CHAPITRE PREMIER
Première terrasse. — Plateau Ethiopique. — Caffa et il area.
Narea fait partie de la haute plaine de l'Ethiopie qui s’étend , au nord , jusqu'au 9° et 10° de latitude N.- et du 49° au 33° longitude E. , ou , en d'autres termes , depuis la source de Bahr cl Abiad jusqu'à la source du Zebi, à l’est. Ces limites sont celles que nous ont indiquées Browne et le père Tellcz dans son ancienne carte de l’Abyssinie (9). Ludolf et Bruce les ont conservées
(1) llatorli Gérai de Ethiopie alu ou presle Joam e doque nella obraran oe Padroe de Companhla de Jeaus. CompoaU, etc. peut Pedro I. d'ilmcrda abbrarlada pclo p. S. Teilex. Eo Coimbra, 1660, ln-f°, Mb. IV, c. 4, fol, 313.
(2) loi péril Ebauiul Tabula gcographlca ex oculatii rel**
en tout point pour ce qui regarde le sud ; ils n’ont change que les degrés de longitude.
Narea est une haute plaine unie et très-élevée; A. Fernandez la parcouruten six journées, de la pente la plus septentrionale h la capitale , c’est-à-dire de Gonea à la résidence de Benero; c’est ainsi que s’appelait alors le Xoumo ou gouverneur de Narea. Tous les reuseignemens, tant anciens que modernes, s'accordent à dire que d'immenses plaines désertes s'étendent ici vers l'intérieur du continent ; suivant les anciens (1) elles sont inhabitées et par conséquent inconnues ; selon les géographes modernes (2) elles sont parcourues par des bordes sauvages de Galla. Nous ne savons pas jusqu'où la haute terrasse de Narea s'étend à l'ouest. Au sud, elle est bordée par le pays de Gaffa , pays entrecoupé de montagnes très-élevées ; Bruce les appelle Stoupendous, et cependant elles ne sont pas couvertes de neige. Au nord-est , la terrasse ue s'étend qu'à cinq journées du chef-lieu, résidence du roi de Narea, où elle se dégrade en se prolongeant dans le pays de Gingiro , vers le fleuve de Zebi ou Kibber. On arrive à ce fleuve par un dédié rapide et escarpé (3).
11 est très-probable que la pente septentrionale de cette haute terrasse s'étend, à l’ouest, jusqu'aux sources du Bahr-cl- Abiad, ou bras occidental du Nil; les modernes appellent cette pente Donga (4), les anciens montes Lunœ . les géographes arabes gébel-el-Kumr; ces fameuses montagnes de la Lune, auxquelles se rattachent tant de fables, sont partout représentées sur les cartes , comme situées au centre de l’Afrique. Ce sujet ayant formé de tout temps un point capital dans la géographie ancienne et moderne , nous examinerons, en peu de mots, les docuinens qui peuvent être regardés comme constatés, d’après l’état actuel de la science.
1" Éclaircissement.
Montagnes de la Lune.
Browne tient les relations qu’il nous transmet,
Uonlbus Pstrum Soc. Jcsu alionimque, etc. s Francesco Eschinardo , dons Tlicvcnot.
(1) J. Ludolfl , BistorU ÆUilopica. franco! , 1681, in-f*, llb.t.e. 16 , §62.
(2) J. Bruce , Travcts lo dlscovcr Use source of Utc Aile, second, edlt. Edimbiirg, 180$, t. lit , psg. 237 et 32$
(3) Bruce , Tr., 111, pas- 320.
(4) Browne , Tr., psg. 473.
de marchands qu'il rencontra à Darfour et qui lui donnèrent des renseignemens sur les voyages des caravanes aux sources du Nil (1>.
Suivant ces relations , il y a dix jours de marche d’Aboutelfan situé près du Babr Misselad, aux sources du Bahr-el-Abiad ; de Schillouck , situé sur la même latitude que Scnnaar, près du Bahr-el-Abiad inférieur, on compte trente jouTS démarché pour arriver au même point; de Bornou il y a vingt jours ; dans ce trajet on monte toujours à travers une contrée montueuse, jusqu'à ce qu’on arrive , dans les montagnes de Donka , appelées Dinka, dans le Habesch (2), à la résidence d'un prince idolâtre. Ici se trouvent, dit-on, quarante différentes éminences qui toutes s'appellent h'oumri et d'où jaillissent une quantité de sources qui réunissent leurs eaux dans l'Abiad. Les habilans de Bergou y vont comine en partie de chasse, pour enlever des esclaves.
