BORD ORIENTAL, 80F ALA , MOZAMBIQUE
*ou rocs du grand fleure Magnice qui coule à l’eat (sans doute le Zambtze ou un de ses bras).
Suivant des renseignemens plus exacts (1), les sources de ce lac sont si avant dans l’intérieur, qne jusqu'il présent on n'a pas encore pu les découvrir; le Zambeze, qui tire son nom d'un peuple eaffre, est navigable dans le pays de Chikovva ; nous ne savons pas depuis quel point; en tout cas, il ne l’est à l'est, que jusqu’il la grande cataracte de Cbicoronga, dans le royaume de Sacoumba , où la rapidité de son cours le ferme à toute navigation , sur une étendue de dix-huit milles géographiques ( 20 legoas). Les rochers à travers lesquels il se fraye sa route , forment sans doute la pente orientale de la première haute terrasse de la Haute-Afrique.
Cette pente de la liante terrasse porte le nom de Plaine d’argent de Chicmca (2); elle contient aussi d'abondantes mines de cuivre et de fer, métaux que , dés les temps les plus anciens, les Caffres travaillent avec beaucoup d'habileté. Déjà Sasoudi , 967 ans après J. C. , rapporte que ces peuples savent faire de leur fer un acier des plus durs , dont ils fabriquent des épées et des armes excellentes. Ils en font, dit-il, un commerce direct avec les marchands des Indes qui les achètent pour armer leurs côtes (3). François Bareto (i), voulant s’emparer des mines d’argent de ces peuples , entreprit , sous le règne de Sébastien l»1 * 3 4 , roi de Portugal, une expédition sur le fleuve Zambeze , à travers le Monomotapa ; mais il ne put les découvrir , tous 1rs Caffres s’étant réfugiés dans les montagnes, afin d’échapper à ses cruautés. Les 200 Portugais qu'il laissa dans un retranchement, sous les ordres de A. Card. D'Almcida, furent tous tués par les montagnards. On trouve encore aujourd'hui, ou du moins on trouvait alors (1540), au nord-ouest des mêmes montagnes , au-dessus des grandes cataractes de Cbicoronga , deux races caffres anthropophages, les Moumbos et les Zimbas, (sans doute les mêmes qu'on appelle aussi Houzimbas) ; ils immolaient leurs esclaves et leurs prisonniers, et les dévoraient. Les Portugais, qui entreprirent une expédition contre ces peuplades barbares, délivrèrent à Cbicoronga beaucoup de Nègres et de Négresses des-
(I) s. dos Sanctos , Xlblopia orientant , lu Purcb. Pllgr., T. Il , fol. 1514.
(Z) EdrisJ , Africa , cun laftaana , 1706, par. 100.
(3) Sait , voy. to Abyssin!*. Lood. ,1814, 4% pag, 56.
(4) nos Sa uc los Ibid. fol. 1549.
tinésàlamort. La place qui entourait la demeure du chef était pavée d'ossemens humains (1).
Dans ces mêmes montagnes , au sud-ouest de Chicowa, est situé le royaume d'Aboutoua (selon De Barros , Boutoua , dans le pays de Toroa ) , dont le roi, appelé Bourro, est vassal du Monomotapa. Ce pays abonde en mines d’or; ce sont les plus anciennement (mas antigua* ) connues dans ces contrées. Elles sont toutes situées dans les champs (em. campo) , à l'ouest du cap Corrientes et pres de grandes plaines (grandes Carnpinas), dans l’intérieur du pays (2). Les indigènes ne font ici, d'après Dos Sanctos, aucun commerce avec les Portugais; ils s’occupent presque exclusivement de leurs troupeaux, qui suffisent à leurs besoins, et ne sont pas trèsavides de l’or queproduitlesol qu'ils habitent (3). Selon De Barros , ce sont les guerres continuelles qui entravent depuis longtemps l'exploitation des mines.
Remarque.
Race t caffnt. — Le fort de Symbaoi, dont le
royaume de Boutoua. — Pauage entre Sofata et
Angola.
