PROLONGATION PROBABLE DU PLATEAU, A L'EST
1" Éclaircissement.
Montagnes de Kong.
L'intérieur des Kong ou montagnes que
(l) Voy., Mungo Park’i, Life, p. XCI1T. (1 ) Park Journal advertlsement, p. 6.
BORD SEPTEÎVTRIORAt, , MONTAGNES DE KONG.
Wungo Park aperçai au sud de Ségou, ainsi que le pays qui s'étend à l’est jusqu'aux Al-Koumri, sont encore pour nous une terre inconnue. Voici à peu près tout ce que les marchands d’esclares, les Maures, les anciennes traditions et hypothèses peuvent nous en apprendre.
Mungo Park n’a vu que cette Kong et non d’autres montagnes du Marrabou, qui s’étendraient sur le Niger bien loin au sud des premières. Elle est située h dix journées de marche au sud de Ségo, au sud est de Sibidoulou, sur la terrasse des Mandingos.
Le pays de l’intérieur qui s’étend vers le Niger est donc ainsi une plaine immense et sans bornes, et si le plateau se prolonge plus à l’est (1), cette continuation doit avoir lieu hune très-grande distance au sud du Niger. Suivant l’assertion de Jackson (i) , cette chaîne de hautes montagnes se prolonge arec de très-légères interruptions , ou même sans interruption , sous le nom général d’ Al-Koumri , depuis le pays d’Ashanti jusqu’au Habech. I,cs témoignages de tous les voyageursqui ont pénétré dans le Soudan, s'accordent h confirmer ce fait. Celte chaîne de Kong est le Gonjah de Beaufoy et le Conc/ie de d'Anville. L'itinéraire du shériff Imhammed (3) , nous fait connaître , h l’est de la chaîne de Kong et au sud du Niger, le royaume nègre de Tooouh ali, dont la capitale est Assenté, peut-être l’Assianthé des habilans de la Côte-d’Ur. Dans le domaine de cet empire qui touche, près de la cèle, au pays des chrétiens, se trouvent des chaînes de montagnes qui se succèdent l'une h l'autre et dont la plupart sont d'une prodigieuse hauteur. Une partie de ces montagnes, probablement la pente septentrionale, est couverte de forêts épaisses; une autre partie , probablement la terrasse , est bien cultivée , une autre partie est encore complètement déserte. La plus grande surface du pays est couverte de pâturages qui nourrissent des troupeaux innombrables de vaches , de chèvres et de moutons noirs. Le blé, le riz, la chair et le lait de ces animaux forment la principale nourriture des habilans. Ce plateau est partagé en une infinité de petits états presque tous monarchiques, et dont quelques-uns sont régis par une constitution républicaine. Un des états rao-
(1) Rennell, Appeodix â 1t. Park LXXXVI, et Proceedlngs,
(2) Jackaoo, Account of Xarocco, 2* dd., l.ond., p. 290.
(3) Proceedlpp or Uie luociaUoo, 1310, tn-8®, t. I , P*. 177.
narchiques est le royaume mahométan de Degombah (1), dont leshabitans se distinguent de leurs voisins par leur habileté h dompter les éléphans (ils se trouvent ainsi probablement h la pente septentrionale du Haut-Soudan). C’est h travers leur pays que passent les marchands mabométans (2), pour aller dans les hautes terres de l’intérieur, où ils vont chercher des esclaves de l’or, des noix de Gourou et d’autres produits, pour les vendre sur les marchés de Tombouctou , de Kaschna et du Fezzan. Ce sont les routes que nous avons indiquées plus haut et par lesquelles les Mullahs arrivèrent dans le Dahomey et dans le pays des Ashantis.
