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BORD SEPTENTRIONAL DE LA HAUTE- AFRIQUE, DU COTÉ DE L'EST

Après avoir considéré le plateau d’Afrique dans son étendue orientale, du sud au nord, nous allons passer à l'étude et à la recherche de son bord septentrional du côté de l'est. La correspondance de cette partie orientale du bord septentrional avec sa partie occidentale nous est demeurée inconnue jusqu'à ce jour.

Non loin du domaine des sources supérieures du Nil, un vaste et large pays d’Alpes, qu'on a comparéaux hautes plaines de Quito (2), s'adosse, au nord de l'équateur, au grand continent d’Afriqueet se trouve ainsi placé en face du plateau, au nord, comme la haute terrasse du Thibetetdu Boutan en face de la Haute-Asie, au sud.

Situé sous le méridien du lac de Tzana et des sources du Nil (34” 40’ longitude E. de l'ile de Fer), ce pays d’Alpes s'étend , d'après Bruce et les cartes des jésuites, du 9° au 13° latitude N., à peu près 60 milles géographiques en largeur , dans la Kolla de Tclierkin et Waldoubba, jusqu'à la pente rapide du nord. A l'est, au contraire, près de la côte, il s’incline insensiblement, en plusieurs larges gradins, dans les basses terres, appelées JHazaga. Au nord-est, la terrasse du Babarnagascb forme l’extrémité la plus saillante et eu même temps la plus basse de ce pays d’Alpes; elle domine toute la côte de la mer Rouge et s'abaisse avec la montagne de Taranta (la chaîne la plus septentrionale, située, d’après la dernière carte de Sait (3), au 13° latitude N.), vers la province de Dobarvta et la côte plane d'Arkiko. A l'ouest des sources du Nil , ce pays s'incline dans les basses plaines de

(1) San , Voy., pas. 408.

(2) A. Oc numboldr, Anrlchtcn der ltalur, pas- 112.

(3) Part, t i cbart or tbc Rcatl Sca , laid dowo from actuat

BOHD 8EPTBSTBJOAAL, DU CÔTÉ DI L’EST.

Sennaar et de Kordofan. La pente est ici formée par les chaînes de montagnes de Fazzouklo, de Dyre et Touggoula ou Tegla selon Bruce, Deir et Touggala selon Browne, qui toutes s'étendent eotre ie 19° 30’, et le 13° latitude N., de l'E, à l’O. avec une légère déviation vers le S. , ou de l’E. N.-E. à l’O. S.-O. ; elles se trouvent ainsi placées sur la même latiude que la chaîne de Baharnagach dont nous venons de parler. Leur cours depuis Arkiko (57° longitude E. de l’ile de Fer) , jusqu'au méridien d’Ibeit (48° longitude E.), comprend une étendue de plus de 130 milles géographiques , mais il nous est absolument inconnu (1) ; il est même probable que le long de la limite méridionale de Darfour, elles se prolongent encore plus loin, dans les immenses pays de l'intérieur de l'Afrique.

A en Juger d'après le cours de scs eaux, ce haut pays d'Alpes , traversé par un grand nombre de vallées et de fleuves, s’élève tant soit peu vers l'intérieur de l'Afrique, dans la direction du sud-ouest. A l'est-nord-est, au contraire , il se dégrade en deux ou plusieurs terrasses vers la côte sablonneuse (Satnchara) du golfe Arabique et de la mer l’ersico-Arabique. Jusqu'à ce jour, ce pays riche, fertile et peuplé, est demeuré presque inconnu aux Européens; nous ne possédons que quelques notions imparfaites sur sa partie orientale , et nous en sommes redevables au zèle des missionnaires portugais des siècles précédens, à la persévérance du célèbre voyageur qui découvrit les sources du Nil (9), et aux dernières entreprises des patriotes anglais (3), pour ouvrir de nouvelles sources à la politique et au commerce de leur pays.

La partie occidentale de ce pays d'Alpes est encore environnée pour nous de ténèbres profondes; ce n'est que dans quelques pays environnons et souvent très-lointains, qu'on a pu rassembler quelques récits, quelques traditions sur ces contrées qui n'ont été visitées, jusqu’à ce jour, que par des marchands d’esclaves ou d’autresaventuriers attirés seulement par la soif

innrey aiH observ. made by Capt. Court, Tic. Valent!*, Sait, etc. 1804 et 1806. — *ap of Abyasinla and tbe adjacent district* , laid down parlly frora. Originel Observations taken la U>e country and parlly compilrd from information collected lhere by Benry Sait; 1809-1810. London, may 1814. Cette carte servira par la aaltc de ba»e A nos recherche*.

(1) W. G. Brownc , Travels In Africa, Bgypt and Syria *rom 1 792 tp 1 798. London. 4», 1799, PM- 461.

(2) J. Bruce , 1788-1773.

(3) S. vicounto vaienüi, and Sait 1804, 1809 et 1810.

de l’or. Les renseignemei» recueillis par Bermudez et ensuite par Bruce, dans le Habesch, ceux que Browne rassembla dans les basses-terres de Darfour, s'accordent parfaitement avec les plus anciennes données que nous possédons sur ce pays.

La difficulté de communication, jointe à la richesse naturelle du bord septentrional; à Habesch , l'abondance de bétail , de chevaux et de plantes de toutes espèces ; l'originalité des habitans de ce pays , aiége d'une civilisation antique; depuis l'an 330 la propagation du christianisme, au milieu de peuples idolâtres et de mahométans fanatiques; le berceau du Nil, cette source intarissable de commerce, qui se prolongeait le long du rivage de ce fleuve et s'étendait dans les plaines voisines jusqu’à la Méditerranée; l'ancienne communicàtion de l'Inde avec l’Egypte par l'Ethiopie, toutes ccs circonstances réunies et d'autres encore, ont, depuis Cambyse le conquérant, jusqu'à nos jours, attiré l’attention de tous les peuples sur ce pays d’Alpes.

Mais au delà de ce pays d'Alpes, s’élève au sud , sur le flanc du grand plateau de l'intérieur, une terrasse très-exhaussée que nous ne connaissons que par oui-dire ; nous en exceptons toutefois Gaffa et Narra qui, s'avançant comme une presqu'île, forment l’extrémité nord-est de cette terrasse. Ce pays fut visité, en 1613, par Antonio Fernandez (1), seul Européen qui ait voyagé dans ces contrées. Nous allons rapporter en detail les observations que nous a communiquées ce voyageur.

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