GRADINS ET SYSTÈMES D’EAU DE 1/ AFRIQUE MÉRIDIONALE
Jusqu'à présent nous ne connaissons que trois fleuves qui, «lu plateau de l’Afrique, portent leurs eaux à l’Océan : ce sont le Zaïre à l’ouest, le Zambèze à l’est , et le grand fleuve ou le fleuve d’Oranje qui , traversant le côté méridional du Plateau , va se jeter dans l’Océan étbiopkjuc. L’étendue de leur domaine, jointe à la forme tout à fait caractéristique de toute cette partie du monde, leur donne une très-grande importance dans la géographie : tous trois prennent leur origine dans l’intérieur des hautes terrasses; toutefois , sous le rapport de leurs eaux , ils n'appartiennent qu’à un ordre inférieur , si on les compare aux grands fleuves des autres parties du monde : tons les autres fleuves de l’Afrique, du troisième ou du quatrième ordre, qui n’ont leurs sources que sur les avant-terrasses, méritent à peine le nom de rivières ; la plupart, coulant au sud , sont desséchés pendant la saison brûlante; mais, à la saison des pluies, ils se changent en torrens désastreux , qui , cependant , pour le bonheur des riverains ne conservent pas longtemps leur abondance. Le fleuve de* Eléphans et le Bergrivier appartiennent au petit nombre de ceux qui coulent pendant toute
l’année (1). Ceux qui se dirigent vers le sud et l’est ont tous de grandes barres de sable à leur embouchure, et sont presque tous gucables pendant le reflux (2). Leurs eaux ne sont abondantes que dans le pays des Cafres ; sur la côte occidentale, ils se perdent souvent dans le sable avant d’atteindre la mer.
Un autre accident, commun aux trois grands fleuves , c’est que leur cours inférieurs très-peu d’étendue , comparé au cours supérieur, parce que les terrasses littorales sont partout trèsétroites.
Le Zaïre à l’ouest et le Zambèze à l’est , dont nous ne connaissons que les gradins dans le Kongo et le Monomotapa , ont déjà été décrits en d’autres endroits ( roy . p. 70 et H9). La plus grande étendue de leur cours est encore pour nous dans une profonde obscurité. Néanmoins il est presque impossible de ne pas s’apercevoir , au premier coup d’oeil, qu’il existe dans leurs principaux rapports une complète analogie, et qu’ils appartiennent tous deux à un seul et même système (3). Tous deux prennent leur origine sur la Haute-Terrasse , se dirigeant d’abord, du sud au nord, parallèlement à ï’axelon-
(t) Barrtïw, I, p. 372,
f'i) Llcblcnsidn. belsc, 1 * p. 82.
(3) Dos Sanctos, ACth. Or. , dans Puro-i., Pilgr. , Il , fol. 1543. — larmoi , Africa, III, p. 113.— Thoroann, Relsc und Lcbensbescbreibung — Pigafetta, dans lopez, p. 9, 12, 15, 51 — Labat , ReJal., I, 40.
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GRADINS : lr* DIVISION , § 19.
gitudinal du Plateau; tous deux se fraient leur rours à travers les chaînes latérales, où ils forment plus ou moins des cataractes; se courbant ensuite des deux côtés h angles droits , ils pénètrent en ligne directe à travers la terrasse moyenne , et vont se décharger dans l’Océan , le Zaïre a l'ouest, le Zambèze & l'est. Mais, avant d’entrer dans les basses terres, ils ont encore des cataractes, des sauts et des détroits h passer (le Zambèze au-dessus de Séna, le Zaïre au-dessus de Soundie), et ce n'est qu’aprés les avoir surmontés qu'ils deviennent calmes et navigables; tous deux fertilisent leur petit Delta par de fréquens débordemens. La même analogie s’observe dans les gradins deces systèmesd’eau; les gradins supérieurs ont été de tout temps stériles , tandis que les gradins moyens sont devenus le siège de grandes puissances politiques ; les gradins inférieurs fertiles, mais insalubres, ont été, de tout temps, le tombeau des étrangers.
L’influence du parallélisme général , de la ressemblance et de l’uniformité qui caractérisent toutes les parties de l’Afrique se manifeste aussi très-visiblement dans les rapports de ces deux systèmes d’eau entre eux.
Nous allons maintenant examiner en détail le dernier de ces trois grands fleuves, celui du sud.