Noos avons déjà fait observer, plus beat , qne ces peuples pasteurs que Dos Sanctos appelle Boutoua , et qui habitent les hautes plaines riches en pâturages de la Haute-Afrique, ont, ainsi qne leurs voisins , les habiles forgerons deCblcowa, beaucoup d’analogie avec la race eaffre des Iteetjuanes, an sud de l’Afrique méridionale (4) ; comme ces derniers, ils se nourrissent de lait (nourriture que beaucoup de peuples de l'Afrique ne connaissent pas) : leur seule occupation est d'élever des troupeaux. Il paraît qu’ils ne s'étendent pas trèsloin au nord , bien qu'ici tous les indigènes qui n’ont pas encore reconnu l'Islamisme, s'appellent Caffres, dès les temps les plus anciens (3). Les Mouzimbos, qu'on a représentés dans ces dernier* temps , comme une branche des Galla, ont en tout cas dégénéré de leur origine, si tant est qu’ils soient des Caffres; leurs voisins du nord et de l’ouest, les Mohenemougis et les barbares Dscbaggas , ne ressemblent pour ainsi dire en rien à la véritable race eaffre.
(1) nos Sanctos , fol. 1651.
(2) ne Barros , Bec. , I. , L. X , c. I , fol. 118, b.
(3) nos Sanctos, fol. 1648. — Barmoal, Africa lit, p. 118
(4) Lichtenstein , uber die Ktffern I, par. 431,
(5) Be Barros , Dec. I , X. IV, c. 4, fol. 96. *
Les Mouzirabos du Zambcze (1) supérieur , reliant du S. O., furent, pour les Portugais, de dangereux et terribles ennemis. Depuis leurs invasions sur les côtes , en 1589 et 1592 , les Européens eurent contre eux do rudes combats à soutenir. En 1593 , ils atteignirent les côtes de Quiloa et pénétrèrent jusqu'à Melinde , où ils furent repoussés par une race indigène, les Mossegueios. Les Mouzimbos ne forment très-vraisemblablement qu’une seule race avec les Galla; qui, à cette époque, commencèrent leurs migrations vers le nord. Ils portent aussi le nom de Mauroucas : leur roi s’appelait alors Gallo ( Purchas , P. II, 1. IX, p. 1552); une branche des Galla, près de Magadoxo, se nomme encore aujourd’hui Maracata ; la description qu'en ont faite les Portugais, s’accorde parfaitement avec les mœurs des bordes de Galla , telles que U. Sait les connut en Abyssinie. D’après II. Lobo, les premiers Galla auraient été trouvés à Patta, en 1625, à l’époque où, du sud, ils firent leurs premières invasions dans l'Abyssinie, comme autrefois les Huns vinrent, de l’est, envahir l’Europe. Depuis ces deux siècles, ils n’ont pas encore cessé leurs migrations vers le nord.
Ce que nous savons de plus curieux sur cette contrée se rapporte aux monumens antiques qui se trouvent dans le royaume de Bouloua, et dont de Barros nous a donné une description très-exacte. Nous croyons devoir en faire mention ici , d’autant plus qu’ils serviront de point de comparaison entre l’ancienne et la nouvelle géographie.
On aperçoit au milieu de la plaine (2), dans le royaume de Bouloua , près des plus anciennes mines d’or, un fort ( fortaleza ) quadrilatéral, et très-bien construit à l’extérieur comme à l’intérieur. Les murailles, composées d’énormes pierres {marauUhose grandeza), posées l’une sur l’autre, sans ciment entre leurs assises , ont une épaisseur de vingt-cinq palmes, leur hauteur n’est pas trèsconsidérable en comparaison do leur largeur. Audessus de la porte, est une inscription que ne purent lire ni les marchands maures, ni les autres interprètes qu’on consulta : les caractères mêmes leur étaient inconnus. De semblables monumens se voient encore sur les hauteurs qui entourent le fort; ils sont également construits de grosses pierres sans ciment; on remarque entr’aulres une tour qui a plus de douze brasses de hauteur [bracas , à peu près 36 pieds); tous ces édifices s’appellent chez les indigènes Symbaoé , c’est-à-dire résidence
(lt 8. Sait, Voy. lo Abjrsiinia. tond. 1814, 4°, pag. 64. (3) De Barros, Dec. I, l. X, c. i,fol. 118, b.
