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BORD ORIENTAL, SOFA LA , MOZAMBIQUE

dait la 3,000 combattans, qui tous étaient montés sur îles bœufs , comme encore de nos jours , les Caffres. Ces peuples faisaient aussi un commerce arec l’ivoire, le fer et l'acier. On dit que, près de là , se trouve un pays appelé I)um-a- Dum, habité par des bordes saurages (sans doute des bordes deGalla). Ce pays est situé à l'endroit où le Nil (c'est-à-dire le grand fleure, peut-être MIC Mugdasso, fleure de Magadoxo) se sépare en plusieurs bras, et d'où les saurages faisaient leurs irruptions, il y a cinq siècles , tout comme du temps des Portugais. D’après Uasoudi , ces peuples saurages jouent parmi les noirs de l'Afrique, le même rôle que les peuples Tartarcs en Asie; ils entèrent et volent tout ce qu'ils rencontrent sur leur passage.

Les Portugais arrêtèrent les progrès des Mahométans d'origine arabe, et les chassèrent du Zambeze, fleure qui conduit aux principaux marchés d'or de l'intérieur; leurs derniers débris furent indignement massacrés , en 1309. Cependant les Portugais n'inspirèrent pas aux belliqueux Africainslamème terreurque les espagnols araient inspirée aux races faibles de l'Amérique méridionale. La guerre s'alluma entre eux', et les indigènes défendirent leurs foyers arec la dernière opiniâtreté ; dès qu'ils se royaien t forcés de se retirer, ils dérastaient toutes les nouvelles plantations des étrangers, afin de se préserver eux-mêmes de la ruine. Les Portugais n’entreprirent qn’une seule expédition importante dans l'intérieur du pays , l'expédition de Chicowa , en 1370, sous le règne de Sébastien I". Us conquirent la ville de Zimbaoa , qu’ilsdctruisirent, et pénétrèrent jusqu’à Chicanga. Après des pertes considérables, ils furent forcés de se retirer , sans avoir atteint les mini s d’or de Manica , but de leur expédition. F. Barettoquicommandait l'expédition fut trop heureux de conclure un traité arec le Quileve, chef de Monomotapa, qui accorda aux Portugais l'entrée libre dans ses états, moyennant un tribut annuel de deux cents pièces de drap.

Une seconde expédition entreprise en 1600, conduisit les Portugais, pour la première fois, au delà des forêts de Lupata et jusque près des mines d'argent de Chicowa ; mais elle n’eut pas plus de résultat que la première. Les Mongas, peuple très-belliqueux , les forcèrent bientôt à se retirer à Sena. La garnison de 200 hommes qui resta à Tette sous les ordres d’Ant. Cardosa d'Almeyda , fut égorgée peu après. D'après les vocabulaires de Dos Sanctos et de Sait , la langue des Mongas parait identique avec celle des Mout-

jous de la côte, et la même que celle qui est parlée dans tout le Monomotapa (1).

Les Portugais, forcés de choisir un autre système pour se maintenir dans leurs possessions, renoncèrent à leurs conquêtes et se contentèrent d'un commerce amical arec leurs voisins , comme Taraient fait avant eux les Arabes. Depuis lors , ils n'habitèrent plus que les côtes de Mozambique , tâchant de soulever des dissentions entre les chefs des différentes races, dans l’espoir d’en tirer parti ; leurs efforts pour convertir les indigènes à la religion chrétienne, échouèrent comme leurs conquêtes. Leur influence ne se maintint que sur les côtes du Zambeze.

Le port de Quilimanee (2), à l'embouchure du Zambeze, est le principal entrepôt du commerce portugais , le long de ce fleure. Il serait dangereux de naviguer sur le Zambeze, ainsi que dans la baie de Sofala, sans pilote , à cause des énormes bancs de sable que les Tcnts du sud-est et les courans du nord y accumulent sans cesse et qui rendent ici la route de Mozambique presqu'aussi impraticable aux grands vaisseaux, que les côtes occidentales du golfe de Bengale (3). Les baleines , la terreur des navigateurs , se trouvent par troupes, dans ces écueils. Pour éviter autant que possible le danger, on renverse les marchandises des grands vaisseaux dans de petites barques, capables de remonter le fleuve. Le bras du sud, le Luabo, jadis beaucoup plus fréquenté que le bras septentrional , le ( usina , est presqu’entièrement aliandonné par les navigateurs, comme trop dangereux. Ici, comme partout sous le* tropiques, les bras du fleuve se déplacent , surtout dans la saison des pluies, et causent souvent la perte des navigateurs.

Depuis l’endroit où le fleuve se sépare en deux bras jusqu'à 1a ville de Sena , on compte 30 mille marins ; la distance de Sena à la côte qui forme le cours inférieur du fleuve est par conséquent de KO milles géographiques (217 milles anglais), espace que Ton parcourt en dix ou douze jours , lorsque la saison est favorable. La rive droite du cours inférieur est habitée par les indigènes , la gauche appartient aux l’ortugais.

Sena, située sur la rire méridionale, compte à présent 2,000 habitans; cette ville a un fort et

(1) S»ll,Vojr. to Abyis., pa*. 82.