Là sont peut-être aussi les chaînes de montagnes que Marmol (3) entendit appeler Quen (Kong) et Alard , par des marchands maures. C'est là ou un peu plus à l'est , au sud de Wangara ( Guangara selon Léo Africanus) (4), que doivent être situées les hautes terrasses contenant des mines d’or dont Marmol entendit parler aussi aux marchands mahométaos. Four aller de Wangara, contrée du Niger inférieur, faire le commerce avec ce pays si riche en or, il faut gravir de très-hautes montagnes qui sont tellement escarpées qu'aucune bête de somme ne peut les franchir (3). Les marchands sont forcés de prendre avec eux des esclaves qui portent les marchandises et les provisions dans degrandes calebasses. Chaque esclave porte environ 100 livres et ils font, ainsi chargés, 3 à 4 lieues par jour, à travers ces montagnes inaccessibles. La caravane est accompagnée d'une escorte d’hommes armés, pour repousser les attaques fréquentes des montagnards. L’or que l'on apporte ainsi à Wangara est appelé tibar. On connaît sous le nom de tibar , tibbar , tiber la poudre d'or, qui a cours partout comme monnaie , en Afrique; on l’estime au poids, et chaque Mandingo porte toujours sa balance avec lui (6).
Des deux côtes de l’Afrique, à l’ouest eth l’est, retentit partout le même cri : de l’or! de l’or! tibbar! tibbar! (7); il annonce, à l'ouest et h l’est, et la même richesse dans la nature, et la même cupidité dans l’homme !
(1 ) Voyez plus haut , $. 15.
(2) Proceedings of lhe association, pag. 177.
(3) Marmol Africa, t. I, paç. 32.
(4) Léo Africanu», par Lorsbacb, pag. 403.
(5) Marmol Africa, l. 111, p. 09.
(G) Jackson Account ofMarocc», 2* <?«!., 1811 , p. 200. (7) voyez plus haut : Terrasse de Pazouklo , 13,
éclaire. 3.
jlï HAUTE-AVBIQL'K :
2* Éclaircissement .
De la grande population du plateau.
Suivant les sentiers plus ou moins frayés qui se sont présentés à nous, nous avons parcouru maintenant le plateau africain dans tout son pourtour; mais nous n’avons trouvé nulle part d’accès ouvert qui nous permit d’observer les mystères qu’il cache dans son sein. Nous ne dirons plus qu’un mot sur ce monde inconnu , et ce mot nous sera fourni par l’histoire des plus infortunés de ses enfans.
Cest un fait reconnu (1) que , depuis des siècles, les côtes occidentales de l’Afrique ont été régulièrement visitées par les Européens, pour la traite des noirs ; ils les ont parcourues ainsi depuis le cap Blanco , au nord du Sénégal , jusqu'au cap Négro, au sud. Avant 1789, c'est-àdire avant l'abolition de la traite des noirs qui nous a fourni toutes les indications suivantes, on exportait, par an, sur ces côtes, 74,000 à 80,000 esclaves tirés de l’intérieur du pays.
la caravane de Darfour en exporte aussi un très-grand nombre de l'intérieur du pays au nord-est de l’Afrique ; la petite caravane en amène cinq à six mille au Caire ; la grande caravane qui arrive beaucoup plus rarement , en amène jusqu’à 12,000 (2). La plus grande partie de ces esclaves se compose de jeunes filles et de femmes qu’achètent les Mamelouks.
La caravane de Sennaar en exporte beaucoup moins du pays des Noba, sur le Mil. Quelques centaines de ces esclaves sont faits eunuques (3) à Aboutigé , dans la llaute-Égypte ; à peu près autant sont ainsi annuellement mutiles dans le royaume de Bornou (4).
La caravane de Mograbi n’exporte que trèspeu d'esclaves dans la Basse-Égypte, par le Fezzan et le Bornou ; cependant on organise (3) chaque année à Bornou des parties de chasse aux esclaves contre les nègres montagnards du plateau; c'est ce que font aussi les habitansdu Darfour contre les Donga qui habitent vers les
(1) pri*7 Couds Report, dan» Wad»trœm, Evsay oncoionU., P. 484.
(2) Mémoire» »ur l'Êgypte, t. III. p. 303, et Lapanouie , îbkl IV, p. 77.
(3) L. Franck sur le commerce des nègre» au Caire, méoi. IV, p. 128.
(4) Hornemann, Voyage, t. I, p. 162.
