CHAPITRE PREMIER
SYSTEME D’EAU DU GRAND FLEUVE OU DU FLEUVE d’oranje.
Le domaine de ce fleuve, presque entièrement inconnu il y a cinquante ans, nous ramènera encore une fois dans le Plateau africain. Depuis quelque temps nous avons obtenu, des bords de l’Oranje, desrenseignemens authentiques sur les efforts qu’y font les Européens pour avancer les progrès du christianisme parmi les naturels de ces contrées; ces relations nous ont fait connaître aussi plus exactement la nature du pays et de ses babitans.
Le capitaine Gordon (1) est le premier qui, en 1777, dans les excursions qu’il fit du Cap h l’est, s’avança jusqu’à ce grand fleuve; il lui donna, en l’honneur de son souverain, le nom
d 'Oranjeririvr, fleuve d’Oranje. Paterson.qui le suivit de près (en 1778), parvint jusqu'à son embouchure. Peudetempsaprès,Truler elSoramerville (1801), et Janssens et Lichtenstein (1803) le traversèrent dans son cours moyen (1). Depuis lors , les missionnaires ont pénétré , en beaucoup d'endroits, jusqu'à scs bords. John Campbell reçut, en 1813, de la société des missions de Londres , la lâche pénible , mais honorable, de visiter toutes les nouvelles communautés chrétiennes de l'Afrique méridionale. Ce noble prédicateur, qui s'est acqu itté de sa mission avec tant de zèle et de dévouement, a suivi le fleuve depuis son cours supérieur jusque près de son embouchure ; c’est le voyageur qui a parcouru la plus grande étendue de l’Afrique de l’est à l’ouest, et nous lui sommes redevables des renscignemens les plus importans , non-seulement sur les contrées qu’arrose le fleuve et sur leurs habitons , mais encore sur les progrès importans qu’ont faits, depuis peu, les vérités de l’Evangile, parmi ce peuple docile. Le christianisme répandra rapidement la lumière dans ces contrées, si l’amour pour ces malheureux, la piété et l'expérience qui ont dirige Campbell dans toutes ses entreprises, continuent d’animer les missionnaires indigènes dans leurs |>énibles travaux (i).
1er ÉCLAIRCISSEMENT.
Cours supérieur.
Les sources du fleuve soûl situées à la limite orientale de la haute terrasse des Bosjesmaus, sur le plan vertical , et jusqu’alors inconnu du llaut-l’latcau , au nord des montagnes de Neige; ce plan vertical sépare le pays des Cafres de la haute terrasse, et porte proliablement un grand nombre de hautes cimes (5). A l'est, habitent les tribus des Tamboukies et des Mamboulies; au nord-est, celles des Mathimba, des Maduuna et des Imbo. Campbell rencontra quatre rivières qui , venant toutes de l’est cl du sud-est, se réunissaient dans un seul lit, sous le méridien de l’Algoa-Daic entre le et Iei9“ de lat. sud. Ce sont, en partant de l’est , le Ma-
il) Bjutow, Voy. lo Cocbincbina, r. 372. — Llcblciutcin, Rcl,o. Il, p. 382.
(2) I ilerary tiatello « et Vcrnciir , Journal des Voyage* , Paris, 1821 , avril, p. 61.
(3) I IcbtrmU-lo , RcUe , 11, p. 67— Campbell , Travefs in A rira.
(l) P.iicrson, narrative, 1780, p. 01 cl 03.