BORD OCCIDENTAL , GUINÉE
dessus de son embouchure. Il paraîtrait ainsi que les deux fleures se rencontrent dans les cataractes , au delà des bords qu'a visité le capitaine Tuckey, car. dans son trajet sur le Zaïre, ce voyageur ne rencontra aucun affluent decette nature. Les renseignemens que Tuckey parvint à se procurer du chef de Mavonda (1), font mention d'un grand affluent du Congo, venant du nord-ouest , et que Bowdich reconnaît pour être l’Ogoozwai. Cette réunion des systèmes du Congo , du Gabon et du Niger , s’il est vrai qu’elle existe , est en effet très-remarquable ; le Nouveau-Blonde nous offre un phénomène semblable dans l’Orénoque , I* Cassiquiare , le Rio Negro et le fleuve des Amazones. Peut-être que bientôt de nouvelles decouvertes viendront confirmer ces merveilleux rapports des fleuves d’Afrique entre eux. La contrée du Gabon ressemble absolument à celle du fleuve de Congo. Pendant le séjour de Bo .\ dicb sur le Gabon , six vaisseaux négriers entrèrent dans ce fleuve , et on en signala le long de la côte, jusqu'au fleuve de Congo.
.ïïayoumba , ou Jomba est , comme nous l’a- Tons dit plus haut, le principal marché de ces pays , et le commerce d’esclaves, quoique proscrit depuis longtemps , y est encore en pleine activité. Maxwell (8) qui visita bien des fois ces côtes , cite parmi les pays situés derrière ce littoral et qui produisent le plus grand nombre d’esclaves, Kongo et Mayoumba , à 1 fi journées au nord d’Embomma , pays boisé et couvert de forêts de cannes à sucre ; Mandingo et Yacka, ou Mayacka. Le transport d’esclaves ne se fait pas par eau , mais par terre. Comme il n’y a dans ce pays aucune espèce de bétes de somme, ni chevaux, ni bœufs, ni ânes, on n’y trouve pas non plus de routes frayées. Les sentiers sont très-difficiles et les communications avec l’intérieur pénibles et dangereuses. Il est étonnant que les voyages par terre étant si difficiles , la navigation ne se soit pas plus développée dans une contrée arrosée par tant de fleuves et où tous les rivages sont couverts de peuplades et d’habitations. Dans les embouchures du Gabon, comme sur la vaste étendue du Congo, 1rs bateaux ne sont que de mauvais canots , petits ,
(1) TucXey, sarrat., p. 178.
1t) WHI. Crown, Accounl of tbe carrespondence betwneo and B. Maaweli rctpecllng ibe ludeoULy of Vbc Congo it ; in Edlnburg pbil. Journ. 1820 , vol. III ,
mal construits et incommodes pour le transport.
Dahomey. — Sous le méridien de Whydab (30° de longitude E. de l’ile de Fer), la côte plane sablonneuse , coupée seulement par quelques fleuves, entre autres parle I.agos et quelques petits marais, s'élève toujours insensiblement, sans montagnes ni collines, de la baie de Bénin jusqu’à 30 milles géographiques il l’intérieur (150 milles). Norris (1) n’entendit jamais dire qu'il existât , même au delà de cette distance , des chaînes de montagnes tant soit peu considérables. Aussi loin que porte la vue , on aperçoit partout, depuis la côte, d'immenses savanes de verdure d’où s’élèvent quelques groupes d’arbres isolés et surtout de palmiers- Le pays est fertile et très-bien cultivé ; on n’y voit pas de pierres, même de la grosseur d’une noix.
