‹ Geographie Generale CompareeChapitre 80 sur 293 · BORD OCCIDENTAL , TERRASSE DES MANDINGOS · texte numérisé non relu

BORD OCCIDENTAL , TERRASSE DES MANDINGOS

beaucoup d’incertitude et de vague; il décrit, il peint avec de vives et brillantes couleurs ses propre» aventures, le> mœurs elles usages des hommes avec lesquels il fut en rapport ; mais les points géographiques capitaux restent souvent inexacts, la nature physique du pays n’est éclairée par aucun fait important , et cette découverte des sources des fleuves si pompeusement annoncée , n'apporte aucune lumière nouvelle à notre science de la terre. Celui qui connaît tant soi peu les difficultés des voyages à travers de hautes montagnes, celui qui sait combien il est incertain de fixer les sources des grands fleuves sur le rapport deshabilans des montagnes, sans remonter soi-même le cours du fleuve, sans contempler et étudier les ramifications de tout le domaine supérieur des eaux , celui-là ne pourra comprendre pourquoi les sources de la Gambie ot du Rio-Grande se trouvent précisément dans ces bois mystérieux* et dans ces cavernes en forme d’entonCoir , que l'imagination de Mollien prend poor des volcans éteints. Et encore, ce n’est pas un habitant du pays qui donna à Mollien cette importante révélation; il la tient d'Ali, son guide, qui, après I avoir fait errer longtemps à travers des déserts , »ur la pente d’une montagne , lui assura que ces bois et ces cavernes étaient la source des fleuves qu’on l’avait chargé de découvrir. Ces sources prétendues ne se trouvaient pas meme sur le sommet d’une montagne d’où jaillissent ordinairement les derniers courans d'eau qui donnent naissance aux fleuves. L'indicatioo des sources du Sénégal et du Falémé ne nous présente pas plus de vraisemblance; le plus prudent est d’attendre de nouvelles découvertes et de remettre à l'avenir le soin de résoudre le problème des coors supérieurs de ces fleuves. Chaque véritable découverte d’un des grands rapports de la nature fait jaillir en même temps une lumière soudaine sor toute une masse de rapports voisins, et a elle même sa confirmation et sa preuve. Si le voyage dont nous venons de discuter les résultat» n’a pas atteint son but , il contient toutefois des observations intéressantes et nous donne de carieux détails sur une partie de cette contrée et sur les tribus nègres qui l'habitent : nous en ferons usage en son lieu.

2" Éclaircissement.

Terrasse moyenne, second gradin.

Otte seconde terrasse qui entoure la première, comme un pays montagneux plus bas , s étend dans la direction des états nègres de Néola, Tenda , Satadou et Bondou , Bambouk , Kaadsebaga, Fouladou, Kasson, jusqu'à la contrée

septentrionale et plus unie de Kaarta et de Bambarra.

Nous ne connaissions auparavant que le bord septentrional de cette terrasse, et nos regards ne pénétraient dans l’intérieur que par le Bambouk. Le second rovage de Mungo Park nous a fait connaître aussi lepaysde Fouladou, qui confine à l'est au Bambouk.

A. Pays à F ouest du Sénégal.

Bans le district de AVoullih (1), près des cataractes de Barraconda sur la Gambie, commencent à s’élever graduellement les collines avancées de celte terrasse ; elles sont couvertes de bois et , dans leurs vallées, sont situés une infinité de villages. Bondou, pays montagneux trèsfertile , s’élève à l'est , sur le partage des eaux de la Gambie et du Falémé. Le Falémé. resserré d’abord entre de hautes montagnes, franchit, près de kaynoura (2) , la dernière chaîne de montagnes qui coupe son cours ; il forme alors des rapides que l’on ne peut traverser sur des barques que dans la saison des hautes eaux. De là jusqu’au Sénégal l'espace est occupé par le pays montagneux de Kadschaaga, que les Français appellent Galant. L’air des montagnes et le climat sont ici délicieux et plus salubres que dans toutes les contrées h l’ouest jusqu’à la mer. Le Sénégal sort ici des montagnes de l’intérieur (3) et forme les paysages les plus pittoresques, à l'endroit où il franchit, par les cataractes de Govimaet de Felouh, les derniers chaînons de montagnes qui le coupent transversalement. Audessous il s’avance large et navigable dans la contrée plane.

