BORD OCCIDENTAL, PAYS DES ASHANTIS
Le pins grand marché du pays est Sallagha, situé à 17 journées ou 30 milles géog., au nord-est de Coumassie , à peu près sous les 7° 56' lat. N. et o° 9” long. O. de Greeow.
3. Au nord d'inta, sur la grande route des caravanes qui va de Coumassie dans le Houssa sur le Niger, est le royaume fameux de Dagtcumba (Deyombah selon Young, Lucas, Rennell) (1). Sa capitale est Yahndi, au nord-est de SaUagha ; de ce lieu , la route y conduit en sept jours de marche à travers un pajs de plaines. Yahndi est située, selon le calcul de Bowdich , à peu près sous les 8° 38’ lat. nord et les o° 55' long, ouest de Greenw. Elle doit être beaucoup plusgrande encore que Cou. massie; les mahomélans ont converti à leur foi le roi du pays, et un grand nombre d'entre eux se sont fixés dans sa capitale. L'Islamisme a donc déjà franchi, depuis longtemps, le Niger qui était comme sa frontière au sud. Lucas cite déjà de son temps, Degomba comme un état mahométan. La ville Yahndi ou Dagwumba doit être très-peuplée, opulente et remplie des trésors qu'apporte le commerce avec lui. Des marchands de toutes les contrées de l'intérieur de l'Afrique accourent en foule à ses marchés. Des troupeaux de vaches, de chevaux et d'autresanimaux, sont les principaux objets du commerce. Nous avons fait mention plus haut de l'oracle que possède celte cité.
4. Au nord-est de ce royaume , s'étend , dans un pays de plaines appelé Sarem , une suite d’autres petits étals. Ce sont, entre autres, les royaumes de So et de Gamba ; ce dernier , situé à 5 jours de marche au nord-est de Yahndi , est une province limitrophe de l'empire des Ashanlis , quoique leur influence s'étende réellement jusqu'au Niger par l'intermédiaire de Dagwuinba. Au nord de Dagwumba est situé le royaume de Fobi , sur la route de Coumassie à Jinnie ; au nord-ouest , le pays des Afosi, habité par une race guerrière. A quelques journées de marche, plus au nord, est situé Calanna (2), probablement la Calhansi d'Imhamed;ca\, comme Yahndi , une ville très-grande et un marché important ; elle est bâtie au pied d'une montagne qui contient beaucoup do fer , et un grand nombre do ses hahitans travaillent ce métal avec habileté. En suivant toujours celte roule dans la direction nordest , on arrive enfin an Niger et dans le Iloussa.
5. Route de Tombouctou, conduisant par le s montagne* de Kong à Jinnie sur le Niger.
Celle route, qui va de Coumassie à Tombouctou,
(l)Bowdich, Mission, p. 178.
12) Bondlcli, listion, p. 180.
et s'avance toujours directement vers le nord , est moins fréquentée, par les marchands mahomélans, que celle qui va au nord-est , et conduit, par Dagwumba , dans le Iloussa. Cependant celte contrée est beaucoup plus riche. Les peuples qui se trouvent sur la route des montagnes de Kong , sont moins civilisés, moins commerçant et plus pauvres; aussi ils sont plus rarement visités par les étrangers.
Après 12 journées de marche , on arrive de Coomassic à Rountoukou ; sept journées plus loin, au nord , on passe un fleuve qui a dix minutes de traversée et forme 1a limite du royaume des Ashantis; les Maures l'appellent Zamma et les Ashantis Coumbo. Aucun des Ashantis, suivant ce que Boitdich put en apprendre , ne 6’élait hasardé encore au delà de ce fleuvo. A 5 jours démarche de l’autre coté du fleuve, s'élèvent les montagnes de Kong, qui ont donné leur nom an royaume qui les avoisine. La mont:gnc pied de laquelle est bâtie la capitale, s'appelle Toulih-Sina; une petite rivière qui coule 4 journées an delà , porte le nom de Woura.
Les habilans de ce pays ue sont pas aussi riches que les Ashantis. Leur marché est approvisionné par les marchandises de Houssa. La contrée est trèspeuplée, elle produit beaucoup de chevaux, et oo y tue tous les jours des élépbans. A partir de Kong, il faut sept jours pour passer les montagnes de Koun- Kouri. C’est de là que les Ashantis tirent le plus grand nombre de leurs esclaves : on les appelle Dunkos ou Dunkoéns sur le marché de Coumassie, et de là vient que quelques auteurs ont pris cette dénomination pour le nom propre do tons les peuplesqui habitent au delà du paysdes Ashantis; mais ce n’est ni le nom d'un peuple , ni celui d’un pays : c’est seulement une appellation que les Ashantis donnent aux peuples sauvages de l'iutérieur, et dans leur bouche, elle a le même sens que barbares. Ces peuples sont très-faciles à reconnaître aux incisions qu'ils se font sur le visage et qui leur servent de marque de distinction entre eux et entre leurs voisins. Les habitans du Dagwumba ont chacun trois légères incisions sur chaque joue, autant au-dessous et une incision horizontale au-dessous de l'œil. Ceux d'Yahndi ont trois incisions longues et profondes sur le visage; les Mosi s’en font aussi trois très-profondes et de plus une sous les yeux; ceux de Bornou en ont le front tout cicatrisé; ceux de Marrowa ont un grand nombre de petites cicatrices sur tout le corps; ceux de Fobi, do Calanna se percent le nez. Les incisions sont faites dans la première enfance; une liqueur fétiche ou enchantée est versée goutte à goutte dansles blessures, pour préserver 1a vie de l'enfan 1 et te rendre invulnérable. Tousces nègres qui on t lapean ainsi tailladée,
apparaissent son» le nom de Buncot, dan» le» marché» de» Aibantit et de 1a rôle de Goioée. A 9 journée» de marche ao-dessu» de» défilé» sauvage» de» montagne» de Kong , on »e troore de nouveau dan» une contrée Irés-pcupléo ; elle s'appelle Kaybi et sa capitale porte le même nom. Troi» journée» an delà, on passe la hante montagne Seboupou et un fleuve très-large , pui» on entre dan» le paj» de Kyri , mai» celte route est très-dangereuse à cause de» horde» vagabonde» qui la parcourent. Cinq journée» plus loin , on entre dan» le puissant royaume do Garou , dont le roi réside à .\etaquolla. Ce royaume ne serait-il pa» le Gago do 1-eo Africanes? 20 journée* au delà , *e trouve le royaume do Doutcara , dont le» babitan» savent très-bien cultiver le terrain rougeâtre sur lequel» il* vivent j pré» do là est situé un petit état appelé Fillado u ou Firrasoii , peut-être une colonie des Foullabs. 5 journées au nord do Donnera , on arrive enfin au Niger. Sur sa rive méridionale , est située , dan» une lie, la ville Jinnit (Jennï), où habitent, dit-on, deux Européens (1).