Dans son voyage à Abomey, Norris arriva le soir de la seconde journée à la forêt d' Agrimi , qu’il décrit comme très-difficile à passer; tout à fait impraticable dans la saison des pluies, elle est toujours très-dangereuse dans les autres temps, b cause des bétes féroces qui la parcourent sans cesse. 11 faut 5 heures pour la traverser. 0 lieues plus loin , on arrive à Abomey, résidence du roi de Dahomey. Nous ne savons rien de la nature de l'intérieur du pays. Les Dahomeys ne nous sont connus que par une ambassade anglaise qui pénétra dans l’intérieur de leur pays. Ce peuple belliqueux descendit autrefois sur les côtes et les dévasta entièrement. Avant leurs invasions, le littoral était très-peuplé et bien cultivé. Les habitans d'Ardrah , sur la rive occidentale du Lagos inferieur, avaient même des caractères particuliers semblables aux quippos des Péruviens, à l'aide desquels ils correspondaient entre eux. Le peuple de Dahomey n'entrelient des relations ni avec les Européens ni avec les nègres mabométans ou maures ; il a dans sa constitution quelque chose de primitif et d'original, où semblent se trouver en germe les idées qui se sont développées chez les anciens Égyptiens, les Lacédémoniens et les Hindous (3). On trouve en eux un singulier assemblage de barbarie et de civilisation , de cruauté et de nobles sentimens. Les Dahomeys sont graves, actifs, hospitaliers et généreux envers les étrangers. Pour leur bravoure , leur sang-froid et leur fermeté , on pour-
(1) Arch. Dalicl, Hi.türy of Dahomey, pag. 107*118.
(2) John Ley,len,Slalorlcal accounl of dlacoveriea and Ira. rets in Africa enlarged, etc.,by a. Sun (y. EdlnDurgb, 1817, vol. II, p. 297.
mi'TE-AFMQVE : IV* DIVISION , S 13.
rait les comparer aux anciens Spartiates. Ce que la loi était pour le Lacédémonien , le roi l'est pour les peuples du Dahomey ; ils sont sa propriété, sa chose, et se reconnaissent tous pour ses esclaves. C’est pour lui qu’ils vivent; c’est pour lui qu'ils combattent et meurent dans les batailles ; ses ordres sont exécutés avec uue obéissance aveugle et fanatique. Tous les nouveau-nés appartiennent au roi , comme le fruit du troupeau au propriétaire. Les enfanssont arrachés du sein de leurs parens et reçoivent une espèce d'éducation publique. Le gouvernement est le despostisme dans toute sa pureté primitive. L’absolutisme ne reçoit nulle part une application aussi sévère. Les habitans du Dahomey reconnaissent h leur roi , comme un droit divin, celui d'exercer sur eux les plus terribles cruautés. Voici sa devise : « Le roi marche dans le sang, depuis son trône jusqu'à son tombeau et chaque année il arrose de sang humain les tombeaux de ses ancêtres. » C'est un crime de lèsemajesté de soutenir que le roi de Dahomey est mortel comme les autres hommes, qu’il mange, boit et dort. En prenant possession du trône, le nouveau monarque déclare qu'il ne connaît personne et qu’il ne fera aucune nouvelle connaissance, que sa seule et unique occupation sera de maintenir la justice. Il a le monopole des femmes. On n’en peut obtenir qu’en offrant au roi £0,000 cauris , encore faut-il pour cela se jeter dans la poussière devant la porte de son palais. Les bardes de la cour chantent les exploits du roi et ceux de ses généraux. Dans les grandes solennités, ces rapsodies durent souvent plusieurs jours. Le fétiche des Dahomeys est le tigre. Ils répondirent aux Européens qui leur en demandèrent le sujet: « 11 faut bien nous en contenter, car ce dieu meilleur qui a tant donné aux blancs, ne s'est pas encore révélé h nous. » Dans la première partie du 18* siècle, les Dahomeys étaient belliqueux et conquérons. Le roi était accompagné h la guerre d’une garde de femmes commandées par un e amazone et tout aussi belliqueuses que les hommes, (louadja Trnudo, le grand conquérant des Dahomeys occupa Wbida, Ardrah, Torri , Didouma, Ajirah, Jacquin; insensible au malheur des vaincus , il lit ravager et dévaster tous les pays conquis. L’époque des conquêtes se termine a sa mort qui eut lieu en 1731. Son nom est demeuré sacré dans le pays, et les nègres ne jurent que par lui. Ses descendais, incapables de soutenir sa renommée et de continuer ses exploits , sont rentrés dans l’oubli.
