BORD MÉRIDIONAL , LA CÔTE
drièrc de 1,500 pieds de profondeur (2,000 pieds plus bas que la Table). La montagne de la Table lire son nom de la grande surface plane et horizontale (d'une demi-lieue de long et de 3,000 pieds de large) qui courre sa cime; Barrow en eralue la hauteur à 3,582 pieds, Bailly h 3,072 pieds (1). De semblables plateaux , également séparés par de profonds ravins, prolongent la chaîne vers le sud. La montagne du Diable a 3,315 pieds de haut.
La chaîne de montagnes à l'est de la Fatse-Bay présente à peu près les mêmes formes ; elle renferme une large et haute vallée, il travers laquelle le fleuve des Palmes prend son cours pendant les mois pluvieux , en se dirigeant vers le sud ; elle est traversée par le Hottentottsch-HoIland-klooF, qui s’élève à 2,000 pieds au-dessus de la mer (2), et offre la vue la plus pittoresque sur la Table- Bay et la False-Bay. Cette chaîne de montagnes se termine au sud par le False-Cap , appelé ainsi parce que les vaisseaux qui reviennent de l’Océan indien n'aperçoivent d’abord, en doublant le cap des Aiguilles (cap Aguthas ) , que ce cap moins élevé; or comme il se trouve dans la même direction que le cap de Bonne-Ëspérance, souvent on l’a confondu avec ce dernier (5).
La plaine de sable qui unit entr’elles les deux chaînes est parfaitement plane , entre les deux caps ; mais au nord , il s’en élève plusieurs montagnes de grès isolées, parmi lesquelles nous distinguons les montagnes du Piquet (4), h 20 milles géographiques de la ville du Cap; on leur a donné ce nom parce qu’elles forment , pour ainsi dire , l’avant-poste des grandes montagnes cohérentes. Les montagnesdu Piquet courent du fi. au S. parallèlement avec la chaîne de montagnes septentrionale; leur plus haute cime est fortement crénelée et équarric des deux côtés. Quelques colonnes gigantesques, entremêlées de quartz et de filons ferrugineux du bas en haut, et par là moins sujettes à s’efflcurir, nous font supposer que jadis elles étaient toutes adhérentes entr’elles. A les voir, on dirait des monumensélevés parla main des hommes, des tours, des pyramides, des colonnes. F.lles s’étendent au delà de trois journées de marche, au nord , vers le fleuve des
(1 ) Birrow, Tr. I, P»S. 84. — Bailly, Sans Rllbcrt, Vo y. pUtoresque, II, pas. 374.
(2) Barrow, II, pag. 43.
(3) Ilcbtooiteln, a. II, pag. 173.
(4) LicMrntirio, «■ I, P»g 88. — Barrow, Account or, Tr. I, pag 371.
F.lépbans , et même jusqu’à l’endroit où la chaîne du Piquet s'unit aux plaines de sable supérieures. Cette prolongation présente, le long de toute la chaîne limitrophe de l’ouest, une immense rangée de sommités à formes analogues, semblables à celles qui surgissent des plaines de sable, au nord du fleuve des Eléphans (1) (voy. V 5., éclaire. 1).
2’ Éclaircissement.
Aperçu geognostique et hydrographique.
Il ne sera pas inutile de résumer ici, sous quelques points de vue généraux , les faits remarquables qui pourront jeter quelque jour sur la structure de cette partie de la Haute-Afrique. Nous espérons que les Anglais, maintenant en possession de la colonie du Cap , ne tarderont pas à nous donner des renscigneinens plus détaillés et plus exacts, que ceux que nous possédons jusqu'à présent.
A. Aperçu gdogttosliquc.
« L’extrémité de l’Afrique méridionale, a dit » Forstcr , (2), est une haute montagne de gra- » nit primitif, très-escarpée du côté de la mer. » La table est aussi un bloc de granit primitif, h qui s'élève à quelques mille pieds au-dessus n de la mer. Le long de toute la côte occidentale » de l'Afrique, jusqu'à la côte de la Guinée, s'é- » tendent des chaînes de montagnes de granit, » qui s'élèvent quelquefois jusqu'à la ligne des » neiges. »
Cette hypothèse du savant voyageur s’est confirmée, sinon en tous points, du moins en grande partie; les montagnes de Chamies (5), les montagnes du Bokkeveld froid (4) sont en effet de granit. La base de la Table et desmontagnes situées entrellottentotsch-lIollands-Kloof et Fransche-Hoek , est de granit (3) , et les promontoirs des baies sur la côte méridionale ont tous du granit pour base (6).
(1) Barrow, Acc. of Tr. Il, pag. 373.
(2) J. B. forslcr, Beobachlungen untl WahrbeUeu fur Enlwerrung elner neuf a Théorie der ErUc. Lelpx. 1798. pag. 29.
(3) Barrow, Tr. I, pag. 384,
(4) Lichtenstein, R. I, 205.
(6) Labillardièrc , Voy. i la recherche de La Peyrouse y 4°, lom. 1, pag. 82 et 95.
