STR0DUCTI
nutritifs, remplace la faculté locomotrice dans la vie végétale. KIoerke compara les dores cryptogames du Kamtschatka avec celles de l'Europe , et il en résulta 1’uniformilé de ces végétaux dans tout l'hémisphère septentrional de la terre. On compara ensuite la dore cryptogame de Plie Bourbon et do l'Ile-de-France; il en résulta que la dore cryptogame du nord est analogue à la dore des hauteurs de ces lies, exception merveilleuse aux autres plantes plus organisées du monde végétal , qui n'ont en- Ir’elles aucune analogie dans ces contrées. Ainsi fut établie l'uniformité de l'hémisphère septentrional et méridional du globe dans leurs plantes cryptogames. Les formes si prodigieusement diversifiées , dans la même espèce , prouvèrent encore la variété infinie de la nature.
F. Le liytie animal.
Les rapports géographiques des animaux ont été, dès l’antiquité, découverts et enseignés; ils touchent l'homme de plus près, car ils peuvent le servir ou lui nuire; leurs formes sont faciles a saisir et , comme la zoologie est le centre de l'histoire naturelle, ou les esquissa de bonne heure dans leurs traits les plus remarquables et les plus saillans. Chaque écrivain de l’antiquité peut fournir des documcns. Les chefs-d'œuvre do Buffon , Zimmermann , Blumenbach, Cuvier, Treviranus nous apprennent ce que les modernes ont ajouté à la science , et leurs travaux nous peuvent servir de sources précieuses pour l'étude de la terre et de l'homme.
Seulement 11 faudrait éclairer cl examiner, avec exactitude, les rapports généraux des classes d'animaux moins observés encore dans leur ensemble avec la nature et avec l'homme.
Les résultats obtenus par l'activité du comte lloffmannsegg, à qui la géographie physique est déjà si redevable , nous donneraient des èclaircissemeus tout nouveaux , sur le rapport de la végétation du climat avec les formes cl la vie
des organisations animales, des oiseaux et des insectes , dans leur étendue géographique. Ces résultats sont tirés d'un nombre infini de faits , fruits de ses observations et de scs comparaisons de tous les jours, et consignés dans des collections classées systématiquement et géographiquement. Nous citerons en lien convenable quelques-uns de ces faits qui nous ont été communiqués pour l’avantage de la géographie comparée.
Le coup d’œil historique d’un vétéran de la science dans le champ de la nature vivante, Blumenbach, donna sa signification à l'étude des débris d'un passé autrefois vivant , et enfoui aujourd’hui dans les entrailles de la terre. Il classa le nombre infini deces espèces, soit connues, soit inconnues encore, dont les myriades d'individus ont fait l'étonnement de l’antiquité comme des temps modernes. Lui et Kant introduisirent, dans la géographie physique, l’idée d'une archéologie de la terre qui ramène maintenant è une première création toute nouvelle pour nous. On s’étonna longtemps du grand nombre d'ossemens gigantesques, et de mémo espèce, que le nord de la terre cachait sous la couche supérieure de la croûte du globe ; mais on fut stupéfait d'ètonnoraent lorsqu’on découvrit les espèces les plus variées d’un règne animal détruit, réunies sur le même point de la terre, dans les carrières de gypse de Montmartre ; l’élude plus exacte des teslacècs fit découvrir les formations d’eau douce du monde primitif, étendues au loin sur la couche supérieure de la croûte du globe : dans des espaces très-resserrés on en découvrit plus de cent espèces différentes, comme , par exemple, celles qui furent trouvées aux portes de Paris , près de Berlin et en d’antres lieux.
Les observations , les découvertes contenues dans les travaux de Cuvier, Bronguiarl, Parkinson, Daudebard, Scblotlhcim, Merk, Sœmmering, Pallas , Fortis, Faujas , Peale, Jefferson , Torrubia, Alex, de llumboldt, I.ink, nous firent plonger les regards dans les profondeurs vertigineuses du passé de l histoire de la terre.
INTttODUCTIOX.
Autres Matériaux. — Conclusion.
Nous sommes arrivé maintenant , dans noire indication sommaire des sources, à la conclusion de celles qui sont la régie des autres , qui doivent servir non-seulement de matériaux, mais de modèle , et pour ainsi dire de moule à tout l’ouvrage et ont été comme les instmmens organisateurs à l’aide dcsquets l’œuvre s'est accomplie.
