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Habitations de la côte

Nous n'avons eu jusqu’à présent qu’une idée très-imparfaite des habitations de la côte ; mais les relations des derniers voyageurs ont jeté quelques lumièressur plusieurs points importans de ce littoral. On cite comme centre de la Côted’Or la forteresse anglaise Cap Coast Caslle (2) , dans le territoire d’Affetlo; les indigènes l’appellent Igwa; selon Ludlam et Dawes, commissionnaires du gouvernement en 1810, celte forteresse est située au 3“ 6’ lat. N. et 1“ 81’ long. O. de Gr. Les Anglais la regardent comme une position très-importante. A l'E. , est situé le pays

(1) Meredith., pag. 6 et 7.

(2) Meredith, acc. , pag. 93-5 29. Cow-iich , xitelee, Pat»- *10.

BORD OCCIDENTAL, CÔTE-d'o».

des Fantis. dont nous parlerons plus tard; la côte d'Ahanta à d’Apollonia à l’O. est couverte d'une suite d'établissemens dont voici les plus remarquables :

1. Elmina (1). Ce fort, la possession la plus importante des Hollandais etappelé Addina par les indigènes , est situé dans une péninsule , à l'embouchure d'un petit fleuve, sur lequel est construit un point. Quoique peu considérable, cette rivière porte cependant des vaisseaux de 100 tonneaux que l'on peut décharger jusque sous la protection du fort.

Le fort, bâti par les Portugais en 1481, est de forme quadrangulaire; les Hollandais qui en firent laconquête en 1637, en enlevèrent un nouveau, celui de Conradsbourg ou St-Jago, h une portée de fusil du premier; il servit h renforcer l'ancien appelé alors Si-Georges dei Slinu , et en devint l'auxiliaire et la clef. En 1641, le Portugal céda toutes ses possessions sur la côte de Guinée h la compagnie hollandaise des Indes- Occidentales; depuis lors, cette compagnie voulut s'arroger la possession exclusive de tout le littoral, depuis le cap Palmas jusqu'au cap Lopez, et s’appropria en même temps le monopole du commerce sur la Côte-d’Ivoire, la Côted'Or et la Côte-des-Esclaves. Elmina devint le principal établissement des Hollandais et leur meilleur fort. Mais leur commerce a beaucoup perdu depuis quelque temps. Le fort n’a que 130 hommes de garnison et près de 900 esclaves, parmi lesquels on trouve des artisans et des ouvriers très-habiles. La ville d'Elmina située immédiatement auprès du fort, a une population de 10,000 babitans, en comptant les femmes et 1rs enfans. Les hommes sont au nombre de 3000. Ce sont pour la plupart des commerçans et des pécheurs, un dixième environ se compose d'ouvriers habiles, de maçons, de maréchaux, de charpentiers, de marins , etc. Le pays environnant est ouvert, plane, uniforme; plus avant dans l'intérieur il est couvert d'eaux stagnantes et d’épaisses forêts. La ville a beaucoup perdu depuis les guerres contre les Ashantis qui, en 1807, menacèrent le fort d’Elmina.

2. Conmenoa est un poste militaire anglais et hollandais, h S milles géogr. et demi h l’O. d'Elmina; le poste hollandais a été détruit dans la guerre d’Amérique.

(1) Bowdicb, «iMtoa, pag. 214. «crédits, Acc.,p»s 81- 93 vt Report oC tse dlrcctor» ot tse AfrlCJn Institution. LonU. 1818, 1819, 1880.

3. Diana (1) ou Assetna est situé h 9 milles anglais de Commenda, h l'embouchure du Boutempra, où se trouve une lie avec un chantier pour la construction des canots. Le colonel Starremberg essaya tle remonter le fleuve , mais après trois jours d'efforts, il fut arrêté par des rochers et une grande cataracte que les babitans du village vénèrent comme un fétiche. Les Hollandais ont, non loin de là, un petit fort appelé Sebastien.