Avant-terrasse d’Aguapim. — A l'onest de Whydah , le Rio Volta se jette dans la mer, non loin de la limite de la Côte des Esclaves, (sert (1) rapporte qu’on aperçoit une grande chaîne de montagnes se dirigeant du rivage de la mer vers l'intérieur; couverte de forêts jusqu’à son sommet, elle forme un fond magnifique au tableau qui se déroule sons les yeux du voyageur.
Après un jour de marche de la côte sur la rire O. du Rio Volta, on arrive le soir même au pied de celte chaîne de montagnes qui n’est composée que de rochers primitifs. Un chemin pénible et peu frayé conduit pendant une journée a travers ces montagnes couvertes de forêts où la nature prend un tout autre caractère. Le terrain sablonneux qui caractérise la terrasse littorale d'Akra disparait à Abodi , premier village des nègres montagnards, situé à 8 milles de la ville littorale Cbristiansborg . Un chemin trèscourt conduit pendant une petite journée, à travers cette chaîne de montagnes qui prend la forme d'une haute plaine très-fertile, jusqu’à Aquapim, siège du K abosirou souverain ; toutes les roules conduisant d'Akim et d'Assianthe à la terrasse littorale, viennent se réunir dans ce chemin ; c’est en même temps la route principale par où les nègres des montagnes se rendent à la côte.
Le pays montagneux d'Aquapim est une contrée délicieuse, accidentée par des montagnes, des rochers et une grande quantité de sources qui manquent absolument à la côte; 1a végétation y est toute autre (£) ; les palmiers de la terrasse littorale ont disparu, mais le ciprier (le palmier dont on tire du vin) et l'aroira de Guinée (étais guincensis ) y croissent en abondance. On ne trouve plus ici d'eléphans. Le climat qu’on pourrait comparer à celui d'Italie est sain et très-tempéré ; l’air qu’on y respire est bienfaisant et pur, comparé à la chaleur étouffante des côtes ; aussi les nègres de ces montagnes sontils bien différons de ceux des côtes. Plus noirs que ces derniers ils sont d'une belle taille, trèsagiles, actifs et laborieux, hospitaliers, prévenons , doux et honnêtes. Malheureusement c'est ici que s’est terminé le voyage d'isert.
On doit considérer la contrée d'Aquapim comme la première élévation ou i’avant-lerrassc des pays de montagnes plus élevés, situés au
(1) P. B. Iserl , Neae Brise nich Gaine, in dc:i Zjbrcn 1788-1787. Berlin, 17B0, P,;. 23S
(2) lier!., Ibid., psg. 231.
BORD OCCIDENTAL, CÔTE-D’OR
nord , et sur lesquels on nous a communiqué dans ces derniers temps quelques relations trèsdétaillées. Isert trouva les habitant de cette terrasse d'Aquapim dans l’etat primitif de bonheur et d’innocence et en possession des biens les plus précieux de la nature. Isert voulut fonder une colonie au nom du gouvernement danois. 11 irait choisi une Ile du Rio Volta pour siège du nouvel établissement ; mais voyant que les naturels s’opposaient à son projet, le philanthrope voyageur se rendit dans les montagnes d’Aquapim et choisit un pays appartenant au roi des Aquamboens qui , jadis très-puissant, ne possède plus aujourd’hui qu’une contrée de peu d'étendue à l'E. d’Akim. Isert établit sa colonie dans une contrée très-salubre, mais peu favorable au commerce, 13 milles géogr. audessus d'Akra, à une égale distance du rivage septentrional du Rio Volta qui est navigable jusqu'à la hauteur de la colonie, et à 6 milles géogr. du Pony, petit fleuve où l’on navigue avec des canots. Cet établissement sera à jamais fameux, carc’cst là qu'lsert rassembla, en 1792, les premiers nègres affranchis au nom du gouvernement danois et les Ht civiliser et instruire par des Européens. Des colons allemands y introduiront les premiers l’usage de la charrue (1). Le botaniste colonel Roer s’y rendit après la mort d’Isert; Flint, successeur du noble et généreux fondateur de cette colonie en établit une seconde plus près d'Akrah ; il était accompagné de sa soeur qui s’était chargée d’apprendre aux négresses à filer le coton et d’autres ouvrages de femme. Nous déploronsde ne pouvoir donner aucune nouvelle sur les progrès et l’état actuel de ces établissemens qui font tant d'honneur à l’humanité.
