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BORD ORIENTAI, SOFALA , MOZAMBIQUE

Les Portugais de Mozambique tirent leurs esclaves de marchands indigènes qui les leur échangent contre du sel , des coquilles , du tabac , des draps ordinaires et quelques étoffes légères. Tour des objets de la valeur de deux dollars, les marchands indigènes achètent encoredenos jours un esclave ou une dent d'éléphant de soixante h quatre-vingts livres; de là, les bénéfices immenses que ce commerce offre encore aujourd'hui. Le nombre des malheureux esclaves qu'on transporte de Mozambique dans les différons pays, se monte encore annuellement h 4,000. Le gouvernement perçoit pour chacun d'eux un impôt de seize cruzades et demie ; longtemps les marchands d'esclaves portugais ne payèrent que la moitié , maintenant ils sont mis au même taux que les marchands étrangers. Toutes les autres marchandises ne paient aucun impôt. Le commerce avec les Indes n'a pas cessé d'étre lucratif; ü arrive encore chaque année quatre à cinq vaisseaux de Diu, llemaun, Goa, avec des draps, des étoffes de colon , du thé, etc.; tous s'eu retournent chargés d’or, d'ivoire et d'esclaves. Le commerce avec l’occident , surtout avec l’Amérique méridionale , se borne à celui des esclaves .

Nous terminerons cet aperçu général de la colonie de Mozambique, par quelques observations sur les peuples indigènes des côtes.

Il nous est parvenu de Mozambique , dans ces derniers temps , quelques renseignemens , h la vérité très-incomplets, sur deux races d’babitans indigènes de l'Afrique orientale , les Monjous et les Makouas.

Les MoxJous (1) , que les marchands d’esclaves transportent de l'intérieur de l’Afrique (mais non pas de l’ouest), dans les possessions portugaises , viennent d'un pays situé vraisemblablement au nord , à quarante-cinq journées de marche, ce qui peut faire une distance de cent a deux ceuts milles, d’après le calcul de Sait'; la caravane reste ordinairement deux ou trois mois en route. Les Monjous habitent probablement la pente méridionale des montagnes de Dyre et de Tegla, qui sont la demeure des peuples Nouba ( voy. plus bas, les sources de l’Abawi ).

Suivant les descriptions de Bruce et de Sait , les Monjous ont, dans leur stature et leur genre de vie, la plus grande analogie avec les Nouba, lis sont une des plus laides races nègres de toute l’Afrique; ils ont les pommettes saillantes, les lèvres grosses et pendantes, les cheveux

(I) fait , Voy. to Alo*’. , pas. 33.

courts , crépus et laineux , et la peau très-noire. Leurs armes qu’ils empoisonnent , sont l’arc, la flèche et une courte lance. Chaque Monjou porte toujours sur lui de quoi faire du feu ; leur appareil se compose de deux morceaux de bois noir, qu'ils savent frotter de manière h les mettre en combustion en très-peu de temps; Bruce observa absolument le même usage chez une tribu de Nouba , à Scnnaar (1). Les Monjous craignent les chevaux comme des bêtes féroces.

Les Makouas (Hakooa, d’après Sali) (2) forment la principale tribu des habitans de la côte, à l’ouest de Mozambique; iis sont répandusau nord jusqu'à Melinde, au sud jusqu’au Zambeze; on trouve aussi des rejetons de cette grande tige au sud-ouest, jusque parmi les Caffres, dans la proximité de la haute terrasse des Beetjuanes. Les Makouas ne sont pas des Caffres, comme le suppose Harrow qui dérive ce nom de Macquini, qui signifie forgeron ; ils appartiennent au contraire à la race nègre. D'après la supposition de Sait, ils font partie de cette branche éthiopique de nègres , qui s’étend au nord comme une chaîne non interrompue de peuples, jusqu'aux limites de la Nubie et de l'Abyssinie, formant la transition entre les Caffres et les peuples septentrionaux. Comme les Caffres, ils sont un peuple fort et athlétique , toujours prêt à faire des invasions sur le domaine des Portugais, contre lesquels ils nourrissent une haine implacable. Ils ont pour armes, des lances et des javelots avec des pointes empoisonnées; cependant ils commencent aussi à acheter , des Arabes et des Portugais, des mousquets et autres armes à feu. Iis s'en sont même déjà servis pour attaquer les Portugais de la péninsule de Cabaçciro , qui ne purent leur résister , qu'avec le secours d'autres races de Makouas de la côte et des troupes portugaises de Mozambique; celles-ci se composent elles-mêmes, en grande partie, de Makouas qui, vendus d’abord comme esclaves, passent ensuite dans les régitnens. Les anciennes tribus de Makouas , habitant les côtes et soumises autrefois aux Arabes, forment à présent trois petits états nègres , dans le voisinage de Mozambique; Quintangona, St.-Coul et Serecma; ilssont soumis à des chefs connus sous le titre de Sc/ieilr, et placés sous la surintendance des Portugais. Ces trois états réunis formant une armée de 9 à 10,000 hommes, sont assez puis-