(8) Rdierir Inbaromerf, dan» les Proceedlngs, t.I,p. 167.
v* division , S 18.
sources de l’Abiad (1), et, depuis quelque temps, le sultan de Fezzan contre les TibbosdeBorgou. nitchie, consul anglais à la cour de Mourzouk, dans le Fezzan , nous atteste la vérité de ce bit , car fl était sur le point d’accompagner le bey du pays à une partie de chasse contre ces Tibbos, lorsqu’il fut emporté par la fièvre. Pendant son séjour à Mourzouk on amena, en 1819, sur le marché d'eaclaves de cette ville, cinq mille infortunés ainsi arrachés de leur patrie (2). Depuis quelques années . ect usage horrible de la citasse aux hommes qui bientôt aura détruit des nations Altières , s’est considérablement répandu dans l'intérieur de l'Afrique septentrionale, et déjà il a mis la plus grande confusion dans la situation politique des peuples du Soudan. Comme sur le Congo supérieur, ce trafic a détruit ici tous les rapports sociaux; c’est le plus grand obstacle qui s'oppqse à toute communication avec les Européens et qui les empêche de pénétrer dans l'intérieur du pays. Rilchie s'est assuré que, sans cette circonstance, la route du Fezzan à travers le centre de l'Afrique jusqu'à la Guinée, serait aussi libre et aussi sûre que celle de Ixindres à Edimbourg. La chasse aux hommes ( sclaty ) est un usage aussi général dans cette partie nordest de la pente de la Haute- Afrique , que dans la partie occidentale de la côte de Guinée.
7 ou 800 (3) de ces nombreux esclaves , étaient autrefois exportés chaque année à Tripoli ; aujourd'hui il en arrive probablement un [plus grand nombre.
bous ne savons souvent rien de précis sur le nombre des esclaves enlévé6 de l'Afrique, quoique cependant ils soient vendus; avant d’atteindre le Caire, les caravanes se séparent souvent en plusieurs branches , en Égypte , par exemple aux marchés d'esclaves de Siouth ou d'Esneh.
Le nombre des esclaves que les Maures entraînent avec eux du Soudan , à travers le désert de Sahara, aux marchés du Fezzan et de là à Maroc, Tunis, Tripoli, nous est inconnu; cependant il doit être très-grand (4. L'exportation des esclaves de l'intérieur de l'Afrique dans ce*
(1) Erowne, Trav., et Hornemann , voyage», éd. de tanglès, t. II, p. 275.
(2) Rilcbic, dan» la QuarterJy Revrlew , 1820, mij , pan. 228.
(8) Hornemann, Voyage, I. II, pag. 451 .
(4) Jackson, Account of Marocco, 2* Cd., l.ond., 1811 , p. 230. Proceedings of tbe associai. of AMc., tond., 181®, 1. 1, p. 51 . Jackion'», el Hage Shabeeny , Account of Tlmbuctoo and lion»»., tond,, 1820, ln-8*, pag. 220.
BORD SEPTERTRIOSAL , M0RTAC5E8 DE KORC.
contrées , est en usage depuis le douzième siècle (1). Nous ne savons rien de plus précis des enlèvetnens d'hommes qui ont lieu sur les côtes orientales de l'Afrique.
Les compagnies portugaises pénètrent jusqu'à 230 à 300 lieues dans les terres pour acheter des esclaves. On en exporte annuellement du seul port de Mozambique (2) de 18 à 16 mille ( Toye* plus haut page 86 ).
Nous ne savons pasquel est le nombre de ceux que le même sort atteint au nord et au sud. On en amenait autrefois un très-grand nombre au Capde Bonne Espérance, car on y compte, pour un blanc, cinq esclaves noirs qui, presque tous, ont été pris (3) sur les côtes orientales de l’Afrique, Dans le district de Graaf Keynett, chaque cultivateur possède environ 18 esclaves nègres (1). D'après un dénombrement fait en 1810, il y avait à la colonie du Cap 30,421 esclaves, sans compter 19,764 Hottentots qu’on pourrait regarder comme tels.
En additionnant le nombre de tous ces infortunés , on trouverait que le trafic des esclaves enlève annuellement 180,000 babitans aux contrées de l’intérieur de l'Afrique ou au plateau , dont presque tous sont arrachés pour ne plus jamais revoir leur patrie. Depuis l'établissement de la colonie de Sierra Leona, la traite des noirs a diminué des quatre cinquièmes sur cette côte, et un grand nombre de comptoirs et de facteurs qui ne s'étaient établis que pour faire le trafic d’hommes ont déjà quitté la côte. Cette baisse subite et le nom seul de W'ilbcrforce , chef de ces hommes généreux qui voulaient abolir la traite des noirs , ont jeté la terreur chez les marchands d’esclaves; ce commerce est souvent fait par les rois eux-mèmes , lesKabosirs, ou du moins par les habitons les plus riches du pays , et ils menaçaient de la mort tout blanc qu'ils soupçonnaient être un agent de Wilberforce (S). Mais la cupidité a toujours trouvé les moyens de se livrer eu secret à ses spéculations criminelles. Des capitaines de vaisseaux anglais , français et amé-
(1) Geogr. Robleni, p.g. 8.
