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I. L'AIR, LA MER, LA TERRE

L'air entoure le globe de toutes parts; les eaux en couvrent une partie , l'autre qui présente à Pair une surface sèche s'appelle contiuent.

Par opposition aux deui formes fluides, l’air et l'eau , qui se désignent , dans leur ensemble , sous les mots d'atmosphère de mer ou d'océan , nous appelons la partie solide , terre.

L’air, la mer, la terre sont composés d'une infinité d’élémens , de parties que nous n'étudierous individuellement ni communiasses, d'après leur grandeur et leur étendue, ni comme substances d'après leurs propriétés; car c’est la tâche d'autres sciences. La nôtre est de considérer les formes que prennent ces trois grandes parties sur le globe, et leurs dépendanecs. Nous étudierons les formes plus en particulier, c'està-dire dans leurs parties, et la place qu’elles occupent vis-à-vis l'une de l’autre ; nous étudierons

leurs dépendances plus en général , d'après leur essence et leurs rapports réciproques entr’elles. Nous supposons comme admise , dans nos études , la forme commune de ces trois manifestations, c’est-'a-dirc la globositëde la lerrc, parce qu’elle ne peut se prouver que par l'astronomie. Si nous voulions suivre leurs dépendances dans leurs raisons et leurs causes , ces recherches nous conduiraient dans le domaine de la mécanique, de la physique , de la chimie, delà physiologie et d’autres sciences. Nous sup|H>scrons comme admises les vérités de ces sciences qui auront été déjà naturellement prouvées , et nous nous en servirons comme d'utiles auxiliaires; mais nous ne les emploierons que dans leurs résultats , sans vouloir les rechercher nousmème.

Ces trois manifestations ne nous apparaissent que sous une forme matérielle ; or, la matière ne peut subsister sans propriétés; ainsi l’air, la mer, la terre ne peuvent subsister sans exercer réciproquement une action l’une sur l’autre. Cette action réciproque a pour cause le jeu continuel des forces négatives et positives de la nature; elle sc manifeste par les changemens. les mutations les plus variées en successions courtes et périodiques ou en une suite d'effels

OBSERVATIONS

qui s’étendent toujours de plus en plus et entre lesquels semblent s’interposer certains momens d'équilibre.

Nous ne poursuivrons pas l’histoire de ces mutations , de ces changemens , ce serait l’affaire de la physique et de l’archéologie de la terre; nous ne rechercherons pas non plus leurs lois. Nos yeux seront fixés sur les phénomènes extérieurs, sur leurs résultats dans les momens d’équilibre ou au moins sur leur tendance à approcher d'une pondération parfaite; car nous cherchons les rapports prisons des formes sur la surface de la terre , et dans leurs cbangemens ce qui existe a présent d’après une loi constante.

Dans l’état imparfait encore et toujours en progrès de cette science il sera indispensable d'appeler quelquefois le passé h notre secours pour l’intelligence du présent et d’acronler h la genèse de la terre une place subordonnée. Nous renfermerons dans le présent tout cet espace de temps dont l'histoire des peuples nous donne connaissance , par opposition au temps primitif de la création de la terre et des révolutions de sa surface. On ne peut parler historiquement que de ce qui existe depuis l'homme ; la théorie au contraire nous ramène à la création même de ce qui est.

Nous ne parlerons ici que des cbangemens, des mouvemens et des révolutions qui ont leur cause dans la diversité de ces trois formes, dans leur rapport avec l’espace suivant la dimension horizontale et perpendiculaire, et dans leur action réciproque l’une sur l’autre.

On peut prendre plusieurs chemins différens dans la poursuite des rapports présens de ces trois formes. Nous avons dit plus haut pourquoi, dans notre méthode, nous allons des formes solides aux formes fluides. Cette route nous semble plus naturelle parce que l’homme, d’où partent toutes nos observations, s’est uni plus intimement à la forme solide, parce qu’elle est plus mathématiquement limitée et que c'est elle qui nous donne le rapport des autres avec l’espace.

Dans des recherches historiques , la méthode chimique qui va des formes fluides aux formes solides ou solidifiées serait la plus convenable , car toute genèse commence nécessairement par les formes fluides. Dans la seconde section de ce travail où nous traiterons des éléinens, cette partie historique de la terre sera plus souvent indiquée que dans la première qui s'occupe immédiatement des formes solidifiées.

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