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BORD ORIENTAL, SOFA LA , MOZAMBIQUE

côte de Magadoxo , et ceux du grand golfe d'A~ den ; ce golfe , situé au nord, forme Y atrium du golfe Arabique, l’ar les Moussons du S. O. , les vent S.-O. cessent dès qu'on a doublé au nord le cap Cuardafui , phénomène qui s'explique par les côtes élevées situées au S.-O. Au nord de la côte qui s'étend à l’O. , les courans de la mer offrent souvent de grands obstacles aux navigateurs ; l'air y est pesaut , immobile ; la chaleur augmente, et devient de plus en plus intense entre l'Arabie déserte, au nord, et les plaines arides de l'Afrique orientale. Dans le calme , les marques de terre sont toujours les mêmes , et tout b coup les vaisseaux venant du S.-O., s'arrêtent ici comme cloués, après avoir fait la course la plus rapide. De là vient cette foule de contes arabes , de vaisseaux arrêtés par charme, et attachés au fond de la mer, superstitions qu'on explique ainsi sans l’aide des rochers magnétiques.

A l’E. de ces hauts promontoires , on voit s'élever du milieu de l’océan indien, en face du continent , comme d'immenses débris de rochers détachés. Plie rocheuse Abd-kl-Cciua (1), et la grande lie de Sorotora ; les vagues qui viennent se briser avec fureur et à grand bruit contre leurs écueils, sont souvent très-funestes aux navires qui naviguent dans ces parages inconnus. Le promontoire Fellis , entouré de parois encore plus escarpées et presque perpendiculaires , s’avance à l'U. dans la tner , et parait s’étendre parallèlement!! la côte, parconséquent dans la direction de l‘E. b l’O. (â); c’est le même que le mon» Félix , le nums FUepha» des Humains et le Ras-et-Fit des Arabes. Fil, signifie éléphant dans les langues éthiopiques ; de Ib le nom de Tête et' Éléphant (3) qu'on a donné b ce promontoire.

Cest autour de ces promontoires, là où le climat change entièrement, qu’on aperçoit b l’entrée de l'Arabie , de l'Abyssinie , de la Nubie eide l’Égypte, l'oiseau Abou Manne» (K), l'Ibis des Égyptiens; il semble garder ici l’entrée de la patrie qui , comme nous l’apprend déjà Slrabon , s'étend au loin dans l'intérieur.

Les Somaulis. — Les autres promontoires orientaux de l'Afrique, Jusque sur les confins

(1) Sali, voj., psg. 501.

(2) sait , Vor.» psg. 08.

(3) Bruce , Travclv , vt , pag 201 .

(4) Sait . Vojr-, pag. 9'.

de l’Al y;sinir et des hordes de Galla, sont habités par les Somaulis, peuple remarquable et intéressant, que l'on ne connaît que depuis trèspeu de temps. Ils habitent toute la côte depuis le cap Guardafui jusqu'à Zcila b l’O., par conséquent jusqu'à la route de Uab-el-Mandeb. Barbera en est la capitale; il s'y tient une foire qui dure depuis le mois d'octobre jusqu'au mois d'avril, et où les Arabes voisins se rendent en foule, pour y acheter de la gomme arabique, de la myrrhe et de l’encens ( frankincense ). Aden et Moka, où l’on a recueilli les derniers renseignemens île lord Valenlia (1 ) , sont en rapport avec ce grand bazar de la côte orientale , et en tirent encore beaucoup d’autres objets de commerce, comme des esclaves, des chameaux , des chevaux, des mulets, des Anes, etc. , que les marchands arabes échangent contre des denrées indiennes. Beaucoup d’babitans de pays situés à l'intérieur de l'Afrique et qui nous sont encore absolument inconnus, en particulier les souverains de Hanim (le pays d’encens de Sason, selon Cosmos, situé à 20 journées de marche à i’O., de Berbcra), y envoient des caravanes pour y échanger leur or et leur ivoire, contre des marchandises indiennes. Cette espèce de commerce est , ainsi qu'au Mozambique , exploitée uniquement par les avides inarchauds indiens, les Banianes; ils pourraient y débiter beaucoup plus de marchandises, s'ils voulaient se couteulcr d'un bénéfice moins exborbitant.