Aristote et scs successeurs de l'école d’Alexandrie, Eratostliènes , Hipparque et d’autres, tirèrent du ciel une sorte de filet immense tout autour de la terre , et donnèrent ainsi une base solide & la géographie mathématique. Chaque point du moude déjà connu ou A découvrir encore devait correspondre en longueur cl en largeur avec la plus grande précision, dans le plus grand ordre, A des degrés et minutes de l’enveloppe imaginée, afin qu'on pùt trouver toujours le rapport de ce point avec l'espace, et assurer , pour le présent et pour l'avenir tous les faits qui en dépendent.
Les savans illustres du siècle dernier, et surtout du dernier quart de co siècle, unissant, dans les sciences, l'intuition de la nature à la méthode mathématique pour s'élever à une conscience claire de ses effets , découvrirent un réseau iuvisihlc, tissu d’après les lois de la nature et entourant tout le globe de la terre. La nature en indique elle-même les points principaux, dans les entrailles de la terre, dans les agitations des èlémcns , dans la vie du monde organique. L’homme au regard si boruè, à l’aide des lignes qui conduisent de ces points A d’autres points donnés par la comparaison cl qui leur ressemblent, peut sc reconnaître aiusi au milieu de la diversité cl de la grandeur iuGuie delà nature.
Après l'école d'Alexandrie, on découvrit encore plusieurs planètes dans les cieux, mais le fondement de la division , donné par la nature elle-même , n'en demeure pas moins inébranlable pour l'éternité. Nous ne connaissons encore
aujourd’hui qu’un bien pelil nombre de points principaux de la vie physique de la surface de la terre, et de la vie plus organique de toul le globe comme planète ; avant d'en avoir la complote intelligence, il faudra que bien des astres, bien des planètes encore montent sur l'iiorison physique; comme toutes appartiennent au même grand système solaire, les lois principales de ce système une fois reconnues, il pourra être, à la vérité , rectifié saus cesse, mais jamais détruit dans sa nature.
Si les lignes du réseau qui enveloppe la (erre sout tirées avec exactitude, tous les faits de la géographie physique trouveront sur la terre leur place ualurelie, pourvu toutefois que l'on comprenne le système de la formation de ce réseau.
C'est pour conduire à sou intelligence, que nous avons dit ce qui précède; c'csl pour réunir les matériaux daus uu tel système, que nous avous osé entreprendre cet essai dont les défauts (rouveront bieutèl , j'espère, leur rectification.
11 serait impossible de citer ici toutes les sources des matériaux que l'on a fait entrer dans la formation de ce réseau, mais elles seront indiquées en leur lieu. Quelque soit notre désir d'élre complet cl quoique nous espérions i’élre dans quelques parties, nous ne nous servirons pas de tous les matériaux exislaus , seulement il ne doit manquer ici aucun des poiuls importuns qui appartiennent au tout.
Nous n'avons pas mémo indiqué ce que nous devons aux systèmes géographiques des Grecs, des ltomains, des Arabes, ni aux savans du moyen âge et des temps plus modernes; nous n'avons pas nommé non plus les relations des voyageurs qui , depuis Ulysse jusqu'à nos jours, ont enrichi l'étude des contrées et des peuples. Plusieurs de ces relations sout très-imporlantcs; nous en avons fait usage après les avoir consultées dans les langues originales el non dans des traductions si souvent mulilèes, où l’on omet souvent comme trop sérieux , comme trop peu intéressant, ce qu'il y a de plus instructif pour la science.
IXntODl'CTIO.V.
Nous n’avons pas parlé non plus de la pari qu’ont aux sources , des corporations entières , comme les sociétés de commerce et les missions, les instituts scientifiques, comme la société africaine en Angleterre : nous avons omis aussi d’indiquer ce que des princes , entr’aulres, Alexandre-le-Grand, Timour-Beck , ou les empereurs de Russie et de la Chine, ont fait pour la découverte de l'intérieur de l'Asie. Des peuples aussi ont contribué, pendant des siècles entiers, à éclairer dans une seule et même direction, les rapports généraux et physiques du monde; nous n'avons pas parlé do ce que nous ont appris, par exemple, le mouvement des peuples barbares vers l'ouest , la descente des Montagnards dans les plaines , les armées des croisés en Orient , les flottes des Portugais le long des côtes, celles des Espagnols entre les moussons et les efforts des Anglais pour s'emparer de l'fndoustan.
