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FLEUVE D'OMMJI , HAUTE-TERRASSE

Marin, \e fleure jaune , le fleure rT Alexandre et le fleure de Craddock, lies trois derniers ont reçu leur nom des Européens ; le Craddock , qui n’est qu’un liras de l'Oranjc, a été pris autrefois pour le grand fleuve lui-même; le Mala- Jarin a reçu son nomdeBeeljuancs (Boolchuanas, suivant Campbell); lesCoranas l’appellent 16/iou, d’autres le nomment encore le cœur de V Afrique , mais rien ne nous apprenti ce que signifie rette singulière dénomination. On trouve, diton , sur les bords de ce fleuve , une contrée magnifique, où l’eau, les arbres et la verdure, qui manquent partout h l’entour , présentent l’aspect le plus varié et le plus enchanteur. A son confluent dans le fleuve d'Oranje, le fleuvejaunc rst plus large que la Tamise pendant le flux. Ses bords sont couverts de forêts habitées par les gira/fes. Bans le voisinage îles deux affluens inf. rieurs, la contrée a la même apparence de richesse et de fécondité.

Campbell crut avoir sous les yeux la contrée la plus pittoresque de l’Afrique méridionale. Les matériaux nécessaires pour bâtir des villes se trouvaient partout en abondance, et les rivières semblaient devoir être très-facilement rendues navigables. Déjà un établissement avait été fondé, dans le voisinage de l’Oranjc, h Campbelidorf; on y parlait le hollandais, la langue des Corauas , celle des Beetjuancs. des Hottentots etdes Buschmans. La mission de Klaarwaler (eau claire), qui reçut plus tard le nom de Kriquasladt , n’est située qu'à une journée et demie du rivage septentrional. Non loin de la mission, sur le chemin qui conduit de Graaf- Ueynett à Litakou ( Lattakoo , suivant Campliell), dans la direction du sud au nord, se trouvent les meilleurs gués du grand fleuve. Quelque route que l’on prenne pour s’y rendre, on a toujours â supporter, avant de l'atteindre, des fatigues et des privations de tout genre. Les hommes et les animaux ont surtout h souffrir de la soif dans ces contrées arides et désertes. Aussi l’aspect seul du fleuve réjouit de loin les voyagrurs, ranima leur courage, et donna h tous une ardeur et une vie nouvelles. Les animaux s’y précipitaient U travers les buissons, et manifestaient leur joie eu agitant la queue : on pourrait, dit Campbell, l'appeler, ajuste litre, le fleuve de la rie.

Truter (1), qui le traversa, entre le 23“ et le

24* long, est, le trouva partagé en deux bras, dont chacun avait 1,800 pieds (000 yard*) de largeur; au milieu se trouvait une Ile; l’eau était très-profonde, et le courant entraîna une voiture, malgré l’habilité des Coranasqui le traversaient.

Lichtenstein passa le fleuve d'Oranje au mois de juillet; il avait alors 1,720 pieds de largeur et 20 de profondeur. On dit que, dans les hautes eaux , il a souvent un mille géogr. de largeur et 30 pieds de profondeur (1). A peu près h un mille et demi au-dessous du gué, le fleuve pénètre à travers une gorge étroite formée par deux rochers escarpés qui, dans le temps de la crue , font refluer les eaux vers sa source, la vallée supérieure parait avoir été autrefois le bassin d’un grand lac, qui se serait écoulé par cette gorge. On aperçoit encore, en d’autres endroits, des rochers qui s'avancent jusque sur les bords du fleuve, et viennent souvent resserrer son lit. Ses eaux impétueuses et profondes entraînent alors des arbres et des rochers dans leur cours; souvent elles élèvent ainsi, dans la vallée , des espèces de digues qui les font monter à une hauteur extraordinaire en très-peu de temps , et qui deviennent pour le pays de véritables forts naturels.

Lorsque Campbell, venant du sud, approchait de ces gués, il aperçut de vastes et immenses plaines qu’il appela plaines de Burdar et de B ilk; c’étaient de véritables steppes immenses et couvertes d’herbe. Il rencontra ensuite un fleuve salé, appelé Brak , qui disparaissait plusieurs fois pour reparaître ensuite. (Peut-être, dans la saison pluvieuse!, atteint- il aussi le fleuve d'Oranje?) Les voyageurs, venant du sud, reconnaissent le voisinage du fleuve à quelques collines et h de petits arbres qu'on ne rencontre nulle part ailleurs au sud. Le fleuve était aussi large que la Tamise au pont de Londres, son cours impétueux et profond. Des milliers d’hommes etd'animanxdomesliqucs trouveraient sur ses bords de l’emplacement et des pâturages ; mais on n’apercevait nulle part la trace d’une main d'homme, pas une hutte ne s'élevait sur ses rives ; partout d'immenses plaines couvertes de bruyères; la vallée était encombrée de blocs de pierre détachés , et de galets qui faisaient crier les roues des chariots. On apereevaitau loin des lions à l'affût de leur proie.

(I) Brnow, voj. lo CychfncSIns, p. 372 et 373,

(I) Lichtenstein, Relie, n, p 3(12.

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