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CHAPITRE III

CÛTE AU NORD DK L'ÉQUATEUR , GUINÉE SEPTEN- TRIONALE.

Sis.

A partir de l'intérieur du golfe de Guinée, sous l’équateur , la cûte d’Afrique ou la Guinée centrale, que les navigateurs anglais appellent aussi la cûte de Leetcard , s’étend, dans une direction opposée !> la cûte de Congo , de l’E. à l’O. jusqu’à Sierra Lcona, et comprend un espace de 20 degrés ou 300 milles géographiques à peu près. Ce pays parfaitement plane et uni ne rappelle en rien le plateau africain. Cependant des voyageurs prétendent avoir remarqué, sur plusieurs points de cette cûte, quelques prolongations d’un plateau; peut-être parviendra-t-on plus tard à expliquer leur cohésion avec l'iutéricur de l'Afrique ; jusqu’à présent nous ne pouvons les citer que comme des fragmeus isolés , sans liaison connue avec le grand corps africain.

1" Éclaircissement.

Plateau de s Ambos.

Ce plateau que les Espagnols appellent Alla Terra Ambosi, est situé sous le 4°delatit. sept, au fond du golfe de Guinée , entre le fleuve des Kamarones et le Heure del Rey. Les navigateurs en ont comparé l'élévation à celle du pic des Iles Canaries (1). L’intérieur du pays nous est absolument inconnu. Les Hollandais seuls font quelque commerce sur la cûte. Un peu plus au sud, sur les bords du fleuve Gab-Boun , les Anglais vont chercher le bois de sandal (2) ( Pterocar pus suntalines), espèce d'arbre que nous avons vu sur la haute terrasse des Anziko.

Les contrées du fleuve Gab-Boun , Gaboun ou Gabon nous sont connues par les relations d'un témoin oculaire (3),M. Bowdich, qui les visita il

( t ) BitKur.Ureicbrcibun* voo Alrict, Amsterdam, I II -fol.,

1070, fol. 601.

(3) IMrt Retu, P. 140.

(3) T. Idw. Bowdich . motion from cape Cul Goutte In aibaolce, Ole. London, 1810, 10-4*.

y « quelques aimées. Les renseignemens que ce voyageur nous donne s'étendent aussi sur l'intérieur du pays ; bien qu'il soit permis de mettre en doute leur authenticité, puisqu'ils ne se fondent en partie que sur les rapports des marchands d’esclaves , nous les croyons cependant dignes d'attirer un instant notre attention.

L'embouchure du fleuve que les habitons appellent Aroenga , les Anglais Gaboun , n’est pas située, comme on l’a cru jusqu’à présent, immédiatement sous la ligne, mais un peu plus au nord, au 0° 30’ lalit. et au 8" 43’ long, est de Gr. A son embouchure , le fleuve a 18 milles anglais de largeur ; immédiatement au-dessus , il reçoit les eaux de plusieurs creeks ou rivières delà côte; et à 3 milles géographiques de la côte il Forme deux iles d’une étendue assez considérable, que les naturels appellent Jimbeni et Dambi. Les Portugais qui y possédaient autrefois un petit fort (1) les nommaient 17/e des Perroquets et File du Roi. L’une d’elles est très-bien cultivée, l'autre sert de station pour radouber les vaisseaux. A 8 milles géographiques de là, le Gabon se sépare en deux bras; tousdeux ont d'une lieue à une lieue et demie de largeur, et appartiennent au nombre de ces larges embouchures entre le fleuve de Congo et le Rio Volta qui, comme l'Amgra, le Del lley, le Formosa et le Lagos, demandent à être explorées plus exactement, avant qu’on puisse admettre avec Maxwel et M. Park que le Zaïre ou fleuve du Congo est le cours inférieur du Niger (2).

Bowdich qui fut forcé de séjourner deux mois sur le Gabon, recueillit les renseignemens qu'il nous transmet, de la bouche même du chef du pays et des marchands d’esclaves, à iVaœngo où est situé Georges Toton, marché d’esclaves sur ce fleuve. Georges Town, à 43 milles anglais ou 9 milles géographiques de l'embouchure du fleuve, fait partie d’ Empoœngica , petit pays situé entre les deux bras du Gabon qui prend ici le nom à'Aroœngo. A dcuxjournées de là. dans l’intérieur, le fleuve sort d’un pays de montagnes, qui fait sans doute partie du plateau des Ambos. Il est habité par les Kaglis, peuple que leshabitansdes rives du Gabon regardent comme des cannibales et des anthropophages qui man-

(1) Bowdich., Sketch of Gaboon in tbe Account, rh Xlll, pas. 422.

(2) Les hypothèses de Haxwel et de H. Park ont étd complètement détruites par les voyages postérieurs de CUpper* ton et des frères lauder. Vojr. 2* vol. fiioca. (». 0. T.)

gent leurs prisonniers et leurs propres enfans* 11 serait imprudent de s'approcher sans armes de leur pays sauvage couvert de forêts et de montagnes. Les Kaylis ont beaucoup d’habileté pour travailler le fer ; ils savent aussi très-bien tresser les bambous, faire des nattes et d’autres objets.

Au dire du chef de iVaœngo, les fleuves se ramifient d'une manière singulière dans l'intérieur du pays (1); l’esquisse que nous trace Bowdich de cette étrange ramification , se rapproche beaucoup de l’hypothèse de Reichhard, sur l’embouchure du Niger dans le golfe de Guinée (voyez plus bas, le Niger).

En remontant le Gabon , on arrive à un fleuve beaucoup plus considérable encore, VOgooœwai qui ne communique avec ce dernier que par une branche latérale. 11 se sépare, au sud du Gabon, en deux grandes branches qui, toutes deux, vont se jeter dans l'Océan. L'Ogooœw ai est très-large, rapide et beaucoup plus profond que le Gabon; sur une étendue de vingt journées de marche, ses bords sont bien cultivés et partout couverts de villages et de petits royaumes. Jusqu'à Okansi on ne rencontre nulle part de peuples cannibales. Le chef de Naœngo , qui avait visité ces contrées, n’y avait trouvé ni mabométans, ni maures; jamais un blanc n’avait été vu dans ces pays qui ne renferment que de très-petits étals. Enfin , on prétend que le fleuve d’Ogooæn ai sort du grand H ôte , à 40 journées d’Empoœngwa. D'après la description qu'on lui en fit, Bowdich prit ce grand Wolc pour le Quotla , ou Koutta de l’intérieur, ou pour une partie du système du Niger; suivant les mêmes données, le Wole détache encore un autre brasà l’ouest, le Moœ/mda, qui se jette dans le golfe de Guinée, au nord du Gabon , à 6 j ournées de Naængo. De cette manière , le Gabon ne serait , dans ce vaste Delta , qu’un fleuve latéral , entre les deux grands bras du Wole, au sud et au nord.

Le bras du sud , ou YOgoœuxii méridional , ne coule pas directement vers la mer. mais il se sépare en deux bras (2) : celui du nord , appelé Astazi, moins grand que l’autre, se jette, à l’ouest, dans la mer, près du cap Lopez ; l’autre, aussi large que le Gabon , roule à travers le pays de Tanyan , et de là va se joindre au fleuve de Congo, 10 journées de marche au-

(1 ) Bowdich, sketch of Gaboon In tho Account, p. 428. (2) Bowdich, Ibid. , pag. 432-

les

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