Ce bord septentrional est situé entre le 7“ et le 8° de latitude N.; du moins savons-nous (3) qu’il est , ainsi que la source du Nil, au sud du 10° de latitude N. La Haute-Afrique ue peut donc par conséquent, s'étendre ici que tout au plus du 3° au G", au nord de l'équateur.
Or, cette contrée de Donga est précisément la même que les anciens appelaient montes Lunœ (4) et à laquelle Aboulfcda et Edrisi donnent le nom A'Al-Komri. Il paraîtrait , suivant Ptolémée, que le ScAy»; ipa comprend tout un groupe de montagnes (pater est mons Lutine plurium); Kdrisi (S), nous cite en effet trois chaînes de montagnes qui courent de l'ouest à l'est. 11 appelle la première, la plus rapprochée dis montagnes de la Lune, djebel ou gibbel lteikul Masur, ce qui signifie la montagne du Temple peint. Malheureusement ces noms ont été transmis par les prêtres et non parles voyageurs. La seconde, située au nord , est le Gibbel adde/teb , (Montagne d'or), nom qui lui vient des mines d’or qui s’y trouvent. Suivant Hartmann , cette montagne est la même que la montagne d'or, à Boga. La troisième s'appelle avec la contrée qui l'entoure, le pays des serpens ( lions serpentum); on trouve ici, dit-on, de grands serpents dont le regard donne la mort ;
(1) Browne , Tr., pas. 473.
(2) Bruce, Trav, , Z' edlt. , f. VU , appeodil , pag. 06.
(3) Bennett, «lana l'Appendice tt lungo l'ark.Tr., p. Xlll.
(4) Ptolem., Africa, laid. 4.
($) Edrlsl, Africa , cura Hartmann cri. altéra, 1706 , p. 82.
BORD SEPTENTRIONAL , CAFPA , N AREA.
il y a aussi d'énormes scorpions (1). Suivant les voyageurs modernes , les serpens sont en effet très-nombreux au sud du Kordofan jusqu'à F.1- Ais (ou Bellet-Alleis, selon Browne). Chez les Arabes, la dénomination de gibbel ne signifie pas seulement une montagne, mais aussi des groupes , des chaînes et même des pays de montagnes. On pourrait donc considérer ces trois gibbel , comme trois terrasses formant la transition du plateau aux basses terres.
Une comparaison plus exacte nous fait voir que la triple disposition des terrasses abyssiniennes s'accorde parfaitement avec celles que nous supposons ici b l’ouest , près du Bahr-el- Abiad ; la forme parallèle, qui est un descaracfères distinctifs de l’Afrique, traverse ainsi, dans une remarquable uniformité , toute cette grande étendue de pays, de l’est b l’ouest.
Il est vraisemblable que le troisième rang de montagnes, le pays des serpens, des scorpions et des Shangallas , forme la Kolia ou le dernier gradin qui unit le plateau avec les basses terres; lachalne moyenne est le pays de l’or; car toutes les terrasses qui contiennent de l’or nous apparaissent dans le Monomotapa , le Bambouk , comme terrasses moyennes etabsolument dans les mêmes rapports. La première chaine appartiendrait alors au plateau même , et correspondrait aux chaînes de montagnes limitrophes qui entourent aussi Narea.
Maeryzy (2) distingue deux différentes chaînes de montagnes : le gibbcl-al-komr, montagnes des Colombes, et le gibbel-al-Kamar, montagnes de la Lnne. Hastings pense que komri n’est que l’adjectif de komr. ta lutte, et que ces deux mots ont le même sens.
