C. L’ Atmosphère
Dans la dernière moitié du XVIII"'* siècle , les savans ont fait , dans le domaine de l'atmosphère, des recherches très-remarquables, et leurs travaux , presque toujours basés sur des faits, sont devenus une riche source pour la géographie comparée.
Les astronomes , commo La Place, Olbers, Brandcs, Bcnzcnberg, déterminèrent les bornes de l’atmosphère en hauteur , par leurs observa-
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lions el leurs calculs sur la réflexion des rayons lumineux, la courbe des airolilhes, et des étoiles tombantes. En s'élevant sur les hautes cimcsdo la terre à l’exemple de Saussure , do de Luc, de llumboldt et d'aulres; en descendant dans ses plaines , ses abîmes, on essaya encore d'obtenir sa dimension physique. D'autres, comme 11 oberslon, Jungius, Gay-Lussac et Biol, essayèrent , par des ascensions en aérostat , de pénétrer dans le siège même du climat qui entoure partout la terre, comme d’un léger tissu.
Mais les faits les plus importons sont ceux qui résultent des observations barométriques, et plus encore, des essais qui furent tentés pour mesurer les hauteurs, h l’aide du baromètre. Pascal lui-même qni , en 1648 , vil le premier, au Puy-de-Ddmc , de quelle importance était le vide de Torrirelli pour la comparaison des niveaux les plus éloignés, ne pouvait deviner, pas plus que Scheuchzer qui en fit l'application (1708) sur les Alpes , dans une snite d'observations encore très-imparfaites, à quels immenses résultats amènerait le baromètre perfectionné aujourd'hui dans sa construction et son usage, parles mathématiciens, les physiciens , les naturalistes et les mécaniciens. Sans cet instrument, la géographie comparée serait encore dans son imperfection première, la végétation el le climat seraient entièrement isolés; aujourd hui , à l'aide de l'hygromètre cl du thermomètre, ils s'expliquent l’un par l'autre, dans leurs racines , et ont, pour ainsi dire, trouvé leurs exposans, de sorte que la somme totale des variétés peut sc résoudre, pour tous deux, en leurs principaux facteurs.
Chaque progrès fait dans la construction et l’emploi de ce merveilleux instrument, fut toujours suivi de la découverte de phénomènes nouveaux, dans l’air et la terre , et devint ainsi une source inépuisable de faits pour la géographie physique.
Les expériences faites par Townlcy , d’après Mariollo et Eoyle, sur les couches barométriques, conduisirent à découvrir les diflèrens
rapports de la densité des couches de l’air. Iïalley sc servit de cette découverte pour perfectionner les formules barométriques.
Piclet le premier fit des expériences comparées, qu’il continua pendant plusieurs années , sur la température de l'air etde la terre. Il expérimenta, immédiatement au-dessus de la surface de la (erre, sur des stations de quelques lignes, puis sur des stations de cinq en cinq pieds jusqu'à une hauteur perpendiculaire de soixantequinze pieds. Ces expériences expliquèrent les phénomènes les plus importans pour la végétation , surtout ceux do l’évaporation , de la formation de la rosée et des brouillards , de la chaleur directe et réfléchie des rayons du soleil et de son rapport avec l'ombre ; il éclaira ainsi le rapport singulièrement inégal , et cependant toujours constant, delà chaleur avec la lumière, dans les périodes successives de jour el d’obscurité que présente chaque révolution diurne «le la terre. Le commerce que nous entretînmes avec cet homme distingué , dans les vallées des Alpes, ses communications orales, ont fourni à cet ouvrage une contribution importante.
Les observations simultanées de de Luc, sur i'élat du baromètre, aux quinze stations du mont Salève, les applications plus étendues deSchuckburg el de Roy, introduisirent dans la gèogra. phie physique générale l’idée d’une température moyenne, appliquée au monde végétal , cl de la dilatation de l'air par la chaleur , pour expliquer le vent el d’autres phénomènes : les expériences de Saussure enrichirent ce système d'une multitude de faits nouveaux.