La limite de la pente nord de cette seconde terrasse est donc exactement dessinée par la nature.

Au-dessus de Govina ( Gorima , Gorinea ) , le fleuve coupe des rochers en un grand nombre de cascades souvent très-clevées (de 80 pieds de hauteur). Il se partage ensuite en plusieurs canaux sur lesquels on ne peut naviguer, et forme, encore plus bas, de nouveaux rapides.

Près du rocher de Felouh (4) (Ploie), 7 milles

(t) «. Park, Traï-, pas. 34. Durand, Voyase a. MnCjal, t. Il, pas. 189.

(8) Druee , danl Th. »»ll«y, Vcw general collection ot Voyage, mit iravel», tond., 1746, t. Il, P*S» 147,

(3) *. Pirk, Tr„ pas- 73.

(4) Seooel, dan» l'Appendli, pas. XX. Collacrry , pas. 95. a. park, pap. 78. Durand, voy., 1. 11, pas. 280.

HAVTE-AFBIQljE : V* DIVISIOT, S 17.

géog. au-dessus du fort Saint-Joseph et près de Sami, où M. l’ark passa le fleuve, son cours est coupé transversalement par un banc de rocher {H'/nnslone) ; c’est à ce qu’il parait son dernier rapide.

C'est ici que les Français ont leurs dernières factoreries sur le Sénégal , au-dessous des cataractes de Felouh, comme les Anglais, sur la Gambie, au-dessous de Barraconda. Ces comptoirs sont situés à l’endroit où le fleuve cesse d'ètrc navigable, h la bordure septentrionale de la seconde terrasse , pour ouvrir au commerce une communication entre la côte et le plateau.

B. Pays à l'est du Sénégal.

Sur la rive orientale du Sénégal , la seconde terrasse montagneuse se prolonge dans le royaume de Kasson (1); ses sommets sont parsemés de nodules d'un granit clair, et détachés de la masse h laquelle ils appartenaient primitivement.

Tout le pays de Kasson est une contrée montagneuse hérissée de rochers et couverte de chaînes de montagnes; on en sort par une passe de rochers très-pénible pour descendre dans les plaines unies de Kaarta. C’est là qu'est la limite naturelle de la seconde terrasse ou de la terrasse inférieure; car de là se déroulent, au nord et à l'est , les déserts de sable. L’empire du désert n’est séparé du pays plus élevé , au sud , que par une contrée boisée et des steppes unies, qui sont la patrie du Lotus. Une région de forêts humides et marécageuses semble entourer de la même manière le bord de la première terrasse ; Mungo Park la nomme le désert de Jalloncadou et de Tenda (2).

1" Rkmakqus.

Analogie des région* marécageuses.

Celte bordure boisée près du Sénégal et de la Gambie, dans les forêts de Bondou et de Simbaui, est aussi, comme près du Niger dans le pays de Kaarta et de Bambarra , la région des troupes déléphans; l'analogie n'est-elle pas frappante ici avec la Colla et la Mazaga du Ilaberh et le pays de llourdnar dans l'indoustan (3)? A celle bordure du plateau qui se précipite en pente escarpée dans

(t) ■ P-rk, Vr., psg. 80.

(S) ». F.rk, pag. 337.

(3) Ile Carras, ails, Bec. I, lila. 3, c. 8, Cul. 32, b. Park, psg. 32, 300.

les plaines dn Niger , se trouve anssi la région ées goitres ( strelling o( ths glands of the neck) . comme à la bordure des bois marécageux du Bengale , de la Chine et dans d'autres formations semblables de la terre (I). Dès que Mungo Park se fut élevé dans les hautes terres de Mandingo , il ne rencontra plus ancune trace de ces deux phénomènes.

2' Reuabqce.

Bouta rfer caravanes.

