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BORD OCCIDENTAL, SIERRA-LEONA

Le* Bagott , anciens maîtres du pays, ont eu le même sort , au nord de Sierra-Leona, près du Rio- Grande. Ce peuple pacifique fut chassé par les nègres Sousons (Soosoo) , tribu des Fouhias, et resserré dans quelques villages et dans les lies do Los (Lot I do lot).

Mais les Sousous ne sont pas restés en possession paisible de leurs conquêtes : depuis environ quatrevingts ans , ils se sont laissés subjuguer par les nègre* de Mandingo (1), peuple montagnard , riche, puissant et noble , qui s était d'abord établi pacifiquement au milieu d'eux : les Sousous furent forcés de céder à leurs hôtes leurs habitations et leurs terres (voyez plus bas : teiraue de Mandingo).

Tout autour de cette prolongation du plateau à l'ouest , on remarque le même mouvement des peuples des hautes terres vers la terrasse des côtes , de là vient sans doute le nombre extraordinaire de petites peuplades différentes entre elles de forme , de langue et de mœurs , dout la diversité a excité, à si juste titre, l’étonnement de tous les voyageurs qui ont visité cette côte jusqu'au fleuve de Gambie (2).

2" Remarque.

Coup d'ail tur la colonie de Sierra-Leona.

A l'exception des travaux d’Afzélius, de Watt et de Winterbottom , dont nous exposerons les résultats dans le chapitre suivaut, celte nouvelle colonie ne nous a encore rien révélé de l'intérieur de l'Afrique. Nous devons donc nous contenter de je- 1er rapidement un coup d'œil historique sur cet établissement ; il suffira pour nous faire comprendre les obstacles qui s'opposent aux progrès do la géographie dans cette contrée.

A la Gn du dU-huitième siècle s’éveilla dans beaucoup d’esprits l’idée de coloniser les côtes de l’Afrique. Le doclenr Smeathman exposa le premier un plan sur ce projet , dans ses lettres au Dr Knouies (3); il publiait ses idées sur un système de colonisation pour l'usage des quakers qui, dans on moment de généreuse inspiration , avaient affranchi leurs esclaves. En 1784, Ramsay fit connaître , par la presse , les traitemens cruels que le* planteurs exerçaient contre leurs esclaves ; dans la même année . l'université de Cambridge mit au concours l'histoire de la traite des noirs : T. Clarkson remporta le prix. Cette question importante

(1) WlnterboUom, xccounl^f Sierra- leona, l. I, pag. 0.

(2) Wiaterbotlom, psg. 10. Bcavcr, African mcoiorand.,, pag. 319.

t.3^ U. Uumy In Df r.eyden** DUtor. Account of Olscor f »ol. 11, ch. IV, pag 255 285.

excita depuis peu une attention générale en Europe et dans les colonies ; Wilbcrforce s’éleva an milieu du parlement anglais , contre la tyrannie des planleurs et contre la traite des noirs. Pendant la guerre d’Amérique , un grand nombre de nègres s’élaieul affranchis; les uns prirent les armes contre leurs anciens maîtres , et passèrent sous les drapeaux anglais où se formaient des régiment de noirs : d'autres, dont les maîtres étaient restés fidèles à l'Angleterre, furent forcés de quitter avec eux le sol affranchi de l’union américaine; on leur donna, pour asile, les lies de Bahama et la Nouvelle- Ecosse ; mais bientôt un grand nombre de ces infortunés se rassembla en Angleterre, et leur misère était surtout i charge à la capitale. Il sc forma alors, sous la présidence de Hanoay, de Grand ville et de Sharp, un comité pour fournir des secours à ces malheureux émigrés. En 1786, le docteur Smeathman proposa déformer une colonie à Sierra- Leona , pour les nègres libres.

Le comité entra dans son projet et rassembla tons les plauteurs et les nègres volontaires qui avaient émigré d’Amérique , après la guerre de l’indépendance. Au mois de mai 1787, 40 nègres et 60 blancs, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de femmes de mauvaise vie, furent embarqués avec des provisions et des instrumens d’agriculture. Le capitaine Thomson, auquel avait été confié le commandement de la nouvelle colonie, acheta de Naîmbanna , prince nègre , et de scs vassaux , une étendue de terre de 20 milles anglais carrés : U partagea le terrain aux colons en portions égales, sous la condition d'une redevance annuelle , et bâtit un entrepôt pour les marchandises. Mais la maladie, la paresse , la dépravation des colons s'opposèrent à la prospérité de rétablissement. Leur indolence était si grande qu’ils trouvaient trop fatigant de bâtir de* huiles pour se protéger contre la saison des pluies; à la fin de septembre de la même année, le nombre des planteurs était déjà réduit à 276. Lorsque les bâlimens de transport qui contenaient les provisions furent partis, les colons so virent enfin forcés de travailler pour se procurer des alimens; il fallut cultiver le riz et le blé; les malades furent bientôt guéris, mais la paresse étendait toujours sa plaie sur la colonie ; la plupart des colons vendirent leur nouvelle propriété et leurs armes , et , après en avoir dépensé le prix en eaude-vie, ils émigrèrent dans les marchés d’esclaves voisins. En 1789, un chef africain, voulant se venger des brigandages des colons , tomba toufâ coup sur rétablissement , détruisit et brûla les nouveaux édifices; les faibles restes de la colonie remontèrent le fleuve et se réfugièrent dans I lie Caucc,

où ils furent rccneillis par on chef noir touché do leur misère.

