrables, la première par migrations accidentelles, heureusement peu fréquentes; les aotres à demeure fixe, et causant A l’homme une rive et Continuelle incommodité, euitout la puer, dont aucun soin ne peut garantir, et qui se rencontre par milliers dans les campagnes, aussi bien que dan* lea habitation*. L’eau des mares cou tient une multitude de petites sangsues, presque imperceptible*, qni occasionnent de douloureux accident aux personnes qni boivent celte eau sens précaution» ; les scorpion* et les tarent icul es du Zèb sont représenté* comme fort dangereux.
If OTE.
Le* poisson*, tint marins que fliiviatilea, sont les mêmes que ceux des côtes et des rivières de la Provence. Quant aux reptiles , qui sont très-communs et fort variés , nous n’avons à citer, comme spéciaux, parmi les serpens, que le tsoban , qui parait devoir être rapporté au genre python; le xaryq, 'dont nous ignorons la synonymie scientifique, et le leffuhh , qui est une vipère plutôt qu’un dypsas; encore faut-il observer qu'ils appartiennent tous trois plus particulièrement à la région du sud; les crapauds sont remarquables par leur taille ; les lézards sont fort multipliés, et le caméléon se renconlretrès-iréquemment. Quant aux chéloniens , sans parler de ceux que la Méditerranée apporte sur les côtes, les tortues de terre et celles d’eau douce sont extrêmement nombreuses : ces dernières paraissent former une espèce particulière. Les oiseaux sont à peu près ceux d’Europe ; l’outarde kkobûrày ne se retrouve toutefois qu’eo Espagoe,etleganga kaltah est pareillement peu commun en dêçà de la Méditerranée ; la pintade est, comme on sait, originaire de la Numidie, et a'y trouve en abondance, surtout auprès de Constantine; l’autruche ne se montre que dans le désert; les poules, pintades et paons, remplissent les basses-cours; les pigeons bisets peuplent le» colombiers.
Quant aux mammifères , nous avons à citer, parmi les carnassiers, le lion do l’Atlas , la redoutable panthère, l’once, le lynx, le caracal, le serval, la hyène, le loup, le chacal, le renard, la geaette, Tichnenmon, et même l’ours, dont Cuvier révoquait en doute l'existence en Afrique, et qui du moins y parait être extrêmement rare; parmi les rongeurs, les rats, la gerboise, le porc-épic, les lièvres, tous fort nombreux ; parmi les singes, des guenons et des babouins; entre les pachydermes non ruminans , le sanglier; enfin, parmi les ruminans, les antilopes ou gazelles, et le beqr el-Ovahhasch , qui paraît être le bubale. Les animaux domestiques sont le cheval, l’âne, le mulet, le chameau, le heyry, ou dromadaire, le bœuf, le mouton et la chèvre; Shair parle d’un produit hybride du baudet et de la vache, désigné sous le nom de kumrah , et employé comme béte de somme : le capitaine Roxet n’a pu en retrouver dans le pays aucune trace, ni même aucun souvenir. Le chat et le chien ont aussi leur place dans la demeure de l’Arabe ; mais le dernier n’y est reçu que comme un hôte dédaigné, et il montre, en retour, peu d'attachement à l’homme.
C'e»t choae généralement répétée, et admise, que l’ètat d'Alger est habité par sept variétés distinctra de l’espèce humaine, saroir : des Berhers, des Maures, des Nègres, des Arabes, des Juifs, des Turcs et des Koulouglis. On pourrait dire , avec pins de justesse , que la population algérienne est partagée en sept classes , dont la première comprend, sous le nom de Qobàyl , c’est-à-dire le» tribu» , ou sous celui de Beriber, forme plurielle d cBerber, non une race spéciale ot bien caractérisée, mais la masse de tons les habitana anciens que les dominateur* romains et byzantins appelaient Barbares, aggrègalion plus on moins intime de nombreux débris, tant des deux grandes touches réputées autochtones, les Libyens et les Gélules, que des immigrations successives des Mèdes, Arméniens et Perses, mentionnée* par Sallutle, sur l’autorité des livres de Hirntta), dea Arabes kouschyles , amaléqy Les et quahhtbàoytes,
des Tyriens et des Pale» lin*, de Tandales et des Gotha , et de bien d’autres élémena effacés ou inaperçus. Quant à In seconde classe, il est à remarquer que la dénomination de Maures, que lui appliquent les Européens, est absolument inconnue aux indigènes , à moins qu’on ne la considère comme la simple traduction du mot maghrèbyn , qui désigne indistinctement tous les Musulmans d’Occident, et, dans le sens le plus restreint , tons les Arabes d’Afrique ; les Européens cependant assignent à ce mot une autre portée, et l'emploient à désigner les habitana des villes , se persuadant qu’ils représentent la nation que le* Latins et les Grecs appelaient Maures et Manrutiens, nation constituée, au dire de Sallusle, parle mélange des Libyens et dea Mèdes , et composée, suivant Procope , de* Kana’néens de la Palestine, chassés de leur terre natale par la conquête de Josué ; cette dernière généalogie traditionnelle appartient à des tribus berbères; l’autre n’est attribuée, par Salluste, qu'aux peuples à l'ouest du Malouyab ; et quand nous avons demandé nous-mème à l'un de ces citadins, appelés Maures psr les gens d’Europe, quelle était aa race, quelle était sa tribu, il nous a répondu par les mots d'Arabe et d" Andalou». Il n’est plus douteux aujourd’hui que la dénomination de Maure* ne désigne en effet exclusivement les Arabes des villes, parmi lesquels tiennent le premier rang les nobles débris des conquérant de l’Espagne, expulsés d'Europe par les victoires et le fanatisme des dynasties chrétiennes. Le* nègres, appelés psr les blancs indigènes Soudan ou noirs, et A'byd ou esclaves , forment uneclasseà part, on peutdire aussi une race distincte, ou du moins une agrégation de gens appartenant tous à l’une des grandes divisions ethnographiques du genre humain. Le nom d’Arabes, restreint par les Européens aux nomades babitans des tentes, est justement ainsi applique aux tribus arabes les moins mélangées, qui constituent en effet une classe, mais non une race distincte, désignée par l’épithète de Bèdàouy , c'est-à-dire Bédouins, nomades, également donnée aux Berbers. La classe des juifs , »l- YehoutL, est composée de tous ceux qui professent le culte mosaïque, et c’est encore un préjugé européen, que de les supposer tous sortis des Palestins, déplacés par les expéditions de Vcspasien et de Titus ; les historiens arabe* ne laissent point ignorer qu'au septième et huitième siècles, la plupart des Berbera et des Arabea d'Afrique professaient la judaïsme, et que la prédication musulmane fut loin d’e- Itérer une conversion universelle ; c’est en tenant compte de ce fait historique, qu’on peut comprendre comment 1rs Juifs forment aujourd’hui à eux seuls un tiers de la population totale d’Alger, et plus dea quatre cinquièmes de celle d’Oran. Quant aux Turcs algériens , ce serait une préoccupation singulière que de les croire de race homogène, et tous véritables Osmaniys; car ce n'est qu’un ramas de gens de toute sorte et de toute origine, Tores, Grecs , Circassiens, Albanais, Corses, Maltais, rt renégats des autres contrées de l’Europe, réunis pour composer une association de piraterie au dehors , de brigandage et d’oppression au dedans , reconnaissant 1a aouveraineté des Turcs, et parlant leur laogage, se perpétuant par la cohabitation avec des esclaves chrétiennes, et formant une oudjak ou milice privilégiée, comme étaient Ica mamlouks d'Egypte et les jamsiaires de Constantinople. La poalc-