(1 ) Bruce , Trar. 2, ESI. , vol. n , p*s. 3415. (S) soit, voy. lo Ai>y«i., pif. 37.

sans pour protéger les Portugais contre les attaques des Makouas de l'intérieur.

Les Makouas (1) ont, comme IcsMonjous, les lèvres grosses et pendantes, et sont généralement très-laids; les femmes ont l'épine du dos trèscourbée et le derrière saillant, semblables b peu près aux lloltentotcs. Dans l’état sauvage , les Makouas sont très-fé-oces, comme esclaves au contraire, ils sont très-soumis, fidèles et braves lorsqu'on les emploie comme soldats. Ils se passent des anneaux dans le nez , et se liment les dents de manière à les rendre aussi aigues que de grosses dents de scie, sans cependant nuire à la blancheur de l'émail ; ils se défigurent le visage par de larges et fortes incisions sur le front, le nez et le menton. Suivant Dos Sanctos, il parait que la langue des Makouas se parle dans tout l'empire du Quitevc et s'étend au nord jusqu'aux Somaulis ; leurs mots du moins s’accordent parfaitement avec le vocabulaire que Sali en a composé sur la côte de Mozambique (voir Sall.p. 62, et Appcnd, p. 1).

Côtes inconnues jusqu'au cap Guardafui et

Berbara ; Somaulis.

Malgré que les Européens aient souvent navigué sur les côtes de Zanguebar, de Melindc , de Magadoxo , le continent d’Afrique , au nord de Mozambique , nous est complètement inconnu. Tout ce qu'en indiquent les caries n’est, à l’exception de la ligne littorale, qu'une pure supposition de ceux qui les ont tracées. Les Persans et les Arabes appellent cette côte depuis le Mozambique, Zanguebur , les Maures indigènes (d’après Harrow) et les anciens géographes arabes lui donnent le nom de Zanguij. I.cs Portugais comptent 880 legoas (412 milles géographiques), de Mozambique au cap Guardafui ; ils comparent les sinuosités du rivage h la courbure d'une côte de quadrupède, et disent que tout le littoral est plane, couvert d'eaux stagnantes et d’air infect (comme la côte occidentale , dans la Guinée et le Bénin) (2). Quant à l’intérieur, il n'en est pas même question.

I,es montagnes de Lupata courent très-probablement toujours , dans la même direction , au nord-nord-est ; peut-être correspondent-elles

(I) Sait, Voy. to Abyis., psg. 40.

(!) Oc Birros, Dec. 1 , tlb. IV , o. 4 , fol. 95.

même, au nord de l’équateur, au pays d’Alpes de llabescb. La terrasse littorale devient alors probablement plus étroite elles chaînes de montagnes se rapprochent davantage de la mer; cependant , ni les anciens ni les nouveaux voyageurs qui ont navigué sur ces côtes , ne nous donnent les moindres renseignemens sur la nature du pays. Il n'est pas étonnant, que les criminels seuls soient condamnés à séjourner dans ce climat insalubre et pestilentiel ; c’est la Botany- Bay des Portugais (1).

Les Arabes nous ont appris qu’à trente journées de son embouchure, près de Melinde, le fleuve de Quiliinance (2) sort du pays des Abyssiniens; autrefois l’on rencontrait sur ses bords des caravanes de nègres de l’intérieur, qui apportaient de l’or; mais depuis longtemps les guerres ont détruit ces communications (5). Le portugais G. Fonseco ayant navigué cinq journées sur le fleuve , y trouva un pays et des montagnes fertiles.