4. Sacoundi ou Souccondi (i) est la première ville qu'on rencontre dans le pays d'Ahanta, en venant de l'E. ; c'est la partie la plus riche de toute la Côte-d'Or. De là au cap des Trois Pointes ( Three Points) , le pays est très-propre h toute espèce de culture (3) ; il est habité par un peuple paisible et agricole au milieu duquel les colons européens peuvent s'établir facilement et sans danger. La côte contient beaucoup de creeks et de ports naturels qu’on trouve plus h l’O. Le pays est couvert de magnifiques forêts dont les arbres sont propres h la construction des vaisseaux, et abonde en toutes sortes d'espèces de bois précieux dont on ne fait aucun usage, quoiqu'ils ne le cèdent pas en valeur il l’acajou. Le sol est fertile et les végétaux des tropiques y croissent arec facilité et en abondance. Les Ashanta sont les nègres les plus laborieux de la côte ; ils ne connaissent pas la disette, les champs sont partout cultivés, et on y récolte en abondance du froment, du riz, du mais, du vin de palmier et de l'huile de palmier. Les femmes et les hommes montrent la même activité , la même ardeur au travail ; chaque habitant de la ville a sa campagne et ses plantations qu'il cultive arec le plus grand soin. On trouve aussi dans cette contrée plusieurs mines d’or qui sont toutes gardées par des fétiches; les babitans n’ont jamais songé à les exploiter. Les contrées voisines H'arsmo et Dinkara contiennent les mines d'or les plus abondantes de toute la côte; le pays de Dinkara surfont, tributaire du roi des Ashantis, produit l'or le plus fin. La puissance du roi d'Ahanta est limitée par des chefs du peuple; le peuple est bon, indépendant, mais moins hospitalier et moins soumis que ses voisinsde l'O., les Apollonicns; mais on ne trouve pas chez eux les usages infâmes de leurs voisins de l'E., les Fantis. Près de

(1) Keredltb, pag. 77. Bowdlcb, pag. 216.

(2) Xereiiitb, pag. 73.

(3) Xercüiib, pag. 74.

igitized Dy VjOOglc

la ville de Soucrondi on aperçoit 1rs débris d'un fort anglais que les Français détruisirent dans la guerre d’ Amérique ; non loin de là est un fort hollandais appelé Orange; il est situé sur un rocher au-dessus de la mir, et celle station offre un lion port pour les petits vaisseaux marchands. Les Hollandais (1) sont généralement les plus puissaus sur toute cette côte, et ils y ont l'avantage sur toutes les autres nations par le grand nombre et la situation avantageuse de leurs factoreries qui sont construites sur des éminences près des fleuves.

1$. Taccorary est un fort hollandais situé à 4 milles anglais à l'O. et entouré d’écueils dangereux, qui sont en partie à découvert pendant le reflux.

C. Houtrie, petit fort hollandais, appartenant autrefois à la compagnie de Brandebourg, est situé à 9 milles angl. à l'O. du précédent, sur un petit fleuve qui contient de l'or.

7. Hix-Cove (2) ou Itfouma chez les indigènes, fort considérable, à 3 milles anglais à l'O. de Boutrie, est le seul que les Anglais possèdent dans le pays d'Ahanta; il est très-bien situé, à l'entrée d’une pr tilc baie , où des vaisseaux de 30 à 40 tonneaux peuvent mouiller en toute sûreté. La contrée d’alentour est fertile et abondanteen bois decharpenle et en roches calcaires. Non loin de là, dans l'intérieur du pays, est situé Houssouœ , capitale d'Ahanta.

fl. Accoda , petite possession hollandaise, non loin de llix-Cove, à l'O. A une lieue de là, se trouve le fort llollandia.

9. Hollandes (3), est situé tout près du cap des Trois-l’ointes. Il appartenait autrefois ainsi qu'Aceada, à la compagnie de Brandebourg et portait alors le nom de Fort-Royal Friedrichsb'iurg. Ces possessions étant devenues à charge à Frédéric-Guillaume l", elles furent vendues , en 1720, aux Hollandais qui, en dépit du contrat, se virent forcés de s'emparer du fort à main armée ; ils lui donnèrent depuis le nom de fort llollandia , mais voyant par la suite que les frais de réparations seraient trop grands , ils l'abandonnèrent.

10. Axim (4), fort hollandais, situé à l’O. du fort llollandia , sur le bord oriental du fleuve

(lj Mcrcililh, pag. 76.