2’ Éclaircissement.
Côte-d'Or, d'après les dernières relations.
Depuis la découverte de ce littoral parles Portugais jusqu’à nos jours, l’or et le commerce d'esclaves y ont seuls attiré les Européens; aussi ne possédons-nous que très-peu de documens scientifiques sur la nature et l’ethnographie de res contrées qui toutes sont gouvernées par un nombre infini de petits despotes jaloux les uns des autres ; nous sommes redevables du peu de connaissance que nous avons de ce pays, en
f t> Widstroem, F.mt on eolontssl. Iwd. 1794, I. Il, P. 175. Itaincr, SnctirlcOler, p»S. 91.
partie aux voyageurs dont il a été question dans les pages précédentes, et en partie aux recherches qui furent provoquées par la compagnie anglo -africaine. H. Mereditb qui y séjourna longtemps en qualité d’officier et ensuite de gouverneur de Winnebah, et Bondicb(l) qui fut envoyé comme ambassadeur à la cour d’Ashanti, nous ont donné les meilleures relations sur la situation toute nouvelle des peuples et des états de la côte. Meredith surtout s'efforça de démontrer^) que, par la bonté de son sol et la salubrité du climat , la Côte-d’Or de Guinée l'emporte de beaucoup sur les Indes occidentales, et qu’une colonie établie dans cette contrée serait d’un immense avantage pour l’Angleterre. I,e sol est toute l’année régulièrement arrosé; les vents de terre et de mer rafraîchissent alternativement l'air de leurs brises et l’harmonie du climat n’est jamais troublée par ces ouragans terribles qui , dans les Indes occidentales , détruisent en un instant les plantations. l,a terre surtout,» quelque distance du rivage , est beaucoup plus fertile , plus propre à la culture que cette contrée coupée dans tous les sens par les torrens qui descendent des montagnes. Les plantations, une fois établies sur la Côte-d’Or, récompenseraient largement les travaux des cultivateurs ; les produits indigènes , les plantes de toute espèce qui couvrent les vallées, les métaux des montagnes feraient encore de ce pays l’un des plus riches et des plus plus fertiles de la terre.
Toute cette côte porte généralement le nom de Côte de Guinée, depuis la construction du fort Elmina (5) par les Portugais , parce que le roi de Portugal prenait alors le titre de seigneur de Guinée; elle s'étend indéfiniment et, suivant l'opinion ordinaire , elle commence à l'ouest du cap Palmas, au 10“ de longitude E. de l’Ile de Fer; la Côte-d’Or n’en est qu’une partie. Suivant Meredith (4). cette dernière commence Ï0 milles marins anglais à l'ouest du cap Apollonia et s’étend à l'E. jusqu’à Akrah, entre le 4“ 40’ et
Çl) Uv. rowdlch, Mission froon cap coast-CssUc to Asban tee wîib a atalUlical accounl of UuL kingdom and rcographicai notice* of oibcr parts of U»e Interior of Africa. London, 1819, in-4°.
(2) Henr. Bcredilh Bomber of the council and jjoreroor of Wlnuebab fort, Ao arcount of tbe Cold Coaitof Africa wlih a brlef hisloryof tbe Africancamp <njr. Loudoo, 1812, ln-8». Introduct. p. IV.
(3) B. Murray, Bisl. accounl. V. p. 83, d’aprt» De Barrot, Alla, 1. 111, P- 8.
14) B. MereJlîb, ch.!, p. 2.
UAITE-AFEIQI'K : IV* DIVISION, J 18.
le S” 40’ lat. nord , comprenant ainsi un espace de 32 mille géorgr. en longueur. Bowdich lui donne une plus grande extension à l’ouest et h l’est (1 ) et pense qu'elle comprend bien un espace de 70 mille géographiques, depuis le fleuve d’Assini jusqu'au ltio Voila.