Aujourd'hui nous savons seulement que des marchands d’esclaves se transportent de 230 à 300 milles dans l'intérieur du pays, pour y arracher les malheureux Africains à leur patrie et les transporter comme esclaves, dans les contrées de l'est (4).

Le jésuite Lobo, voulant pénétrer en Abyssinie, s'embarqua, en 1024, sur le fleuve de Jubo sous l'équateur; mais d’insurmontables obstacles (S) le forcèrent de rebrousser chemin. Ce ne furent pas les montagnes qu'ilaurait eues à traverser, qui l’emjiêchèrent de poursuivre sa route, mais les races des Galla (ou Schagga), peuples sauvages, refoulés sur les côtes et qui, ne vivant absolument que de bétail et de brigandage, parcourent sans cesse ces contrées , et y rendent toute tentative de voyage , sinon impossible , du moins très-dangereuse.

Tout près de la mer, la côte est habitée par des Maures (6), (les .Voros des Mahométans), c'est-à-dire par les tribus arabes des Emozaydi. S’étant séparées des successeurs de Mahomet et ayant formé une secte particulière, ces tribus

(1) Êi>id.tur, Colin , dam HaUr-nrun , Annal. IX , p. 304.

(2) De Earro», Alla, cd. Lliboa, 1652, Toi. I , Dec. I , c. 4, fol. 06 , b.

(3) Marmot , Africa', t. III, pag. 143.

(4) Georgr. Epbcm. Apr. 1810.

(5) Pat. H. Lobo, Relse nacb Habcssinien. Edit. de Tb. F. Ebrmano. Zurich , 1703, vol. I , pag. 86.

(0) De Barros , Dec. 1,1. IV , c. 4 , fol. 06.

BORD ORIÏRTAl, SOP.VLA , MOZAMBIQUE.

suivirent Zaidi , petit-fils d’Ali , dans ces contrées, afin d’échapper aux persécutions des autres interprètes du Coran. Suivant la chronique des rois maures de Quiloa, quecite De Barros, ils auraient été les premiers qui se seraient rendus sur cette côte orientale de l’Afrique; ils s’y établirent, s’y constituèrent et ne tardèrent pas h s’y propager. Une autre secte les suivit, celle des Irméens ( Irmaos ) , venue de Baharein , sur le golfe Persique ; elle se fixa dans les environs de Magadoxo, commença le commerce de Sofala et acquit bientôt la domination de toute cette côte orientale; cependant, au sud, ils ne se sont jamais hasardés au delà du cap Corrientes. lis ont pour voisins les Marakattes , peuple de noble et belle stature, et au nord les Machidas; plus haut, les bords de Quilimansc sont habités, selon le père I.obo , par six races de Galla.

Dans l'intérieur, au sud-ouest des Irméens, se trouve une peuplade de nègres , race paisible et industrielle qui , depuis les temps les plus reculés, a entretenu des relations avec les habitans des côtes, auxquels elle fournit de l’or, de l’argent, du cuivre, de l'ivoire et des esclaves. Battel (1) les appela, il y a quelques siècles, Mohencmuyi ; ils habitaient alors le pays situé h l’ouest de Mombaza (Mombasa) . sous l’équateur, et confinaient, au sud, h la côte de Mozambique, au nord, au pays du prêtre Jean (le llabesch), et à l'ouest, aux lacs du Nil ( Wangara et Soudan ). Leur pays, dit Marmol, est très-monlueux, trèsagréable, rempli de fruits de toute espèce et riche en or (2).

Dapper donne h ce peuple paisible et commerçant, le nom de Niemiemag» (3) ; ils sont , dit-il , depuis longtemps en rapport de commerce avec leurs voisins de l’ouest , les Anzikokos, et établissent ainsi une seconde communication entre la côte orientale et la côte occidentale, et avec l'intérieur du Soudan. Nous regrettons que les temps modernes ne nous en aient pas appris davantage sur ce peuple intéressant.

D’après les derniers renseignemens, recueillis sur les côtes, entre Babelmandeh et le cap Félix, il parait que leurs communications paisibles s’étendent aussi au loin, au nord-est, et même jusque dans le pays des Somaulis (4), peuple

(I) tatlel , In Vurchai, Pllgr. , Il , roi. 1031 .