(2) Mered ih, pag. 72, 76 Bowdich, psg. 215.

(3) Nureti.ili, pap. 71. Eichburn, Cociitcuic «1er drei Içixlen Jahrhnndnre, fl* vol., pag. 340.

(4) Mc-rcdüli, . 70. BowJlcIr, |*a$ 206.

Ancobra . Les Portugais donnèrent à ce fleure le nom d’ Ancobra, qui signifie serpent , à cause de ses nombreux sinuosités ; les nègres l’apprllent Seinna; . -dessus d'Axitu le fleuve est parsemé de rochers l l’on ne peut y naviguer qu’avec des canots ; il n’est pas large , mais profond.

Les Français établirent une factorerie pour l'exploitation du commerce de l'or , à vingt millrs hollandais dans l’intérieur, mais bientôt leur commerce excita la jalousie des Hollandais, qui les en délogèrent et fondèrent , en 1700, le fort misa Carthage , point où l’Ancobra cesse d'ètre navigable. Le colonel Starremberg trouva le fort en ruines; il parait que le commerce de l'or, autrefois si lucratif, n'est plus aujourd'hui très-important.

On donne le nom à' Axim à toute la côte que parcourt le fleuve, en particulier à la contrée où est situe le fort hollandais de St.- Antoine , sur l’élévation la plus occidentale du cap des Trois-l’ointesfrAree Points). Celte situation est très-belle , très-forte et elle offre un bon port naturel. Le fort, élevé par les Portugais, fut conquis plus tard par les Hollandais, qui y établirent leur vice-présidence. Leshabiiaosd'Axim parlent un dialecte de la langue d'Ahanta.C'est au fleuve d'Aneobra que se termine la contrée accidentée et boisée avec le pays riche et fertile d'Ahanta. On entre à l'O. dans la contrée d’Apotlonia , pays plane et abondamment arrosé; mais la côte est presqu'inaccessible parce que de furieux brisans empêchent l'abordage.

11. Apolloxia (I). On a donné ce nom au principal fort de la côte A'Amanahea , située entre l’Ancobra et le fleuve i'Assin. Apollonia est le fort le plus occidental de la Côte-d'Or. A une lieue dans l'intérieur se trouve un grand lac d'eau douce, dont les bords sont habités par une colonie de CAama/i qui s’y sont réfugiés. La contrée sur laquelle débordent, dans la saison des pluies, une infinité de petites rivières, est très-fertile; elle produit du riz, du mats, des ignames, des cannes à sucre, des cocos, et quatre espèces de palmiers qui servent aux babitans de nourriture et de boisson. Les forêts produisent du bois excellent pour la construction des vaisseaux, et sont remplies de singes, d'élépbans et d'oiseaux de toute espèce. On n’y rencontre que très-peu de troupeaux. Il n'y a ni ports, ni lieux d'abordage sur les côtes, aussi

(t) NtTCtlJUi, pag. 52 60. Dowdicb, pag 344.

BORD OCCIDENTAL, CÔTE-b'o*.

les habitans sont-ils privés «les avantages ilu commerce. 11 n'y a que les marins les plus habiles qui hasardent de franchir, sur leurs canots, les brisans de la côte pour faire en haute mer quelque commerce avec les vaisseaux marchands qu'ils rencontrent. Le royaume d’Apollonia, comme presque tous les états de la côte , n’a pas de limites fixées. Le roi est un despote absolu; il protégea de tout son pouvoir les Anglais contre les Hollandais qui s'etaient attirés sa haine par leurs invasions. Les Anglais y ont un petit fort; ils exportent de ce pays de l’or, de l’ivoire, du riz, du |H)ivre, de l’huile de palmier, et y importent de la poudre, du plomb, du fer, des armes h feu et des produits de manufactures indiennes et anglaises. Le commerce est absolument libre et aucuns dangers ne l’entravent. Il est d'usage que chaque commerçant fasse annuellement un présent au roi. Avant de commencer un commerce quelconque dans le pays, tout marchand offre un don au monarque pour acheter ainsi sa protection. L’armec du roi se montcù HXK) combattons. Les habitans d’Amanahea sont bien faits et d’une taille élancée; ils n’ont pas, comme les autres nègres , les lèvres pendantes , et le nez aplati. Ils sont polis et très-hospitaliers, mais le despotismeafireux qui pèse sureux les rend trèsréseirés et timides. Le royaume d’Amanahea a 4 à S milles géog. de largeur et 30 de longueur sur la côte.