Les expériences barométriques de Kamond , faites avec tant de précision et d’exactitude, sur six stations de hauteur absolues différentes , cl à de petites distances horizontales, conduisirent, à la certitude mathématique d'un étal barométrique moyen, et portèrent à étudier le rapport des hauteurs absolues avec le uiveau invariable des côtes de la mer et de l’Océan.
Piclet le premier fil des observations barométriques à de grandes distances horizontales,
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mais à des hauteurs absolues égales. Wahlenberg poursuivit ces expériences , avec, la plus scrupuleuse exactitude, entre Vienne. Kæsmark et sur les Karpalhs ; il lescxposadans leur véritable jour, et Pictel essaya de les expliquer par des dessins graphiques. G. PfafT, parlcsapplicalions qu'il en fit en graud, sut lesreudre très-fécondes pour l’explication du climat , et conduisit à des solutions importantes sur la simultanéité et la succession de phénomènes météoriques qui s'étendent sur toute une région et même sur toute une partie de la terre.
Les observations barométriques successives faites sur le même lieu, consignées dans les tables de Studer à Berne et continuées pendant toute une vie d’homme , les travaux d’un grand nombre d’académies comparés entr’eux par La Cotte et Gronau, prouvèrent que les mêmes phénomènes ne se répètent, dans un ordre cyclique, ni en un quart de siècle, ni en un siècle. On vit par lé, que l’hypothèse » priori, qui n’est pas fondée sur l’observation et qui ne repose que sur l’opinion individuelle de son auteur, peut conduire à des résultats grands en apparence, mais souvent stériles. Lesobscrvationsdes académiciens françaissur les hauteurs de Quito, celles des Anglais dans les plaines du Bengale, justifiées par celles de Mutis et do Ilumboldl , aux côtes de Caraccas, expliquèrent tout à coup, d’une manière inespérée , les mouvemens réguliers et diurnes de l’atmosphère sous les tropiques : ces mouvemens furent observés , pour la zone tempérée, par Chiminelli, à Padoue, par Bamond, en Auvergne, par Buch, eu Allemagne, et les observations delJorner sur l’Océan les confirmèrent. Ainsi les pas les plus faibles, lesplusinscnsiblesfaitsdanslaconnaissance delà nature, amenèrent à d’importantes découvertes. Blinder , dans son voyage autour du continent austral , trouva , i l’aide du baromètre, la loi de l’influence qu’exercent le vent de mer et le vent de terre sur la pression générale de l’atmosphère. Il put ainsi dresser une échelle à l’usage du marin , par laquelle celui-ci calcule
la distance A laquelle il se trouve du continent. L’ascension du mercure dans le baromètre servit ainsi à s’orienter sur l’océan , comme ello servait déjà, sur le continent, à calculer la dimension physique.
C’est par le baromètre qu’on arriva à saisir , dans l’étude de la terre , la différence importante des hauteurs absolues et des hauteurs relatives, et plus lard aussi des plaines, quoique celle différence ait été peu observée jusqu’ici dans la géographie ; car ici , comme partout , on s’arrête plus à ce qu’il y a de grandiose , dans les choses et dans les sciences, et on se coutentc d’admirer les élévations déjà mesurées des plus hautes cimes de montagnes.
Quels immenses travaux a-t-il fallu pour exprimer en chiffres cette série de faits sur l’élévation des montagnes, tels qu’ils ont été exposés dans le recueil de Miltunbcrg ? Celui-là seul qui a fait lui même des recherches de cette nature, sur les Alpes, peut comprendre tout ce qu’on doit aux hommes qni y sont cités.
De Saussure, Alex, de Humboldt, L. Buch et leurs disciples utilisèrent les premiers ce travail de chiffres pour la science de la géographie, et en particulier, pour la comparaison gèuèrale des rapports du climat , do la géologie et de la végétation. On doit au dernier d’avoir, sur les traces de de Saussure, expliqué le phénomène des passes de montagnes; il bannit ainsi delà géographie comparée une multitude d’erreursel lui assura un grand nombre de vérités; car c’est là, cl non sur les cimes elles-mêmes, que les voyageurs ont pris leur point d’observation à l’est cl à l’ouest de 1a terre.