(8) Xarmol , strie» , tom. III , pi;. 142.

(3) Didier, Africa, rlansLobo, edlt. de Ehrinann U, ms- SS.

(4) VilenUa, Travcl», t. Il , pi*. 375.

commerçant et civilisé. Les Somaulis habitant une étendue de pays assez éloignée des côtes , font, au moyen de leurs caravanes, un commerce continuel et très-important avec l’intérieur de l'Afrique; ils tirent comme la côte de Guinée, toutes leurs productions du Soudan. Ce n’est donc pas la faute de la nature, si ces régions intérieures sont demeurées pour les Européens une terre inconnue; l’entrée n’en est défendue ni par des montagnes inaccessibles , ni par des déserts, ni parla férocitédeses habitans. II faut attribuer le peu de connaissance que nous avons de ce haut plateau , probablement très-peuplé , au peu d’intérêt que prennent aux progrès de la géographie, les Européens avides d’or qui ont abordé surces côtes, h leur conduite perfide envers les possesseurs légitimes, les enfans du sol, qui , après avoir accueilli d’abord les étrangers avec hospitalité (1) en ont toujours été traités avec ingratitude , et souvent même chassés à main armée de leurs foyers.

La terrasse littorale, depuis Magadoxo jusqu'au cap Gitardafui ( garde à tous, nom que Bruce, par des raisons étymologiques, a voulu changer en Guardofan , qui signifie ta route de l'enterrement (2), ou jusqu'à Fellis ( mont Félix), montagne saillante située sur la hauteur du Cap, est maintenant, dans une étendue de plus de lOOmilles géographiques, un désert aride mi l’on ne trouve que çà et là quelques habitalions (3). Tous les voyageurs, anciens et modernes, qui ont longé cette côte, l'appellent un désert aride et inhabité (4). De Barros lui-même ne parle pas de ce pays ; il ne nous rapporte rien non plusdu cap Guardafui qu'il seconlente d’appeler le cap Aromala de l'toléméo; cependant l’Ile de Socotora, non loin de là, fut souvent le quartier d’hiver des flottes portugaises (K) qui y cherchaient un abri contre les vents du nord , très-dangereux dans ces parages.

Les dernières observations faites surces côtes, n’ont presque rien ajouté aux renseignemens que nous possédons depuis longtemps. Les dangers des côtes empêchent les vaisseaux d'y séjourner longtemps ; on ne peut y naviguer que pendant les moussons du nord-est ou du sudouest. II est très-dangereux , pour ne pas dire

(1 ) valent!» , Travela, t. II , pag. 378.

(2) Brute , Travcl», 1. 1 , pag. 489.

(3) Gosselin , tlans Breduvv , pag. 310.

(4) Do» Sanclus , lis >8 — Lolro, Ibid., I, pag. 75.

(5) De Barros, Dec. Il, 1. 1 , c. IV , toi. 6.

impossible , de naviguer contre ces vents, soit qu'on veuille entrer par la route <le Mozambique dans le golfe Arabique , ou aller d'Aden au eapde Bonne-Espérance. L'Amiral Hlankett entreprit ce trajet en 1798. Sa Hotte, qui mit à la voile aux Iles Comores, le 11 novembre, n'arriva au rap Guardafui , que le 8 avril 1799, après avoir lutté continuellement contre les vents alises du nord-est; le temps qu'il mit à louvoyer et tous les détours qu'il fit en croisant de tous côtés, équivalent bien b une traversée de 3,600 milles géographiques (18,0j9 milles anglais), ou îi peu près à un voyage autour du monde (voy. Capl. Hisscl, Voy. To the Rcad Sea). F.n juillet 1810, il fut de même impossible au vaisseau de Sait, d'allrr du cap Guardafui au eapde Bonne- Espérance ; ne pouvant longer les côtes , à cause du vent, il se vit forcé de faire voile sur Bombay (traversée qu'il fit en sept jours avec le mousson sud-ouest), d'où il put enfin prendre sa direction vers l'extrémité méridionale de l’Afrique (1). Notre peu de connaissance de cette côte orientale, s'explique ainsi très-naturellement, attendu qu'elle n'offre nulle part une rade convenable pour y séjourner. Tout ce que nous en apprendrons ne sera, parconséquent, que trèshy pothelique , et ne pourra toujours reposer que sur des traditions.