(eorte) , nom qui est commun à toutes les demeures royales du Monomotapa. La surveillance en est confiée à un gardien (caide mor), pris dans la noblesse; c'est le Symbacayo , garde ou caide du Symbaoé; il est chargé de surveiller plusieurs femmes du Benomotapa, qui habitent ce palais. Les habilans, ne sachant pas écrire, n'ont pu conserver aucun document qui pùl indiquer quand et par qui tous ces édifices ont été élevés. Ils les regardent comme une œuvre du diable, parce que, disentils, les hommes ne pourraient pas en construire de pareils.
Le capitaine Vie Pegado ayant fait voir à quelques Maures les murs de la forteresse de Sofala, les fenêtres et les voûtes des édifices portugais : « le Symbaoé, répondirent-ils, est trop parfait « (limpay perfecto), pour qu'aucun autre édifice lui soit comparé » (I). Le Symbaoé est situé entre le 20° et le 21° de latitude S., à peu près à 170 legoas (128 milles géographiques), à 10. de Sofala. A l'exception de ces monumens qoi, selon l’opinion des Maure», sont très-auciens et auraient été élevés pour la défense des miues d’or, les plus anciennes du pays, on ne trouve dans toute la contrée aucune espèce de murailles , ni ancienues ni nouvelles; toutes les habitations des indigènes sont de bois (madetra).
Barros croit voir dans le Symbaoé, YAgysymba de Plolémée, et pense que, comme les ruines de Caxum, dans le pays du prêtre Jean (Axum, dans le Üabesch : voy. plus bas), il a été fondé par un ancien souverain de ce pays d’or (tracto do ouro), qui n'aurait pu le défendre.
Dos Sanctos (2) nous apprend que ces édiGccs sont les seuls monumens de toute la Caffrerie ; on nelaisse pas les Portugais parvenir sur les hauteurs de Foura, parce que. de là, on aperçoit tout le Monomotapa (situé à l’est, le long des fleuves, et formant la terrasse inférieure), ainsi que toutes les contrées d’où les babitans tirent leur or.
Battel (3) rapporte que le pays des Abouloua est situé au N. O. du Monomotapa; U s’étend, dit-il, en vastes plaines vers l’intérieur, à l'O. de la chatno de montagnes, d'où le Zambcze et le Magnica (c’est-à-dire, le Riv. de Manie a , le Laurent Marques. suivant d' An ville) , prennent leur cours versl'E. Le pays des Aboutoua traverse, dans la direction de l’E. à l'O., toute l’Afrique jusqu'à la limite orientale d'Angola, s'inclinant à l’E. vers le
(1) De Barros, Dec. I, L. X; c. I, fol. 110, a.
(2) Dot Sanctos , fol. 1640.
(3) A lia tic) , In Purcbas , Pügr. Il t 1032.
BO*D ORIENTAL, SOFALA , MOZAMB1QCE.
Monorootapa; à PO. ver» le Mssnapa (1). Il occupenit ainsi une partie des haut» step» du plateau de l'Afrique, et ce serait sur la pente orientale de ces hauts steps, au-dessous des hauteurs de Foura , qu'il faudrait placer le royaume de Houtoua avec le fameux Svmbaoé. Sur toute la côte orientale de l'Afrique, où il y a de l'or, chez les Arabes, comme chez les Maures , la reine de Saba est représentée , parles traditions de l'antiquité, comme une grande et paissante reine ; le pays de Foura étant aussi appelé Afoura, ce nom rappelle naturellement VOfir ou Ophyr des anciens, et le baoé Ht songer à un palais de cette reine de Saba qui aurait descendu le Zambèze avec sa Hotte, et emporté scs trésors en Arabie (la même histoire figorc aussi dans les fastes d' Azum).
Dos Saoctos, auteur digne de foi sons tons les rapports , nous assure qu’il existe une communication entre la pente orientale et la pente occidentale de la Uante-Afrique. Lui-méme vit à Sofala (2), où il séjourna quatre ans dans !a mission, des marchandises portugaises que les Caffres d'Aboutoua avaient transportées de la côte d'Angola, à travers l'Afrique, à Manica, où les Portugais les achetèrent de nouveau (voy. plus bas, les roules à travers la Bauto-Afrique).
2* Éclaircissement.
Deuxieme terrasse. — Terrasse de Mocarangua, Monomotapa et Manica.