Suivant de Sacy , le nom de komr que les anciens géographes arabes donnent b ces montagnes, n’a jamais eu la signification de lune; on ne le trouve employé dans ce sens que chez les modernes , qui l’ont changé en kamar. Macryzy rapporte une tradition , suivant laquelle les habitans de la grande Ile située dans la mer de Zanguebar, Tis-à-vis de Ceylan ( sans doute Madagascar), se trouvant trop resserrés, auraient émigré du pays de Komriyya , et se seraient établis au pied de la montague de Komr. Komri
(1) A Murray , nisacrtallon on tbc prosressive geosraphy of ihe &»hr <i a b lad and the oihers brandir» of the Hile In broc*, Tr„ 2' cd., t- Vit , pas. 389 et 80.
(2) Al. Macryay, «’cr. 3 , fol. b.— Lanjtes sur Horneouao, Voy., rarls , 1803 , t. Il , pas- 338,
aurait désigné chez eux un oiseau. L’auteur du Kamous fait dériver ce nom d’un adjectif qui signifie blanc , rerddtre (1). Les caravanes (2) de Tombouctou appilent aussi gibbel Kumra ou gibbel Kumrie, toute la chaîne de montagnes qui s'étend de l'est, aux sources du Niger; ce nom signifie montagne Blanche. Jackson ajoute que les Arabes donnent encore ici le nom de « couleur de lune » b d'autres objets blancs, par exemple b des chevaux blancs.
Murray suppose que les Arabes n’ont fait que traduire ce nom des géographes grecs, sans s’inquiéter de la nature des lieux ; nous savons cependant aujourd'hui que les habitans des contrées dont il est ici question, adorent en effet la lune.
Bruce (3), qui a voulu confirmer les rapports des anciens par sespropresobservations, croyait avoir retrouvé, dans le couronnement des montagnes d’Amid-Amid, les montes Lunœ avec leur forme amphithéblralc ressemblant b celle de la lune; aussi les place-t-il près des sources de son Nil, dans le pays de Saccala.
2" Éclaircissement.
Sources.— Voyage de A. Fernandez à Narea.
Le savant J. Ludolf (i) exprime ses regrets, de ce que le voyage de Fernandez , b la côte de Mélinde par Narea, per aria et ignota, fut si indignement entravé par la méfiance et les intrigués des diplomates. Le journal publié par Telles ne rend compte du voyage , que depuis le llabcsch jusqu’à Narea, sans faire mention, ni de la hauteur polaire, ni du climat de ces pays ; cependant, ce voyage avait duré dix-neuf mois.
Bruce nous assure que sa carte est la première qui indique, avec quelqu’cxactitude, la route de ces voyageurs (8). La province de Narea compte, ainsi que Caffa, des chrétiens au nombre de ses habitans; elle est, ou du moins elle était alors (6), tributaire du souverain qui habite la terrasse inférieure du llabcsch ; il devait , par conséquent , exister une route de communication qui , quoique très-dangereuse b cause des
(1) Sylv. de S*cy ,Abd-AllAlfr. Paris , 1810 , In-4° , p. 7.
(2) Jackson, Account or larccco. 3' edt., Lond-, 1811, PM. 201.
(3) Bruce , Tr. v , pas. 244.
(4) Ludolf , Hlst. -Ctbiopi., 1. 1 , e. 10’, 63.
(6) Bruce, Tr., 2' ed., I. lit, pas. 334.
(0) Lud., Oisi. Ætb., 1, 10. 48.
bordes de Galla qui la parcourent sans cesse , aurait pu donner cependant des éclaircissemens très-importans sur la nature du pays.
C'est à cette voie de communication que Bruce doit les additions dont il a enrichi le récit des voyageurs , et auxquelles nous reviendrons encore plusieurs fois dans nos recherches (1). Nous ferons observer toutefois que la position de Narea sur la carte tracée par cet auteur, ne s’accorde pas avec la relation de Telle! : Gonea y est placé h la limite méridionale de cette province , vers Caffa , tandis que , d’après le journal des voyageurs , Gonea est le premier village naréanien qu’ils rencontrèrent sur la frontière septentrionale.