(ï) Sait, vor- 1" Ab.. P*C- **■ (3)Sill,lbiil., inc 19.

HAÏTE-AïBlql'E : II* DI VISIO* , 5 8.

un gouverneur particulier, qui commande tous les petits établissemens sur le fleuve, et est luimême soumis au gouverneur général de Mozambique. Le principal marché est celui de Manica, à vingt journées au sud-ouest de Scna , hors du territoire portugais, qui ne s’étend qu'il une journée de Scna , danscelte direction, lise tient à Manica, chaque année, une grande foire où tous les contmerçans viennent faire l’échange de leurs marchandises. Les autres endroits de commerce, sont situés dans le domaine de petits souverains que, chaque année, il faut gagner de nouveau, par des présens. Les Portugais envoient annuellement un ambassadeur à Zimbaoé, (ville située il quarante journées de Sena et à quinze lieues à l’ouest de Sofala), déposer le tribut stipulé , au pied du trône du Quiteve , souverain du Monomolapa.

Le fort de Telle (1), également situé sur le Zambeze , est h la même distance de Sena , que cette ville l’est de la mer, c’est-à-dire à 30 legoas, mais la navigation à travers les gorges des montagnes de Lupata est bien plus pénible et plus dangereuse. Les Portugais sont maîtres , à Tette , de la rive méridionale du fleuve , mais , au nord et à l’est des montagnes de Lupata , ils ont un voisin très-dangereux, le souverain du Jambara, pays riche en ivoire;à l’ouest de Telle, se trouvent les pays des Moussangani et des Tipoui, royaumes indépendans, qui avoisinent immédiatement le territoire des Portugais.

La colonie de Tette , passe pour la possession la plus importante des Portugais dans ce pays; elle sert d’entrepôt au commerce et est souvent la résidence du gouverneur de Sena. ,1 près elle, le marché le plus fréquenté de l’intérieur, est celui de Zumbo, à trente journées de là. Les Portugais obtinrent le privilège d’y établir une petite factorerie. Le Sncumbo n’est navigable que jusqu'à Telle , à cause des cataractes ; on est obligé de faire le voyage par terre jusqu'à Chi— covv a , où l’on s'embarque sur de petits bateaux qui conduisent à Zumbo. Les eommerçans envoient delà, leurs commis dans toutes les directions, pour échanger leurs marchandises, contre l'or et l'ivoire des indigènes. Au delà de Zumbo, l'intérieur du pays nous est encore absolument inconnu (2). Les Portugais ont essayé dans ces derniers temps, de communiquer de ce point, avec leurs colonies de la côte occidentale, mais

tous leurs efforts furent sans résultat. Plusieurs voyageurs, envoyés de l’ouest dans l’intérieur, racontèrent qu’ils y avaient ru de grandes eaux arec des barques, comine celles qu'on remarque sur la côte d’Angola. Le gouverneur de Sena lit, en 1807, un voyage de quelques cents milles Anglais, sur le Zambeze, mais sans découvrir aucune communication avec l’ouest. Les indigènes lui opposèrent partout une forte résistance; et il mourut sans avoir publié ses découvertes, dont s’est emparé le gouvernement du Brésil.

Le commerce a trop peu à attendre de semblables expéditions, pour espérer que le gouvernement de Mozambique se décide à en entreprendre de nouvelles; d'ailleurs les principaux produits de la côte orientale et occidentale de la monotone Afrique se ressemblent trop et, suivant l’opinion du gouverneur de Mozambique , Don Ant. Manoel de Mallo Castro et Mendoça (1809), ils ne sauraient offrir un commerce d’échange avantageux aux Portugais; nouspensons nous, au contraire, qu'il en résulterait des avantages immenses pour les peuples. Mais la colonie portugaise est trop mal organisée dans ce moment , pour favoriser d’importantes expéditions géographiques, comme celles qu’entreprend le gouvernement britannique.

La domination des Portugais, le long du fleuve Zambeze, dans la direction de l’est à l'ouest, n’existe plus maintenant; elle ne s’est conservée, que dans la direction opposée du N. au S., sur plusieurs points de la côte. I)u temps de leur plus grande puissance, elle s’étendait, depuis l’ile Socotora au nord, jusqu'au cap Da Lagoa au sud , et comprenait Zanzebar, Quiloa et d'autres possessions littorales qui , maintenant, sont soumises à l’iman de Mascate ou aux Arabes, depuis que leur marine a regagné quelqu’influence dans les mers des Indes. Aujourd'hui la domination des Portugais comprend un espace de 13° de latitude , depuis le cap Delgado au nord jusqu’à Imhambanc au sud (I). Leur dernier établissement est un petit fort , près du cap Corrientes; les Français le prirent en 1808. mais les indigènes et les Portugais les forcèrent bientôt à l’abandonner, lmhambane, autre fort appartenant à Sofala , est pourainsi dire un comptoir des Portugais, dépôt où ils rassemblent les dents d’éléphans, que les grandes forêts de

(1) Sali, Vo y. Il, Abris., pas, 60.

(*) San, vor. lo Abrii , psg. 69, 86. (t) sali, Vor. lo Sh)u , pag. 71,

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