Au-dessous des cataractes de Chicoronga, le Zambeze s'échappe enfin de la haute plaine de Chicowa, après avoir roulé ses eaux rapides pendant dix-huit milles géographiques, entre d’énormes lits de rochers, et formé une suite presque non interrompue de sauts et de rapides. 11 parcourt ici, dans la direction de l'est, ■me grande plaine, où il devient de nouveau navigable et continue son cours, h travers un pays fertile, non loin de la ville portugaise Tette (3), jusqu'aux montagnes de Lupata. Ces montagnes, courant du nord au sud, offrent un nouvel obstacle au fleuve qui les pénètre encore une fois, à travers des coupures escarpées, et se Fraye ainsi une route, de la terrasse moyenne aux eûtes de Sena.
Le Zambeze ou le fleuve de Sena, comme on l'appelle aujourd'hui, ne forme ici qu'une suite de sauts (comme l'Indus et le Gange, près d’At-
(1 ) Barmol , Afr. lit . pas. lté.
(B) Sus Sanctof , Stl. Or. Il , loi. 1543.
(3) Thomas , Rclse unu Lebcmbeschreibung , pac. 100.
tock et Hourdwar, le Nil près d’Eléphantine, le Rhin près de Bingen et d’Andemach , le Niger près de Bammakou). A l’aide de longues barques et d’avirons, on parvient bien h franchir ces sortes de cataractes, mais non pas sans danger. Souvent les bétimens, l’équipage et la cargaison périssent au milieu des rochers (1).
Aux deux cOtés du fleuve, les montagnes s’élèvent h plusieurs endroits en énormes masses de rochers escarpés, qui s'inclinent en saillie sur le fleuve; quelquefois aussi elles se rapprochent de si près, qu’elles ne laissent qu’un passage très-étroit à son cours.
Les Caffres appellent ces montagnes Lupata, à cause des grands rochers déchirés et escarpés qui s'étendent du nord au sud et se prolongent dans un lointain inconnu : Lupata signifie IVpine dorsale de ta terre ou le dos du monde. F.lles forment la chaîne limitrophe, du côté da la terrasse littorale. Leur prolongation au nord nous est absolument inconnue. La mission portugaise Marangue et Zimbaœ, jadis résidence des rois (Symbaoé est un nom commun à toutes les résidences de l’Afrique orientale, comme autrefois Cambalou, dans l’Asie orientale), est située sur le rivage septentrional du Zambeze, dans les vallées désertes de la terrasse moyenne. Sur le rivage méridional , cette chaîne de montagnes était habitée, en 1600, par le peuple belliqueux des Mongas qui disputèrent aux Portugais l'entrée de la terrasse moyenne. Plus au sud, cette même chaîne sépare de Manica, célèbre pays d’or, la terrasse littorale de Sofala, et est sans doute ici la même que la montagne Beth (2) dont parle Marmol.
La seconde terrasse nous est par tout représentée comme un pays très-étendu , et surtout riche en or ( tracto do Ouro)\ le climat y est des plus doux, le sol en partie aride, mais trèsfertile, près des fleuves. Toute cette terrasse est habitée par des Caffres qui parlent l’idiome Mocarangua, la plus cultivée de toutes les langues caffres (3).
A. Monomotapa ou Benomotapa , selon De Barros.
Ce nom vient peut-être du mot arabe Baturu- Motaba, qui signifie soldats , mercenaires (1),
(1) Do* Sancto* , fol. 1747.
(2) Sa r mol , Africa , T. III , pag. 113.
(3) Dot Sancto* , fol. 1550.
(4) I icbtenttein , Ober die Kaffcm Im Journal fur Ethno» graphie und Linguislik. Toi. I , pig 203.
HAITTE-AFBIQl’E : II* DIVISION , § 8.
ou d'un autre nom propre, avec la prothèse Mono, qu'on trouve devant plusieurs noms de peuple, comme, par exemple, les Mono-Emougi.