Un voyageur unique dans son genre, fera seul exception ici, et le nom d’Alex, de Iiumboldt sera cité encore une fois avec reconnaissance, à la fin de l'indication des sources. Unissant la science d’une académie à une haute intelligence, il vil la raison et la cause de tous les phénomènes ; c'est par lui que cet ouvrage a pu arriver à nn ensemble harmonique, et ses travaux seuls en ont rendu l'exécution possible.
Les propres ouvrages d’Alex, de llumbnldl, comme les idées qu’il a répandues dans le monde, les réfutations , l’assentiment qu’elles ont soulevés , ont fait faire au système de la Géographie générale comparée de merveilleux progrès; c'est que cet homme, formé par l'esprit de l’antiquité, possédait la méthode mathématique que le dernier siècle avait créée pour observer ta nature : il l'appliqua de la physique jusqu’à l’astronomie, de la géologie jusqu'à la physiologie ; il la portait toujours en lui cl l'adaptait avec cooscieuce au monde de l'observation. C’est que ce grand homme soupçonna la nature sous son autre face, moins susceptible d’étre mesurée, dans sa vie plus élevée , sa vie organique , qui est encore pour nous un mystère, et dans sou ensemble
historique et universel ; son ensemble cosmique était déjà depuis longtemps découvert. Il alla étudier ses phénomènes , ses monumens dans ses plus grands laboratoires et il chercha à pénétrer son centre comme ses limites, dans toutes les directions.
Celte solidarité harmonieuse , celte alliance do tous les domaines de la science arec la nature, d'apres l’essence même de la double direction de la science pour l'homme , agraudit du double son étendue , et fit rayonner une nouvelle gloire autour de sa beauté.
Cet homme qui , comme il le dit lui-même , ne travailla pas isolé , mais au milieu du cercle savant de scs contemporains, ne uous apparaît ici que comme un des représentons de l'état où est arrivée la science moderne qui doit se transmettre au siècle suivant, comme un immense héritage.
Autrefois on s'occupait plos des formes, des phénomènes , des faits situés dans les sphères générales ou particulières de chacun des domaines de la science ou dans des branches isolées : ce qui caractérise aujourd'hui l'époque présente, c’est qu'elle aspire plus à l’universalité, à rechercher les limites extérieures, les rapports et les influences de tous scs domaines enlr’enx , d’après les dimensions physiques , organiques et intellectuelles, et à retourner ensuite à un centre complet cl vivant.
Tout ce quo uous avons dit précédemment , comme ce que nous dirons dans la suite, devait nous conduire à ce résultat qui nous fait connaître la direction diverse du travail de l'homme et de la ualure, si féconde pour l'élévation de la science. Cette direction repose sur le contraste de la manière dont agissent l'homme et la nature , et il peut être clairement exprimé ainsi : la nature est, l'homme tend et marche.
l.’homme , dans sa sphère , à l’aide do l'idée qui s’élève de sa nature intime , et, avant même qu’elle soit réalisée, subordonne à elle l’action extérieure, va étendant çà et là , et seulement comme parsecoussc, le domaine de sosronnais-
1STHODÜCT105.
sances ; à des époques extraordinaires , des génies extraordinaires avancent pour tous par un élan immense , la nature au contraire agit du centre aux extrémités , des extrémités au centre , comme nous le voyons partout où son voile se soulève à nos regards , non d'un senl point vivant , mais dans toas les espaces remplis de création et de vie ; son action ne B’exercc pas en desmomens interrompus, prononcés, elle marche régulière et majestueuse, avec une puissance égaie , une force toujours la même, & travers tous les temps.
Ainsi, Dien a placé la nature aux côtés de l'homme comme une amie qui reste toujours prés de lui pour le guider et le consoler dans la vie, comme un génie protecteur qui conduit l’individu, ainsi que toute l'espèce, à une harmonieuse unité avec soi-méme. La terre, comme planète, est le sein maternel qui porte toute la race ; la nature doit éveiller l'homme du sommeil où il reposerait , sans conscience de loimême , le guider et l'instruire , et donner ainsi à l’humanité et la force et la vie I
FIN DB L'INTBODCCTIOX.