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BORD OCCIDENTAL, PAYS DES ASHANTIS

rai» seul ensuite où est maintenant le royaume de Dahomey; les Doiopet qui se trouvaient dans le domaine de Tripoli, se montrent plus tard où est situé aujourd'hui le royaume nègre de Coulla ; les BUmmyet apparaissent successivement en trois endroits différens, sur le golfe Arabique près de Met Âgeeg , à la frontière orientale de l'Abyssinie, et eofin an sud , un peu au-dessus de la route des caravanes qui va de Loango à ÏSiemeamty. A la frontière septentrionale des Ashaulis est siloé un royaume appelé Takima , et, selon les cartes manuscrites que les Maures firent voir à Coumassie , on trouve un second Takima entre le Tombouctou et le Fexzan.

Cornélius Balbus , le conquérant de Garama et de Cydamut { Fezzan) dans son expédition sur le Ni» ger, a parcouru, sans doute pendaut quelque temps, les contrées situées sur la rive septentrionale de ce fleuve que les états de JVoufi (Noofee) , Yaoura, Tilalni , occupent aujourd'hui. Selon l'opinion de Bowdicb, ce conquérant détruisit , sur son passage, un grand nombre de peuples qui avaient primiti» vement leur séjour dans ces lieux , et les força d'émigrer sur la rive méridionale du Niger. A vant lui déjà, Suétonius Pauliuus avait traversé, avec son armée . le pays des Perosi où Mungo Park crut trouver les sources du Niger, et que Ploiéroée place entre ia Gambie et la côte; son expédition produisilaossi assurément quelques unes de ce» émigration» secondaires des peuple» du centre de l'Afrique, vers l'ouest. Le désert de Sahara offrait alors, comme aujourd'hui, beaucoup plus de routes praticables qu'on en dessine ordinairement sur les cartes. Le voyage de Scott au lac Dibbie , à travers le désert, prouve qu'il n'est pas, pour l’homme, nne barrière infranchissable. De celle façon , les émigrés égyptiens auraient bien pu être refoulés successivement avec les peuples élhiopiques , jusqu'aux pays des Asbaolis. Il en arriva de même aux peuples que remplacèrent les Arabes; pressés par ces nomeau-venus , ils furent forcés do reculer toujours de plus en plus vers le S. O. Les traditions des Ashanlissur leurs anciennes émigrations, leurs mœurs abyssiniennes mêlées à des coutumes égyptiennes. confirmeraient l'hypothèse de Bowdich (1).

Les Arabes qui , du temps de Pline et du roi Jouba, «'étaient établis de Syène jusqu’à Meroë, se sont avancés depuis en Éthiopie jusqu'au Bornou; ce mouvement d'un peuple étranger doit avoir contribué aussi au déplacement de maintes nations éthiopiennes et nègres.

(I) Journ. of science, ibb!., f*g. 77.

Bovrdich, que nous laissons parler ici, regarde les usages propres aux Ashantis, et qu'ils ne doivent pas aux Égyptiens, comme venant des Abyssiniens; d’autres coutumes dérivent des Phéniciens : elle» ont été apportées par les colonies carthaginoises qui, selon son opinion, se sont établies autrefois au sud du Niger. Par exemple , l’usage de faire des libations dans toutes les circonstances , et non-seulement dans les sacrifices , rappelle les anciens Carthaginois et les Troyens. Comme les Phéniciens, les Ashantis sacrifient des victimes humaines et offrent à leurs dieux ce qu'ils ont de pins cher; comme eux ils ont des prêtres magiciens. Ivres d’inspiration et d’enthousiasme. Les superstitions des Égyptiens, bien des lois et des usages de ce peuple se sont conservés plus purs chez les Ashantis que chez les Éthiopiens, voisins des Égyptiens, ou chez les Abyssiniens qui , en embrassant le christianisme, ont renoncé à un grand nombre de coutumes antiques. Nous allons indiquer d’abord les points principaux que les Ashantis ont de commun avec les Abyssiniens ; nous indiquerons ensuite ceux qui en diffèrent et qui s'accordent plutôt âTcc les mœurs des anciens Égyptiens, telles qu’Iférodole et Diodore nous les ont fait connaître.

Le roi des Ashantis ne parle qne par ses ministres; il demeure toujours enfermé dans son palais et reste invisible à ses sujets ; ne vivant qu'avec scs courtisans , il est presque inconnu au reste de son people. C’est un crime de haute trahison que do s'asseoir sur le trône du roi. Il distribue à ses favoris des chaînes d'or, des colliers, des sabres. Le trône est héréditaire dans une famille . comme en Abyssinie. Tous les rois ajoutent à leur nom le titre de Jaï ou Z ai , comme chez les Abyssiniens et les Persans, où les empereurs prennent le titre de Shah , qui signifie roi. Le roi des Ashantis a autour de lui une garde d’esclaves, comme celui de l’Abyssinie. Les Ashantis ne combattent plus après le coucher du soleil ; les anciens Égyptiens avaient le même usage. L’exécution du coupable suit immédiatement chez eux la condamnation. Les cérémonies du mariage sont les mêmes chez les Ashantis que chez les Abyssiniens. La circoncision est chez ces deux peuples un usage arbitraire. Ilutchison rapporte qu'on trouve chez co peuple , comme dans l'Orient, une tradition sur Dalkis, reine de Saaba ou Sheba.