La côte vue de la mer, présente l’aspect d’une grande forêt non interrompue, terminée par un pays monlueux (2) dont les élévations avancées sont couronnées de groupes d'arbres. Les vallées sont fertiles et bien cultivées; le long de la côte, aussi loin que s’étendent les prossessions européennes , le sol est d'abord sablonneux et couvert de cailloux ; mais plus ou avance dans le pays, plus il devient fertile , et à un mille de la côte, il offre déjà la végétation la plus riche et la plus variée. Les côtes d’Afrique depuis l’Égypte jusqu’au Maroc, et de là jusqu'au Cap, sont généralement couvertes d’un sol aride et sablonneux, à l'exception de la Côte-d'Or et du Delta du Nil, contrées que Meredith met au nombre des plus fertiles de la terre. Dans l’intérieur, le sol est pendant toute l'année plus humide, plus fécond qu'on ne le suppose ordinairement; les vallées s’étendent dans toutes les directions, et les cours d'eau qu'elles contiennent arrosent abondamment le pays et forment souvent même des marais; dans d'autres contrées, d’épaisses et impénétrables forêts antiques et vierges couvrent encore de leur ombre séculaire une immense étendue de pays.
Le climat est moins ardeut (3) que dans le voisinage du grand désert de Sahara au Sénégal et sur lescôtes escarpées de Sierra Lrona. Meredilh trouva, entre le 15“ et le b° de lat. nord, un vrai climat des tropiques. Le même voyageur rapporte qu'au mois de décembre, époque où le soleil est le plus éloigné du tropique du Cancer, le thermomètre s'élevait jusqu'à 93 degrés dcKarenh. sur les bords du Sénégal (16° lat. N.), et jusqu'à 98 degrés à Sierra Leona (8” lat. N.); au cap Coast-Castle qu’on regarde comme le point le plus chaud de le Côte-d'Or, le thermomètre varie ordinairement entre 815 et 93 degrés de Farh.; suivant Meredith , il ne s'éleva qu’une seule fois à 93 degrés. Dans les contrées de l’E. la chaleur dépasse rarement 87 degrés; à Winnebah elle diminue sensiblement depuis le mois de juillet au moisdeseptembre; dans cette saison,
(1) Duwdich, Million, etc., pag. 210.
(2) Mercdlih, Atcount, pif . 18.
(3) aeredllb, Account, pag. 2.
le thermomètre ne monte jamais au delà de 78 degrés de Farenh.; souvent il s’abaisse au-dessous de 74°. Comme dans toutes les contrées situées sous les tropiques , on ne connaît ici que deux saisons (1), la saison sèche et la saison humide; la seule différence qui distingue cette côte c'est que la saison humide revient deux fois par an, à la fin de mai et à la lin d’octobre.
Les F,uropéens ne possèdent que quelques forts sur la côte, dans la partie la moins fertile de ce beau pays ; à l’exception de la généreuse tentative d’isert, ils n’ont pas essayé encore de fonder des colonies dans l’intérieur, ou seulement d’y faire un commerce quelconque; cependant les Portugais ont montré sur la côte de Congo , qu’il n’est pas impossible de fonder des établisscmcns sous les tropiques. Meredith presse ses compatriotes avec instance de fonder une colonie en ces lieux et de venir utiliser une nature si riche et si féconde. Les établissemens des Européens sur la côte n’ont été jusqu’à nos jours que des factoreries pour l’échange de l’or et des esclaves; on les trouve presque toutes situées à côté des habitations des indigènes et protégées ordinairement par un fort. Ces comptoirs fortifiés ont subi tant de changcmens dans leur fondation , leur développement et leur décadence ; les intérêts politiques des négocians «le nations si différentes donuèrent naissance à tant de querelles et de guerres, qu’il n’est pas étonnant que, pendant plusieurs siècles, les résultats du commerce des Européens sur cette côte aient été aussi stériles pour la géographie et la science.