(3) Spftl, Colla notice sur I» Sonn.blquc, dont les Annslet de ulle-Brun. X IX, p. SOI ; Sali voyage, p. 80.
{3) Campbell, Relie, p. 038.
(4) Parrow Trarela In s. Africa , T. Il , p. 100 el 404. (6) Wadatrtrm Esaay on colonisation ll,p. 110 ; et Rlcboll
uucr front Oitl Calabar In Ibeyear 1808 , dans Ica Proceedings II, p. 387.
riCains se sont livrés à la traite des noirs avec plus de cruauté encore qu'auparavant, car ils ne s’exposaient aux risques d’un commerce illicite que dans l'espoir de bénéfices énormes, line croisière de vingt vaisseaux de ligne sur la côte de Guinée ne suffirait pas pour faire respecter la loi et détruire entièrement la traite des noirs. II est presque impossible de poursuivre les transgresseurs de la défensedevantles tribunauxde Sierra Leona ou de la Havane, parce que les frais de procédure coûteraient des sommes immenses et que les coupables ont toujours mille moyens d'échapper à l'action de la loi. Les Portugais et les Espagnols ont d'ailleurs continué jusqu'à ce jour la traite des noirs. Le commerce s’est même accru chez eux dans les dernières années, et il est connu de tout le monde qu'on a amené plus d'esclaves dans Pile de Cuba en 1818 et 1819, que dans les années précédentes , aussi les cultivateurs exportent-ils le double de denrées coloniales qu'auparavant. Malgré les plus généreux efforts, la traite des noirs n’a donc pas subi encore de changemens essentiels (voyez plus haut, Congo et Guinée ).
D'après les probabilités , la population de l'Afrique s'élèverait de cent à cent soixante millions d'habitans (1). L'esclave est indigène dans une grande partiede l'Afrique, sur le plateau iuimème (2) ou au moins à sa pente septentrionale; sur le Sénégal el la Gambie supérieurs, dans la terrasse des Handingos (3) , un quart seulement des babitans portent le titre d'hommes libres , llorea; les trois autres quarts sont esclaves, long.
La principale source de l'esclavage est la guerre qui exerce continuellementses ravages dans l'intérieur du pays, au nord, et coûte encore la vie à un grand nombre d'hommes, outre les prisonniers qui sont vendus comme esclaves. Mungo- Park (4) remarqua avec tristesse que daus un grand nombre d'états nègres qu'il traversa , et dont les babitans étaient presque liés de parenté entre eux , les frontières des différens royaumes étaient toujours moins peuplées que le centre du pays; souvent même elles étaient entièrement désertes, comme celle des royaumes de Bondou , Kastor, Loudamar, Kaarla , Bambarra, Mandingo et Foulladou.
(1) Golbcrry, p. 380.
(2) Voyez (Mandata Eqniano ! ebensbesebreibung.
(3) H. ParkTrar., paf. 23 et 35.
(4) M P«rk , Trav., p. 201.
HAUTE- AFRIQUE : V* EIVISIOH , § 18.
2li
Si on compte encore le* victime* sans nombre qui, dans les royaumes non mahométans de* nègre* méridionaux , «ont sacrifiées <t la tyrannie et i la miaule de* despote* absolus, comme, par exemple, dans l'empire de Dahomey; celles qu'immolent la superstition et l'idolâtrie ; celles qui succombent sous les coups de la vengeance et de la barbarie, on s'étonnera que l'intérieur de l'Afrique et surtout le plateau , loin de se dépeupler , répande de tous côtés les flots de son exubérante population.