13. Le Cap Coast-Castlb dont nous avons dejh parlé plus haut, h 9 milles anglais d’Elmina , est le Cabo Corso des Portugais, nom que les Anglais ont changé en celui qu’il porte h présent. Le cap Coast-Castle est comme la capitale de toutes les possessions anglaises sur la Côted'Or (1). Bâti par les Portugais, il fut cédé aux Hollandais, qui, en 1663, en furent dépossèdes par les Anglais. Le fort , très-bien construit dans l’origine, et situé sur un rocher, a été très-fortifié par ses derniers possesseurs ; il est défendu par 90 canons, et presque imprenable du côté de la mer. Les plus grands vaisseaux arrivent jusque sous les murs du fort. Le côté qui regarde le continent est dominé par plusieurs éminences et par conséquent plus faible. La garnison ne se compose que de 40 soldats dont chacun fait un petit commerce; elle se compose en outre de 80—100 ouvriers , mais cette garnison ne serait pas en état de defendre la forteresse contre uue attaque sérieuse, et il faudrait, eu

(1)lcrt<lltb, p»f. 93-96.

cas de siège, au moins 300 hommes de plus. 1000 hommes de troupes suffiraient pour assurer aux Anglais la domination sur la côte. Cependant ce fort n’est pas , h beaucoup près , aussi important qu'Elmina. Les fortifications ne sont pas en aussi bon état et la garnison est moins nombreuse. On n’y trouve pas d’eau fraîche; il y manque de plus une église, un hôpital et un lieu de sépulture convenable. Les nègres voisins ont une grande vénération pour leurs morts et les enterrent dans leurs propres demeures.

La ville (1) , forte de 8000 habitans , est située immédiatement derrière la forteresse, et elle est entourée d'un si grand nombre de villages qui en dépendent, qu’elle pourrait, en cas de besoin, mettre sur pied une armée de 6,000 hommes. Le pays appelé Feinu, est placé sous un gouverneur particulier, qu’ou nomme Dry. et qui est plutôt un prêtre fétiche qu'un roi. Le pays est gouverné par les chefs des villes, d’après les lois et les usages des Fantis. Jadis le commerce était beaucoup plus inqiortant qu’à présent, et l’espace entre le cap Coastet Accrali formait le grand emporium de la Côte-d’Or. On était assuré du débit et d’un bénéfice considérable; tous les habitans des villes et des villages faisaient le courtage. Les habitans se livrant exclusivement au commerce , les environs sont restés saus culture et couverts partout d’immenses forêts. En 1811, le gouverneur anglais y a établi les premières plantations et les premiers jardins , où il essaya de naturaliser des plantes et des fruits européens. Les femmes s'occupent h laver la poudre d'or qu'on tire de la terre.

13. Moum [Voorec) , situé à quatre milles anglais de Coast-Castle , sur une hauteur couverte de forêts ; on y remarque un fort hollandais qui porte le nom de Piassau.

14. Akkahaboe (3), h hait milles anglais de Coast-Coastle , li l’E., est la principale forteresse anglaise de la côte ; elle est défendue par 30pièces de canon. Cependant elle n’est pas absolument h l’abri de toute attaque, car elle est dominée par plusieurs éminences. La côte est hérissée d’écueils, et par conséquent très-difficile h longer. Annamaboe était autrefois le principal marché d’esclaves de la côte; il y avait toujours 30 h 30 voiles h l'ancre qui appartenaient à toutes les nations de l'Europe. La ville passait pour la plus grande, la plus riche et la plus florissante de la

(I) Bcrodllh, pas 119120.

ta) BercOt' h , pag. 129. Bywdicb, p. 218.

côte. Elle compte 10,000 habitons, qui sont en dissensions continuelles entre eux.