C'est par le pays des Somaulis, que passe maintenant la seule route commerciale qui conduit de l'intérieur de l’Afrique à l'Arabie méridionale. Les Somaulis font par terre un commerce très-important avec l’intérieur; ils ont des marchés considérables, et exportent beaucoup de marchandises sur leurs propres vaisseaux. Beaucoup d'enlr'eux jouissant d'une grande aisance, se sont établis sur la côte arabique, par exemple à Moka , où ils vivent trèspaisiblement. Les Somaulis ont, en outre, une petite factorerie sur la baie d'IIovakil à Arena (i); ils y font un commerce considérable d'esclaves, de chevaux, de troupeaux, etc.

Les vaisseaux indiens échouent souvent sur leurs côtes , surtout près du Ras-el-Fil et près de Zeyla; les Somaulis ne manquent jamais de recevoir et de traiter avec hospitalité et bienveillance, les naufragés qu'ils entretiennent et

(1) ViKntii, Tra*cls,l. II. t**g 375.

(2) S.UI , \0j.. j*»g. 101.

HAuns-AraïQUB : m* Division, 5 9.

nourrissent jusqu’il leur retour ; mais on dispose de la cargaison d’après le droit de varech. C'est toujours la faute des Européens si, dans la plupart des endroits de la côte (1), ils sont regardés par les indigènes, comme leurs ennemis naturels. De Berhera et Zeyla, les deux principaux marchés des Somaulis (Zeyla est situé au 11» 18’ lat. N. , et au 43° 3’ long. E. de Gr., suivant Stuart (2) ), des routes très-fréquentées conduisent les caravanes dans les pays de l’intérieur, et surtout dans le royaume de llourrour, entre le9* et le 10” latitude N. et le 41* et 43° longitude E. de Gr.; des relations commerciales se poursuivent de ce point, avec les peuples plus occidentaux qui habitent les environs des montagnes de Komri ou des montagnes de la Lune. C’est dans ces contrées, qu’on a cherché le pays des fabuleux Macrobiens (3). Les voyageurs européens qui voudraient pénétrer, par terre jusqu’aux sources du Nil, dans les montagnesde komri, feraient toujours bien de choisir Berbera pour première station. D'ici, la route commerciale ne parait nullement impraticable; nous ferons observer seulement que les stations en ont été mal dessinées sur les dernières caries d’Abyssinie.

Ces relations paisibles existent, h ce qu'il parait, dans ces contrées, depuis plus de mille ans; déjà Kbn Haukal (930) en parle d’une manière très-précise dans sa description de Zeyla ( Zttuile/i (4)). Ce pays, dit-il, contient beaucoup de provinces; il est très-grand, mais sec et riche en toute espèce de productions, comme en général tous les pays mahomélans; ce dont il a besoin lui vient de l’O., parce qu’il n’est pas facilement abordable d’un autre côté. La peau de ses habilans est plus douce et plus noire que chez les autres nations noires.

Suivant le rapport de lord Valenlia, les Somaulis ne sont pas de vrais nègres , quoiqu'ils aient comme ces derniers, les cheveux crépus, les dents très-blanches, la peau très-noire. Ils s’en distinguent, par la douceur de leur peau, le développement plus gracieux de leurs membres et une physionomie absolument différente, surtout dans la formation du nez qui n'est nullement

(1) Yalcotia, Travela, t. Il, pag. 377. — Comp. Sait , Tra». , pa*. 07 , 174, 187.

(2) Cbart or lhe Boy uf Zeyla , from Geomatrlcal Oserv. , t* y nicti. Smart , 1810 , (la Sait , par. 474.

(3) Hecrcn , ItlCrs, t. Il , pas. 360.

(4) Kbn Haukal , Orlcut. srogr. , pag, 22.

aplati. Les renseignemens qui nous sont promis sur le royaume d'Hourrour et ses habitans (1), et le journal annoncé par M. Stuart, contenant les documens qu’il a rassemblés pendant son séjour à Zeyla, agrandiront bientôt, nous l’espérons, nos connaissances sur ce peuple industrieux et intéressant.

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