Nous avons exposé plus haut, en son lieu, les faibles documens que nous possédons sur l’histoire des peuples du plateau africain ; ils sont confirmés encore par une tradition des Ileetjuanes , d'après laquelle ils assurent avoir émigre du nord dans le pays qu’ils habitent. 11 résulte de Icus les témoignages que nous avons recueillis, qu’entre le quinzième et le seizième siècle, eut lieu une émigration des peuples du plateau qui, obéissant à la même impulsion, sont descendus, dans trois directions différentes, des hautes terres aux basses terres. Chassés par la même cause, les Galla, les Foungi , les Nouba, les Giaga ou Schagga , les Mandingos, les hordes des Foula etbeaucoupd'autres peuples encore sa précipitèrent en même temps dans les terrasses des montagnes. Les nègres des côtes et des basses terres sont encore maintenant refoulés, en beaucoup d’endroits , par les habitans des hautes terres, depuis le bord septentrional du plateau jusqu’au bord méridional , chez les Hottentots. Ce phénomène nous ferait supposer, dans l’intérieur, un accroissement de population, qui ne serait pas encore arrivé h l'équilibre et qui se fi’rait moins sentir au S.-O. qu’au sud-est. Los peuples nouveaux se superposent comme par couches sur les peuples anciens, ils se confondent en partie avec eux , ils les repoussent et les dépossèdent entièrement du pays sur lequel ils ont primitivement vécu. v
Un plateau habité dans l’intérieur et non couvert de déserts, une terre (1) jouissant d’un climat salubre et abondamment pourvue de choses nécessaires à la vie , peut seule remplacer cette énorme masse d'hommes que lui enlèvent annuellement la cupidité et la barbarie ; h moins cependant qu’ou ne suppose que la nature et plus chaude et plus jeune , possède lïi une vertu particulière et plus féconde pour procréer les peu-
ples, et que, comme d'une source éternelle et vivante, elle verse sans cesse sur cette terre des générations nouvelles. Nous savons maintenant qu’un grand désert s'étend au sud près des Beetjuanes et du fleuve d'Orange (1); mais les nouvelles decouvertes de Burchrll nous apprennent que plus au nord, la terre doit être mieux peuplée.
C’est ce que nous confirme une ancienne tradition (3) de la tribu des Zinques ( Zinghi , comme les appellent les Arabes ) ; ce peuple doit vivre sur les sommets des montagnes d'Alard et de Kong, dans une sauvage barbarie; ils se multiplient avec une si prodigieuse fécondité, disent-ils, que bientôt ils couvriraient toute 1s terre, si le vent Reha d Sur y du ne soufflait sur leur payset ne venait , de soixante ans en soixante ans, les couvrir de sable et dessécher tout ce que touche son souffle destructeur.
Le plateau africain manifeste , élans la procréation des peuples, une merveilleuse fécondité qui a étonné ses voisins dès les temps les plus anciens. Toutes les relations nouvelles s’accordent h confirmer la précocité de la puberté de l’homme et le grand nombre d’enfans que possède chaque couple dans cette partie de la terre isolée des autres et pour ainsi dire fermée de tous côtés. Beaucoup d’auteurs, et entre autres Golberry , ont essayé de prouver que la race nègre est la plus féconde de tous les peuples du monde ; plus on avancedans l’intérieur du pays, plus cette opinion acquiert d’évidence. Jackson nous assure que le climat et toute la nature sont siexcitansau Tombouctou, que l'individu, chez les deux sexes ne peut vivre sans les plaisirs de la génération; l'homme qui n'est pas marié h 18 ans est frappé de déshonneur dans l'opinion publique.
C'est un phénomène toujours corrélatif dans l'histoire de l'humanité, que lh où la fécondité de la race est plus grande, l'existence de l’individu , soit comme homme , soit comme famille ou comme peuple , a généralement moins de valeur aux yeux de l'homme. Il semble que l’exubérance de la masse écrase ici le développement de la personnalité.
Cela ne peut pas être l’effet d’un sentiment moral étouffé chez ccs peuples , comme on pourrait le croire, il en juger d’après nos systèmes de morale ; c’est que l'homme n’est pas encore
(H 0!*nd»b tqulino, laj. 18 il 682 ; cl w. Voulu, Son» (1 1 Citrribrll , p, 334. le. rroceeJH.5. 11, p. 350. (2) S Or, nul Alric, 1. 1, p. 31.
Sic