Il est très-probable que la route de Kemmou , capitale de Kaarta, i Ségou sur le Niger, dans le Bambarra , longe la bordure septentrionale decetle seconde terrasse et qu'elle est la voie de communication la plus commode et la plus sdre entre le pays de montagoes et le désert. Mungo Park n’osa pas la choisir , parce qu’elle était alors le théâtre de la guerre et c'est ce qui fit que , prenant plus au sud , il tomba au pouvoir des Maures.

Ainsi lachatnede monlagnos qui borde la seconde terrasse du côté du désert, située sous le IP lat. nord . formerait un parallélisme de l’E. à 10, avee la pente septentrionale du Haut-Soudan, située sons le 12" de lat. nord , près de la première terrasse de Mandingo et de Jallonkadou. Nous aurions ainsi une longue terrasse de montagnes de 30 milles géogr. de largeur cl de 150 milles de longueur qui semblerait appartenir è un même paysdalpes.

5* Eclaibcissemext.

Bambau/i, terrasse de l'or.

Nous connaissons assez exactement le pays de Bamhouk, riche en mines d'or, contrée située au milieu de cette terrasse de montagnes , entre les fleuves Bafing, Falémé et Sénégal. C’est un pays d’alpes bien arrosé, couvert de beaux pâturages où paissentde magnifiques troupeaux, de champs cultivés où le mats , le riz croissent en abondance. Leshabitans vivent Je leurs troupeaux ; ce sont cependant pour la plupart des peuples sauvages.

La richesse des métaux que contient ce pays, le fer excellent, au son argentin et très-propre à être mis en œuvre, qu'il produit, mais surtout ses mines d'or et d’argent, ont attiré depuis longtemps l’attention des Européens. Les anciennes relations de Compagnon et d'autres (2)

(I) P.rk , Tr,, paj. 278, et G. Forcer,

(3) usai, Souvent relation de l’nfr, occidentale, t. 1 v, !>•*. 6-

BORD SEPTERTRIOffAL , TERRASSE DES MAKDIRC03.

étaient peu authentiques , et ce n’est que plus tard que Suasse et I,e Vens les ont rectifiées. Les mines d’or situées autour des montagnes de Tambaoura (l), se trouvent sur des collines basses , sur un sol mourant , et dans des vallées désertes, arrosées par beaucoup île ruisseaux qui détachent l'or des collines et l'entraînent dans leur cours. Souvent les nègres montagnards creusent jusqu'à 20 et 23 pieds dans les terres d'alluvion pour trouver de l'or. Les collines sont composées de couches d’argile fortement colorées, et plus elles sont profondes, plus elles contiennent d'or. Un lave cette terre argileuse pour en séparer l’or. La surface des collines est, dit-on, couverte de grains de fer, peut-être de platine. Dans les mines d’or de Matacon, on trouve 1300 puits, des trous de 10 à 12 pieds de tour, creusés pour l'exploitation de ce précieux métal. Les nègres retirent des mines la terre qui contient l’or, dans des corbeilles de feuilles de palmier, et les femmes la lavent ensuite dans des calebasses. Souvent les hommes périssent sous des éboulemens dans ces mines. Il existe encore de semblables mines d’or dans le pays de Namhia, Sema) lia , Cambadirie, et on pourrait en trouver sans doute beaucoup d’autres dans le Bambouk lui-mème; mais leur richesse u'est pas si fabuleuse que le faisaient supposer les espérances de David , gouverneur du Sénégal. Dans l’ardeur de son avidité, il assurait à scs compatriotes qu’on trouvait dans ce pays, à la surface même de la terre, plus de trésors qu’au Pérou et au Mexique (2).

Ce précieux métal ne se montre pas seulement dans le Bambouk; toute la première terrasse en contient également, car on eu trouve trèsfréquemment dans le pays des Mandingos (3), dans le Jalloncadou et surtout à Bouri ( iiouriah dans Wall), 7 jours de marcheà l’est de Timbo (1).