Le nom de Monomotapa ne présente qu’une idée politique; c'est moins le nom d'un pays que celui d'une domination (comme l'Ethiopie ou jadis l'empire français). Les derniers voyages sur les côtes de Mozambique ont parfaitement confirmé la vérité de cette opinion (1); il parait que cette domination était autrefois très-vaste et très-puissante (â). Les Boutouas de la haute terrasse occidentale, ainsi que les princes de la terrasse littorale, jusqu'à la mer, étaient tous tributaires du souverain du Monomotapa, connu sous le titre de Quilere. Autrefois le Monomotapa comprenait les étals de Chicanga, QuiteveetSedanda, qui en furent séparés «i 1600. Aujourd'hui la puissance du Quiteve de Monomotapa est très-limitée : il y a longtemps qu'il a cédé aux Portugais, pour un tribut annuel (3), toute la trrrasse inférieure de Sena, et il parait qu'il n’est plus en possession que de la terrasse moyenne de Mocarangua; c'est là que se trouve sa fameuse résidence, construite de bambous et entourée d'une magnifique haie de dents d’éléphans (4). Le pays de Manou (le Matou de De Barros) , province qui sans doute a donné son nom à tout l'empire et d'où l'on lire l'or le plus fin (3), est situé sur la même terrasse, ainsi que Tette, dernière possession des Portugais, autrefois la plus occidentale des missions des Jésuites. Tette est située à trente legoas, à l'ouest de la chaîne limitrophe de Lupata , au milieu d'un pays fertile et très-élevé; le climat y est tempéré et des plus salubres.
Le Monomotapa (dans l'acception restreinte), ou la terrasse moyenne, s'étend deux cents legoas en longueur et autant en largeur. On rencontre, dans ce circuit, les trois factoreries des Portugais, Luanzc, Manzouo et Massapa; chacune a une église, et la dernière un marché très-bien approvisionné. Cette terrasse contient beaucoup de traces de dépôts de sel , comme on en trouve dans la terrasse moyenne, à l’est de l'Abyssi-
(1) Sait , Vor. to Abyssin , psg. 60.
(2) Se Barras , Dec. 1 , L. I , C. 1, fol. 118. — Sait, voy. to Abyssin, pag. 60.
(3} Hamilton , isesv Account of Sait India , Edimb. 1727, pag. 8.
(4) Thomas, Reise und t rbenibe scbrclbung , pag. 110.
(5) Thomas, Ibid, pag. 130. — De Barros , Dec. I , L. X, c. 1. fol. 118, h.
nie ; elle renferme aussi beaucoup de lacs salans , de fleuves etde sources salés; mais le sel gemme y est tout à fait inconnu.
B. Matouca et Sanica.
Le Matouca (1) confine au sud, auhautMonomotapa, et comprend la contrée de Manica avec les mines d'or qui faisaient autrefois partie de l'empire du Monomotapa. Le pays est trèsmontueux, agréablement situé (graciosa ) et bien peuplé. Les montagnes élevées et rouvertes deneiges épaisses, causent un froid si violent que l'on court souvent risque d'y périr Le printemps, l'air est si pur, le ciel si serein, que plusieurs Portugais aperçurent la nouvelle lune en plein jour. L’est dans ces contrées, que ces avides Européens entreprirent en 1370 leur expédition, sous le commandement de F. Barrelo; ils ne trouvèrent, au bord des montagnes, que de vastes plaines; les collines et les rochers étaient couverts de chétives forêts (Moungodou), toutes desséchées la plus grande partie de l’année (î).
Les plaines d'or, après lesquelles soupirait leur avidité, étaient des grandes terres arides, sur lesquelles on ne trouvait de l’or que jusqu'à la profondeur de six à sept palmes. Ne pouvant remplir leurs sacs aussitôt qu'ils l'avaient espéré, ils conclurent un traité de commerce, avec le roi de Chicanga , qui les avait accueillis, et s’en retournèrent sur leurs côtes. Le pays des mines de Manica est situé à cinquante legoas à l'ouest de Sofala, son étendue est de trente legoas; les Botangas sont connus pour le peuple qui s'occupe le plus à exploiter l'or (3).
Troisième terrasse ou terrasse littorale de Sena et Sofala.
En sortant des gorges et des rapides des montagnes de Lupata, le Zambeze, devenu alors un grand fleuve, ne se contente pas d’arroser le pays plane, dans lequel il entre maintenant, il l'inonde encore chaque année, aux mois de mars et d’avril et en fait ainsi un delta des plus fertiles. Dans ces plaines, situées entre le Zambèze et le SpiritoSanto, et auxquelles De Barros donne le nom général de Sofala, il ne pleut pas
(1) De butoi , Dec. I, t. x, e. 1, foi. 118, b.
(2) Dot sancto* , fol. 1837 Xjrmol III , pig. 115.
(2) De Birroi , Dec. I, L. X , c. t.