De Saussure, Buch, et le patient observateur Wahlenberg , comparant avec les flores des tropiques, celles de la Laponie, des monts Karpalh* et de l’Uelvètie , considérèrent les climats comme représentant les limites du monde végétal ; au moyeu de la température des sources, ce dernier détermina exactement la chaleur de la terre, et déroula ainsi à nos yeux, dans son ensemble géographique , le lapis aux
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ao
mille couleurs qui couvre la surface de la terre, l.cs efforts de ces hommes, éveillas par les travaux antérieurs de Scheuchzer, Tourocfort, de Saussure, Ramond , Townson , et les calculs de Kirwan, déterminèrent, au moyen du baromètre et des observations faites, depuis le cap Nord jusqu'à l'extrémité Sud de l’Europe, comme sur les hauteurs de la zone de l’équateur, le lieu précis où cesse toute végétation ; ils prouvèrent que la ligne des neiges éternelles est la limite de toute création vivante.
Nous devions indiquer ici l’influence des recherches dues au baromètre , comme un bâlou de voyage conduit le savant au milieu du monde confus des phénomènes. Le baroraèt re esl comme l’Âme de toute la disposition de cet oovrage. Le premier désir qu’il a éveillé, le désir tout matériel d’arriver au but le plus rapproché de la science, c’est-à-dire à la connaissance de 1 amètéorologie pratique, n’a pas encore été complètement satisfait, il n’a pas encore répondu à ce que l’homme lui demandait sur co point. Mais toute prognose est par elle-même stérile pour la scieuce ; elle semble plus relever de la curiosité égoïste quo d’une aspiration généreuse et purement humaine, à la vérité, parce qu'il lui manque résignation et confiance en la providence divine : aussi les efforts qui partent seulement de ce mobile ne reçoivent aucune récompense dans l’étude du monde. La tendance désintéressée vers la vérité , a déjà été couronnée, au contraire, dans plusieurs branches, d’une magnifique récompense , car elle a souvent ramené l’observateur au centre vivant et fécond de la science.
Sans nous étendre davantage sur les sources , il résulte déjà de ce qui précède , l’influence des résultats que nous avons conquis sur l’intelligence du rapport géographique de toulo la nature vivante. Si la disposition de cet ouvrage conduit çà et là à un point de vue intéressant, l’auteur en est redevable au commerce savant , et il pent le dire avec fierté , à ses relations amicales avec un grand homme, Th. Sommcring
qu’on peut appeler la gloire de son pays et de son siècle; il a déjà éveillé en d'aulres le pressentiment des mystères de la nature que sou génie a pénétrés dans leurs plus secrètes profondeurs.
I). Action des forces souterraines.
Passons maintenant au domaine du troisième élément el aux effets de scs forces cyclopéennes. La longue querelle des Neptunisles et des Vulcauistes a donné une activité plus grande au désir passiouné de détruire des opinions anciennes nu de créer do nouveaux systèmes ; elle a augmenté la force des recherches , et si elle n’est pas arrivée à des résultats satisfaisans pour elle-même, la géographie comparée, témoin de la lutte, y a gagné du moins une masse de faits non contestés, sur les phénomènes souterrains el sous-marins considérés isolément ou dans toute leur étendue.
Les temps modcrnesonl fait des pas imporlans pour concilier l’antique diffèrent; déjà cependant la vieille sagesse de l'Inde avait présenté les deux principes dans leur primitive harmonie; c’est le symbole de la fleur du lotos portant un enfant dans son sein et dont des flammes embrasent le calice et la corolle. La mythologie grecque renouvelle la querelle ; ce sont ses Dieux nationaux , Athéné dans l’Allique, Hélios à Corinthe, llêrê à Argos en guerre avec Poséidon. Le divin Platon , par sou mythe du Tarlare , dans le Phédon, attisa la chaleur du débat parmi les mortels. La conciliation définitive de la lutte , prouva, malgré tout, la justesse de celte scutence antique , que l’erreur aussi bien que la vérité servent également à instruire l’homme.
