CÔTE DE SOFALA ET DE MOZAMBIQUE
Du cap Corrienles au cap Delgado. du 26" au 10° de latitude S., la cûte forme un littoral très-saillant à l'est , niais qu'on a cependant l’habitude d’étendre trop dans celle direction, comme nous le voyons sur les meilleures cartes portugaises (3). L’intérieur de ce littoral a été visité par les Européens jusqu'à 100 milles géographiques de Sofala, entre le 20* et le 41» de la-
(1) A. Hainiliou , ftcw Account, pag. 0.
(2) w. Wbite , Journal , pag. 61.
(3) Yoy. la carie : Flve Desrees of tho coul from notant* bique tofîape Delgado lal«t do wu. front à porttiguete H. S. Map, dans H. Sali , Voyage to Abyulnla. Lond. 1814 , 4"\
UALTE-AFBNJtE : II» DIVISION, $ 8.
ti tuile S. (1}- Au-dessus de plusieurs chaînes de montagnes parallèles , du sud-ouest au nord-est, s'élève une terrasse vers l’intérieur de l'Afrique, dont la chaîne la plus occidentale (vraisemblablement la pente orientale du haut plateau) , s’étend entre le 47* et 48” de longitude K. de l'ilc de fer (2). D'Anville le premier a représenté cette terrasse , dans sa première carte critique de l'Ethiopie orientale , publiée en 1727 ; toutes celles qui ont paru depuis n'en sont que des copies plus ou moins faussement augmentées. A l'ouest de cette terrasse , se trouvent probablement des hautes plaines très-fertiles, habitées par des peuples pasteurs et qui furent, dans les siècles précédens, le théâtre des expéditions désastreuses des Ilschaggas. L’histoire moderne ne nous dit plus rien de ces brigandages, ïi moins que les attaques des Galla contre le Habesch , ne soient une continuation de ces invasions dans le nord, supposition que plusieurs phénomènes rendent en quelque façon vraisemblable , entr’autres la direction du plateau et de ses principales vallées , d’après un axe longitudinal , du sud-ouest au nord-est (voyez plus bas les Galla). Tout ce que nous savons jusqu'à présent de cette terrasse, se lie étroitement à l'histoire et à la connaissance du cours du Zambeze qui prend son origine dans l'intérieur du plateau d'Afrique. C’est le long des rivages de ce fleuve que les Portugais s'avancèrent jusqu'à la terrasse, à la lin du XV* et au commencement du XVI* siècle.
1" Éclaircissement.
Première terrasse. — Les sources du Zambeze et la haute plaine de Chicowa.
Suivant Icsnarrationsdesindigènesque d’ Anville a comparées . un lac étroit , de 20 à 30 pieds de profondeur seulement, s’étend dans l'intérieur de l'Afrique sous b même latitude que la côte septentrionale de Mozambique, du nord au sud. Une infinité d'iles couvrent sa surface; c'est à vrai dire une mer Arale Africaine ou un marais, où s'accumulent les eaux des pluies. Il s'appelle Morati au sud, Zambrc ou Zembére (3)
(1) J. de Barros, do» feclotqoe os Portugeuscs ftieram no descobrimcnto y conquis!» do» marcs 7 (erras do Oriente. Fnboa A. 1552, fol. 1. Dec. I, L. IX et X.
(2) V07. d' An ville, dans Legrand , Relation du P. J. Lobo.
(3) DWnvülc , Etbfop.
au nord. Nous ne déciderons pas si ce nom est le même que celui du fleuve, ou si c'est leur ressemblance qui les a fait confondre, ou enfin, si Zambere est une appellation commune à la fois au lac et au fleuve, comme le Bahr des Arabes.
Selon de Barros (1) , le plus grand lac de l'Afrique est situé dansl'intérieurdu pays, àl'ouest de Sofala (par conséquent au sud de la côte de Mozambique); cet auteur en faitdérivcr, comme Ptolémée et les géographes arabes, le Nil, le Zaïre et tous les fleuves de Sofala , sans cependant le nommer; il se contente de dire qu’il tient ces renscignemens de Congo et de Sofala , et les rattache ensuite aux récits de Ptolémée sur les sources du Nil et au Bahrsena des Ethiopiens (c'est-à-dire au lac Tzana ou llembea , dans le Habesch). De Barros rapporte en outre que le fleuve qui sort de ce lac et se dirige vers Sofala, se sépare en deux bras, dont l’un, celui qui se dirige sur Da Lagoa et qui ;iortait autrefois le même nom , s'appelle maintenant Spirito Santo , et l’autre, à 103 legoas de Sofala (vers le nord), est le Cuama , qu’on appelle Zembére, dans l'intérieur du pays. Le Zembére a beaucoup plus d'eau que le Spirito Santo : il est navigable jusqu'à 230 logeas (220 milles géographiques) de la côte. Il reçoit les eaux de six grands fleuves; du Panhamas, du Luanguo, de l'Arruga Manjovo, de l'Inadire et du Buenia; tous ces fleuves appartiennent au domaine des souverains de Benomolapaau Monomotapa; tous contiennent de l’or ; c'est entre le Cuama ou Zembére et le Spirito-Santo, qu’est situé comme une Ile (à peu près comme la Guiane , dans l'Amérique méridionale), le pays de Sofala , sur une circonférence de 730 legoas , ou 360 milles géographiques.
Le même fleuve auquel les Portugais donnèrent le nom de Zembére , est maintenant appelé par les géographes modernes, Zembeze. Les Portugais le prirent d'abord pour le lac de Ptolémée, d’où sortent le Nil et beaucoup d'autres fleuves ; ils crurent voir, dans les montagnes qui l'entourent, les montagnes de la Lune des anciens. A. Battel (2), le premier, a contredit cette hypothèse; cet auteur soutient que non-seulement le grand lac est beaucoup plus à l’ouest, mais qu'il est encore séparé des montagnes de l'est , par une immense plaine , où se trouvent les
(1) De Barros I. L. IX c. 7 , fol. 118. a.
(2) Andr. Baticl , dans Pure bas , Pilgrlra. T, II, p. 1021