L'empereur d’Abyssinie Socinios ou Melec Segued (de 1603 h 1632), résolut , après avoir embrassé le christianisme, d’envoyer une ambassade au pape Paul V, et h Philippe 11, roi d'Espagne; il en chargea un Abyssinien nommé FecurEgzie, et lui ordonna de se faire accompagner par un des missionnaires qui sc trouvaient dans sa résidence ; le sort tomba sur le père A. Fernandez. Le 13 avril 1613 , les deux envoyés partirent d’Oubarma (Ombrama , selon Tellez (2)), ville située sur les sources du Nil , dans le pays d'Alpes de llabesch, au sud du lac de Tzana. Après bien des périls et des dangers , ils passèrent le Nil, au sud, près de Mine ( Mina selon Tellez), c’est-à-dire que sur un espace de 30 legoas , ou 16 milles géographiques, ils ne rencontrèrent , dans la direction du sud , qu’un pays sauvage , montueux et couvert de forêts; le huitième jour après leur départ , ils arrivèrent enfin au pied des montagnes de Narea.
Ils gravirent cette haute chaîne de montagnes par un déHIé pénible qui aboutit près de la forteresse limitrophe ( Serra forte) de Gonea. Delà, le chemin s'étend, pendant six journées , dans d’immenses plaines jusqu’à la résidence du Xoumo, d’où ils mirent encore cinq journées pour atteindre le bord oriental. Du cinquième au septième jour, les voyageurs en descendirent avec grande peine par deux défilés très-escarpés (alla e impinada serra), et continuèrent leur roule dans les liasses terres de Gingiro. 1 Is arrivèrent ainsi au fleuve Zebi , et à la province de Camhale, la plus reculée de celles qui payaient alors un tribut au llabesch.
(t) s. Murray , Appeodix tDd delxebed ArUc. In Bruce, I. vu , P«j. 79.
(2) Telle* , BIX. Ocrai de Etklop., 1. IV , pat. 314.
Les relations les plus anciennes donnent aux basses terres le nom de Zendero; elles appellent narea ou Enarja tout le pays élevé , situé entre Angoteet Melinde(l), à 180 milles géographiques, 200 legoas de Massowa (2). Le pays de Narea, dans le sens restreint, celui qui payait alors uu tribut à l'empereur d’Éthiopie, ne comprend , dit-on , que 33 milles géographiques ou 40 legoas.
3e. Éclaircissement.
Narea. — Les naréanien*.
La haute terrasse de Narea s’élève du plateau africain , comme une péninsule , dans la direction du N.-E, semblable à la terrasse de Kobi qui , dans la Haute-Asie , surgit de la même manière , du côté de Tc/ianpec/tan et de la Corée. Elle forme le partage entre les eaux de la Kéditerranée et celles |de la mer des Indes : dans la première , vont s'emboucher les eaux du Nil qui descendent à travers des terrasses progressives et graduées; l’Océan des Indes reçoit les eaux du Zebi , torrent rapide qui , au dire des marchands mahomélans, les seuls qui de nos jours se rendent encore dans ces contrées, s'appelle Kibbi{3). et ne fait qu'un avec le cours supérieur du Quilimance (4). Ses eaux blanches plus considérables que celles du Nil , se précipitent avec une rapidité extraordinaire. A. Fernandez (3), nous fait une longue description des dangers qu’il courut en traversant son cours sur des outres gonflées.
Le plateau s’abaisse très-rapidement à PE., du côté de la terrasse littorale , vers laquelle se dirige le fleuve Quilimance. Quoiqu'elle soit trèsélevée, Bruce ne dit nulle part qu’elle soit couronnée de neige ; d'autres, au contraire, prétendent que la neige y repose en masses épaisses et éternelles. La terrasse dont nous parlons abonde en troupeaux, en blé, en fruits, et en denrées de toute espèce.
La pente des chaînes de montagnes qui entourent Narea est traversée par un grand nombre de petites vallées très-fertiles, mais insalubres,
(1) Telle* , Rlsl. Serai de Eltiiop , I. IV , pas. SIS.
(2) Ludoir , HUI. Ælhiop. , I. |, c. 16 ; 62.
(3) Bruce, TV., 111, psg. 331.
(4) Telle* , H. f. IV, c. 7, pag. 320 — Ludolf, Coromenur, 0. Æib., ad I. I, c. 8 . 10.
(6) Tellez, B. ÆUi. it, 6 et 6, dans Ludoir, Ibid., roi. 3 18.