Les habilans de la Campanie et de la Sicile au sud, ceux de l'Islaude au nord, conservèrent avec sniu , dans leurs annales, l'histoire des volcans qui les avoisinent. P. Bouguer, La Condamine, Ulloa expliquèrent ensuite leur structure gigantesque, et firent connaître les activités
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volcaniques , moins interrompues dans leur action , que l’on rencontre au milieu du nouveau monde. Le tremblement du I" novembre 178S jeta, dans toute l’Europe, la consternation et l'effroi. La secousse la plus violente se Gt sentir À l’extrémité S. O. do l’Europe , depuis les murs de l’Escurial jusqu’à Lisbonne. Toutes les côtes de ta mer Atlantique furent ébranlées, le tremblement ce prolongea de Madère, par Maroc et Alger, jusqu’à Tunis ; tous les lacs, depuis Zurich jusqu’au milieu de l’Europe , tout le cours du Rhin jusqu'aux Pays-Bas, furent agités; le contre-coup se fit sentir de l’autre côté de la mer, à travers la Grande-Bretagne jusqu’au Loch Nefs dans la Scandinavie , jusqu’à Falun et jusqu'à Abo en Finlande. Mais bientôt arrivèrent de tous côtés les documens de Wotfatl , Sachctti, Ulloa, Stoqueler, Fowke , Hcberdeen , etc On sut que , dans le môme temps, la mer avait été agitée de secousses violentes aux Antilles, que deux jours après, des trembtemens de terre épouvantables avaient ébranlé les lies du Sund. Un volume entier fut rempli par les mémoires auxquels donnèrent lieu ces faits ètrauges. Revenus de leur premier étonnement, les savons bâtirent hypothèse sur hypothèse , et expliquèrent ces pbèuomèues, les uns par la physique, les autres pbysico-tlièologiquement. Stuckeley le premier, après lui, Viveuzio , et Dolomicu , observant les secousses èprouvèescn Italie; Michell, Franklin, William, celles qui se firent seulir dans le nord de l’Amérique , tentèrent d'élever ces faits à la théorie et déterminèrent la loi périodique et l'étendue des Ircmhlemens de terre.
Ilamillon décrivit les éruptions des volcans; Dolomieu et Ferrara les observèrent , connue naturalistes , daus leurs effets ; Breislack , dans leurs produits et leurs causes chimiques : de leurs recherches jaillirent de curieuses hypothèses.
Léopold de Buch sépara ce qu'il y a de fortuit , de ce qu’il y a d’essentiel dans la variété des arcidcus; il donna la mesure des grandes
périodes du phénomène , cl indiqua les quatre momens principaux de chaque période, les tremblcmens de terre précurseurs, l’éjection de la tave, l’éruption de la fumée et des cendres, l'exhalaison des moffettes. Dans les nombreux voyages qu'il entreprit en Italie, il détermina l’idée du volcan , tant à l’extérieur qu'à l'intérieur, sa structure, ses produits; il moulra son étendue sous-marine daus les couches de tuf de l'Epoinèo et sur le soi classique de la ville aux sept collines. II émit sur la formation de l’Auvergne une hypothèse hardie, qui déjà n'en est plus une aujourd’hui , car Weiss lui donna la confirmation la plus entière . par ses recherches dans le Vivarais. Buch eut encore la gloire de trouver une langue générale et précise pour cette partie de la science.
Les découvertes, les suppositions de ce grand homme sur ce cône volcanique isolé, si bien placé pour l'étude , ie Vésuve, toujours en travail , qui s’élève au-dessus de la vivante Parthèoope, furent confirmées de l'autre côté de la terre, dans l'océan iudicn, cl étendues à des groupes entiers de volcans par les observations de Bory St. -Vincent, à file Bourbon et à l'Ilede-France.
Les naturalistes écossais appuyèn ut , à son iusn, les idées qu’il avait soulevées. La fameuse hypothèse sur les filons de granit de la Cornouaille, émise par Ilutlon et poursuivie avec plus de sagacité, plus de méthode et uue meilleure observation des faits par Playfair, confirmée par les recherches chimiques de Hall sur les produits volcaniques, enrichirent la géographie physique do vues et de suppositions nouvelles. Elles furent non-seulement justifiées eu Islande par Otassen et de nouveau par Mackenzie, mais elles le sont encore aujourd’hui dans toutes les formations volcaniques do foréau Atlantique.