18. Corxahtihb (1), fort hollandais situé h 3 milles anglais du précédent, fut le premier que les Anglais élevèrent dans le 17' siècle. L’amiral Ruy ter s'en empara en 1 663, et depuis lors il est resté au pouvoir des Hollandais. En 1807, Coritianline fut pillé par les Asbantis. Le fort porte le nom A' Amsterdam.

16. Tartuhquerry , situé à 6 milles marins de Cormantine, sur une hauteur, présente un abordage très-dangereux entre deux rochers. Tantumquerry formait autrefois la limitedu pays des Fantis et ses habitans ont conservé les moeurs et les usages de ce peuple. A quelques lieues de là se trouve le petit fort hollandais A'Apam ou A'Apang qui, en 1811 , fut surpris par les Ashantis.

17. Wirkebah (3) ou Simpah , comme l'appellent les indigènes ( les Fantis ) , est situé sur une petite élévation , et le climat y est très-sain; on y trouve , h l’E., un courant d'eau douce. I.cs Anglais y ont un petit fort et cette station olfre un bon mouillage. Les environs présentent à la vue une vaste et riche contrée, ornée de magnifiques bouquets de bois. Les habitans parlent la langue d’Affoutou, La forteresse est un peu plus grande que celle de Tantumquerry , mais elle n'a que 7 hommes de garnison ; il en faudrait au moins 30 pour la défendre. Le peuple des environs est sauvage et méchant ; ils détestent les Européens dont ils ne connaissent que trop bien la faiblesse. La ville qui compte 4000 habitans, était autrefois la plus peuplée du pays d'Agouna ( Agoona ) qui s'étend , h l'E. , et confine , à l'O. , b Afoctou (Fetou, Foutou ). Maintenant cette ville est dans un état de décadence complète.

18. Berracok situé à l'E. b trois milles marins de Winnebah , est un fort hollandais ; les nègres appellent la ville adjacente Scnniah ou Senia/i.

19. Accrah (3) situé au 8° 3V lat. N. et au 0° 10’ long. O. de tireenw. , suivant Bowdich (O» 88' long. E., selon Meredilli) etb 9 milles marins de Berracoe , est un petit état indépendant appartenant autrefois b Aquamboe. La contrée passe pour une des plus romantiques et des plus salubres de la Côte-d'Or, et le climat y est frais et tempéré; mais le blé, l'igname, le pisang et

(t) XcmMA, p»g. 170. Bowdicb, pas. 218. (2) ■crédits, pas. 172.

(3; IcrcdlIS, rat. 189.

les cannes b sucre ne pourraient y croître, parce que le sol est trop léger et trop sablonneux. Accrah est le seul endroit de la côte qui entretienne des relations commerciales avec les pays de l'intérieur. Les braves Ashantis le visitent très-souvent ; l'industrie, le bien-être et la civilisation sont bien plus développés b Accrah que chez aucun de leurs voisins. Nous y connaissons trois forts, dont l'un appartient aux Anglais, l'autre aux Hollandais et le troisième aux Danois. Celui des Anglais James Castcll serait très-fort, s'il avait une garnison; 80 hommes suffiraient pour le défendre. Ce fort a un avantage qui manque b tous les autres ; la ville des nègre en est située b quelque distance , ce qui le rend plus commode , plus propre, et plus sain; toutefois l’abordage y est très-dangereux. Le fort hollandais t’re te coeur fut détruit dans la guerre d’Amérique. Le fort danois Christiansburg , construit par les Portugais , tomba , en 1637 , au pouvoir des Danois et devin t le centre de leurs trois autres forts, dont l’un est situé b 8 milles géogr. b l'E. et les deux autres sur la rive gauche du Rio-Volta. Les possessions danoises se distinguent en ce qu'elles renferment des plantations et des champs cultivés. Les Danois sont les premiers Européens (1) qui ont aboli la traite des nègres, élevé des plantations et fondé des institutions pour l'éducation des indigènes. Us ont plus fait que toutes les autres nations et surtout beaucoup plus que les Anglais pour l’amélioration du sort des malheureux nègres.