BORD SEPTENTRIONAL , PAYS D’ALPES ABYSSINIEN
où viennent se rendre de petites rivières qui prennent leur source au sud , entre le 4" et le 5* de latitude N.; leurs eaux , ne trouvant bientôt plus de passage , forment d'itnmenses marais stagnansqui s’étendent du S.-E. au N.elN.-O. I.e bord de ces vallées, ainsi que le pied des montagnes voisines , est couvert d’épaisses forêts de caféiers de diverses espèces. Le caféier n’est pas ici le seul arbre, mais c'est le plus grand du pays (1); cependant il ne croît ordinairement qu'à une hauteur peu considérable. Ce végétal a transporté avec lui le nom de sa patrie , le pays de Caffa situé au S. de Narra , d'abord en Arabie, et de là dans tout l'univers civilisé.
Les habitons de cette haute terrasse , les Naréaniens , ont la peau beaucoup plus claire que tous les autres habitans de l'Ethiopie (2). Telle* (3) les appelle un peuple excellent ; ce voyageur et tous ceux qui lui ont succédé n'hésitent pas à donner aux Nareanicns la préférence sur les Abyssiniens ; ils les surpassent en force et en esprit, en fidélité et en bravoure (4). Ceux d'entr'eux qui ont le malheur de tomber entre les mains de leurs ennemis , sont les plus estimés de tous les esclaves, et surtout les Narcanienncs, qu’on dépeint partout comme très-intelligentes, très-actives et très-fidèles. Au Caire, à Constantinople et dans les Indes, on les préfère à tous les autres esclaves. La couleur des Naréaniens n’est pas plus foncée que celle des Napolitains et des habitans de la Sicile.
Ils ont adopté le culte des chrétiens abyssiniens depuis la seconde moitié du XVI” siècle; à l’aide des peuplades intermédiaires (3), ils font un commerce assez considérable avec Mélinde sur les bords de l'Océan Indien, et Angola sur les bords de l’Océan Atlantique. Ils tirent du pays des Nègres, à l'ouest, l’or dont ils ont besoin pour payer leur tribut (1 ,K00 onces par an) , au souverain du llahech. Leur pays ne produit pas d'or; cependant on trouvechez eux des monnaies.
Le plateau de Narea s'élève , comme un fort, au-dessus des terrasses inférieures, au nord et à l’est ( the kingdotn of Iiaroa stands tike a fortifies! place , in the middle of a ptain); Narea et Caffà sont comme des lies de liberté qui résistèrent, pendant des siècles, aux Ilots toujours
fl) Appendix ta Bruce TrxveU, 2" edi!., tara. VII , p. 7W. (2) Bruce , Tnv., t. lit, pxz. 327.
(») Teilci, B. Ælb , pe*. 315.
(4) l u, loir. Biol. Aib.. '»>■ I, 14, In 8-.
(.5) Bruce, Trev., t. lit , i»s. 335.
ossaillans, assnllns continues . dit Tcllez, des hordes de Galla , et surent défendre et conserver leur indépendance (1). Ces Galla, race de nègres très-noire, aux cheveux crépus, venant des contrées équatoriales du sud et de l'est, ont attaqué les Naréaniens avec des forces supérieures, mais ils n’ont pu conquérir que le pied de la terrasse quientourc le plateau de Narea à l'est et au nord; de là, ils se sont répandus dans les forêts et les plaines septentrionales, et même jusqu'en Abyssinie. Entourés des boulevarts imprenables que la nature elle-même a élevés , protégés par d'épaisses forêts et d'immenses marais , braves comme ils le sont et toujours prêts à se défendre, les Naréaniens résistent tous les ans, avec un égal succès, aux attaques réitérées de leurs cruels ennemis. Leur plus grand malheur, c’est que par ces invasions et les attaques continuelles auxquelles ils sont exposés, toute communication leur est coupée, à l’est et au nord, avec les autres peuples ; ceux qui hasardent des expéditions commerciales lointaines , sont souvent enlevés par les Galla et réduits à l’esclavage.
Ce peuple remarquable «civilisé de la haute terrasse éthiopique, a une langue commune avec les Gongas (2) ; la langue de Narra et de Cafta n'est pas du tout un dialecte caffre. Nous déplorons bien vivement que Sait ne nous ait rien communiqué sur ce pays de Narea.