Quelques années après, en 1791 , Falconbridge rassembla ces colons épars, dans l'intention de relever le malheureux établissement.

Il fallut racheter une seconde fois les terres de Sierra-Leona qui étaient retombées entre les mains du même prince nègre. L'établissement fut fixé À Grandvillc's Town , à quelque distance de Freetown (ville libre) siège du premier. Dans le même temps se forma, sous la protection du parlement, la compagnie de Sierra-Leona ; elle était constil uée pour trente aus . à partir du premier juillet 1791. Elle se composaitde 13 membres qui, tous, avaient juré entre eux de ne pas faire la traite des noirs. La Compagnie envoya aussitôt cinq vaisseaux chargés de provisions de vivres , de marchandises , d’artisans et de soldats pour protéger les nouveaux eo« Ions. Les nègres royalistes réfugiés dans les lies de Bahama et dans la Nouvelle-Ecosse , ayant été , malgré la loi, réduits de nouveau à l'esclavage, implorèrent la protection du gouvernement anglais contre leurs nouveaux maîtres; le capitaine Clarkson fut alors chargé de prendre les mécontens sur' son bord et de les rrjnencf en Afrique, dans leur patrie. Ainsi , au. mois de mars 1792 , la colonie reçut un accroissement de 1200 membres. La direction redoubla alors d'activité , les capitaux furent augmentés par des souscriptions, et de nouveaux secours envoyés à la colonie naissante ; on favorisa le commerce du pays, et on essaya même de faire prospérer l'établissement par des recherches scientifiques. On engagea, pour explorer la contrée, deux naturalistes du nord , Nordenskiold , minéralogiste, et Afzétius, botaniste distingué. Malheureusement, Nordenshiold ne parvint, en remontant le fleuve de la colonie, que jusqu’à l'IIc Bahama, résidence de Xaïmbanna, roi d'une tribu de nègres; il mourut bientôt de la fièvre, à port Logo. Afzélius fil une collection précieuse qui doit enrichir la botanique de nouveaux trésors.

On choisit, pour l'emplacement de la ville, la première situation de Free-Town comme élant la plus convenable ; mais la stérilité du sol , les maladies, la saison des pluies et les mauvaises mœur9 des colons s’opposèrent encore à la prospérité de rétablissement , jusqu'à ce qu'enfin Clarkson obtint la direction de la colonie ; cet homme , plein d'activité et de zèle, acheva bientôt les travaux commencés, envoya régulièrement des rapports en Angleterre et attira sur la ville nouvelle tant de considération et de respect, qu'elle éveilla bientôt l'attention des états voisins ; de toutes parts, les princes nègres de l'intérieur du pays

envoyèrent des ambassades à la cité naissante.

Au mois de septembre 1794, un nouveau dé* saslre menaça la colonie d’une destruction entière. Les armateurs français qui croisaient sur les côtes d'Afrique contre les vaisseaux négriers et contre les comptoirs anglais, fondirent sur Free-Town, la pillèrent et y mirent le feu.

Ce nouveau malheur n'empêcha point le comité de poursuivre ses généreux efforts. Il envoya de nombreux agens aux peuplades voisines , dans l'tle Bananas , au fleuve Camarancas, aux Iles Plantain, pour nouer des relations amicales avec les nègres indigènes , et détruire les préjugés et les calomnies répandues par les marchands d'esclaves contre 1a nouvelle colonie. Ou réussit ainsi à s’attacher par des alliances un grand nombre des tribus nègres indépendantes qui habitent autour de Sierra-Leona.

Dans le même temps . on essaya de fonder une colonie nouvelle à Boulama , île fertile , mais trèsbasse, située plus au nord , à l'embouchure du Rio- Grande. Déjà un siècle auparavant des Français, de la 3rue (1700), Deroanel ( 1767), et Barber (1787) l'avaient désignée comme favorable à l’emplacement d’une colonie. En 1792 , File fut vendue par le roi de Canabac au rot d’Angleterre; le sol semblait très-propre à la culture du coton, du sucre, du café , du tabac et de l'indigo ; mais , comme à Free- Town , la paresse des colons arrêta l'exécution des plans projetés. Un grand nombre prit la fuite pour se soustraire au travail, et Beaver, chef de 1a colonie, resta avec vingt hommes, quatre femmes et autant d'enfans. Les noirs libres (Groumettas) prirent tous aussi la fuite , et les perfides Canuabacs envahirent le terrain qu'ils avaient cédé. Beaver, qui avait dirigé l'établissement avec une habileté et un zèle admirables, se vit forcé d'abandonner l’tle en 1793 , et de s’embarquer pour l'Angleterre. On avait dépensé pour ce projet de colonisation 10,000 liv. st.

Il se forma aussi à N'orkioping , en Suède , une société philanthropique pour la civilisation de l'Afrique. Quarante familles de colons devaient s'établir sur ces côtes, sous la protection de la Suède; mais elles devaient rester indépendantes de toute influence européenne. Le seul but des colons était la civilisation; la politique et le commerce n'entraient pour rien dans ce généreui projet; mais la guerre en empêcha l'exécution. Cependant Wadstroem , Sparrman et Arrhénius firent un voyage en 1787 , pour choisir provisoirement l'emplacement do la colonie. Ils proposèrent, comme les situations les plus favorables , d'abord le cap Vert , puis le cap Monte (7° 40’ lat. nord) , et le cap Mcsurado. Le cap Monte est une contrée délicieuse ,

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