Alex, de Humbotdl ne so contenta pas d’enrichir cette partie de la scienco d’un trésor merveilleux d’appréciations et de faits qu'il tira lui-môme de l’observation de la nature, il
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mit en comparaison les accidens connus de l'ancien monde avec des accidens analogues on diflérens du nouveau monde; et jeta ainsi de lumineuses clartés sur l'harmonie générale du monde. Bucli transporta , avec le coup dVil du génie , ces phénomènes qui ne semblaient appartenir qu’au continent, dans le monde des formations océaniques; il parcourt les mers dans ce seul but , et tout à coup, comme par amour pour lui , des lies s’élevèrent , presque sous ses yeux, du seiu des eaux , dans l’océan Atlantique et dans le grand Océan.
Le temps n’est pas éloigné peut-être où se résoudra l’énigme que présente cette suite de murs gigantesques de roches de basalte qui pénètrent le milieu du continent de l’Afrique et de l’Europe, bordent toutes leurs côtes jusque dans la profondeur de la mer et se creusent en grottes, s’élèvent en colonnes, sur toute la ligne qui les entoure.
Un homme seul initié dans les mystères de la nature , pourra faire cette difficile cl importante découverte qui ne doit être que le prélude d’une plus grande. Les formes magiques, si longtemps usitées, de lignes imaginaires, d’équateurs et de méridiens, introduits de la partie mathématique du globe dans la partie physique , ne sont pas plus faites pour enchaîner l'esprit de l'homme qne pour détourner les étoiles du ciel de leur cours.
• E. Le règne végétal.
L'étude de la botanique, après la résurrection opérée par Tournefort , Jussieu cl Linnèe, se répandit dans toutes les parties du monde, et eut bientôt partout une foule de zélés disciples. Nous pourrions citer une longue liste de noms fameux , dont les travaux ont enrichi la science de faits nouveaux.
Mais ceux là seuls seront une source féconde pour la géographie générale comparée , qui planant au dessus de leur science, en ont considéré l'ensemble du point de vue de la nature,
ou en ont étudié des parties isolées dans leur rapport spècial avec la surface de la terre.
.Nous consulterons, par exemple , les travaux de Gmclin, de l’allas cl Wiildenow, parce que, d'après les indications de Linnèe, ils attirèrent l'attention sur les flores des montagnes dans leur opposition à celles des plaines. l'allas rechercha les limites de la flore de l’orient de l'Europe, de celle de la Sibérie , de la Daurie ; Haller , Scopoli , Wulfen , Koemer , Uoppe , Suler, contribuèrent à compléter celle des Alpes.
Desfonlaines composa la flore littorale de la mer Méditerranée, il étudia lui-même les piaules des rivages de l'Atlantique; Cavauilles, celles des cèles de l’Espagne ; DoCaudolle, celles des côtes de la France comme ayant toutes de grandes analogies cnlr’eiles.
Wiildenow appela le premier l'attention sur les caractères généraux de toutes les flores des différentes parties de la terre. Il établit en Europe une flore du nord , une flore helvétique , une flore des Pyrénées, une flore des Apcnuins. I.amark , cherchant pour chaque genre de plantes une sorte de point central , crut reconnaître huit flores principales sur la terre : la flore de Virginie, la flore des Indes occidentales, celle des Indes orientales, la flore africaine, lu flore auslrasicnne, la flore antarctique , la flore du nord et celle de l’orient. 11 divisa , d’après la même classification , chacun de ces grands genres en flores particulières. Il enrichit ainsi la géographie physique de tous les faits que lui olfrit le système oaturel de groupemens des botanistes français. De Candolle établit, avec la plus grande exactitude, l’idée des flores spèciales pour la France ; d’après tontes les espèces de plantes, il trouva dans cette contrée cinq grandes régions botaniques; ces régions carac tèrisenl encore toute la nature physiquedu pays.