(8) Lichtenstein et Barrow, Ibid.
Mais les voyageurs n’ont encore découvert de masses primitives, sur aucune hauteur considérable du plateau intérieur. Ces rochers mêmes ou aiguilles isolés , qui surgissent partout des masses plus récentes et qui, dit-on, se composent de masses primitives, ne se trouvent qu'à la bordure extérieure, près «le la côte. Les sommets de ces rochers ou aiguilles sont partout couverts d'énormes rochers stratiformes et horizontales , qui se composent quelquefois d'argile schisteuse, comme dans les Karrous, quelquefois aussi d’amygdaloïdes , comme dans les montagnes de Nieuwevcld, où les amygdales sont entremêlées de chlorit et où toute l'agglomération ressemble au toadstone de Derbyshire (I). Cependant le plus souvent, et tous les observateurs s’accordent à le dire, ce sont d'énormes masses de grès. Les montagnes même de Kourbouman, dans le pays des Beetjuanes , sont de grès, ainsi que les plus hautes couches des Karrous; la couche supérieure des montagnes de Neige n’est autre chose que du grès à gros grains (2).
La masse de granit de la table s'élève jusqu'aux deux tiers de la hauteur ; ce qui est audessus se compose de couches horizontales et parallèles de grès quartzeux (3).
Près de Fransche-Hoek, les montagnes «1e granit de la chaîne de llottentotsch-Uolland sont couvertes de couches de grès (4), qui paraissent être tantôt du vrai grès, tantôt un agglomérat de cailloux, tantôt enfin de la brèche (3). Os couches sont pour la plupart horizontales; en quelipies endroits, elles s'inclinent en angles de 20“ à 40“ vers le sud-est, par exemple à lloodezand (6) et près du Pikenierskloof (7) où «i’immenses masses de grès entassées par la nature, s'inclinent du nord au sud, la plupart en couches régulières et parallèles.
Os couches horizontales et continues, quoiqu’étendues sur un espace immense, constituent la forme caractéristique des tables. Les tables, qu’on rencontre dans beaucoup de parties de l'Afrique, prédominent surtout au midi. Mais là, où les coupures n’ont laissé de ces couches
(1) Harrow, Tr. I, pag. 101.
(2) Llcblensteln, B. Il, pas. 558, 473.
(3) Bailly, dana Hilbert. V07. piltorejquel flic de France. Farta, 1812. T. Il, pas. 374.
(4) labitlardltre, Ibid.
(fi) Barrow, Tr. I, pas. 30.
(8) Barrow Tr. I. 71 «I 73.
(7) Uebtoisteln, B. I, pas. 114.
que de petites masses de dimensions égales , on remarque très-souvent les formes de colonne et de tour, par exemple, dans les Schornsteenberge (montagnes de cheminée), les montagnes de Pramme, etc. Ces deux formes sont coupées à pic de tous côtés; leurs décombres ont partout changé les plaines en déserts.
La base de granit de toute cette partie de l'Afrique méridionale (I) indique une pente considérable vers l’est. La limite de granit qu'on trouve à la Table, à la hauteur, de 1,300 pieds (2) (d’après Barrow de 300 pieds) au-dessus de la mer, (suivant d'autres à deux tiers de la hauteur), n’est élevée à la Mosselbay , que de 30 pieds au-dessus du niveau de la mer. Plus à l'est, depuis la baie de l'Ietlenberg et- d'Algoa jusqu’au grand fleuve des Poissons (3) (Croate Viseftririer) , nous voyons se prolonger dans la mer, les mêmes couches degrés, qui paraissent prés de la ville du Cap, à la hauteur de 2,200 pieds.
REUABQCE.
Gril tant or, mait mélangé de fer.
Noos ferons observer, eu passant , que le sable de l'Afrique méridionale contient partout do fer, et souvent même eo grande quantité ; il est pour la plupart rouge , couleur qui lui vient de l'oxide de fer. Mais on n’ja encore trouvé aucune trace d’or (4) et c'est en quoi la pente méridionale de la Hautiy- Afrique se distingue de la pente septentrionale.
B. Lu presqu'île du Cap.
Jusqu'à présent la presqu'île du Cap a seule pu être examinée de plus près, dans ses rapports géognostiques, car elle s’élève de touscôtés en parois escarpées, et sescouches au nord, vers la baie de la Table, et au sud vers la False-Bay, sont pour la plupart à découvert. Bien que De formant que l'extrémité isolée du sud-ouest de l'Afrique, sou sol nous offre cependant en petit, une image du grand tout et doit par conséquent être pour nous d’un haut et general intérêt. En partant de la plage de la Table-Baie et du vaste amphithéâtre au milieu duipiel est située la ville du cap, on arrive à la Table , à travers un ravin
(I) Ucbteoitcln, B. I, pas. 137.
12) Barrow, Tr. I, pag. 38.
(3) Barrow, Tr. I, pa(. 187.
(4) Barrow, Tr. Il, pas. 227.