Depuis le cap Delgado jusqu'il Brava et Magailoxo (Beraioa et ISugdatho chez les Arabes), s'étend la longue et profonde baie de Zanzebar (Zanguebar), d'où s’élève , immédiatement avant la côte , les grandes Iles littorales Motlfia , Zanzebar, l’emba. Ces lies ti’élanl encore que peu connues, nous n'en dirons que peu de mots.

Monfia est absolument inconnue. L’ile de Zaxzebar (2) a une étendue de huit milles géographiques en longueur et de trois en largeur; elle se distingue par un excellent port h l'ouest de la ville , où les plus grands navires peuvent restera l’ancre une grande partie de l'année; le courant rend l'abordage difficile , mais la marée qui monte jusqu'à douze pieds , lui est très-favorable. La côte orientale est rapide, couverte de forêts et peu élevée. Les vents de mer parcourent toute l'Ile et y rendent ainsi le climat salubre , malgré le voisinage de l’équateur. L’ilc est habitée par des mahométans, sous la domination d'un cheik, qui reconnaît pour souverain l'iman de Maskatc. L’impôt que ce der-

nier prélève dans celte lie, se monta , en 1807 , à 40,000 dollars. On y fait un commerce considérable avec les lies de France , de Madagascar e* les côtes arabiques; les principaux articles d’exportation sont, du vitriol, 'de l'antimoine, de la gomme, de l’ivoire et des esclaves; on y importe des draps indiens , des métaux travaillés et des armes. On trouve à Zanzebar de très-lionne eau, beaucoup de forêts et d'cxcellenspèturages; file est généralement bien cultivée : la principale nourriture des habitons est, comme chez tous les Arabes, le riz. Pehba, la troisième Ile, est basse , plus petite encore que Zanzebar et plus boisée ; il paraltqueles Anglais la regardent comme une possession très-importante pour leurs vaisseaux.

Vue de la nter, toute la côte africaine de celte profonde baie, parait de hauteur moyenne, aride, sablonneuse et sans sommités. Brava est situé, d’après lecapitaiucBisscl,à son extrémité septentrionale, 1° 12' latitude N.(l). La pointe de Doaro, au nord de Magadoxo, présente une saillie en formed'ileà l’est; de ce point (1° 153’ 30", latitude sud, et 19° longitude F., de Gr.) la côte prrnd une direction plus septentrionale; au rap Bassas elle s'élève un peu davantage, mais en conservant toujours sa même apparence unie, jusqu'au cap llelaqua, où elle augmente considérablement en hauteur (10° 13’ 30" latitude N.). Au nord de ce cap, on voit s’élever dans la mer, comme d'énormes montagnes, les deux extrémités les plus orientales de l'Afrique, le cap d'Orfui (le Hafoun des indigènes,10° 30' 30" latitude N. et 31° 12'longitude E. de Gr.) et le cap Guardafui (11° 30’ latitude N. et 31° 22' longitude E. de Gr. ). Dans une tempête en 1020 , la baie profonde entre le cap Bassas et le cap Delaqua , servit d'asile à l'amiral Beaulieu; l'aiguille aimantée marquait 17 2/3 d'ouest, au 10° 1' latitude N.; ce qui fait une dilférence de 13° à l’O. ,avcc ce que Sait observa un siècle plus tard. Cette même baieest maintenant habitée par la tribu des Jlfijertnyne Somaulis (2); leur chef appelé sultan , en défend l’entrée aux Arabes de Maskatc qui .comme autrefois les Portugais, cherchent maintenant à étendre leur domination le long de ces rivages africains.

Le cap Guardafui , avec son plateau élevé et ses pentes rapides du côté de l’Océan (voy. la carte de Sait), est comme un grand point de partage entre la température et les vents de la

(1 ) Sait , Voy. to Abyssin!» , pas- 90 , 499 , 603 , 603. (3) Soit, Voy. to Abyss. , pas. 91.

(1) Sait , Voy., pas. 93.

(3) Sait , Voy., pas. 95.

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