Forsler le premier avait jeté un regard pénétrant sur la nature même des végétaux. Alex, de Humboldt, dans scs idées sur la physionomie des plantes , établit seize formes caractéristiques pour les zones chaudes de la terre; il
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éclaira la nature de la végétation des tropiques, par une merveilleuse richesse de faits, qu’il sut classer avec art. Wahlenberg, par ses observations pleines d'exaclitude, jeta une nouvelle lumière sur les flores polaires et sur celle do riielvètie. Il enrichit la science de la flore la plus caractéristique , celle des monts Karpalhs, merveilleux anneau qui nnit les flores de l’Europe A celles de l’Asie, ou plutôt A celles du Caucase ; elle a été une source de résultats féconds pour la géographie comparée. Wahlenberg détermina le premier, avec la plus grande précision, l’influence du climat continental sur la végétation, par opposition au climat océanique. Il indiqua , dans les flores du continent , comment les différentes sphères de la végétation se pénètrent réciproquement enlr’elles. Déjà Aubert du Peiit-Thooars avait montré l'analogie des flores sauvages de deux continens, de l’Amérique et de l’Afrique, et les avait trouvées réunies dans l’ile de Tristan d’Acunlia, sous les tropiques. 7.ocga Mohr, Hoc>ker et Mackenzie dans les zones glacées, constatèrent la pauvreté de la flore insulaire de l'Islande , en comparaison de la flore conlineutale des zones polaires.
Tourneforl, en s'élevant sur le haut plateau de l'Arménie, conçut, il y a plus d'un siècle, l’opinion que la végétation devait décroître A mesure qu'augmente l'élévation des hauteurs absolues ; il eut l'idéo de comparer les flores de ces hauteurs avec celles des plaines, dans des zones connues, où la température est plusfroide encore.
Les travaux , partie pratiques , partie historiques de Lionèe , Arthur Y'ouug , Georgi , Michaux , Buch , Wahlenberg, Heyne , Sprengel, Dureau de la Malle , l’allas, et autres nous apprirent quelle était l'étendue des plantes cultivées, dans les temps anciens et modernes, au nord do la terre. Les Forster , le père et le fils , donnèrent des renscignemcns curieux sur celles des ilcs de la mer du Sud. Ilaynal , Sprengel , Edwards traitèrent, dans leurs travaux historiques, de la culture des plantes des colonies.
Bory et le Dru , avant eux les botanistes espagnols, saisirent l’idée d'une flore universelle pour le climat des lies situées A l'orient et à l’occident de l'Afrique. Bernier, A Cachemire, Reincggs, Gueldenstædl et Iiibersleio , au Caucase , les missionnaires portugais et Poncet , en Abyssinie, les Espagnols, dans le nouveau monde , indiquèrent la richesse végétale du climat d'une terrasse ; mais Alex, de Uumboldl l’exposa et la classa le premier, dans toute sa féconde variété. Link expliqua par IA la géographie de la péninsuleespagnole. Forskal, Browne, Girard, montrèrent par l’exemple de la vallée du NU, comment une flore étrangère apportée par la culture, pouvait faire disparaître presque entièrement les piaules indigènes.
Les Chinois , les plus grands maîtres en agriculture, ont établi, depuis longtemps, des règles pratiques sur l’influence de la localité du sol sur les plantes. Les agronomes anglais, allemands et français essayèrent d'en tirer les principaux faits de leurs propres expériences. De Saussure voulut prouver, par la chimie , le rapport de la nature animée A la nature inanimée. Leslie montra l’influence variée de la force par laquelle le sol absorbe l'humidité de l’atmosphère sur la végétation qui le couvre. Pallas appela l’attention sur la flore des steps salins, Alex, de llumboldt sur les plantes des sols sablonneux , sur celles qui croissent isolées ou en groupes, dans le même lieu. L’étude des cryptogames, dans leur rapport avec le tout, ouvrit un nouveau champ A la science de la végétation et permit de caractériser plus exactement le nord de la terre. Les lichens , placés au dernier degré de la puissance végétale, se développant d’après la loi de l’attraction centrale et dont les propriétés résultent de la nature du sol et de l’étal d’aggrègalion du substratum, révélèrent AHausmann que les formations inorganiques favorisent les formations organiques , et que les formations organiques détruisent les formations inorganiques. Nceb montra que la force attractive par laquelle les piaules s'approprient les èlèmens