Sur cette terrasse plus élevée, dans le cours supérieur des fleuves , l’or est difficile à chercher au milieu des grands blocs de silice qui encombrent les bords des rivières ; aussi on en trouve plus rarement mais on en rencontre cependant encore assez souvent de gros lingots du poids de 2 à 3 onces. Mungo Park ne vil de l'or

(t) Le Vrai, p. 70. Labarllie eide la Jaille, Voyage au Modgii , I, I, p. 87.

(2) Lalande, Rem. »ur l'Intérieur de l’Afrique.

(S) ». Park, p. 2»», 402, 345.

(4) Watt et WiMerboUem dans wadalnrm.

massif que dans la province de Koncodou, sur le flanc d’une haute montagne, près du partage des eaux du Rafinget du Falémé; il était enfermé dans des masses de quartz que les naturels brisaient avec des marteaux pour en retirer le métal. Les nègres appellent pierre d’or (sanou birro), l’or qu’ils trouvent en lingots et poudre d'or ( sanou Mounko ), celui qui a été entraîné par les eaux dans les contrées inférieures et qu’ils trouvent divisé en petits grains, dans les terres d'alluvion. Mungo Park et tous les autres témoignages s’accordent à prouver que l’or aélé entraîné par les couraus d'eau de la terrasse supérieure de ce pays de montagnes, et qu'il s’est ainsi répandu par alluvion sur les collines au sol mouvant et sablonneux, dans les couches argileuses et ferrugineuses qui caractérisent ici la terrasse moyenne entre les hautes et les basses terres, comme au Monomotapa, à Fazouc'.o, Akim, comme probablement aussi sur la Gambie supérieure, le Mesurado et la pente occidentale sur laquelle nous n’avons pas encore de renscignemens précis (1).

Ce précieux métal est répandu avec une singulière uniformité tout autour de cette prolongation N. O. du haut plateau africain. Du milieu du plateau, l'or met en rapport le s peuples les plus éloignés; c'est comme un centre qui envoie des rayons sur tous les points de la circonférence de cette partie du monde. Ainsi la terrasse de Mandingo approvisionne d’or le marché de Tombouctou (2); dès les temps les plus anciens comme aujourd'hui, la poudre d’or y attire les Maures des côtes de la Mediterranée. La terrasse d'Akim , le pays des Ashantis envoyenl leur or aux marchés de la côte, et la terrasse de Bambouk approvisionne les nouveaux comptoirs français et anglais sur le Sénégal et la Gambie, comme elle approvisionnait autrefois les factoreries portugaises.

Les observations précédentes et les idées qui suivront sur la manière dont s'est répandu ce métal prouveront que tout le plateau, à l'est, au-dessus de Kong, Degombah et Wangarah, contient aussi de l'or.

(!} Durand, Voyage au Sénégal ,1. I , p. ISS. Wadslratn, Eaaay on colonisation. 651, d'apre* Dcanurctul* et delà Touche.

(2) »e Barros, AsU Dec. I, Hb. 3, r. 8, fol. 33. a. Hennell Appeudli A I. Part, p. LXXXV, cl Durand, Voyage, t. Il, pag. 287.

4* Éclaircissement.

Les Mandingos.

Comme les Foulahs sur le revers occidental du Haut-Soudan, les Mandingos ont été de tout temps le peuple dominateur sur la pente septentrionale. A l'opposé des Abyssiniens orientaux, resserrés et concentrés sur leur plateau, ce peuple s'est répandu de toutes parts, des hautes terres dans les pays voisins. S'il n’y compose pas la majorité des habitans, il forme partout la partie la plus distinguée, la plus riche et la plus civilisée de la population, et en est pour ainsi dire la noblesse. Suivant les grandes voies commerciales, ils se sont répandus dans les contrées les plus éloignées , comme les Cibbertis à l’est , et ont porté partout leur commerce (1), sous le nom àeslatis, c’est-b-dire marchands. Propagateurs de l'Islamisme et appelés alors Mullahs, ouvriers et artistes , pacificateurs entre les peuples voisins, ils nous apparaissent dans toute la partie occidentale de l’Afrique, entourés delà considération que donnent la civilisation et l'intelligence. Un prêtre mandingo, nommé Isaaco, servith .Mungo l'ark d’interprète et de guide dans son second voyage de la Gambie à Sansanding au-delà de Ségo; il partagea avec intrépidité ses dangers et rendit les plus grands services au héros voyageur. Les Mandingos s’étendent ainsi jusqu'aux rivages de la mer et leur langue qui estdevenue la langue généralcdans ces contrées, est répandue depuis les côtes du Sénégal jusqu'à Ségou , sur le Niger (2).

