SÉNÉGAL. GAMBIE
Saint-J,ouis , principal établissement des Eurol>écTiJ et bâti sur un sable fin et mourant. Le bras oriental du Sénégal a 5,000, celui de l’ouest 1 .000 pieds de largeur. I)e Saint-Louis 11 Podhor le Sénégal est en tout temps navigable; jusqu’à Galam on ne peut naviguer que dans la saison des pluies et avec des bateaux de 130 à 150 tonneaux au plus ; encore s’expose-t-on toujours à une foule de dangers (1).
Le Sénégal est navigable toute l’année pour les bateaux plats. La flotte de commerce française qui remonte annuellement le Sénégal avec 40 vaisseaux , commence ce trajet au mois de juillet , et met trois mois |>our arriver à la cataracte de Félon, trajet de 280 lieues , que l’on fait ordinairement, par terre, en 25 journées (2).
Use tient ordinairement, au fort Saint-Joseph, une foire qui dure quinze jours; dès que les eaux commencent à baisser , on donne le signal du départ. La flotte alors s’en retourne chargée de marchandises de toute espèce , et , favorisée par la rapidité du fleuve , elle fait en quinze jours le même chemin qui lui coûta plusieurs mois de temps en amont.
Reuabquk.
Nome île » /teu ce*.
Le Sénégal s’appelle, chez lesMandingos et les Maures, Bafiiuj; les Joloffet, race remarquable de negres primitifs, habitant entre le Séuégal et la Gambie, lui donnent le nomde Dengue A (a). I) autres nègres t'appellent Senedec ; dans les temps anciens, il porte te nom de Mayo, Solle, suivant les differentes peuplades qui habitaient scs bords ; lors de sa découverte, en MIS, il fut nommé Sena ou Sanoga (Canaga, suivant de Barros), d'apres le nom d'un prince nègre, Sanaga, avec lequel les Portugais entrèrent en relation (4).
Ba/ing signifie, dans la langue du par s (s), fleuve noir; or, comme le Niger, dont le nom a la même signification, coulait, d'après 1 opinion des anciens, près du Tombouctou, il arriva que, pendant les premiers siècles, on donna aussi le nom de Niger au Sénégal ; do là cette foule d'erreurs qui se sont introduites dans la géographie. Le nom de Niger vient proprement du mot punique nahr.
(I) Durand, I. II, p. 47.
[ 2 ; Lmbartbe et la Jaille, p. 46.
;3) lie Barros, Asta Dec., I, lib. 8, c. 8, fol. 83, etCntberry, Vr. , cb. t7.
(4) Cadamaslo, Vartgalio dans Grinacus, [ter. Orbls. Ras,! 150A. fol. 18, et Semis! Afr., 11 1. p. 47.
(6) «luujo-Park, Trav., p. 837.
dont les Romains ont fait niger, ce qui, par hasard, signifie aussi nofr,
2“ Éclaircissement.
La Gambie et te Rio-Grande.
L’analogie frappante du Sénégal avec ces deux systèmes, ainsi qu'avec les fleuves de la cèle voisine, et la liaison intime cl réciproque qui existe entre eux , les réunit tous en un seul et grand tout, que nous allons examiner dans son ensemble.
La Gambie. — Cour supérieur.
La source de la Gambie (Gambea, dans de Ilarros) est située, suivant les informations prises par Mungo-Park, 20 milles géographiques à l'ouest île celle du Sénégal (1); cette indication s'accorde parfaitement avec les données du docteur ,\fzélius , qui recueillit ses documents sur la côte de Sierra Leona. Jadison croyailquela Gambien’avait qu’une seule et même source avec le Sénégal; et l’on cite encore aujourd’hui le Saper comme le lac générateur de ce fleuve (2). Nous ne savions jusqu'à présent rien de son cours supérieur, sinon qu'il traverse la terrasse de Fouillas , que de Barros (3) considère comme faisant encore partie du pays des Mandingos; et, de plus, que Mungo-Park passa, à l’est de ce fleuve, six rivières différentes dont le Nérico est la plus septentrionale. Toutes se dirigeaient vers la rive droite de la Gambie, qui, après s’être enrichie de leurs eaux , et après avoir formé beaucoup de grandes cataractes (4), près de Barraconda et de Fattatenda, franchit le dernier rapide, et va continuer son cours dans les basses terres de l'occident africain.
Le second voyage de Mungo-Park le long de la Gambie nous a fourni quelques notices importantes sur ce fleuve. La chaîne de montagnes limitrophe, qui sépare la rive orientale de la Gambie du domaine du Faiémé , commence au 15”, 33', 33" de lat. nord, et près du 10", 39' long, sud de Gr., non loin de Soutitabba (3) ; Mungo-Park appela la première élévation de cette chaîne, à cause de la belle vue qu'elle offrait à
(1) Mungo-Park , Ai>|>cnd., suivant Benne» , p. »vn , et Wadslrcem, nautical Map., elc.. of Sierra* Leona.
(2) ubartbe et U Jaille, 1, 1 18.
^3) De B*mn, Dec., I, lib. 3, c. 8, fol. 32 b (4) i abat, Souvel.e Belation «to l’Afrique ocâîidcnUle . t. I, p. 300.
(6) «ungo-Park, Journal of a fllislon, p. 30.
AFRIQUE, SYSTÈMES d’e.VU : U* DIVISION, § 20.
ses regards, la montagne du Panorama. Comme dans son premier voyage , il trouva sur ces hauteurs les premiers Schi ou arbres à beurre. La Gambie venant au loin du sud-sud-est, coule ici entre les monts de Mucanto et de Foula-Jalla , dont Mungo-Park compare l'aspect à celui de Plie de Madère. Toutes les autres observations de ce grand voyageur sur le Sénégal ne se rapportent malheureusement qu'à son cours vers l'ouest.
Le Nérico (1), où commençaient les forêts de Simbani, coulait, sous le 14" 4’ 81" lat. nord, dans de vastes plaines couvertes de buissons et habitées pardes lions; ce fleuve avait, au mois de mai , 60 pieds de largeur, 4 pieds de profondeur et ses eau* indiquaient, à midi, une température de 94' de Fahrenh.
A cinq lieues de là, à l’est de THi-Corra, Mungo-Park aperçut d'une hauteur ( Prospect hill (2) ), la vallée de la Gambie venant du sudest et se courbant soudain au sud-ouest, comme repoussée par le Prospect hill. Jusqu'à cet endroit ou le fleuve avait 100 yards anglais de largeur, Mungo-Park remarqua encore, à sa grande surprise, l'effet de la marée, bien qu'elle ne s’élevât que de 4 pouces : les eaux du fleuve étaient remplies de crocodiles; Mungo-Park en compta jusqu’à treize en un seul endroit : tout près de là, il aperçut trois hippopotames. Si Mungo-Park fût retourné en Europe, la carte du cours de la Gambie aurait sans doute subi quelques changements. Ce voyageur écrivit à Jos. Bank, dans une lettre de Kayi (Kayee), du 26 avril 1808 (3) : « Le cours de Gambie n’est certainement pas si « longqne le dessinent les cartes; » et, dans une autre de lladou ( Badoo ), près de Tambocoundo, du 28 mai : « J'ai fixé presque tout le cours de la « Gambie; dans mon ancienne carte, son cours est ■i trop au sud. J'avais mal calculé dans le voyage u que je fis à pied ; maintenant que je voyage à « cheval , cela va mieux. »