En 1811 les Ashantis protégèrent Accrah contre les invasions des Fantis. Les Asbantis parlent la langue d'Accrah, différente de la langue des Fantis et parente de celle d'Affoulou. Elle est comprise, dit-on, jusqu'au Rio-Volta, ce qui fait que plusieurs auteurs l'ont cru indigène près de ce fleuve.

£0. Pram-Pham (S) est un petit fort anglais b l'E. d'Accrah ; il tient son nom d'un fétiche qui est en grande vénération dans ce pays.

31. Ni.vgo, b 8 milles géogr. de Christiansbourg, est encore plus b l’E. que Pram-Pram. Au delà de N ingo et de Christiansbourg, se trouve le pays de t'robo , dont le chef est un puissant roi ou Kakosir ; c’est 1b qu’est située une trèshaute montagne qu’on aperçoit de 4 b 6 railles géogr. en mer et dout la cime semble, quand le

(I) Mcreditb, I»|. 280.

(2,1 xercdlUi , psg. 200.

BORD OCCIDENTAL , CÔTE-D’OB

cid est serein , couverte d’une seule couche de neige.

22. Quita, et 23, Adda, deux petits forts danois. Ils sont situés l'un et l'autre près de l'embouchure du Rio-Volta (1) qui coule à travers le pays de Karrapa , appelé Crobs ou Krepe par les Européens et qui, àen juger par son cours rapide , semble venir de montagnes éloignées. 11 est très-dangereux, pour les petites embarcations, des'approcherde l'embouchure , pendant la saison des pluies, parce que la mer y précipite ses flots avec violence; c’est le séjour perpétuel des hippopotames. Mais quand même les eaux du Rio-Volta n’offriraient aucun obstacle h la navigation , il serait toujours impossible d’entrer dans son embouchure h cause des bancs de sable et des rochers qui en ferment partout l’entrée. Le colonel Starremberg s’embarqua au-dessus de son embouchure (2) et le remonta jusqu'à 12 milles géographiques de la côte , sans rencontrer aucun obstacle; il apprit des naturels que le fleuve est navigable jusqu’à Odenti { Odentee ), 11 journées de marche de la côte. D’Odenti où l'on rencontre de grandes cataractes, jusqu'au grand marché de Sallagha, situé égalementsur le Rio-Volta, on compte quatre journées de marche. Dans son cours supérieur le fleuve prend , suivant les informations de Bowdieh (3) , le nom d'Addiri et a dans le pays d'Inta, 560 pieds de largeur. On prétend qu'il prend sa source sur une grande montagne à 8 journées de marche au N. 0. de Boupi ( Boopee) ; les montagnes de Congo, dont celle qui donne naissance au fleuve fait partie, ne forment pas à ce qu'il parait une chaîne continue, mais sont toutes isolées.

24. Whida est la possession la plus orientale des Anglais sur cette côte; c'est de là que partit l'ambassade envoyée par le gouvernement de la Grande-Bretagne dans le Dahomey; Whydah, maintenant abandonné parles Anglais , est situé, selon Bowdich au 6° 14’ latitude N. et au 2* 31’ long, de Greenw. (4). La situation de cette possession ainsi déterminée , sert à Axer la direction du Lagos qui coule à l'E. de Whidah.

Sur la rive orientale du Lagos est situé le royaume de Kosie (3). Les habitans de ce pays

(1) Beredltb, pip. 203. Bowdich, pag. 221.

(2) Bowdich , pag. 176.

(3) Bowdich, alMioo, pag. 170.

14) Bowdich , pag. 222.

(6) Bowdich , pag. 226.

gardent avec un soin extrême les rives du fleuve, ils coupent toute communication avec l’intérieur et surtout avec les marchands de Houssa, afin de jouir seuls des avantages du commerce. L'ne tentative faite par les Européens pour remonter le fleuve, a échoué complètement. Les canots du Lagos sont plus grands et mieux construits que tous ceux qu’on rencontre le long de cette côte; ils ont même des cajoles et contiennent jusqu'à 100 esclaves. Un homme venu du royaume de Kosie raconta qu'on y transporte par eau tous leurs esclaves. La Karhala (1) , rivière assez considérable qui fut découverte dans les montagnes de Congo, sous le 10° lat. N., est vraisemblablement un des grands afiluens du Lagos.

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