Voici maintenant les usages égyptiens dont on voit encore des traces chez les Ashantis. Souvent, en fouillant les anciens tombeaux des ashaulis , on y a trouvé de la poudre d'or et des coraux de verre , comme dans les catacombes d'Égypte. Les Ashantis ne savent pas encore faire le verre. Cet coraux

pourraient bien venir des Portugais ; mais ils pourraient aussi être plus anciens et venir des Phéniciens, car on en trouve souvent aussi au sud , sur les bords du Niger. Chez les Asbantis les hommes tissent eux-roémes leurs véteraeus; ils ont une musique funèbre et des funérailles qu'ils tiennent probablement des Égyptiens. Chez eux , l'accusateur qui est convaincu d'imposture, subit la môme peine que le coupable. Ils ne mangent jamais avec les étrangers et prennent leurs repas en plein air , comme les Égyptiens ; comme eux encore , ils laissent croître leurs cheveux en signe de deuil. Le blanc est pour eux une couleur sacrée, et tous leurs fétiches sont blancs, ils adorent le crocodile et un grand nombre d'autres animaux ; le culte de ces animaux est attaché à certaines familles.

Les Asbantis onlencore beaucoup d usages communs avec les Hébreux (1) , par exemple la division en douze tribus.

Ainsi l'Égypte n'aurait pas seulement exercé son influence sur les Abyssiniens ; ses coutumes et ses mœurs auraient agi sur d'autres peuples de l’intérieur de l’Afrique , à l’ouest , et peut-être en trouvera-t-on encore beaucoup de traces dans l'intérieur de cette partie du monde. Au nord-est de Coumassie sur la roule qui va de cette ville à Cassina, près du Niger, est située Daytcumba , ville trèsgrande, appelée autrefois Deyombah ; c'est le siège d’un oracle fameux, et la connaissance exacte de celte cité jetterait un grand jour sur l'intérieur, car il s'y tient un grand marché (2) pour toutes les contrées de l'Afrique centrale, llutchison qui était resté ii Coumassie en qualité de résident anglais, avait projeté d’y faire un voyage.

Ces hypothèses de Bowdich sont assurément intéressantes et lumineuses ; mais avant de les admettre entièrement , nous attendons que de nouvelles découvertes dans l'intérieur de l’Afrique, viennent les confirmer ou les détruire.

2e Remarque.

.Stations commerciales depuis Coumassie jusque dans l'intérieur , sur la route qui conduit à Haussa et au Tombouctou.

Coumassie, dans le pays des Asbantis, est le centre du commerce de l'intérieur qui se fait sur la côte avec les étrangers; c’est encore le poiut de réunion d’un grand nombre de voyageurs qui peuvent donner de curieuses notions snr les provinces les

(1 ) Journal of «cience, Ibid., |«ag. 85. (2) Bowdich, Million, paf. 178 et 453.

plus reculées de TA friqne centrale. Le grand nombre de document» que l'infatigable Bowdich a rassemblés pendant son 6éjour, prouvent assez combien ce pays est favorable aux explorations de la science (1). Mais comme ces données sont très-vagues, qu’elles ne précisent jamais les lieux d'après leurs rapports avec les points cardinaux, comme souvent «lies sont en contradiction entre elles ou avec d'autres relations , il en résulte peu d'avantages positifs pour la géographie , et on ne doit les considérer que comme de précieux indices. C’est pourquoi nous renfermons dans une remarque, quelques-unes des notices qui nous sont communiquées sur les environs du pays des Asbantis jusqu'au Niger. Nous étudierons plus bas , en son lieu , ce qu'on a appris là de ce fleuve.

Coumassie est située sous le 6° 34* 50" lat. nord, et le 2° 1 T long, ouest de Greenw. De celte capitale, habitée par une population nombreuse, résidence d’une cour brillante et le centre d'un commerce important, partent oeuf grandes roule», dans toutes les directions. Elles conduisent à lheabin . Akim . Assin , Warsaw , Gaman , Soko , Daboia et Sallagha , provinces importantes qui eutourent de toutes parts le royaume des Ashantii.

1. Au nord-est de Coumassie est située Tafou (2), autrefois ville des lnta (prononcez N'ta) et aujourd'hui soumise aux Ashanlis. Lorsqu'ils émigrèrent dans le pays qu’ils occupent, les Ashantis conquirent plusieurs provinces des Intas, et celle-ci forme la frontière septentrionale de leur empire. L’islam roisme y a déjà pénétré depuis longtemps , et tou» les chefs ou cabosirs sont des croyans. Ce pays est arrosé par ÏAdirri (le Kio-Yolla).

2. Au nord-nord-est , à sept jours de marche de Coumassie, est situé le petit royaume de Corania. (probablement le Corisseno des anciennes cartes); ses habitans ont une origine et des traditions corn* munesavec les Ashanlis; mais, d’aprèsle témoignage même du roi, a Coumassie, ils ont plus d’intelligence et de talent que scs sujets. De là , la roule se dirige vers le pays des lutas, au nord est do Hio-Volta supérieur, entre deux grands fleuves, le Rio-Volta , appelé Adirri dans ce pays , et le fleuve Laka à 1 est (3); c’est à ce qu’il parait , un des affluens orientaux du Rio-Yolta ; aussi large, aussi impétueux que le premier, il y jette scs eaux près d’Odenti. Les lutas subjugués sout une race timide et faible qu’on enlève pour en faire des esclaves.

(1) Bowdich, IlMion, p. II, ch. 1. — Geograph*, p. IB2-

(2) Bowdlcb, HlMion, p. 170.

(3) lowd cb, Mission. pag. 178.

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