Cap Sierra-Leona.
Le cap Sierra -I.eona est la prolongation la plus occidentale que nous connaissions d’un haut pays de montagnes , sur la côte de Guinée. De la mer, il apparaît (i) comme un plateau aux cimes couronnées de forêts; il borde la côte, depuis le cap Shelling jusqu'à la rivière de Sierra- Lcona , et on dirait une muraille de dix milles de largeur, qui s’élève pour soutenir les montagnes. Les Portugais ont donné le nom de Sierra-Leona à cette côte , à cause des tonnerres épouvaulables(3) qui rugissent .comme la lionne, sur scs cimes orageuses, et parce qu’elle sc trouve dans la région des ouragans {tomadns).
Au nord, le pays des Boullom et des Koulahs est encore une haute terre jusqu'au cap Vargas et, dans l’intérieur, jusqu’à Kakoundi, comparativement à la côte plus septentrionale , près de Rio Nunei(4), sur les rives duquel contmen-
(lj Bowdich, Mission, p. 181, 18S, 411.
(2) Wadatrcem.Pian for afree cotmnunlljr of Sierra leona. Loti don, 1702, ln-4% tabula 1»
(3) cadmiouo cl Labat, Rclal. de l’Elbiople occidentale, t. v, p.ig. 317.
(4) winierbottom, Account of the nailve Afrlcana lo ihe nelgbourhood of Sierra Leona, Lond., 1803, U I, P#6- 18» Cl B4ja\cr, African cueuioranda, pag. 334.
cent les terres planes, entre le Rio-Grande et la Gambie. Au sud , la haute Sierra se dégrade rapidement dans le littoral bas et plat appelé Mampciy et qui s’étend vers le cap Palmas.
11 est important de remarquer ici, que le plateau de Sierra-Leona (8® 30’ lat. N.) est situé sous la même latitude que la terrasse montagneuse d’Akim et qu’Abomey (9° 30’ lat. N.).
Ce point , occupé par les européens , ue nous a pas ouvert encore une grande connaissance dans l’intérietir du pays, mais il est probable que, de Frcetotcn, nous obtiendrons bientôt des révélations importantes sur la mystérieuse Afrique.
La fondation d’un état nègre libre sera toujours un fait à jamais mémorable pour les siècles suivans. Le nom de son noble et désintéressé fondateur, ceux de Grandville, Sharp, Wadstrœm(l), Braver (2), Afzelius, Watt, Winterbottom , Wilberfbrce , demeureront toujours immortels pour avoir concouru de leurs efforts à la création d’un tel établissement sur les côtes de l’Afrique : leur mémoire y sera toujours chère, en dépit de l’hypocrisie et de l’imposture qui , sous la forme séduisante d’une institution africaine, ont pu y obtenir quelques succès dans ces derniers temps.
lre REMARQrB.
Nègre» montagnard » , Nègre » de la côte.
Ici encore, l'histoire nous révèle que les peupladcs nègre* sorties du pays montagneux de l'intérieur se sont avancées toujours progressivement vers la côte. Envahissantes et victorieuses, elles ont subjugué les anciens babitans , et les ont vendus et exportés comme esclaves. Les malheureux débris des peuples vaincus se sont retirés à l’extrémité des promontoires et dans les groupes d ites qui avoisinent la côte.
Autour de Sierra-Leona habitent les Nègres Boullom» (3), autrefois maîtres du pays, et resserrés aujourd hui sur un étroit espace. Les Tïmrocmfi, peuple montagnard , maintenant en possession de la côte, sont descendus du plateau A une époque inconnue et ont chassé les Boulloms. La côte est actuellement occupée par leurs tribus, les Logos et les Krangos.
(1) Wadstrœm , Xsxajr on colonhat., t. II , p. 193, 220.
(2) African memoranda relative to a Brltksb telllemenl on Uic 1 liant! of Bulama to cultivât, and Afric. Slavcry, etc., dans capl. Pb. Dca ver, Lond., 1806, la-4*.
(3) tttnlerboilom Account o( Sierra-Leona, t. ï , p. 3.