Mungo Park est, jusqu'à présent, le seul Européen qui ait conuuce peu pic remarquable, sur la terrasse de Mandingo, sa primitive patrie, d'où il s'est répandu ensuite dans toutes les autres provinces (3). Leur pays est peut-être le même que celui de Molli (4) dont parle déjà Léo Africanus. Barros les connaît déjà sous le nom de Mandingo, comme le peuple commerçant le plus important de l'intérieur de l’Afrique. C'est d’eux que les factoreries portugaises d'Arguin et du Sénégal tiraient, de son temps, leur or. Il cite une grande province, sous le nom de Mandingo; elle est, dit-il, gouvernée par plusieurs rois et contient un grand nombre de cités très-peuplées.

(1) H. P.irS, nas. 26.

(31 De Barroa, Dec. 1, Ifb. 3, r. II, fol. 33,

(3) ». Fers, pas. 18.

(4) laler lllhrulatci, I. lit, I, pa{. 136.

Une des villes les plus peuplées s'appelait Songo; elle est située parallèlement au rap des Palmes , à HOIegoas de l’Océan; elle était gouvernée par le roi Mousa. Le neveu de ce monarque s’appelait Mahomet! Ben Manzotigoul ; il habitait plus à l'est, et gouvernait aussi gn état Mandingo. Son nom nous prouverait que déjà les Mandingos d'alors étaient Mahométans.

Les Portugais lui envoyèrent une ambassade de la factorerie de la Côte-d'Or, Darmina, pour prendre auprès de lui des renseignemens sur le prêtre Jean. Mais le prince le plus puissant des Mandingos était alors, en 1330, Mandi- Manso, roi de Tourigouboutou; il accueillit avec bienveillance une ambassade portugaise, composée de huit personnes et conduite par Pedro- Fernandez. C’est es Mandi-Manso (le nom ne serait-il pas le même que Mandi-N’go)? avec lequel fut en guerre Temala, roi des Foulahs.

On raconte que, sous Amari gonko (1), un de leurs héros , ils pénétrèrent , aussi au sixième siècle de la Hedschra, après plusieurs invasions, à l’ouest de leur pays, où ils firent la conquête des pays voisins de Bambouk et des rives de la Gambie jusqu'à la mer. Ils s'avancèrent même jusqu'à la Gambie, et fondèrent partout des états sur leur passage, par exemple, ceux de Barra , Kollar, Badibou , Yani , situés sur la rive septentrionale de ce fleuve et les plus connus.

Il y a environ un siècle (2), ils apparurent, pour la première fois, à la pente occidentale de la terrasse des Foulahs, un jour de marche à l’est de Sierra Lcona. Ils ne venaient plus comme autrefois en conquérans et en vainqueurs, mais en hommes pacifiques et civilisateurs, sous le titre de colons , de prêtres et d'interprètes du Coran.

Mungo Park trouva que la langue des Mandingos et le bas dialecte du Bambarra s'étendaient, à l'est, jusqu’à Madibou et Silla sur le Niger (3). Arrivé b ce point, le voyageur se trouvant dans la situation la plus désespérée, au milieu d'un peuple dont il ignorait la langue, fut forcé de revenir sur ses pas. C’est là que commence la langue Jcnne-Kummo. La langue pure des Mandingos de la haute terrasse, s’étend à l'est jusqu'où s'étend la terrasse elle-

(1) Colberrz Vr., pag. 285.

(2) WmtcrboUom Accoual, I, l.psg. 6.

(3) ». Park, pr;. 209, 239. Valer ■lUirldales, t. III, I, rat- 162.

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